La saga des Freddy (1984-2003)

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés à partir de 1980.

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Boubakar
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Re: Les 7 vies de Freddy le croquemitaine (récapitulatif)

Post by Boubakar »

Freddy, les griffes de la nuit (Samuel Bayer, 2010)

Plus de 25 ans après la saga initiée par Wes Craven, on reboote la série, et il faut dire que ça n'est pas une réussite.
Plus violent que n'a jamais été un seul épisode de Freddy, le film échoue totalement à créer une ambiance, car ça semble terriblement vide, creux. Mais ce qui me gênait le plus, c'est que le réalisateur ne semble pas savoir où se placer ; soit remaker le film de Craven (avec des plans repris à l'identique, dont le gant sortant de la baignoire), soit des idées nouvelles mais complètement à la ramasse (fallait-il vraiment créer un "trauma" autour de Freddy Krueger au lieu de laisser planer le doute sur lui comme le faisait la série précédente ?). Et puis, il n'y vraiment pas de surprises, tant le tout fait cliché, et complètement aseptisé (on montre des litres de sang très "grenadine", mais pas une once d'érotisme, ce qui rend le tout assez hypocrite). Je n'ai guère vu les remakes de ces dernières années (comme Fog ou Black Christmas), mais celui de Vendredi 13, bien que très imparfait, ne nous trompait pas sur la marchandise.

La faute la plus grave reste dans le rôle de Freddy ; on regrette sans arrêt l'absence de Robert Englund (qui n'a pas même droit à un petit cameo), tant Jackie Earle Haley y est mauvais en grimaçant et jouant de sa voix grave. De plus, quelle idée de le montrer si vite (dans le film de Craven, on ne voyait Freddy qu'assez tardivement, sinon on l'apercevait par bribes), ça casse complètement le mystère, le suspens, là il semble y avoir un plaisir presque malsain à le montrer autant, comme pour montrer au public ce à quoi peut ressembler un grand brûlé. Et je ne parlerais pas de la prestation générale des acteurs, tout nuls (et l'héroïne n'est même pas mignonne, tout juste bonne à lui mettre une claque).

On ne parlera trop des incohérences (la plus belle étant la scène où un jeune garçon parle via une vidéo sur son blog des cauchemars qu'il fait. La dernière vidéo le voit tomber d'épuisement, il s'endort devant nous, puis est fracassé la tête la première, par Freddy, sur sa webcam...et la vidéo a quand même été enregistrée et publiée sur son blog. Alors là, j'avoue ne pas avoir compris ! :shock: :lol: ), pour retenir une seule chose ; Claude Lelouch aura quand même réussi à s'incruster dans la saga Freddy, et ça, c'est la chose la plus impressionnante du film ! La seule bonne scène, serait celle où Freddy arrive dans la dimension réelle, et les quelques plans imitant ceux de du film de Craven, mais en dehors de ça, c'est complètement inutile, voire très mauvais.
johell
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Re: Notez les films : mai 2010

Post by johell »

LES GRIFFES DE LA NUIT (A Nightmare On Elm Street) de Wes Craven (1984)

Nancy est une jeune adolescente qui fait régulièrement des cauchemars sur un homme au visage brûlé, avec un vieux pull déchiré et quatre lames tranchantes au bout de sa main droite. Elle constate d'ailleurs que, parmi ses amis, elle n'est pas la seule à faire ces mauvais rêves. Mais bientôt l'un d'entre eux est sauvagement assassiné pendant son sommeil. C'est ainsi que le groupe fait la connaissance de l'ignoble Freddy Krueger, qui se sert des cauchemars pour assassiner les gens qui rêvent de lui. Nancy comprend qu'elle n'a plus qu'une seule solution : si elle veut rester en vie, elle doit rester éveillée...

