Broadway Danny Rose (Woody Allen - 1984)

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés à partir de 1980.

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Cinetudes
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Post by Cinetudes »

Broadway Danny Rose de Allen,


l'un des tous meilleurs films de Woody que j'ai pris vraiment un plaisir immense à redécouvrir.

Allen n'a jamais eu un personnage aussi attachant et sincère que cet agent dévoué à ses clients pourtant pas forcément talentueux.

Le noir et blanc trés classe, la musique géniale, le rythme rapide du film , l'alternance de passages proprement hilarants et de nombreux autres émouvants et / ou plus tristes font que je trouve que ce film est d'une maitrise confondante.

Allen n'a jamais aussi bien joué et il nous évite son numéro habituel (que j'adore soit dit en passant) en sachant doser entre le clown exhubérant le clown plus triste, l'homme meurtri de façon vraiment impressionnante.

Mia Farrow est incroyable de cr rôle d'une extravertie qui fonce et qui n'a peur de rien mais qui sera finalement touché par ce petit bonhomme si attachant.

Jamais Allen n'utilise un ressort sentimentaliste voyant, au contraire tout est intégré dans l'histoire de façon juste.

En bref je ne comprends vraiment pas pourquoi ce film est aussi sous estimé et pourquoi il n'est jamais cité lorsque la carrière de Woody Allen est évoquée alors que pour moi il constitue l'essence même de son cinéma et de son univers.

Beaucoup plus en tt cas que ses dernières oeuvres qui malgré le fait qu'elles partagent un coté l'eger et récréatif commun avec Danny Rose sont loin de parvenir à la même alchimie magique de ce dernier.

Stefan
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Anorya
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Broadway Danny Rose (Woody Allen - 1984)

Post by Anorya »

J'ai patiemment recherché dans les topics, surtout les classiques d'aujourd'hui et rien sur ce Woody Allen (ou si peu), l'occasion donc pour moi d'en parler, vu qu'en ce moment, grâce à une bonne âme charitable sur mon lieu de travail, je peut en visionner plein... :shock:


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Un groupe d'artistes de cabaret se remémore les aventures de Danny Rose, l'imprésario le plus ringard du show-business ! Névrosé et hypocondriaque, Danny Rose se dévouait profondément pour ses "protégés" : un couple de plieurs de ballons, un artiste et ses pigeons joueurs de piano ou encore un xylophoniste aveugle. La gloire semblait pourtant pointer le bout de son nez en la personne de Lou Canova, un crooner auquel il croyait dur comme fer en ces temps de revival retro. Mais c'était compter sans Tina, sa maîtresse qui s'était acoquinée avec la pègre...



Un woody en noir et blanc, clin d'oeil à la période des cabarets, des chanteurs-crooners des années 50 et surtout, un clin d'oeil à Manhattan (dont Woody reprend presque quasiment à l'identique à la fin --en moins spectaculaire quand même-- la poursuite et la retrouvaille de l'être aimé), l'un de ses chef d'oeuvres.

D'ailleurs l'un comme dans l'autre film, nous avons le même directeur de la photo, le génial Gordon Willis mais ce n'est plus la musique de Gerschwin ici donc (un peu le symbole et le coeur qui palpitait de Manhattan) mais plus une pop baroque et chantée par Nick Apollo Forte qui interprète justement le personnage du chanteur (enfin, les instrumentaux rythmant le film sont de Dick Hyman).

Un Woody qui reprend son personnage gesticulant et cette fois plus agité que dans Manhattan (ce qui est normal aussi vu que le scénario est ici plus léger que dans son film hommage a SA ville). Creusé de tics le Woody ? Oui mais non.

Bien sûr au début, j'ai commencé à me sentir agaçé, faut me comprendre, je n'étais plus habitué depuis un petit moment au "Style Woody" qui bouge névropathiquement dans tous les sens, mais on se rhabitue lentement et vers la fin, surprise, un incroyable sentiment d'humanité et de compassion à la fois se dégage du personnage (un de ses amis a été tabassé par sa faute...Limite tué presque) Allenien et surtout, il y a LA scène finales, juste avant que Woody retrouve Mia et quand il lui dit lugubrement que tout est fini, que leur relation est morte.
Mais non.
Et c'est là que l'on retrouve le Woody lyrique et génial, même si la scène m'a énormément rappelé la scène finale ("la course") de Manhattan.

