Le Cinéma asiatique

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés à partir de 1980.

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bruce randylan
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Re: Le cinéma asiatique

Post by bruce randylan »

Toujours dans cette rétrospective vietnamienne à la cinémathèque

Quand viendra le dixième mois (Nhat Minh Dang – 1984)

Durant la guerre, une femme apprend la mort de son mari militaire alors qu'elle allait lui rendre visite. Sous le choc, elle tombe de la barque où elle se trouvait et manque de se noyer. Elle est secourue par le professeur de son village qui découvre de la sorte la lettre annonçant le décès. La veuve lui demande alors d'écrire des lettres en se faisant passer pour son mari afin que sa (belle)famille ne sache rien de cette nouvelle.

Un petit chef d'oeuvre pour l'une des œuvres marquantes de cette rétrospective (signée par le réalisateur de la saison des goyaves et nostalgie de la campagne)
Le cinéaste a étudié le cinéma en russie et plaçait Quand passent les cigognes parmi ses films préférés. Ca se ressent ici, pas forcément pour la technique virtuose mais pour son lyrisme, son portrait féminin et quelques plans mêlant flash-back des amours-passés et combats sur le champ de bataille.
La logique du scénario est d'une rare pertinence avec des personnages qui s'enferment sans le vouloir dans leur propre piège : l'épouse vis à vis de sa (belle)famille et le professeur qui, forcé se mettre dans la peau du mari pour écrire les lettres, devient fasciné par la veuve (ce qui fait courir des rumeur d'adultère dans le petit village)

Même si le film est un mélodrame, le scénario comme la mise en scène évitent pour ainsi dire tous les stéréotypes et les clichés du genre. Le drame se fait de plus en plus lourd alors que la sceau de la vérité commence à se craqueler doucement et que les tension grondent dans les proches des deux protagonistes (le petit garçon demandant à un frère d'armes de son père pourquoi lui n'est pas mort ; la fiancée de l'instituteur jalouse).
A l'intelligence du traitement, il faut rajouter une formidable interprétation de l'actrice principale (cela dit même la maladresse de certains acteurs apportent un malaise et une gêne bénéfiques), une solide photographie et une mise en scène sensible sans pathos.

Pour l'anecdote, à l'époque les films étaient tous produit par le pouvoir et devait donc être des œuvres de propagande, ce que ne fait jamais Quand viendra le dixième mois qui revendique au contraire une approche indépendante de la production et du choix des sujets. Le film n'aurait donc jamais dû passer la censure mais les membres du comité furent tellement touchées par l'histoire et son portrait féminin qu'ils accordèrent le visa d'exploitation. Tout le monde a cœur et ce film le rappelle douloureusement (et merveilleusement).

Voilà, dernier film découvert dans ce cycle même si je n'ai pas parler de l'excellent terre dévastée (Hong Sen Nguyen - 1979) que je devrais aborder sur 1kult (un incroyable film de guerre très original).

Pour ce qu'on m'a dit Perdu au paradis (Ngoc Dang Vu - 2011) est un atroce mélodrame sans la moindre finesse (mon pote s'est sauvé au bout de 30 minutes) par contre Retour à Vanly (Le Hoang - 1998) et Gardien de buffles (Nghiem-Minh Nguye-Vo - 2004) (sorti chez nous mais le DVD est épuisé) seraient formidables.
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bruce randylan
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Re: Le cinéma asiatique

Post by bruce randylan »

Hier est passé sur Arté l'excellente comédie coréenne "Castaway on the moon" (2009) sous le titre français des nouilles aux haricots noirs ! :o

Si vous pensez que les coréens ne faisaient que des polars violents ou des films d'auteurs façon Hong Song-soo, je ne peux que vous encourager à jeter un coup d'oeil via le replay sur ce petit bijou dont la première heure est une merveille de drôlerie et d'imagination (d'autant qu'il n'existe pas en DVD/blu-ray chez nous).
Je l'avais découvert il y a 3-4 ans dans un festival et ça fut l'un de mes coups de coeur de l'année. Pour tout le monde l'ayant découvert d'ailleurs. :D

http://www.arte.tv/guide/fr/050157-000/ ... cots-noirs
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Re: Le cinéma asiatique