En tant qu’amateur de films d’horreur, découvrir LES GRIFFES DE LA NUIT équivaut de faire une rencontre inoubliable avec une icône incontournable du genre. De celles qui vous donnent des nuits de cauchemars à répétition. Grâce à son scénario brillant, ce premier opus de la célèbre saga des aventures de Freddy Krueger est très certainement le plus réussi de tous. Il trouve ses racines dans la « réalité », ne montrant jamais un monde fantastique dès qu’une personne s’assoupit durant le film. Au contraire, on se retrouve automatiquement plongé dans les bas-fonds d’une cave ou d’une chaufferie, des décors parfaitement adéquats pour présenter cette plongée glauque du milieu des rêves avec un assassin qui tue ses victimes de la plus cruelle des façons. Et il n’y a aucune échappatoire, si ce n’est de ne pas dormir… Ce qui équivaut à devenir, tôt ou tard, complètement cinglé.

Contrairement à beaucoup d’autres films d’horreur pour lesquels les personnages d’adolescents ne représentent rien de mieux que de la chair à pâté, les protagonistes de cet opus sont des adolescents pour qui le spectateur développe un attachement émotionnel suffisamment rare pour se sentir directement concerné par la tournure tragique des événements. Du coup, les séquences de meurtres sont particulièrement éprouvantes, ne serait-ce que celui de Tina (la jolie blonde Amanda Wyss), massacrée dans son lit, alors que son petit ami assiste impuissant à cette tuerie d’une violence ahurissante. Il est sera de même pour Glen (interprété par un Johnny Depp encore tout gamin!), littéralement aspiré par son lit et recraché dans un gigantesque geiser de sang qui inonde complètement la pièce… sous les yeux de sa mère hurlant comme une folle! Wes Craven excelle dans la mise en place de ces assassinats, se montrant à la fois d’une originalité folle et d’une audace sadique qui fout franchement la nausée.

La grande force du film réside particulièrement dans ses personnages, notamment celui de Nancy, campé avec grande conviction par Heather Langenkamp qui livre une prestation époustouflante, un rôle à fleur de peau réellement émouvant. A l’opposé de la jeune femme, dans le rôle du croquemitaine, on trouve le comédien Robert Englund qui interprète son rôle avec une certaine sobriété bien que celui-ci soit souvent enclin à une forme de cabotinage via des dialogues souvent assez ridicules. Heureusement, dans ce premier opus, Freddy n’en fait pas trop et reste toujours très effrayant même durant quelques écarts à travers des blagues macabres et autres jeux de mots à deux balles. Par exemple, en voyant la fameuse scène du téléphone où la langue de Freddy sort du combiné pour lécher les lèvres de Nancy, on se retrouve devant un instant d’effroi qui pousse plus à hurler de peur qu’à rigoler à gorge déployée. « I’m your boyfriend now, Nancy! ».

Ce premier cauchemar concocté par Wes Craven est donc un véritable traumatisme cinématographique, et ce dès la première séquence qui ouvre le film. Dans une petite lucarne de l’écran qui diffuse le film, on découvre la création du fameux gant de Freddy. Une figure du cinéma d’horreur naît ainsi devant nos yeux. Uniquement ponctué des râles macabres de son personnage principal, LES GRIFFES DE LA NUIT débute à peine qu’il vous saisit immédiatement par son ambiance lugubre pour ne plus vous lâcher durant toute la durée du film! Les scènes chocs sont distillées avec parcimonie et se révèlent souvent brillantes et effrayantes, notamment celle de l’apparition du cadavre ensanglanté de Tina encore emballé dans son sac mortuaire au beau milieu d’un couloir de collège. Il y a aussi cette scène-clé qui voit la mère de Nancy (l’excellente Ronee Blakley) dévoiler à sa fille la « mythologie » de Fred Krueger, alors qu’elle ressort les griffes du tueur qu’elle cachait dans sa cave… L’ambiance pesante du long-métrage doit aussi beaucoup aux tonalités synthétiques produites par Charles Bernstein, compositeur de la musique, qui est un élément primordiale à la réussite des GRIFFES DE LA NUIT. Véritable chef-d’œuvre de terreur qui n’a rien perdu de sa force évocatrice, le film laisse une empreinte marquante dans l'histoire du film d'horreur. Et bien que certains effets spéciaux ont plutôt assez mal vieillit, il restera toujours un de ces longs-métrages indétrônables pour lequel, un jour ou l’autre, vous aurez certainement droit à une pénible nuit blanche.