Mais qu'est ce qu'un Woody sans les dialogues qui tuent et les gags ? Même si ce film est assez léger (et prétexte à quelques clins d'oeils dispersés ça et là envers les crooners, les mafieux et...les agents artistiques) et pourtant profond en lui-même, on a heuresement des gags assez sympathiques notamment celui, très cartoon du tir de revolver d'un mafieux poursuivant Woody et Mia dans un container d'hélium rendant la scène assez surréaliste puisque les personnages arborent une voix de fausset.

Et au final, c'est encore un hommage (plus discret que Manhattan) que Woody livre a sa ville, en témoigne les plans de la parade de ballons New Yorkais de Macy's (célèbre magasin de la ville), mais aussi les ruelles, les bars et cette impression de naviguer entre le modernisme (les publicités lumineuses FUJI derrière le bureau d'un collègue et agent artistique du Woody) et le rétro (le noir et blanc, la musique, de nombreuses voitures années 50 au milieu de voitures années 80), renforçant le charme nostalgique incroyable de ce film pourtant situé dans une période post fifties.

Et au final, on se dit que ce n'était pas un chef d'oeuvre mais que c'était bien sympathique, comme de nombreux Woody et le bougre a encore réussi à nous faire sourire.

:D
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odelay
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Post by odelay »

Je trouve que le film est plus que sympathique. C'est un hommage touchant (et extremement drôle) aux artistes de troisième zone.
On retiendra plusieurs scènes comme celle où Appolo Forte annonce avec la complicité de Mia Farrow à Allen qu'il le quitte pour un autre agent alors que ce dernier lui a permis de revenir sur le devant de la scène ou alors celle hillarante de la fusillade dans l'usine où il a des réservoirs d'helium qui vont provoquer un changement de voix chez les protagonistes.

Un grand cru qui avait été fait en même temps que Zelig (du style il tournait l'un le matin et s'occupait de l'autre l'après midi).
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Watkinssien
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Post by Watkinssien »

Un excellent cru, ce film-ci est une comédie intelligente et mordante, qui parodie avec allé(n)gresse un genre qu'Allen raffole.
C'est également un vibrant hommage aux artistes de music-hall, univers que le cinéaste connaît fermement pour y avoir commencé sa carrière de one-liner.
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Mother, I miss you :(
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Brody
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Post by Brody »

Vu hier, je l'ai trouvé sympathique mais ne dépassant jamais le stade de l'anecdotique. A part le regard attendri sur les tricards du cabaret, histoire sans surprise, acteurs idem, bref une jolie déception pour moi qui en attendait sans doute un peu trop après la magnifique Rose Pourpre du Caire.

On essaiera de se refaire ce mois-ci avec Annie Hall... merci les prix verts à la Fnac
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AtCloseRange
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Post by AtCloseRange »

Un des Woody Allen les plus touchants des années 80. Et Woody et Mia Farrow sont formidables.
Personnellement, je le préfère à la Rose Pourpre (qui me laisse paradoxalement assez froid).
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Nomorereasons
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Post by Nomorereasons »

Pareil pour "La Rose pourpre du Caire" dont j'aime énormément les premiers instants, jusqu'à la chasse à Tom Baxter par l'acteur qui l'interprête que j'ai trouvée un peu longue.
phylute
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Post by phylute »

Broadway Danny Rose est l'un de mes Allen préférés également. Son ton se rapproche de Comédie érotique d'une nuit d'été et de Zelig , deux autres sommets de son oeuvre. Allen était alors vraiment au top !
Les films sont à notre civilisation ce que les rêves sont à nos vies individuelles : ils en expriment le mystère et aident à définir la nature de ce que nous sommes et de ce que nous devenons. (Frank Pierson)
MJ
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Post by MJ »

Je réitérerai simplement mon commentaire concernant Ombre et Brouillard: léger en apparence, profond en abîme. C'est peut-être un des films les plus touchants sur la condition de l'artiste, la nécessité de se mettre à nu face à son public, de se faire (ici littéralement) poursuivre par lui. Et Woody avec le noir et blanc... c'est une belle histoire d'amour.
Sinon, ça aussi j'en avais déjà fait part, je trouve qu'à plusieurs reprises n'est pas sans rappeller Minni et Moskovitz de Cassavetes, je pense surtout à la scène du restaurant, les lunettes noires de Mia Farrow, Allen dans la même situation que le rencardeur foireux dudit film.. Des fois je sais pas si c'est moi qui fume la moquette, ou quoi...
"Personne ici ne prend MJ ou GTO par exemple pour des spectateurs de blockbusters moyennement cultivés." Strum
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odelay
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Post by odelay »

C'est marrant je ne me souvenais pas du tout être intervenu sur ce film il y a un an...
Quoiqu'il en soit, je suis encore d'accord avec moi même un an après.