Post by cinephage »

bruce randylan wrote:Hier est passé sur Arté l'excellente comédie coréenne "Castaway on the moon" (2009) sous le titre français des nouilles aux haricots noirs ! :o

Si vous pensez que les coréens ne faisaient que des polars violents ou des films d'auteurs façon Hong Song-soo, je ne peux que vous encourager à jeter un coup d'oeil via le replay sur ce petit bijou dont la première heure est une merveille de drôlerie et d'imagination (d'autant qu'il n'existe pas en DVD/blu-ray chez nous).
Je l'avais découvert il y a 3-4 ans dans un festival et ça fut l'un de mes coups de coeur de l'année. Pour tout le monde l'ayant découvert d'ailleurs. :D

http://www.arte.tv/guide/fr/050157-000/ ... cots-noirs
Formidable, il est dispo en replay !!!! C'est un film dont j'ai beaucoup entendu parler, et qui me faisait drolement envie.

Merci beaucoup pour le tuyau. :D
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Re: Le cinéma asiatique

Post by Zeldoune »

Merci beaucoup oui, je vais jeter un œil également.
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Re: Le cinéma asiatique

Post by bruce randylan »

La deuxième heure est plus classique et souffre de quelques longueurs mais pas de quoi gâcher le plaisir et certainement pas le souvenir.

Le lien vers ma critique d'époque
http://www.1kult.com/2011/10/21/castawa ... e-hae-jun/
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Re: Le cinéma asiatique

Post by cinephage »

bruce randylan wrote:La deuxième heure est plus classique et souffre de quelques longueurs mais pas de quoi gâcher le plaisir et certainement pas le souvenir.

Le lien vers ma critique d'époque
http://www.1kult.com/2011/10/21/castawa ... e-hae-jun/
Au final, je suis assez d'accord avec cette critique. La première heure est fabuleuse, d'une inventivité et d'une poésie folle, on va de surprise en surprise. La seconde moitié du film le fait rentrer dans un schéma plus classique (et sans doute un peu trop longue) dans le registre de la comédie romantique.
Mais bon, la beauté de la photo, le jeu des acteurs maintiennent l'intérêt et l'implication du spectateur, et l'on reste sous le charme d'un film franchement sympathique.
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Re: Le cinéma asiatique

Post by Jeremy Fox »

Le Chien jaune de Mongolie : Byambasuren Davaa - 2005

La vie quotidienne d'un couple de bergers avec trois très jeunes enfants durant un été dans une plaine de Mongolie. Intrigue minimaliste avec surtout l'histoire d'un chien trouvé par l'une des petites filles et qui n'est en fait qu'un prétexte à un film très proche du documentaire (on voit entre autres longuement mais sans aucun ennui le déménagement d'une yourte). La seule véritable bifurcation vers la fiction est le petit suspense de la fin quand le bébé (qui a quitté la caravane) se dirige vers une 'tribu' de vautours. Sinon, le reste du temps, la réalisatrice observe vivre cette famille avec simplicité, poésie et chaleur, trouvant toujours le tempo juste pour ne pas nous lasser. Un film universel et des acteurs non professionnels d'un naturels confondants. Dépaysant et rafraichissant.
bruce randylan
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Re: Le cinéma asiatique

Post by bruce randylan »

cinephage wrote:
bruce randylan wrote:La deuxième heure est plus classique et souffre de quelques longueurs mais pas de quoi gâcher le plaisir et certainement pas le souvenir.

Le lien vers ma critique d'époque
http://www.1kult.com/2011/10/21/castawa ... e-hae-jun/
Au final, je suis assez d'accord avec cette critique. La première heure est fabuleuse, d'une inventivité et d'une poésie folle, on va de surprise en surprise. La seconde moitié du film le fait rentrer dans un schéma plus classique (et sans doute un peu trop longue) dans le registre de la comédie romantique.
Mais bon, la beauté de la photo, le jeu des acteurs maintiennent l'intérêt et l'implication du spectateur, et l'on reste sous le charme d'un film franchement sympathique.
:D
Tiens, je viens de voir que le réalisateur a aussi co-écrit le très sympathique Hard Day (qui souffre un peu des mêmes défauts avec une première partie réjouissante à la mécanique redoutable avant de redevenir plus "basique" par la suite)
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Re: Le cinéma asiatique

