Alain Resnais (1922-2014)

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés à partir de 1980.

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Jericho
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Re: Alain Resnais

Post by Jericho »

Strum wrote:
Jericho wrote:J'insiste, si on doit appeler ça "insister" parce j'aime bien finir un film qui me semble pas nase du tout.
Mais surtout je vois pas trop le problème de ne pas le voir d'une traite, c'est censé nuire à la compréhension du métrage ? Car j'ai l'impression qu'il n'y a pas d'intrigue.
A la base je le regarde pour l'aspect formel.
Oui, cela nuit à la compréhension. C'est un film où il y a un secret à percer. Il est déjà difficile de le percer en le regardant d'une traite, mais en le faisant par petits bouts, c'est impossible.
De toute façon j'aurai rien capté même d'une traite, dès les premières minutes c'est rasoir comme c'est pas permis, j'avais envie de couper le son.
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Amarcord
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Re: Alain Resnais

Post by Amarcord »

Jericho wrote:j'aime bien finir un film qui me semble pas nase du tout.
Jericho wrote:dès les premières minutes c'est rasoir comme c'est pas permis, j'avais envie de couper le son.
:?: :?: :?:
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Jericho
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Re: Alain Resnais

Post by Jericho »

Les 20 minutes suivantes étaient plus agréables à suivre.
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Watkinssien
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Re: Alain Resnais

Post by Watkinssien »

Jericho wrote:Les 20 minutes suivantes étaient plus agréables à suivre.
Continue, continue...
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Jericho
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Re: Alain Resnais

Post by Jericho »

Dans quelques semaines peut-être, si je suis dans le bon état d'esprit.
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Profondo Rosso
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Re: Alain Resnais

Post by Profondo Rosso »

Je t'aime, je t'aime (1968)

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Suite à l'échec de son suicide, Claude Ridder se voit proposer de participer à une expérience de voyage dans le temps qui n'a été testée jusqu'à présent que sur des souris. Mais l'expérience tourne mal, et Claude entame un voyage aléatoire dans son passé.

Entre Marguerite Duras pour Hiroshima Mon Amour ou Alain Robbe-Grillet sur L'Année dernière à Marienbad, Alain Resnais se sera plu à convoquer des écrivains novice du cinéma pour alimenter la touche anticonformiste de ses films. Je t'aime, je t'aime allait ajouter une nouvelle pierre à l'édifice par sa collaboration avec l'auteur Jacques Sternberg. Plutôt porté sur le fantastique et de la science-fiction, celui-ci s'était fait maître dans l'art de la nouvelle et la capacité à délivrer un récit intense et inventif dans ce cadre restreint. L'idée du scénario co écrit par Resnais et Sternberg sera donc de construire un récit entier sur des moments courts, en creux et anodins. La construction en flashback logique pour une telle entreprise sera donc amenée par le postulat de science fiction que constitue le voyage dans le temps.

On assiste donc à l'étrange destin de Claude Ridder (Claude Rich), un homme dépressif ayant perdu le goût de vivre et qui suite à une tentative de suicide ratée se voit proposer par une équipe scientifique d'expérimenter un voyage dans le temps qui ne durera qu'une minute. Seulement la machine se détraque et au lieu de remonter seulement un an en arrière, c'est sur les vingts dernières années de son existence que va se plonger le héros. Après de premières minutes d'exposition austères et vaporeuses (le trajet en voiture vers le centre scientifique sur la musique hypnotique et inquiétante de Krzysztof Penderecki, le film laisse ainsi la place aux expérimentations narratives et visuelles du duo Resnais/Sternberg. Pour comprendre la structure de Je t'aime, je t'aime, il faut imaginer l'existence comme un puzzle dont on aurait soudainement mélangé les pièces qui se révèlent donc à nous de manière totalement aléatoire. Le film alterne donc les émotions qui accompagnent une vie que ce soit la joie, l'amour l'exaltation ou l'ennui. C'est pourtant ce dernier aspect qui domine par le choix des auteurs de ne privilégier que les moments quelconques et sans éclats, notamment ceux où Claude ronge son frein dans des emplois ingrats et ennuyeux. Ce parti pris permet de révéler de manière fragmentée et indirecte ce qui constitue l'enjeu principal, la découverte de la raison du mal être de Claude. L'énigme se révèlera progressivement, notamment au travers de la relation tumultueuse que Claude entretient avec son épouse qui se s'avérera être décédée...