LA REVANCHE DE FREDDY (A Nightmare On Elm Street 2 : Freddy’s Revenge) de Jack Sholder (1985)

La famille Walsh emménage dans la maison où vivaient Nancy Thompson et ses parents. Très vite, le jeune Jesse commence à faire des cauchemars tandis que des phénomènes étranges secouent son entourage. À n'en pas douter, Freddy Krueger est de retour...

Avec le succès des GRIFFES DE LA NUIT, le studio New Line n’en a (de loin) pas fini avec les aventures de Freddy Krueger. Voilà qu’il revient pour un deuxième film nommé sobrement LA REVANCHE DE FREDDY. Wes Craven passe la main à un illustre inconnu du nom de Jack Sholder qui réalisera deux ans plus tard un excellent thriller de science-fiction nommé THE HIDDEN. Sur la base d’un scénario écrit par David Chaskin, cette suite s’ancre encore davantage dans la « réalité » et ne choisit pas la voie de la facilité; ce qui est tout à son honneur. Le film ne joue pas la carte de la surenchère en action et effets spéciaux et s’attache surtout à bien développer le retour de Freddy Krueger à l’écran.

Contrairement au long-métrage original, le personnage principal de l’intrigue est ici un jeune homme qui est perturbé par d’horrible rêves. Freddy cherche un nouveau corps pour intégrer la réalité et se remettre à tuer. Durant près d’une heure, LA REVANCHE DE FREDDY prend son temps à faire basculer le personnage de Jesse dans la folie en le poussant à commettre des meurtres. Les apparitions du croquemitaine se font assez rares mais restent souvent très impressionnantes, notamment lors de ce bref échange verbal entre le tueur et sa victime : « You’ve got the body, I’ve got the brain », dit-il en s’arrachant la peau de son crâne, laissant directement apparaître son cerveau. Au fur et à mesure des événements, on plonge de plus en plus dans une spirale angoissante et on partage le calvaire de Jesse, interprété par un jeune acteur très prometteur du nom de Mark Patton qui, hélas, ne fera plus grand-chose par la suite. C'est intéressant de savoir que l'acteur avait auparavant auditionné pour le personnage de Glen dans LES GRIFFES DE LA NUIT, rôle qu'obtiendra à sa place Johnny Depp.

Ce qui est assez étonnant avec cette suite, c’est tout le sous-texte que contient le film. LA REVANCHE DE FREDDY porte en lui une certaine imagerie de l’homosexualité à tendance sado-masochiste. Freddy Krueger souhaite posséder le corps d’un jeune mâle qui n’arrête pas de transpirer dans un appartement suffocant. A mesure que les choses se précipitent on y découvre que Jesse a de la peine à consommer sa relation avec sa copine Lisa (Kim Meyers, dont la ressemblance avec une jeune Meryl Streep est assez troublante!) et s’en va dormir la nuit chez son copain Grady avec qui il n’arrête pas de se chamailler. Et puis aussi, la nuit et sous la pluie, il s’en va fréquenter un bar tendancieux où il est surpris par son professeur de sport. Il s’ensuit une violente séquence de douche, où l’étudiant manipulé par Freddy fout à poil l’homme mûr et se met à lui flageller les fesses avec des serviettes de bain! Toutes ces allusions sexuelles donnent donc un parfum sulfureux à un film d’horreur destiné de prime abord aux adolescents. C’est ce qui constitue l’aspect le plus intéressant du film car au-delà de cela le long-métrage se montre assez timoré en terme de frayeurs. De plus, LA REVANCHE DE FREDDY accumule beaucoup de séquences souvent embarrassantes, voire même ridicules, comme les perruches folles qui attaquent la famille Walsh où encore les scènes qui ouvre et clôture le film, à l’intérieur d’un bus scolaire. Il manque ici une dimension cauchemardesque que le réalisateur a de la peine à instaurer. L’idée de suggérer que la maison de Nancy Thompson (Heather Langenkamp dans LES GRIFFES DE LA NUIT) soit un réceptacle surnaturel pour Freddy n’est également pas assez exploité. Et le réalisateur multiplie les artifices de maison hanté avec maladresses, comme il le démontre en faisant s’enflammer un grille-pain qui n’était même pas branché. Quand l’ambiance angoissante cède rapidement la place au grotesque... Et c‘est un peu la même chose au niveau de l’action, ce n’est pas avec une piètre attaque contre des adolescents en bikini et maillot de bain autour d’une piscine lors d’une soirée barbecue que le personnage de Freddy va nous effrayer…