Post by Harkento »

bruce randylan wrote:Hier est passé sur Arté l'excellente comédie coréenne "Castaway on the moon" (2009) sous le titre français des nouilles aux haricots noirs ! :o

Si vous pensez que les coréens ne faisaient que des polars violents ou des films d'auteurs façon Hong Song-soo, je ne peux que vous encourager à jeter un coup d'oeil via le replay sur ce petit bijou dont la première heure est une merveille de drôlerie et d'imagination (d'autant qu'il n'existe pas en DVD/blu-ray chez nous).
Je l'avais découvert il y a 3-4 ans dans un festival et ça fut l'un de mes coups de coeur de l'année. Pour tout le monde l'ayant découvert d'ailleurs. :D

http://www.arte.tv/guide/fr/050157-000/ ... cots-noirs
Merci pour cette découverte .... même si j'ai été très déçu par la dernière demi-heure qui gâche toutes les promesses développées dans sa première heure. J'était bien calé au fond de l'histoire, vraiment charmé par les personnages, mais
Spoiler (cliquez pour afficher)
dès que l'équipe de nettoyage débarque sur l'île du prota, j'ai trouvé que plus rien de fonctionnait ; du coup, l'émotion s'évapore lentement mais surement et je n'ai pas du tout été touché par le final dans le bus ou les deux personnages se retrouvent enfin : il y avait une vraie histoire, de vrais enjeux, mais le dénouement s'engouffre alors dans les clichés de la romance qui fait disparaître purement et simplement toute la magie qui régnait sur les deux tiers du film. J'en garderais un bon souvenir pour le début malgré tout.
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Re: Le cinéma asiatique

Post by Bogus »

Je crois que les plus belles scènes que j'ai découvert récemment se trouvaient dans The Taste of tea (je l'avais vu dans des tops du mois sur le forum ce qui a titillé ma curiosité), chronique d'une famille japonaise à la fois loufoque et extrêmement classique dans sa mise en scène.
L'être sensible que je suis a trouvé matière à vibrer avec le timide Hajime qui tombe amoureux de la nouvelle élève de sa classe.
Spoiler (cliquez pour afficher)
La scène tout en pudeur où l'adolescent dévoile sa flamme à mots couverts lors d'une partie de go puis raccompagne l'élue de son coeur sous la pluie...
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Helena
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Re: Le cinéma asiatique

Post by Helena »

Bon avec 215 ans de retard et entre mes parties de consoles, mes siestes et visites médicales, j'ai le temps de voir des films:

Gangster Payday de Lee Bo-Cheung

C'est une oeuvre mineure mais agréable, Gangster Payday est vraiment une oeuvre typique des films de Hong Kong, certes se rapprochant plus de ce qui ce fait actuellement, qu'il y a une vingtaine d'années. Lee Bo-Cheung n'en est pas à son coup d'essai et dirige et coécrit cette comédie assez drôle qu'il faut reconnaitre qui nous parle du milieu des Triades, bon ce n'est pas seulement une comédie vu que le réalisateur tente plusieurs styles dans son film et cela fonctionne bien vu que c'est vraiment fluide en soit, et puis bon avec un tel casting on ne peut que être conquise. Il y a déjà mon chouchou, l'excellent et très beau, et classe (je vous vois venir, oui il n'a pas la classe dans tous ses films, mais bon ce sont des rôles donc c'est différents, en dehors c'est Anthony Wong qui incarne Ghost, il est le membre d'une triade disons un peu plus respectable, il n'est pas comme les autres gangsters, il n'a disons pas les mêmes moyens de faire de l'argent que ses homologues, d'ailleurs son frère et rival veut le changer, celui-ci est incarné par le très bon Keung Ho-Man. Notre personnage principal tombe amoureux de Mei ( incarnée par la sublime et talentueuse Charlene Choi,) qui ne vient pas du même milieu que les personnages en question, celle-ci dirigeant un café et a disons des liens avec nos personnages de manière assez amusante. J'aime beaucoup les liens entre les différents personnages, on a d'ailleurs des acteurs communs à ce genre d'oeuvre, mais qui sont toujours plaisant à voir, notamment Chan Wai-Man. On évite de tomber dans le nawak en tout cas au contraire, et dans le traitement, on peut dire que c'est assez old-school, il nous propose d'ailleurs de voir l'évolution des différents groupes sans que cela ne tombe dans le comique de situation involontaire. J'aime beaucoup les différentes entre les deux mondes, entre la légalité et l’illégalité. Mei est agacée par le comportement de Ghost, mais aussi dans son implication auprès de ses affaires. D'ailleurs le réalisateur joue beaucoup sur les liens entre les différents personnages, ce n'est pas un film choral non plus, mais on peut dire qu'il dresse une galerie de personnages assez efficaces et même si cela peut froler le cliché, le réalisateur évite cela pour nous proposer de vraies relations, comme entre Mei et Leung par exemple, un des sbires de Ghost.
Le triangle amoureux est le sujet principal du film durant la première moitié de l'oeuvre et on a droit à quelques situations bien amusantes, surtout qu'on se demande comment nos protagonistes pourraient réagir devant telle ou telle révélations. Il y a un réel charme à voir cette oeuvre, cette comédie romantique-gangster nous présente vraiment des situations amusantes et surtout des performances étonnantes, notamment celle de Anthony Wong qui après tant d'années continue de me surprendre. Je suis étonnée également de la place principale du personnage de Mei, Charlene Choi est naturellement attrayante et étonnamment mise en avant, j'aime beaucoup la subtilité de son jeu et sa manière de jouer de sa stature sans que cela ne tombe dans le bizarre et le gnangnan.

Le film est un véritable cour de cinéma, du cinéma de Hong Kong, en effet il montre vraiment ce qui faisait le sel (je crois que l'on dit ainsi,) d'une partie du cinéma de l'époque, le mélange des genres, le réalisateur connait le cinéma de ses origines et nous propose encore une fois une vraie vision du cinéma old-school, on emprunte un chemin puis on prend une autre route, c'est bien car cela permet quelques surprises. Les personnages évoluent rapidement en tout cas et sont très touchants dans leur relation, via des dialogues ou quelques petites scènes, il développe ses personnages et arrivent à nous émouvoir à de nombreuses reprises. Bon après tout n'est pas parfait dans l'oeuvre j'en conviens, par exemple l'humour n'est pas toujours subtil on va dire, mais c'est ce qui fait le charme de ce type de production, surtout que ici ce n'est pas caricatural ou forcé bien au contraire. La mise en scène est assez classique, mais elle fait le boulôt et me convient parfaitement, il y a d'ailleurs des plans très contemplatifs ou on se place facilement dans la peau des personnages ou on imagine ce ce qu'ils ressentent. La musique est très portée sur le sentimentalisme, bon par moment elle dérange un peu car elle prend trop de place à mon goût, mais elle reste très belle je dois le dire. Le film exploite très bien ses personnages, son casting et ses thématiques, j'aime bien le film car il n'est jamais ennuyeux et rend facilement nostalgique, ce n'est pas parfait, mais il est très divertissant. Je vous le recommande en tout cas. 7/10
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Re: Le cinéma asiatique

Post by Helena »