Je t'aime, je t'aime doit une partie de sa réputation à sa narration alambiquée transcendant un récit intimiste et qui ouvre la voie par sa modernité à de grandes réussite à venir comme le récent Eternal Sunshine of the Spotless Mind,L'Armée des douze singes (Resnais aura d'ailleurs un projet avorté avec Chris Marker dont La Jetée inspire ce dernier et c'est lui qui conseillera au réalisateur de travailler avec Sternberg) ou Inception. Pourtant si le film a pu sembler terriblement nébuleux au spectateur de 1968 on se rend compte que sous l'aspect éclaté Resnais donne toute les clés à la compréhension de son histoire. Profitant de l'idée de la machine détraquée, le montage se fait déroutant avec son jeu sur la répétition des séquences faussement identiques mais avec toujours la légère variante de cadrages ou de positionnement de caméra qui change tout, comme un souvenir qui se transforme. Ces variantes jouent aussi sur la durée des scènes, escamotant ou ajoutant constamment des informations essentielles en début ou fin de séquences de manières impromptues. Cela concerne notamment l'histoire d'amour entre Claude Rich et Olga Georges-Picot dont on voit le début, l'épanouissement, le lent délitement puis la fin. Tout cela s'exprime dans une dimension onirique fortement prononcée, que ce soit par les apparitions improbables (la charmante jeune femme dans son bain) ou la mise en scène de Resnais comme son choix une fois dans le passé de cadrer constamment Claude Rich au centre de l'image, que la caméra soit en mouvement et l'accompagne ou qu'elle soit statique. Après tout dans nos rêves ne sommes nous pas toujours au centre des évènements ?

Dernier point fort la prestation magnifique de Claude Rich. Sans le moindre artifice de maquillages il parvient par son seul jeu à faire deviner chacune des époques de la vie de son personnages, adulte ou juvénile, heureuses ou triste grâce à une expressivité subtile. Il est l'âme du film et notre guide dans ce kaléidoscope. Un beau film qui constitue une des grandes réussites de l'époque pour Resnais. 5/6
Last edited by Profondo Rosso on 29 May 11, 13:37, edited 2 times in total.
Anorya
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Re: Alain Resnais

Post by Anorya »

Belle chronique Profondo pour un Resnais SF que j'aime beaucoup. La musique de Penderecki, le montage, Claude Rich fabuleux... Je me le reverrais bien d'ailleurs là.
Je ne sais pas si tu sais mais comme il avait été dit dans le topic consacré a Arnaud-Fleurent Didier en musique/loisirs, ce film inspire directement le clip de Reproductions. :wink:
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Federico
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Re: Alain Resnais

Post by Federico »

Oui, bravo Profondo Rosso ! Je trouve que c'est aussi un des plus attachants films de Resnais, cinéaste un peu atypique par ses goûts (un intellectuel depuis toujours passionné de littérature de genre et de bande dessinée, aujourd'hui, c'est courant mais ça l'était beaucoup moins il y a 50 ans). Je persiste à croire que les cinéastes français ne sont pas toujours à l'aise avec l'univers SF (je ne parle pas de ceux qui font du ciné US à la frenchy) mais j'aime beaucoup celui-ci malgré ses défauts que je qualifierai de "locaux". Il s'en dégage une atmosphère... hors du temps, contemplative et qui par moment n'est pas loin de celle de Tarkovski. Et puis, comme il a été déjà dit, Claude Rich y est grandiose. Je pourrais me passer en boucle sa lecture de courrier administratif oulipienne. :D :D :D
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Re: Alain Resnais

Post by riqueuniee »

Celui-là, je n'ai pas accroché du tout. Alors que j'étais bien "entrée" dans l'univers de l'année dernière à Marienbad. Film que je trouve très "littéraire" (ce n'est pas un reproche, au contraire).
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Kevin95
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Re: Alain Resnais

Post by Kevin95 »

Profondo Rosso wrote:Entre Alain Robbe-Grillet pour Hiroshima Mon Amour ou Marguerite Duras sur L'Année dernière à Marienbad
En fait c'est le contraire. :wink:

Concernant Je t'aime, je t'aime, j'ai le souvenir d'avoir découvert le film via le (feu) Cinéma de quartier de Jean-Pierre Dionnet et d'avoir été bluffé par un film qui mélangeait SF, le film "auteuriste" sur le couple et la métaphysique autours de l'homme. Une œuvre fascinante qui m'avait (en son temps) réconciliée avec le cinéma d'Alain Resnais (les premières tentatives furent décevantes) et m'illustra l'inventivité du réalisateur.

