Alain Resnais (1922-2014)

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés à partir de 1980.

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Thaddeus
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Re: Alain Resnais (1922-2014)

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Les strates enfouies de la conscience

"Tu n'as rien vu à Hiroshima… Rien."
Les voies du cinéma sont impénétrables. Allez savoir pourquoi, parmi les films balisant les avancées cruciales de son langage, certains ont été accueillis avec le plus grand enthousiasme quand d’autres ont suscité de vives polémiques. Lorsqu’il sortit en 1941, le premier long-métrage d’Orson Welles, Citizen Kane, fut plébiscité par les critiques, qui s’accordèrent à y déceler une œuvre d’une exceptionnelle importance. Le public, lui, ne suivit pas. Près de vingt ans plus tard, celui d’Alain Resnais fut présenté hors compétition au Festival de Cannes, par crainte sans doute de déplaire aux Américains qui allaient lui faire un triomphe quelques semaines plus tard. Mais il y provoqua des réactions extrêmes, depuis l’enthousiasme délirant d’André Malraux, déclarant qu’il s’agissait du plus beau film qu’il ait jamais vu, jusqu’au dédain affiché de Marcel Achard. Il n’a cessé depuis de diviser les personnalités installées, tel Jacques Lourcelles qui voyait en Resnais "l’intellectuel le plus ennuyeux qui ait paru en son siècle" (la formule est restée célèbre). L’aura prestigieuse entourant cette œuvre rappelle pourtant qu’elle indiquait au septième art une route radicalement nouvelle, ni représentation du réel ni reconstruction du passé, mais cheminement des consciences à travers les images et les sons. Film-poème, film-cantate aux multiples connotations, Hiroshima mon Amour refusait la sécurité de la chronologie au profit d’une compréhension plus souterraine, délivrait le cinéma de l’entrave des conventions romanesques et secouait la léthargie d’une production figée dans l’académisme. Il affirmait enfin une foi fervente en l’homme universel, dégagé des préjugés et des barrières idéologiques.

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"Hiroshima. C'est ton nom. — C'est mon nom, oui. Ton nom à toi est Nevers. Nevers-en-France."
Hiroshima, été 1957. Venue tourner un film sur la paix, une jeune actrice française, à la veille de son retour chez elle, vit une aventure de rencontre avec un architecte japonais. Ils font l'amour, discutent, se retrouvent au milieu d'un défilé pacifiste, passent l'après-midi chez lui, tuent le temps dans un café, se séparent et se retrouvent au cabaret Le Casablanca. Errance dans la ville qui conduit à l'errance des mots et des souvenirs. La Française a aimé autrefois, à Nevers, la commune de son enfance, pendant l'Occupation, un soldat de la Wehrmacht. Tondue à la Libération par une petite bourgeoisie revancharde, recluse de force dans la cave de la maison familiale, vouée à la folie de l'enfermement, c'est ici, à Hiroshima, qu'elle peut verbaliser son traumatisme et raconter leur histoire à cet inconnu avec lequel "elle l'a trompé". Le temps d’une confidence, le temps d’en vivre, le temps d’en mourir. On ne saura jamais comment ils s’appellent, aussi les noms de villes deviennent-ils ceux des amants d'un jour. À quelques brèves exceptions près qui ont la particularité d'être en langue étrangère, tout le film repose sur les seules voix de ses comédiens, Emmanuelle Riva et Eiji Okada. Diction mate de l'une, phrasé découpant les syllabes de l'autre. Ce chant incantatoire à deux interprètes échappe à la tradition du dialogue. Le texte de Marguerite Duras, lui-même très musical dans sa construction, devient une sorte de récitatif apparentant les propos des protagonistes à une liturgie, un offertoire érotique ou une litanie progressiste. On a souvent rapproché Hiroshima mon Amour des théories du Nouveau Roman, qui a tenté de cerner et de proposer des règles inédites pour la création littéraire, même si Duras ne s’est jamais revendiquée de ce courant. À la psychologie traditionnelle, il oppose l'opacité des êtres confrontés à un réseau d'objets, de lieux, de mots, qui deviennent les signifiants de récits desquels l'histoire s'évanouit. Il en va de même pour la Française et le Japonais, dont les paroles ne s'accrochent à aucune réalité qu'ils puissent partager, et dont l’aventure est le prétexte à essayer de formuler l'irracontable : l'horreur de la bombe, celle de la femme tondue, celle de l'amour perdu ou qui se perdra.