Néanmoins, on se délectera de la séquence où le tueur d’adolescents ressurgit parmi les vivants en sortant du corps de Jessie. Un moment de cinéma fulgurant, appuyé par des effets spéciaux de maquillage et latex qui impressionnent encore aujourd’hui! Un œil apparaît à travers la bouche; les lames de couteaux qui poussent à travers les doigts et lui déchire les bras; la silhouette du visage tout brûlé de Freddy Krueger qui déforme le ventre de sa victime avant de lui ouvrir le ventre… On a rarement connu un accouchement cinématographique aussi intensément monstrueux. C’est donc un peu dommage que la suite des événements ne soient pas d’une telle force, le film n’atteignant jamais l’angoisse de ses premières manifestations et se termine en nous laissant sur notre faim. Mais il faut quand même reconnaître une initiative assez gonflée pour faire revenir le mythe à la vie même si, au final, cela ne convainc pas entièrement. LA REVANCHE DE FREDDY reste une suite de franchise horrifique assez audacieuse qui tranche radicalement avec le reste de la saga, beaucoup plus porté sur les rêveries cauchemardesques et des effets spéciaux toujours plus impressionnants.
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Re: Les 7 vies de Freddy le croquemitaine (récapitulatif)

Post by Flol »

Boubakar wrote:Et je ne parlerais pas de la prestation générale des acteurs, tout nuls (et l'héroïne n'est même pas mignonne, tout juste bonne à lui mettre une claque).
Oh tu es sévère, je la trouve très mimi, cette Rooney Mara :
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Sinon, je me rends compte qu'une des rares choses qui m'aient plu dans ce film, c'est le fait que
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celle que l'on croit être l'héroïne (jouée par une bimbo blonde tout ce qu'il y a de plus classique...donc énervante) meurt au bout de 30mn. Même si ça n'a rien à voir, ça m'a fait penser à Psycho.
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Re: Les 7 vies de Freddy le croquemitaine (récapitulatif)

Post by 7swans »

Ratatouille wrote:
Boubakar wrote:Et je ne parlerais pas de la prestation générale des acteurs, tout nuls (et l'héroïne n'est même pas mignonne, tout juste bonne à lui mettre une claque).
Oh tu es sévère, je la trouve très mimi, cette Rooney Mara :
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Pour le coup je plussois Boub', elle manque totalement de charme.
Heather Langenkamp avait au moins un charisme certain, une originalité ou simplement faisait preuve de personnalité. Là rien, moche et transparente.
Ratatouille wrote:Sinon, je me rends compte qu'une des rares choses qui m'aient plu dans ce film, c'est le fait que
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celle que l'on croit être l'héroïne (jouée par une bimbo blonde tout ce qu'il y a de plus classique...donc énervante) meurt au bout de 30mn. Même si ça n'a rien à voir, ça m'a fait penser à Psycho.
La concernant (la bimbo blonde), impossible d'imaginer 3sec que c'est une lycéenne d'ailleurs. Je sais que c'est souvent le cas, mais là c'est quand même super flagrant.