Un film que je lie inconsciemment avec un autre de Resnais, Mon oncle d'Amérique, qui lui aussi sous ses dehors de film qui intellectualisait son récit (le film est vendu comme scientifique dans son introduction), lui aussi reprenait des motifs et une mise en scène qui frôlait ou s’inspirait clairement de la science fiction.
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Profondo Rosso
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Re: Alain Resnais

Post by Profondo Rosso »

Kevin95 wrote:
Profondo Rosso wrote:Entre Alain Robbe-Grillet pour Hiroshima Mon Amour ou Marguerite Duras sur L'Année dernière à Marienbad
En fait c'est le contraire. :wink:
Oups c'est corrigé merci !
Kevin95 wrote:Concernant Je t'aime, je t'aime, j'ai le souvenir d'avoir découvert le film via le (feu) Cinéma de quartier de Jean-Pierre Dionnet et d'avoir été bluffé par un film qui mélangeait SF, le film "auteuriste" sur le couple et la métaphysique autours de l'homme. Une œuvre fascinante qui m'avait (en son temps) réconciliée avec le cinéma d'Alain Resnais (les premières tentatives furent décevantes) et m'illustra l'inventivité du réalisateur.
Oui tout comme toi jusqu'ici j'avais vraiment du mal avec Resnais lors de tentatives il y a quelques années là j'ai beaucoup aimé ça me réconcilie vraiment avec lui je suis parti pour m'en refaire quelques uns :)

Je vais aller jeter un oeil aussi au clip de Arnaud Fleurent Didier :wink:
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Re: Alain Resnais

Post by Anorya »

En attendant que Profondo nous ait livré ses impressions sur le clip d'Arnaud-Fleurent Didier (bah oui, depuis le temps :fiou: ), quelques notes sur des courts-métrages de Resnais, souvent en collaboration avec l'ami Chris Marker. Travaux que je considère comme assez essentiels dans le sens où ils s'avèrent assez révélateurs de la personnalité et du style Resnais qui va alors bientôt prendre son envol à la fin 59 en passant au long-métrage. L'essentiel de ces courts sont disponibles sur les éditions arte video d'Hiroshima mon amour et Muriel.


Van Gogh (1948) / Gaughin (1950).

Des petits courts pédagogiques retraçant la vie de ces grands peintres en ne filmant à chaque fois que leurs toiles. L'idée, au demeurant excellente (puisqu'elle fournit l'occasion de montrer des toiles parfois peu connues de ces deux maîtres) est contrebalancée par le noir et blanc de l'image et une définition qui empêche de cerner toutes les subtilités de la toile. Le commentaire en voix-off en fait un peu trop. On sent le passage obligé pour Resnais qui va très vite se libérer des contraintes. Vite vu, vite oublié hélas.

Toute la mémoire du monde (1956).

Après les docs scotchants et assez brut que furent Nuit et brouillard et Les statues meurent aussi, on pourrait trouver Resnais un peu en retrait, presque faisant profil bas après les statues (qui fut censuré et interdit de visionnage pendant de nombreuses années). Pourtant ce court sur la bibliothèque nationale se révèle passionnant, démontrant les rouages d'une véritable ruche humaine et retraçant l'itinéraire de nombreux ouvrages (surtout de choses immensément rares et anciennes). L'un des meilleurs moment reste quand le cinéaste devient entomologiste, décidant de suivre le travail de cotation et de rangement d'un ouvrage déposé le matin même en dépôt légal. - 4/6.


Le chant du styrène (1959).

La conception du polystyrène en commençant par la fin (le produit fini) et en remontant la filière jusqu'aux produits de base (pétrol, benzène etc...). Vrai petit bijou que l'on a là, la même année qu' Hiroshima mon amour. Resnais délivre des travellings d'une grande élégance, certains moments sont de pur poésie (les plantes en plastique qui s'étirent, comme si elles étaient vivantes et levaient leurs tiges pour recevoir la lumière du soleil) et cerise sur le gâteau, le commentaire scientifique est lu par un Raymond Queneau en très grande forme. L'humour afflue en même temps que de multiples informations d'une grande précision. Conseillé dans toutes les bonnes écoles. :mrgreen: - 5/6.


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Les statues meurent aussi (1953).

"Quand les hommes sont morts, ils entrent dans l'Histoire.
Quand les statues sont mortes, elles entrent dans l'Art.
Cette botanique de la mort, c'est ce que nous appelons la culture."