"Je vais rester à Hiroshima. Avec lui, chaque nuit."
Comme souvent, la quête des sources a cherché à trouver des modèles au film de Resnais. L'avant-dernière scène se déroulant dans le cabaret où échouent successivement les deux personnages n'a pas manqué de faire évoquer le Casablanca de Michael Curtiz : une histoire personnelle ne s'inscrit-elle pas, dans l'un et l'autre cas, au sein de la grande Histoire ? La déambulation de l'héroïne dans les rues de la ville japonaise a rappelé celle de l'Orphée de Jean Cocteau, tout en oubliant que les ruines ici sont surtout psychologiques et imaginaires. Hitchcock et son récent Vertigo ont aussi été suggérés pour la tentative de réappropriation d'un passé amoureux, sans observer qu'ici il s'agit moins de retrouver que d'oublier... Il n'importe : échos, citations, renvois gomment tous l'originalité du travail de pur cinéaste auquel s'attaque Resnais. Pur, c'est-à-dire précisément sans antécédents cinématographiques, même s’il n’est pas sans références littéraires. À la tragédie, au sens le plus classique du terme, Hiroshima mon Amour emprunte sa rigueur formelle et sa division en cinq "parties". Il lui emprunte son unité de temps : les notations qui jalonnent le dialogue inscrivent l'histoire dans une stricte durée de vingt-quatre heures (la séquence d'ouverture se situe vers 4 heures du matin alors qu'à la fin, au café, le Japonais constate que le jour n'est pas encore levé). Il lui emprunte son unité de lieu, si l'on considère Hiroshima comme un lieu. Il lui emprunte son unité d'action puisqu'il ne s'y déroule qu'une aventure amoureuse. Et comme dans la tragédie, les récits rétrospectifs (en particulier celui centré sur Nevers) permettent de respecter les unités tout en ouvrant l'écran à des espaces et des temps extérieurs. Espaces et temps qui, dans leurs irrémédiables confrontations, dessinent pour la Française un patient travail de récupération, une longue quête d’identité et de son propre langage. Car l'accès à la vérité profonde qui gît sous les apparences passe d’abord par la maîtrise des mots. D'où ces monologues, intérieurs ou non, qui parsèment son discours et lui permettent "d'apprendre la durée exacte du temps" et d'arriver enfin à relater son ancienne romance avec le soldat allemand. Mais le contrôle du passé est pour elle matière à l’exorciser, à nier toute pertinence linéaire — ce que marque le brouillage temporel dans le discours et le décalage entre celui-ci et les images projetées sur l'écran au même instant.

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"Tu me tues. Tu me fais du bien..."
Comme dans la poésie ou la philosophie contemporaines, le retour aux choses mêmes est significatif : la caméra voit tout, le fer fondu par la déflagration, les verres de bière, les carrosseries des voitures, l’architecture d’après-guerre. Marguerite Duras souhaitait que le film s’introduise sur le développement du fameux champignon de Bikini, mais Resnais opta pour des images d’accouplement volontairement abstraites : une empreinte fossilisée, un dos d'homme caressé par les mains d'une femme dans la pénombre, des corps nus, en sueur, enlacés, couverts d’une poussière dorée et émergeant d’un bain pailleté. Cette séquence purement visuelle, véritable incipit romanesque, inscrit d'emblée Hiroshima mon Amour du côté de la fiction. Ainsi ce sera l'histoire de ce couple de hasard qui en formera la trame. Mais il faudra attendre quinze minutes, et la fin d’une longue série de photos de victimes de l’explosion nucléaire, de leurs mains estropiées, de leurs peaux calcinées, quelques plans descriptifs atteignant les hauteurs de l’allégorie, comme l’exploration d’un crâne pelé par les brûlures, puis des images de la ville dix ans après la catastrophe, avec ses artères de pierre et ses squelettes de bâtiments, pour que les visages des personnages principaux apparaissent enfin. L'intimité charnelle prend alors le dessus sur la réalité documentaire, avec une crudité troublante dans sa représentation physique et le vocabulaire employé par les deux amants pour se dire leur attirance. Les propos et les gestes deviennent ceux d'amoureux banals : rires, remarques tendres et sensuelles ("C'est fou ce que tu as une belle peau"), retour sur les circonstances de la rencontre, étreinte sous la douche. Le film affiche donc dès l'ouverture son rythme atypique : l'intrigue s'inscrit dans les interstices de l'Histoire et, tout en se déroulant au fil d'une journée, sera constamment phagocytée par les événements d'autrefois au point de brouiller l'identité du Japonais et la réalité du présent.