Sinon, j'ai mis 0 au remake. Parce que, grossièrement, je n'ai rien trouvé à sauver. ça n'est pas d'une imbécilité abyssale, limite dangereuse pour le cinéma comme Transformers2, c'est juste très mauvais, et raté à tous les niveaux. C'est un zéro inoffensif en somme...
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Re: Les 7 vies de Freddy le croquemitaine (récapitulatif)

Post by Flol »

7swans wrote:
Ratatouille wrote: Oh tu es sévère, je la trouve très mimi, cette Rooney Mara :
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Pour le coup je plussois Boub', elle manque totalement de charme.
Heather Langenkamp avait au moins un charisme certain, une originalité ou simplement faisait preuve de personnalité. Là rien, moche et transparente.
Bon. Ok. Perso, elle m'a un peu fait penser à Emily Blunt.
7swans wrote:La concernant (la bimbo blonde), impossible d'imaginer 3sec que c'est une lycéenne d'ailleurs. Je sais que c'est souvent le cas, mais là c'est quand même super flagrant.
Ah oui, je m'étais fait la même réflexion lors d'un plan large de la salle de classe : elle est la seule à être bien maquillée et coiffée, elle sort complètement du lot, et il est effectivement difficile à croire qu'elle puisse être encore lycéenne (ou alors, elle a redoublé 3-4 fois).
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Re: Les 7 vies de Freddy le croquemitaine (récapitulatif)

Post by Nicolas Mag »

mais j'y suis allé quand même
du coup j'y vais en ayant apprecié la photo du film et en esperant pas grand chose
et finalement au depart ça passe (ce qui enerve c'est la volonté de fare peur qui est trop telephoné) et ça passe encore mieux si l'on ne connait pas le film de Wes Craven
le connaissant j'ai pas pu m'empecher d'y voir toutes les différences avec l'original et elles sont nombreuses sur la fin
et c'est là que ça se gate, comment ont il pu tuer la saga Freddy ? alors que Craven jouait sur l'ironie là Freddy c'est le pire des mechants pour la société americaine: un pedophile, on insiste là dessus photo à l'appui. Et le pire arrive dans 2 repliques carrement hallucinante: elle tombe dans une mare de sang et là freddy d'un regard vicieux dit "maintenant tu es toute mouillé" et après il s'apprete comme à la violer et dit "ta bouche dit NON mais ton corps dit OUI" (à vomir carrément). Finalement la morale de l'histoire c'est la transmission de generation en generation de l'autojustice et de la peine capitale
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Re: Les 7 vies de Freddy le croquemitaine (récapitulatif)

Post by cinephage »

Nicolas Mag wrote:Finalement la morale de l'histoire c'est la transmission de generation en generation de l'autojustice et de la peine capitale
L'exact contresens de la série originale, qui traitait au contraire du transfert de la culpabilité (le crime des parents, bien que tu et refoulé, revenait hanter le subconscient des enfants). Tout à fait ce que je craignais... :?
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Watkinssien
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Re: Les 7 vies de Freddy le croquemitaine (récapitulatif)

Post by Watkinssien »

:twisted: Personne ne semble avoir aimé cette imposture filmique !
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johell
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Re: Notez les films : mai 2010

Post by johell »

FREDDY - LES GRIFFES DE LA NUIT (A Nightmare On Elm Street) de Samuel Bayer (2010)

Nancy, Kris, Quentin, Jesse et Dean habitent Elm Street, au coeur d'une banlieue résidentielle semblable à des milliers d'autres - paisible, proprette et sans histoire... Mais depuis quelques temps, ces cinq jeunes sont hantés chaque nuit par le même cauchemar oppressant : un homme à la voix caverneuse surgit des ténèbres. Vêtu d'un t-shirt rouge et vert lacéré, il dissimule sous un vieux chapeau son visage atrocement brûlé et défiguré. Sa main droite, gantée, est munie de quatre longues griffes d'acier plus tranchantes que des lames de rasoir...