Insanity de David Lee Kwong-Yiu

L'excellent David Lee, réalisateur du film d'horreur sous-estimée comme le très bon "Yes, I Can See Dead People", nous propose cette fois un très bon thriller psychologique comme Hong Kong nous propose maintenant depuis quelques années et cela pour mon plus grand plaisir quand on voit la qualité de cette oeuvre qui traite de folie sous un angle assez nouveau.
Le casting qui sert de tête d'affiche au récit en tout cas est l'excellente team-up Lau Ching-Wan/Huang Xiaoming. Le contraste entre les deux acteurs est très bon et d'office on se doute qu'il va y avoir vraiment une oeuvre très particulière et une confrontation étrange et subtil comme souvent on peut espérer avoir dans ce type de récit, ici en tout cas le décalage entre les deux acteurs et leur style de jeu est top et le résultat final exploite parfaitement cette dualité entre le doyen et le nouveau du cinéma de Hong Kong.
Il s'agit d'un thriller très bien conçu et solidement réalisé et interprété, proposant une approche solide d'un tel sujet surtout à un niveau de la tension présente dans l'oeuvre, d'ailleurs même si les acteurs sont remarquables, je dois dire que Lau Ching-Wan est bien meilleur dans le film que son comparse, mais bon les deux sont d'un excellent niveau donc ça ne transparait pas réellement. L'oeuvre en tout cas est emprunt d'une sensation de folie tout au long récit, c'est très bien représenté et on se laisse absorber par l'oeuvre facilement, d'ailleurs je dois dire que cela se rapproche des modèles du genre en Corée sans le côté excessif et gore de certaines des oeuvres du pays, ici même si le film n'est pas parfait, cela reste un très bon divertissement et pas une seule fois superficiel comme on pouvait le craindre en voyant le trailer.
La folie présente dans le film est introduite par le passage très perturbé et schizophrène Fan Kwok-Sang (Lau Ching-Wan), on peut dire qu'en le voyant est vraiment mal à l'aise, comme pour le médecin Chow Ming-Kit (Huang Xiaoming). L'introduction pose rapidement les bases et on peut dire qu'elle est efficace pour nous déstabiliser,Trois ans auparavant, Sang a été commis dans un hôpital psychiatrique après que sa paranoïa et tempérament violent conduiront à la mort accidentelle de sa femme Wai-Ling incarnée par la talentueuse Michelle Ye. Maintenant que le fou est guérit, celui-ci doit être libéré avec le soutient du Docteur Chow malgré les objections de son aîné, le Docteur Lui incarné Alex Fong. Le récit avance assez rapidement et on découvre très vite que le plus fou de tous n'est pas forcément qui on pense dans le récit, le schéma pourrait sembler classique, mais ce n'est pas le cas bien au contraire, et on se laisse facilement transporter, découvrant un univers très pervers (pas dans le sens sexuel du terme,) et ou les personnages sont réellement aliénés à cause des actions passées des uns et des autres.

Le film est vraiment glauque et le côté exubérant, énergique, tape à l'oeil du début laisse peut à peut place à une oeuvre plus sensible et réfléchie, on nous montre clairement que dans le domaine de la folie, les médecins ne sont pas loins d'êtres les pires, je veux dire par là qu'il y a une réelle recherche de la part du réalisateur qui nous montre bien dans quel état sont les personnages, ce type de personne, après des années et des années de confrontation avec des être glauques et dépravés.
Le réalisateur nous propose une oeuvre aux préoccupations sociales inhérentes à la société de Hong Kong depuis quelques années et même à la société occidentale, enfin ça c'est depuis bien plus longtemps que pour Hong Kong qui elle sombre en partie depuis la rétrocession. Toutefois, la folie n'est pas le seul sujet du récit, ni la seule sensation que l'on peut éprouver à la vision du film, il y a une réelle tristesse et une sensibilité qui prédominent, la musique permettant d'intensifier les différentes émotions que l'on peut ressentir durant la vision du film, d'ailleurs celle-ci n'est pas omniprésente et plus sensitive que l'accoutume pour un tel film, tous comme la folie du film, elle est diffuse. Le film propose un réel suspense pour un sujet qui n'en avait peut-être pas besoin au premiers abords et qui en faite dynamise bien plus l'oeuvre sans dénaturer le sens premier de ce que veux nous proposer le réalisateur. Le film mélange subtilité et agressivité en terme d'approche, ce qui en soit donne un aspect très spécial à la narration, mais qui permet de nous tenir en haleine tout du long.
C'est un bon thriller, même si par moment le réalisateur se laisse aller à quelques exubérations, mais parfaitement en raccord selon moi avec le sujet du film proposé.