"Tu me donnes beaucoup l'envie d'aimer."
La femme et l’homme étant tous deux mariés et heureux en ménage, cette intrigue est également porteuse d’un scandale : comment oser raconter un adultère à Hiroshima, ville martyre entre toutes ? Et l’on découvrira, au fil des séquences, un autre scandale, propre à la Française : pourquoi raconter à cet amant passager son idylle d'autrefois dont elle ne semble toujours pas remise ? Même si chemine l'ébauche d'un possible avenir au-delà de l'aventure, la rencontre des deux personnages, parce qu'elle prend place en ce lieu précis, met en branle chez la Française tout un mécanisme de mémoire involontaire lié au nom même de la ville, à sa charge historique. Mémoire involontaire qui défie la mémoire apprise (les "on dit que", "l'Histoire dit que"...) ou commémorative (avec ces plans sur le musée ou sur une baraque à l'enseigne "Hiroshima Gifts"). Tout comme, par la juxtaposition d'images de Nevers de la fin de la guerre à l'Hiroshima d'aujourd'hui, la pertinence même des mots s'estompe : ainsi, lorsque dans la gare, le haut-parleur annonce "Hiroshima, Hiroshima", ce sont des images de Nevers que l’on voit. Autant d’associations paradoxales et d’oxymores déstabilisants, à la brutalité elliptique, mais dont la lecture attentive renseigne sur la nature des personnages. Ces effets de superposition ont d'abord pour objet de laisser le spectateur dans l'indécision. Que voit-on après la fermeture au noir qui clôt le générique ? Deux corps pétrifiés par la pluie atomique, comme le nom du titre peut nous le laisser supposer ? Deux corps qui s'abandonnent à leur chaleur et à leur désir comme l'apposition "mon amour" semble y inviter ? Ni l'un ni l'autre, et les deux à la fois : le fondu enchaîné entremêle d'emblée les deux fils de la narration. Le montage adopte parfaitement le point de vue intérieur de la Française sans jamais recourir à la caméra subjective : les images mentales s'imposent, fugitives, avec nulle autre logique que celle de leur arrivée. Et la parole seule leur donnera sens en les inscrivant dans une chronologie. Car Resnais ne sépare jamais les lieux : si l'action se déroule aujourd'hui et au Japon, elle se passe en même temps autrefois et en France. La longue scène au café, pendant laquelle l’héroïne raconte à son interlocuteur qui "ne peut pas imaginer Nevers" son amour allemand est autant un soliloque qu'un récit visuellement fragmenté. La parole, ici, permet aux images d'hier de trouver leur signification. Raconter, c'est ordonner, ranger, reconstruire, comprendre. C’est aussi favoriser l’éclosion du lien affectif dans cet univers vitrifié.

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"J’ai tout vu… Tout."
Resnais fait donc dialoguer la souffrance collective avec l’éphémère du sentiment et les blessures de la mémoire. Mais cette mémoire n'a pas pour objet de rendre présent le passé ; elle n'est que "d'une évidente nécessité", comme le dit l’héroïne, puisqu'elle permet l'oubli qui en est la corrosion. Oubli de la passion que l'on croyait immortelle, oubli de la douleur que l'on croyait infinie, oubli de la bombe qui n'existe plus que sur des pancartes de défilés grotesques. Et donc, possibilité de continuer à vivre, fût-ce à travers une aventure passagère. En suggérant cet espoir, en évoquant avec autant de tristesse que de douceur le cauchemar des dix mille soleils d’Hiroshima, cette ville qui fut le théâtre de l’extrême horreur mais qui est faite à présent à la taille de l’amour, le film dépasse la morale et fonde plus loin sa vérité. Il tend vers une réconciliation finale qui n’a rien d’humaniste ("nous sommes tous frères"), rien de spiritualiste (aucun recours à instance supérieure), mais qui reste courageusement à hauteur d’homme et du monde. Il bouleverse parce que l’extraordinaire modernité de son langage ouvre sur l’intimité des êtres, leur présence aux choses, leurs mélodies intérieures qui fonctionnent en écho de leurs inclinations, de leurs espérances ou de leur désarroi. La profonde beauté d’Hiroshima mon Amour est là, dans la fragilité magnifique d’Emmanuelle Riva, petite Française souriant tandis que son amant japonais prend son beau visage entre ses mains, dans sa voix qui ploie le texte et l’arrache au temps — avec elle, le champ du cinéma sonore s’élargit. Mais aussi dans son investigation respectueuse de l’âme des personnages, dans l’hébétement d’une renaissance au monde, dans la fascination-opium et sa déconstruction ésotérique, dans les images contrastées, insolites, envoûtantes, témoignant du goût jamais tari de l’auteur pour le surréalisme — et participant bien sûr d’une vision dialectique de la réalité. Images de cendres, de nuit et de lumière, à jamais associées à la puissance sidérale de cette œuvre unique.