Ce qui frappe d'entrée en découvrant ce remake du film de Wes Craven LES GRIFFES DE LA NUIT, c'est la pauvreté de l'interprétation. Les comédiens recrutés pour cette revisitation "moderne" du plus célèbre croquemitaine du 7ème Art ne sont pas du tout convaincants, en plus d'être d'une mollesse assez incroyable. Dès sa séquence d'introduction et guère aidé par des dialogues assez lamentables, on ressent très vite que l'on se retrouve en face d'une reprise laborieuse d'un des plus grands films du cinéma d'horreur.

Ce nouveau cauchemar cinématographique, qui offre toutefois un nouvel angle d'approche assez intéressant en présentant Freddy Krueger comme un abuseur d'enfants en lieu et place d'un tueur sadique, est finalement d'une fadeur confondante. Bien que son sujet soit de prime abord assez malsain, spécialement à notre époque actuelle où la pédophilie représente un véritable cauchemar pour la société, LES GRIFFES DE LA NUIT nouvelle mouture n'exploite même pas cette idée au-delà d'une simple anecdote. Les nouveaux géniteurs du grand brûlé aux griffes d'acier semblent être totalement paralysés devant la dure tâche de faire revivre le mythe à tel point que l'on se retrouve devant un film qui fait une impasse quasi-totale à son imaginaire horrifique.

Sans idées et d'une platitude ronflante, le film de Bayer joue la carte d'une sobriété trop terne et n'offre quasiment rien à ses spectateurs. Le long-métrage met même la pédale douce du point de vue des effets spéciaux, la plupart du temps ceux-ci étant réalisé de manière "old school" et évitent de s'étaler en images de synthèse, ce qui est plutôt une bonne nouvelle. On ne verse pas non plus dans l'excès de violence à la "torture porn" comme c'est souvent le cas avec ce genre de production. Malheureusement, le réalisateur n'arrive absolument pas à faire vivre ses personnages qui sont désespérément vides et pour lesquels on ne ressent strictement rien. Du coup, il est bien difficile d'avoir de l'empathie pour eux et d'être sous le choc lors de leur mise à mort.

De plus, le réalisateur s'autorise même quelques timides reprises d'instants marquants de l'original (la main gantée qui surgit du bain, le sac à cadavre dans les couloirs du collège...) qui ne font qu'enfoncer le film dans la médiocrité tant il peine à dégager un semblant d'atmosphère misérable et des instants de terreur tellement bon marché qu'il ne lui reste qu'un traitement sonore excessif pour faire sursauter son audience. D'un ennui mortel de bout en bout, LES GRIFFES DE LA NUIT version 2010 est un échec créatif total d'autant plus cinglant qu'avec un sujet pareil il y avait de quoi faire une oeuvre monumentale avec la technologie actuelle. Ne serait-ce que pour en faire un spectacle visuel grandiose... Mais non, l'ensemble est d'un sérieux et d'une monotonie tellement plombants que cela vous plonge dans un état somnolent auquel il est difficile de résister. Pour un film pareil, c'est quand même le comble! Les créateurs de ce remake n'arrivent même pas élever le niveau au rang de la suite de la saga la plus ratée - LA FIN DE FREDDY de Rachel Talalay (1991) , la rendant du coup bien meilleure qu'elle ne l'est réellement!

La seule bonne idée de ce remake résidait dans le choix de l'acteur Jackie Earle Haley qui était parfait pour interpréter le rôle de ce Freddy Krueger présenté ici comme un prédateur sexuel. Hélas, son personnage est bien creux, tellement peu développé qu'il a même de la peine à s'imposer face à une distribution de djeunes sans aucune saveur. FREDDY - LES GRIFFES DE LA NUIT est un remake inutile qui n'apporte absolument rien à la saga, et sûrement pas de cauchemars face à ce grand brûlé qui fait plutôt de la peine à voir...
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Re: Notez les films : mai 2010

