Werner Herzog

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés à partir de 1980.

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Anorya
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Re: Werner Herzog

Post by Anorya »

Derniers mots (Herzog - 1967)
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Un petit court-métrage d'Herzog (disponible dans les bonus des coffrets Opening), alors qu'il est en repérage en Crète pour tourner son premier film, Signes de Vie. 13 minutes où semblent curieusement réunies toutes les thématiques et obsessions du réalisateur à venir, tel que l'isolement (le vieil homme seul sur son île), la folie (à l'image des bateaux que le vieil homme s'était dessiné sur les murs, mais aussi les répétitions de phrases qui laissent à penser que toute la population est complètement crétine et que finalement seul ce vieil homme reste le plus lucide), la mort (l'île était un mouroir pour les lépreux) et une certaine forme d'humour pince-sans-rire. Avec un noir et blanc superbe et des images contemplatives de l'île, on aimerait bien que le voyage dure plus longtemps et ce court-métrage se révèle alors trop court pour le spectateur ravi.

:arrow: Chronique du court-métrage dans le dossier Herzog sur DVDClassik.

:arrow: Lien vers d'autres bonus de Herzog que j'évoque.
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Jericho
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Re: Werner Herzog

Post by Jericho »

T'es en plein cycle Herzog en ce moment ? :)

Moi aussi, enfin j'ai découvert récemment sa filmo, en regardant 3 films de lui en l'espace de quelques semaines.
Aguirre la colère de Dieu, Rescue Dawn et Bad Lieutenant : Escale à la Nouvelle-Orléans (c'est dans l'ordre de mes préférences).
Pas mal, j'aime bien ce que j'ai vu, c'est à creuser !
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Anorya
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Re: Werner Herzog

Post by Anorya »

En effet, je suis en pleine Herzogmania. ;)
J'ai souvent des cycles consacrés à des cinéastes, des périodes où je regarde quasiment pas mal de films (ou documentaires) quand ce n'est pas l'ensemble d'une filmo. Cela me prend comme ça, j'aurais bien du mal à l'expliquer. L'an dernier, c'était Fellini à fond par exemple (même si je ne chronique qu'un tiers de ce que j'ai pu voir sur mon blog) et avant ça, l'ami Wilder.

Bad lieutenant tiens, pas vu (Aguirre fut un de mes premiers chocs cinéphiliques tout petit. Lui son visionnage, je le garde pour plus tard). Il passe encore dans 2,3 salles à Paris donc je vais essayer de me rattraper, sinon, bah... on en fera pas tout un fromage. L'avantage d'être étudiant en fac de cinéma c'est que tu peux avoir accès à des films que tu veux voir et que tu n'as pas (comme Rescue Dawn) donc j'en profite pas mal. Ils ont le documentaire d'Herzog sur sa relation mouvementée avec l'acteur Klaus Kinski, Ennemis Intimes par exemple. J'essaierais de le voir en semaine. :)
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Anorya
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Re: Werner Herzog

Post by Anorya »

Bad Lieutenant : Escale à la Nouvelle Orléans. (Herzog - 2009)

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Le film serait sous-titré "bienvenue chez les freaks" qu'il ne m'aurait pas plus gêné que cet "escale à la Nouvelle Orléans" volontairement ajouté pour montrer la différentiation volontaire avec le Ferrara qu' Herzog d'ailleurs se défendait d'avoir vu dans un truc glané quelque part. C'est vrai que mis à part le personnage du flic constamment dopé, il n'y a même plus de point commun. Herzog se fout même royalement (c'est génial, on a viré des réalisateurs du tournage pour moins que ça :mrgreen: ) de la pseudo intrigue policière à l'instar de ce plan jouissif où Nicolas Cage (qui a la niaque formidable là-dedans. Hâte de le retrouver pour Kick-ass bientôt) conclue un pacte avec le gros bonnet local en parlant plantation tandis qu'à l'arrière les hommes de main se débarrassent d'un corps en le jetant dans le fleuve. :lol:

Tout le film porte bien la patte d'Herzog même si on pourrait penser que pour le coup, bien plus que pour Rescue Dawn, le réalisateur se force à faire ses plans décalés qui n'appartiennent qu'a lui. Des moments où les iguanes chantent et où l'âme du mort danse (moments bien trippants :mrgreen: ) semblent presque plus que bienvenus, limite gratuits et détonnent bien plus qu'un plan d'enterrement façon Bayou (avec crachat de whisky) ou celui (que je trouve formidable pour le coup) du crocodile renversé sur la route. D'autant que ce dernier fait suite où l'on voit un petit croco décider de ne pas emprunter la route en voyant le corps du grand, mort sur la route. Limite j'aurais envie de dire qu'il faudrait voir ce film pour un mini-plan comme ça qui me touche perso.