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Duke Red
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Re: Alain Resnais (1922-2014)

Post by Duke Red »

Je risque d'être seul mais...

Pourquoi faut-il qu'Emmanuelle Riva joue si mal dans ce film ?

Sa diction est horripilante :|
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Re: Alain Resnais (1922-2014)

Post by Jeremy Fox »

Duke Red wrote:Je risque d'être seul mais...

Pourquoi faut-il qu'Emmanuelle Riva joue si mal dans ce film ?

Sa diction est horripilante :|
Hypnotisante ? :idea:
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Re: Alain Resnais (1922-2014)

Post by Federico »

Duke Red wrote:Je risque d'être seul mais...

Pourquoi faut-il qu'Emmanuelle Riva joue si mal dans ce film ?

Sa diction est horripilante :|
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Re: Alain Resnais (1922-2014)

Post by Duke Red »

Federico wrote:
Duke Red wrote:Je risque d'être seul mais...

Pourquoi faut-il qu'Emmanuelle Riva joue si mal dans ce film ?

Sa diction est horripilante :|
Non, tu n'es pas seul. :|
Merci de ce soutien ^^
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Re: Alain Resnais (1922-2014)

Post by Gounou »

Duke Red wrote:Pourquoi faut-il qu'Emmanuelle Riva joue si mal dans ce film ?
Dire qu'elle joue mal revient à dire que les acteurs jouent tout le temps mal chez Bresson. C'est évaluer avec une grille classique un choix artistique tranché.
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Re: Alain Resnais (1922-2014)

Post by Duke Red »

Et quel est ce choix ?
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Re: Alain Resnais (1922-2014)

Post by Gounou »

Duke Red wrote:Et quel est ce choix ?
Le choix même qui te rebute d'une certaine diction très articulée, monocorde, peu "naturelle". Qui porte les mots de Duras au-dessus de tout.
Remets en question les parti pris de Resnais/Duras si tu veux mais Riva joue comme on lui a demandé de jouer.
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Re: Alain Resnais (1922-2014)

Post by Duke Red »

Quand je critiquais Riva, j'incluais implicitement Resnais dans le lot, mais j'aurais dû le préciser. Et je trouve ce choix particulièrement malheureux en effet, puisque ça me fait sortir du film, au lieu de "porter les mots de Duras au-dessus de tout" (quoique cela puisse vouloir dire).

J'ai du mal à croire qu'une diction "naturelle" aurait amoindri ce que Resnais cherchait à atteindre, je pense même le contraire. Difficile de me laisser emporter par cette histoire d'amour quand la nana s'exprime comme Ségolène Royal...
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Re: Alain Resnais (1922-2014)

Post by Gounou »

Duke Red wrote:"porter les mots de Duras au-dessus de tout" (quoique cela puisse vouloir dire).
Au-dessus de l' "histoire d'amour" dont tu parles... faut y mettre du tien, aussi !
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Re: Alain Resnais (1922-2014)

Post by Duke Red »

J'y mets du mien, oh :x

Là ce n'est plus qu'une question de goût. Pour toi, ça a marché.
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Re: Alain Resnais (1922-2014)

Post by Bogus »

D'Alain Resnais je n'ai vu que trois films si je ne me trompe.
J'ai adoré Coeurs, superbe drame (ou comédie dramatique comme on dit) sur la solitude à l'interprétation remarquable. Je ne l'ai vu qu'une fois il y a quelques années et ça fait partie de ces films qui restent dans un coin de la tête et auxquels on repense régulièrement.
On connait la chanson m'avait moyennement convaincu, son procédé se révèlant assez monotone et presque pénible sur la durée.
Quant à L'Année dernière à Marienbad ça a été une épreuve, j'avais failli m'endormir devant... j'ai arrêté à la moitié.