Huang Xiaoming est un médecin assez classique en soit, mais son personnage finit par être dévasté et paranoïaque, sa performance évolue d'ailleurs de manière assez drastique dans ce genre de phase. Les nuances psychologiques n'est pas point fort de Huang, mais cela fonctionne bien car c'est assez abrupt ce qui correspond à l'oeuvre, après ce qui choque assez c'est plus dans le décalage qui existe entre notre acteur et celle de Lau Ching-Wan. Pour des raisons d'ego et de sécurité publique même si pour le coup c'est une bonne excuse j'ai envie de dire, le personnage de Chow Sang se retrouve séquester pour voir si le personnage ne cache pas le fait qu'il soit encore malade, bref c'est une séance de thérapie de cinglé.
On assiste à un véritable duel psychologique fort plaisant en ce qui me concerne même si la manière de filmer le tout peut sembler un poil classique et sans nuance.
Le réalisateur propose en tout cas une galerie de personnage assez particulière, qui ont tous des choses à dissimuler ou qui les aliène progressivement, le casting étant très bon, on peut dire que la psychologie des personnages est clairement transcender dans ce qui nous est présenté et ça fait réellement plaisir.
Dans l'ensemble, la folie du récit perturbe, plus on avance dans le récit et plus on se rend compte que les personnages sont détraqués, voir de vrais psychopathes même s'ils ne le laissent pas toujours transparaitre, mais c'est ce qui est effrayant justement. C'est une très bonne histoire en tout cas, pas ennuyeuse, mis en valeur par un casting impeccable et une réalisation sobre, mais efficace et un réecit proposant par moment des passages très étranges mais captivant, bref c'est bien et vous devez voir le film qui mérite un 8/10 selon moi.

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Sinon sur ce lien vous pouvez trouver une interview de Celine Tran qui revient sur son évolution de carrière, ses dernières performances martiales dans les différents courts qu'elle a fait dernièrement, sur son entrainement au Silat (et la je dis respect vraiment, il n' a qu'à voir les vidéos de démos et d'entrainement pour se dire que c'est impresionnant, mais logique vu sa qualité de vie et ses performances physiques. Elle parle aussi de ses projets (la suite de Heartbreakers :oops: ) et de ce qu'elle aime dans le cinéma ou bien de la vision qu'on certaines personnes de qui elle est, bref c'est une interview passionnante.

http://japancinema.net/2015/02/02/creat ... line-tran/

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Re: Le cinéma asiatique

Post by Zeldoune »

Elle est bien souple ma foi.

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Re: Le cinéma asiatique

Post by hellrick »

Je me souviens d'un de ces premiers films (peut-être l'Affaire Katsumi) où elle démontrait une souplesse assez impressionnante dans une limousine avec quelques "amis". C'était très beau.

Bon :mrgreen: :arrow:
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Re: Le cinéma asiatique

Post by Helena »

La souplesse ça se travaille, bon j'avoue pour le coup c'est impressionnant et même en le voulant je ne pense pas pouvoir le faire, pas de cette manière en tout cas... tu vas presque me donner envier de tester Hellrick ^^.