Je termine par le plus fort, aussi précis, millimétré, vif et puissant qu'un Nuit et Brouillard (on me souffle à l'oreille que le sujet n'est pas le même, je le sais bien, mais en terme de ressenti, cette même sensibilité douloureuse à fleur de peau ruisselle de même), les statues meurent aussi fit grand bruit à sa sortie. M'est avis que sa force n'en a jamais été diminuée et que l'objet continue de se tenir là, vaillant et implacable. Plus qu'un constat sur l'Art primitif d'Afrique, c'est un traitement de l'Art lié à l'Humain qui est évoqué, dans un traitement humaniste qui renvoie le colonialisme et le racisme K.O. Resnais et Jean Négroni (narrateur) montrent patiemment que la représentation en Art a valeur d'universel, que même si tout est périssable, l'éternité provient de cette même culture qui nous unit, hommes et femmes de tous pays. Essentiel et indispensable. - 6/6.

On peut visionner Les statues meurent aussi sur Youtube en plusieurs parties , et . :wink:
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Re: Alain Resnais

Post by -Kaonashi Yupa- »

Anorya wrote:Les statues meurent aussi (1953).

"Quand les hommes sont morts, ils entrent dans l'Histoire.
Quand les statues sont mortes, elles entrent dans l'Art.
Cette botanique de la mort, c'est ce que nous appelons la culture."


Je termine par le plus fort, aussi précis, millimétré, vif et puissant qu'un Nuit et Brouillard (on me souffle à l'oreille que le sujet n'est pas le même, je le sais bien, mais en terme de ressenti, cette même sensibilité douloureuse à fleur de peau ruisselle de même), les statues meurent aussi fit grand bruit à sa sortie. M'est avis que sa force n'en a jamais été diminuée et que l'objet continue de se tenir là, vaillant et implacable. Plus qu'un constat sur l'Art primitif d'Afrique, c'est un traitement de l'Art lié à l'Humain qui est évoqué, dans un traitement humaniste qui renvoie le colonialisme et le racisme K.O. Resnais et Jean Négroni (narrateur) montrent patiemment que la représentation en Art a valeur d'universel, que même si tout est périssable, l'éternité provient de cette même culture qui nous unit, hommes et femmes de tous pays. Essentiel et indispensable. - 6/6.

On peut visionner Les statues meurent aussi sur Youtube en plusieurs parties , et . :wink:
Film censuré et projet très attaqué à l'époque et pendant longtemps, je crois bien. Le propos est très fort et très dur, le montage tel un uppercut. C'est en réalité une co-réalisation Resnais et Marker, je crois.
Merci pour les liens vidéo, je les mets en favoris, ça fait un moment que je voulais revoir ce film.
Anorya
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Re: Alain Resnais

Post by Anorya »

-Kaonashi Yupa- wrote: Film censuré et projet très attaqué à l'époque et pendant longtemps, je crois bien. Le propos est très fort et très dur, le montage tel un uppercut. C'est en réalité une co-réalisation Resnais et Marker, je crois.
Merci pour les liens vidéo, je les mets en favoris, ça fait un moment que je voulais revoir ce film.
Co-réalisation oui mais j'ai du mal à voir la part qu'a Marker dans ce film. Sans doute dans le commentaire exemplaire lu par Jean Négroni où l'on retrouve ce poids et cette force des mots qui traverse les réalisations de Marker (le texte de La Jetée est tellement fort que même séparément de l'image, ça reste grandiose). Peut-être aussi dans cet aspect politique qui va retraverser ensuite largement toute l'oeuvre de Marker et qui, généralement m'énerve parfois (je suis assez a-politique), sans que cela n'atténue en rien la finesse et l'intelligence de son réalisateur. Sinon, tu as moyen de récupérer le film en français avec des sous-titres anglais en option sur la toile en cherchant bien (et de bonne qualité, ce qui m'a surpris). ;)
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Joe Wilson
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Re: Alain Resnais

Post by Joe Wilson »

Mélo

Comme souvent chez Resnais, je suis plus admiratif qu'emporté. Mélo marque cependant par sa limpidité et son pouvoir d'évocation...le film s'ouvre et s'achève sur deux longues scènes, qui dessinent autant de lignes de fuite, de jeux de miroir et de faux semblants. L'inspiration théâtrale est omniprésente, enrichie par la formalisme et le sens de la durée de la mise en scène. On ressent alors un parfum de mystère, d'incertitudes, avec en toile de fond le modèle du discours musical.
Arditi, Dussolier et Azéma basculent entre gravité et inconséquence, et ne peuvent que remettre toujours en jeu leurs relations. Une vision amère et brûlante.
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