Du reste de sa filmo ceux qui m'intéresse le plus sont Hiroshima mon amour et surtout Smoking/No smoking.
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Alexandre Angel
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Re: Alain Resnais (1922-2014)

Post by Alexandre Angel »

Bogus wrote:D'Alain Resnais je n'ai vu que trois films si je ne me trompe.
J'ai adoré Coeurs, superbe drame (ou comédie dramatique comme on dit) sur la solitude à l'interprétation remarquable. Je ne l'ai vu qu'une fois il y a quelques années et ça fait partie de ces films qui restent dans un coin de la tête et auxquels on repense régulièrement.
On connait la chanson m'avait moyennement convaincu, son procédé se révèlant assez monotone et presque pénible sur la durée.
Quant à L'Année dernière à Marienbad ça a été une épreuve, j'avais failli m'endormir devant... j'ai arrêté à la moitié.
Du reste de sa filmo ceux qui m'intéresse le plus sont Hiroshima mon amour et surtout Smoking/No smoking.
Il faut tout voir. A te lire, c'est dur de te conseiller (s'il fallait te conseiller). On connaît la chanson était un extraordinaire pas de Resnais vers la comédie populaire française: si tu ne l'aimes pas trop et qu'en plus, tu t'es emmerdé devant Marienbad, qui n'est pas facile, on a envie de dire que Resnais n'est pas fait pour toi. Mais tu as aimé Cœurs, qui est effectivement magnifique et tu es attiré par Hiroshima qui n'est pas follement plus facile d'accès que Marienbad. Donc, essaie tout :idea:
PS : le texte de Thaddeus édité ci-dessus (que je n'avais pas lu encore) est à lire impérativement avant de voir ou revoir Hiroshima, mon amour.
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Re: Alain Resnais (1922-2014)

Post by Bogus »

Tout conseil est bon à prendre. :wink:
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Re: Alain Resnais (1922-2014)

Post by lecoinducinéphage »

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Diffusion d'"Alain Resnais, les coulisses de la création" de François Thomas, faisant suite à l'indispensable "L'atelier d'Alain Resnais" du même auteur, paru en 1989.

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Présentation : "Familier des plateaux d’Alain Resnais, François Thomas a demandé aux collaborateurs du cinéaste de raconter la création collective de ses films des vingt dernières années. Les secrets de fabrication, la préparation intensive, les désaccords productifs, les heureux accidents, tout est exploré pour éclairer d’un jour nouveau une œuvre qui repose sur des défis permanents. Où l’on apprendra tout sur les différences de jeu de Sabine Azéma et Pierre Arditi dans No smoking et Smoking, les chansons populaires entonnées par André Dussollier et Lambert Wilson dans On connaît la chanson, l’enregistrement d’une opérette par les comédiens de Pas sur la bouche qui n’avaient jamais chanté avant, les décors excentriques de Cœurs, les effets de couleurs jaillissants des Herbes folles ou la musique hypnotique de Vous n’avez encore rien vu. Pour finir, le livre dévoile les coulisses du dernier film du cinéaste, Aimer, boire et chanter, et présente le projet audacieux qui le suivait, Arrivals & Departures."

Avant-propos. Les méthodes de travail 1992-2014. Producteurs. Jean-Louis Livi et Julie Salvador. Scénaristes et adaptateurs. Agnès Jaoui, Jean-Pierre Bacri et Laurent Herbiet. Décorateur. Jacques Saulnier. Directeurs de la photographie. Renato Berta et Éric Gautier. Comédiens. Sabine Azéma, Pierre Arditi, Lambert Wilson et André Dussollier. Monteur. Hervé de Luze. Musiciens. Bruno Fontaine et Mark Snow. Joker. Bruno Podalydès. Deux années avec Aimer, boire et chanter. Le dernier projet : Arrivals & Departures.

http://www.armand-colin.com/alain-resna ... 2200616168
"Jamais je ne voudrais faire partie d'un club qui accepterait de m'avoir pour membre." (Groucho Marx)