After Hours (Martin Scorsese - 1985)

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés à partir de 1980.

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AtCloseRange
Mémé Lenchon
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Re: After Hours (Martin Scorsese - 1985)

Post by AtCloseRange »

Dirk Diggler wrote:L'augmentation du prix du ticket de métro, quand il essaie de partir, peut-elle lui être imputée ?
C'est bien ça le problème. Il fait parfois tout ce qu'il peut pour s'en sortir et parfois il fait tout le contraire.
Gounou
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Re: After Hours (Martin Scorsese - 1985)

Post by Gounou »

AtCloseRange wrote:
Dirk Diggler wrote:L'augmentation du prix du ticket de métro, quand il essaie de partir, peut-elle lui être imputée ?
C'est bien ça le problème. Il fait parfois tout ce qu'il peut pour s'en sortir et parfois il fait tout le contraire.
Je n'y vois pas un problème.
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Dale Cooper
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Re: After Hours (Martin Scorsese - 1985)

Post by Dale Cooper »

AtCloseRange wrote:
Dirk Diggler wrote:L'augmentation du prix du ticket de métro, quand il essaie de partir, peut-elle lui être imputée ?
C'est bien ça le problème. Il fait parfois tout ce qu'il peut pour s'en sortir et parfois il fait tout le contraire.
À l'instar d'Eyes Wide Shut, j'ai toujours vu ce film comme un mauvais rêve (le scénario est totalement invraisemblable), raconté comme un vrai film, c'est-à-dire comme le personnage principal croyant vivre les situations. Et donc, comme dans les rêves, on se débat pour s'en sortir mais on agit de façon désordonnée, ou maladroite. C'est une compil' de tout ce qui peut nous arriver dans les cauchemars ; se retrouver dans des situations gênantes malgré soi (expliquer à un chauffeur de taxi qu'on a perdu son argent), se faire draguer par des personnes qu'on ne désire pas (la serveuse), perdre les clefs de son appart', ne pas pouvoir rentrer chez soi parce qu'on est à l'autre bout de la ville, se retrouver poursuivi par une foule en colère, etc. Parfois un bout du précédent rêve rejoint le nouveau (le chauffeur de taxi qu'il recroise, comme le billet de 20 dollars perdu qui revient collé sur la statue munchienne, lui-même devenant la statue à la fin, entre autres). Ce sont des sujets de cauchemars très courants, le fait que ça se passe pendant la nuit enfonce le clou. Du coup, qu'il n'agisse pas forcément de façon logique pour s'en sortir (même s'il n'est pas du tout aidé par la galerie de personnages antipathiques qu'il croise) me paraît totalement cohérent...
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Dale Cooper
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Re: After Hours (Martin Scorsese - 1985)

Post by Dale Cooper »

Sinon je n'ai pas vu Manny se marrer sur les accélérés à la Benny Hill, notamment dans la scène du taxi.
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Watkinssien
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Re: After Hours (Martin Scorsese - 1985)

Post by Watkinssien »

Dale Cooper wrote:Sinon je n'ai pas vu Manny se marrer sur les accélérés à la Benny Hill, notamment dans la scène du taxi.
Ah ne lui redonne pas des idées, hein! :mrgreen:
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Thaddeus
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Re: After Hours (Martin Scorsese - 1985)

Post by Thaddeus »

Il s'est déjà foutu de la VF, ça suffit hein. :mrgreen:
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Dale Cooper
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Re: After Hours (Martin Scorsese - 1985)

Post by Dale Cooper »

Brillante critique, à propos, Taddeus.
Je viens de le revoir (pour la 40ème fois). La 39ème fois, je m'étais lassé de ce film, vu en mauvaise compagnie ; ça rejoignait ce qu'on disait sur les "films qu'on regrette d'avoir vus", là avec quelqu'un qui me décimait le film en direct. Deux, trois peut-être quatre ans plus tard, je l'ai donc revu, avec plaisir, et alors que je croyais le connaître par cœur, je viens seulement de m'apercevoir d'un truc qui appuie ma théorie (selon moi) que c'est entièrement un mauvais rêve : le moment qui précède sa rencontre dans le café avec Patricia Arquette (et le caissier qui se prend pour une ballerine en arrière-plan), c'est un plan de lui affalé dans son canapé, en train de zapper, limite s'endormir devant. Bon, c'est purement subjectif. Ma petite amie qui le découvrait se dirigeait plutôt vers une théorie karmico-religieuse (il a une vie ennuyeuse, s'emmerde, alors le Diable le tente, il se laisse emmener -et avoir- et se retrouve quasiment en enfer). Scorsese étant très religieux, pourquoi pas...
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AtCloseRange
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Re: After Hours (Martin Scorsese - 1985)

Post by AtCloseRange »

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Dale Cooper
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Re: After Hours (Martin Scorsese - 1985)

Post by Dale Cooper »

Tu crois que notre herbe était à chier ?
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Re: After Hours (Martin Scorsese - 1985)

Post by AtCloseRange »

Wrong sister :mrgreen:
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Thaddeus
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Re: After Hours (Martin Scorsese - 1985)

Post by Thaddeus »