Post by julien »

Mais pourquoi aussi est-ce que tu es allé voir cette connerie. Il faut pas leur filer du fric à ces cons là. Ça les incite à continuer.
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Re: Notez les films : mai 2010

Post by johell »

julien wrote:Mais pourquoi aussi est-ce que tu es allé voir cette connerie. Il faut pas leur filer du fric à ces cons là. Ça les incite à continuer.
Parce que j'aime ce genre de films. Et je n'ai pas payé mon entrée.
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Re: Les 7 vies de Freddy le croquemitaine (récapitulatif)

Post by Gounou »

Influencé par une tendance actuelle du forum, je me suis lancé dans une nouvelle restrospective de la saga... et arrivé ce soir au terme du quatrième épisode, je me demande si je vais avoir le courage de me re-farcir les pénibles cinquième et sixième avant de retrouver un niveau correct.

En deux mots :

Les Griffes de la Nuit : un classique du genre, daté sans être démodé, malin dans sa structure, toujours efficace dans ses effets et sa suggestion. Les personnages à la fois ados ET bien caractérisés/interprétés semble vraiment appartenir à une autre époque !

La Revanche de Freddy : Un film qui fait un peu de la peine au sens premier du terme, dans la mesure où on sent souvent l'envie du réal de retrouver atmosphère, tonalité et efficacité du premier film... mais sur la base d'un script inintéressant qui abandonne une à une toutes les originalités du film de Craven.

Les Griffes du Cauchemar : Je suis partagé sur cet épisode, je l'ai toujours été. Certes l'histoire se suit bien, il y a Heather Langenkamp (neurasthénique par rapport au premier), John Saxon qui fait coucou, Craig Wasson tout juste sorti d'un autre cauchemar claustro, Badalamenti qui fait ses gammes, Patricia Arquette qui hurle, etc. Mais pour moi, c'est quand même le début de la fin d'une silhouette angoissante au profit d'un clown dégénéré et de délires visuels naïfs et mis en scène façon clip. Je ne sais plus qui discutait plus haut d'un épisode qui fermerait ou débuterait un cycle. Mais si je pense que le film original de Craven demeure isolé, loin devant, il est certain que celui de Russell donne déjà la couleur pour les daubes à venir avec ses combats de kung-fu, ses doigts-seringues, son magicien ridicule et ses punch-lines grossières. C'est aussi pour toutes ces raisons que le personnage est devenu culte.

Le Cauchemar de Freddy : Tout naze à quelques morts graphiques prêt. On ne s'embarasse même plus d'être un tout petit peu soumis au thème du sommeil et du rêve individuel... tout est permis et ça vire rapidement au grand n'importe quoi sur la pente glissante tracée par la dernière partie du troisième épisode. Et les acteurs sont vraiment très mauvais, avec un grand-prix toutes catégories confondues pour l'hystérique ersatz de Christian Slater !


Allez, va pour le cinquième dont j'ai un fort mauvais souvenir...
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Jericho
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Re: Les 7 vies de Freddy le croquemitaine (récapitulatif)

Post by Jericho »

Watkinssien wrote: :twisted: Personne ne semble avoir aimé cette imposture filmique !
Mais la saga Freddy, n'est-elle pas une imposture déjà, à la base ?
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7swans
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Re: Les 7 vies de Freddy le croquemitaine (récapitulatif)

Post by 7swans »

Jericho wrote: Mais la saga Freddy, n'est-elle pas une imposture déjà, à la base ?
T'es pas un peu chiant toi à force?
Comme les Notting Hillbillies : "Missing...Presumed Having a Good Time (on Letterboxd : https://letterboxd.com/ishenryfool/)"
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Re: Les 7 vies de Freddy le croquemitaine (récapitulatif)

Post by Jericho »

7swans wrote:
Jericho wrote: Mais la saga Freddy, n'est-elle pas une imposture déjà, à la base ?
T'es pas un peu chiant toi à force?
Pourquoi ça ?
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