S for Sex, S for Secret de Jil Wong Pak-Kei
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Je ne suis pas du tout fan des films de Patrick Kong, il a une manière d'écrire ou de proposer des films très autres je dirai, enfin de tête il n'y en a aucun qui arrive à mes satisfaire en ce qui me concerne. Le dernier film qu'il propose et qu'il ne réalise pas pour le coup heureusement nous propose une œuvre très différente de ce qu'il propose habituellement, mais pour autant est ce meilleur que ses autres œuvres? Non, enfin pas totalement quoi.
Ici le réalisateur nous propose un film assez cynique sur les relations amoureuses et sexuelles ou non entre époux, dit comme cela c'est naze, et en faite, bes c'est un peu le cas. Alors certes on nous propose à la base hein, une sorte de comédie avec des gens trompés qui se vengent à leur tour, ça peut être très nawak, mais ce n'est pas vraiment le cas en faite et le film s'égare assez vite dans une philosophie de la vie assez simpliste qui donne limite l'impression de viser un public d'enfants plutôt que de jeunes adultes.... tromper son conjoint c'est très mal... sauf si c'est avec Shu Qi ou Hugh Jackman bien entendu. S for sex est réalisé par Jil Wong Pak-Kei, un ancien membre du collectif Seven qui en soit n'a jamais rien proposé de correct à regarder... donc pourquoi j'ai regardée ce film me direz-vous? Je n'en sais strictement rien ^^. Bon après je suis méchante car même si les films du réalisateur sont mauvais, celui-ci est un poil au dessus des autres, déjà sa mise en scène est plus sage et moins regarder j'ai une caméra dans les mains et je ne sais pas quoi en faire ^^. Il dirige ses acteurs de manière assez efficaces et leur propose pour une fois des dialogues un peu plus aboutis si on fait exceptions de certains passages.
Cela dit, c'est loin d'être un bon film. Je n'en attendais pas des miracles, mais je voulais au moins rire et je n'ai même pas eu ce plaisir.
Le film est centré sur deux couples, il y a le couple de Hung incarné Pakho Chau et Bobo incarnée parAnnie Liu, c'est un très jeune couple de mariés qui ont des problèmes au lit ^^. Le personnage principal n'est pas très performant et surtout a une partenaire sexuel qui en soit ne donne pas envie de faire la chose vu que celle-ci ne désire avoir un rapport sexuel que pour avoir un enfant... sérieusement quoi, j'ai l'impression d'entendre une vieille aigrit quand je vois cela, car avoir une relation pour un enfant, ok, mais juste cela, c'est nawak. Le personnage principal a donc des problèmes et sa vie de tous les jours n'est pas mieux, il n'a plus de travail, mais heureusement il a trouvé une alternative
Hung a commencé à travailler dans un sexshop et c'est là le hic en faite. Il va faire une rencontre assez particulière.
De l'autre on a un couple qui eux n'ont pas de problèmes de sexe et c'est la le hic, c'est que monsieur est un chaud lapin et qui part dans tous les sens. Le film nous propose de suivre les deux couples et on peut dire qu'en s'attendant à avoir des moments marrants, le spectateur ne peut être que déçu, enfin ce fut mon cas en tout cas.
Tous les personnages sont des enflures et aucun n'attire notre sympathie, en effet ils ont tous des projets, des manières de faire vraiment horrible et sincèrement on se demande même comment certains font pour être en couple, en soit ce n'est pas un problème si les personnages sont exécrables, mais il faut que le scénariste nous donne un élément à quoi nous rattacher et il ne le fait jamais en faite et c'est là tout le problème. Les acteurs s'amusent en tout cas visiblement à nous proposer des enflures de ce type, enfin s'ils en ont consciences.
Les personnages ne sont pas caricaturaux, mais presque dirons nous et on se demande vraiment par moment quelle idée a eu le scénariste de les réunir dans un même film sans nous proposer un petit bol d'air, une scène ou tu te dis, non ils ne sont pas si crétins, il n'y a qu'à voir la scène de la réunion.

Le film n'est pas exceptionnelle et le réalisateur tente vraiment de proposer quelque chose, mais cela ne fonctionne jamais avec nous, en tout cas avec moi cela ne fonctionne pas ne seconde et pourtant il y avait matière à faire sur le sujet sans tomber dans le ridicule ou le graveleux, mais tout en conservant le fun de certaines situations. Les acteurs ne sont pas mauvais et on sent l'implication des uns et des autres dans les rôles, mais c'est trop peu quand les personnages sont au final très peu intéressants. En plus on retrouve tous les tics d'écriture de Kong ce qui n'est pas un gage de qualité en soit. Il y a aussi un truc que je n'ai pas compris, pourquoi utiliser je ne sais combien de flash-backs pour nous présenter des scènes que nous avons déjà eu l'occasion de voir dans le film? Ce n'est pas comme si le film était incompréhensible et ultra philosophique, soit les types ne savaient pas quoi faire et voulaient s'amuser soit ils prennent vraiment les spectateurs pour des idiots et là je ne sais pas trop quoi faire. Le choix des musiques est très quelconque également, très cliché et ne propose rien, pas un thème pouvant rester en tête et c'est assez dommage vu que pour ses autres films, ce n'était pas trop le cas. Il pourrait y avoir des bonne choses dans le film, certains dialogues sont très bons et les références à la culture populaire, quelques clin d'oeil hommage et j'en passe fonctionne bien, mais c'est trip peu et c'est assez dommage, enfin bref je ne vais pas m'étendre, c'est mauvais et ça ne mérite pas plus de 2/10.
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