Dale Cooper wrote:je viens seulement de m'apercevoir d'un truc qui appuie ma théorie (selon moi) que c'est entièrement un mauvais rêve
Tu as vu trop de David Lynch. :mrgreen:
Plus sérieusement, le film est conçu de façon suffisamment ouverte pour autoriser pas mal d'interprétations. J'ai moi-même écrit que le récit épousait la logique du rêve, sans pour autant entériner l'idée qu'il ne serait qu'un songe. Peut-être que si l'on est trop "rationnel" pour accepter les principes délirants de la comédie loufoque, voire burlesque, une telle lecture est plus évidente. Pour ma part, je préfère retenir l'hypothèse de l'absurde plutôt que celle du rêve.
Sinon c'est Rosanna, pas Patricia.
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Dale Cooper
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Re: After Hours (Martin Scorsese - 1985)

Post by Dale Cooper »

Après Mary Stuart, Rosanna... Mais qu'est-ce qui m'arrive ?
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Dale Cooper
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Re: After Hours (Martin Scorsese - 1985)

Post by Dale Cooper »

Thaddeus wrote:Tu as vu trop de David Lynch. :mrgreen:
Ah, à l'inverse, je trouve qu'on a trop vite fait de simplifier les films de Lynch en "ce sont des rêves filmés"... :fiou:
The Eye Of Doom
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Re: After Hours (Martin Scorsese - 1985)

Post by The Eye Of Doom »

Dale Cooper wrote:...
À l'instar d'Eyes Wide Shut, j'ai toujours vu ce film comme un mauvais rêve (le scénario est totalement invraisemblable), raconté comme un vrai film, c'est-à-dire comme le personnage principal croyant vivre les situations. Et donc, comme dans les rêves, on se débat pour s'en sortir mais on agit de façon désordonnée, ou maladroite. C'est une compil' de tout ce qui peut nous arriver dans les cauchemars ; se retrouver dans des situations gênantes malgré soi (expliquer à un chauffeur de taxi qu'on a perdu son argent), se faire draguer par des personnes qu'on ne désire pas (la serveuse), perdre les clefs de son appart', ne pas pouvoir rentrer chez soi parce qu'on est à l'autre bout de la ville, se retrouver poursuivi par une foule en colère, etc. Parfois un bout du précédent rêve rejoint le nouveau (le chauffeur de taxi qu'il recroise, comme le billet de 20 dollars perdu qui revient collé sur la statue munchienne, lui-même devenant la statue à la fin, entre autres). Ce sont des sujets de cauchemars très courants, le fait que ça se passe pendant la nuit enfonce le clou. Du coup, qu'il n'agisse pas forcément de façon logique pour s'en sortir (même s'il n'est pas du tout aidé par la galerie de personnages antipathiques qu'il croise) me paraît totalement cohérent...
C'est marrant d’évoquer Eyes Wide Shut. J'ai eu longtemps l'idee de lancer un topic sur ce forum appellé "Duels de films" dont le premier sujet aurait été After Hours // Eyes Wide Shut (et le second Le maitre de Guerre / Jardins de pierres).
J'ai detesté Eyes Wide Shut pour de multiples raisons (insupportable arrogance de Kubrick qui feint d'ignorer qu'entre 87 et 99 des gens ont des films sur le couple (W Allen par exemple), Tom Cruise, l’esthétique complétement ringarde à la Helmunt Newton de la partouze, ...) dont une est que durant tout le film j'ai pensé à After Hours en me disant: Putain dans After Hours il y a un vrai sentiment de peur de la mort : le personnage pour une illusion stupide risque de perdre sa vie. Dans Eyes Wide Shut, on y croit pas un instant aux supposés dangers que court T. Cruise, tout sonne faux et artificiel. (je vais me faire lyncher par les nombreux admirateurs du film...) :wink:
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Dale Cooper
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Re: After Hours (Martin Scorsese - 1985)

Post by Dale Cooper »

The Eye Of Doom wrote:C'est marrant d’évoquer Eyes Wide Shut. J'ai eu longtemps l'idee de lancer un topic sur ce forum appellé "Duels de films" dont le premier sujet aurait été After Hours // Eyes Wide Shut (et le second Le maitre de Guerre / Jardins de pierres).
J'ai detesté Eyes Wide Shut pour de multiples raisons (insupportable arrogance de Kubrick qui feint d'ignorer qu'entre 87 et 99 des gens ont des films sur le couple (W Allen par exemple), Tom Cruise, l’esthétique complétement ringarde à la Helmunt Newton de la partouze, ...) dont une est que durant tout le film j'ai pensé à After Hours en me disant: Putain dans After Hours il y a un vrai sentiment de peur de la mort : le personnage pour une illusion stupide risque de perdre sa vie. Dans Eyes Wide Shut, on y croit pas un instant aux supposés dangers que court T. Cruise, tout sonne faux et artificiel. (je vais me faire lyncher par les nombreux admirateurs du film...) :wink:
---HS Eyes Wide Shut---

Rien que pour ce plan... ...Eyes Wide Shut est chef d'œuvre.
Point final.

Plus sérieusement, je ne suis évidemment pas d'accord avec toi, mais je t'avouerais que j'étais comme toi la première fois que je l'ai vu. J'avais été très décontenancé par le film, ne sachant pas du tout où Kubrick avait voulu m'emmener. Et puis... on a quand même envie de le revoir, ne pas rester sur une impression de "rien" juste "bien filmé". Alors je l'ai revu. Et revu. Et revu... Et aujourd'hui, c'est mon Kubrick préféré ! Parce que 1. j'ai commencé à voir plus de choses enfouies et que par conséquent je n'avais pas remarquées/comprises/aperçues à la première vision, et 2. ce film ne cesse de me questionner.
Un certain Laurent Vachaud a même fait une drôle d'analyse du film : ---Fin du HS---