En fait, à part dans Coeur de Verre, c'est bien la première fois qu'on a des visions clairement montrées à l'image chez Herzog. Aguirre rêvait bien de son royaume, tout comme Woyzeck de la nature et de la terre, mais c'était des paroles, des visions internes aux personnages qui nous donnaient surtout à voir mentalement la démesure qu'ils portaient en eux dans un monde qui les confinait. Ici, l'impact du film navigue entre la grosse blague sympathique et un film étrange qui tient plus lieu d'une sorte de documentaire sur un flic complètement camé. Et c'est sans doute plus en ce sens qu'il faut voir le film, dans cette prestation presque Kinskienne (sauf que Kinski vivait véritablement les choses là où Cage les joue. Je doute néanmoins que Cage ait pris de la coke. Kinski lui, en aurait été tout à fait capable...) du personnage principal. Les seconds rôles ne sont pas en reste. Eva Mendes fait du basique mais c'est son rôle qui veut ça et finalement je la trouve assez touchante (quand elle réfléchit sur les marches d'escaliers, quand elle accepte la cuillère). Il y a une sorte de naïveté étrange qui plane sur les personnages et donne à ce film un singulier parfum. Un Herzog étrange (pléonasme mais vous m'aurez compris) mais finalement sympathique.

4/6.
Last edited by Anorya on 3 Jun 10, 14:58, edited 1 time in total.
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Anorya
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Re: Werner Herzog

Post by Anorya »

Woyzeck (Herzog - 1979)
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1850, dans une petite ville de garnison. Le soldat Woyzeck est un homme simple et tourmenté. Il exerce les fonctions de barbier, et se prête également à des expériences médicales afin de gagner quelques sous supplémentaires. Il n'a d'yeux que pour sa compagne Marie et son fils illégitime. Victimes d'hallucinations, de visions effrayantes, Woyzeck sombre lentement dans la folie. La jalousie l'amènera à commettre un acte insensé...


Après Coeur de Verre, retour à la fibre austère d'Herzog à travers une adaptation d'une pièce posthume du poète Georg Büchner, tournée au pied levé en 15 jours avec un budget réduit. Une sorte de contrepoint au (paraît-il) luxueux Nosferatu qu'il tourne peu avant où il reprend un Klaus Kinski dont les cheveux repoussent à peine. Etrange film que ce Woyzeck où, Herzog évite l'esthétisme sordide qui marque presque toutes les productions de Büchner comme de l'opéra de Berg à la scène. Au contraire, le film choisit l'épure et refuse tout appel à la poésie (excepté l'ouverture et la fermeture, sublimes sur fond de musique à la clochette) afin de créer un mur de rigueur. Du coup, l'absence (...), de toute vision comme de tout épisode contemplatif décevra peut-être plus encore que l'absence du sordide photogénique. Et pourtant, au coeur (de verre) du film, en son noyau même, quelque chose fascine et finit par emporter l'adhésion du spectateur qui sera allé jusqu'au bout. D'abord, l'absence de budget conséquent oblige Herzog à aller droit au but (le film ne fait qu'une heure et quart) et à tracer comme en ligne droite une galerie de personnages restreints et volontairement grotesques en majorité. Tel ce docteur qui force Woyzeck à un régime de pois ou à uriner sur commande pour démontrer une quelconque absurdité de la nature (Woyzeck la personnifie et ses visions sont assez proches de celles d'Aguirre ou Hias dans Coeur de Verre. C'est un possédé, un écorché vif lui-aussi qui ira somme toute jusqu'au bout de son destin) face à la force de la science. Ou le capitaine de Woyzeck, homme gros et frustre, bien trop enfoncé dans ses vêtements. Tous deux traitent le simpliste Woyzeck comme un idiot, un cobaye de leurs volontés. Or Woyzeck malgré sa simplesse d'esprit n'est certainement pas un imbécile.

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Ensuite, grâce à la performance de Kinski, qui bien plus que dans Aguirre porte le film sur les épaules. Habité, Kinski l'est entièrement. Dévoué de fond en comble à son personnage d'homme simple qui préfère croire en la nature (les dialogues plus ou moins métaphysiques sont à ce titre proprement sublimes et laissent à penser que Woyzeck semble le seul personnage qui ose raisonner sur le sens de la/sa vie au contraire de ses bourreaux) plutôt qu'en une quelconque rationalisation de la pensée humaine. Kinski est son personnage. Les veines saillent sur son front, il se congestionne ou blêmit, se minéralise aussi, déforme ses muscles au point de paraître écorché au sens propre -- au figuré, ça va sans dire. Ce travail d'autosculpture tétanique...
Spoiler (cliquez pour afficher)
...culmine dans la scène du meurtre de Marie, interminable, étirée de plus par le ralenti au-délà du tolérable, et où la caméra ne quitte pas son buste et son visage.
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Enfin parce qu'une fois de plus, Herzog ne juge jamais ses personnages à aucun instant, échappant à toute idée de pathos ou de morale, poussant les personnages à l'absurde à l'instar de la fin du film, que Herzog livre en deux plans fixes, étirés. Woyzeck est, le générique le montre assez bien, un pauvre diable écrasé dès le début par quasiment tout le monde. A son entraînement, par son supérieur, par un docteur, par un soldat... Un pauvre diable qui pense, qui pense même trop comme le lui repprochera ses "geoliers". Et voilà bien tout le drame qui est livré où le cinéaste s'efface (sans doute parfois trop) derrière le texte de Büchner.

En l'état, voici un film d'un parfait ascétisme, d'un hermétisme qui pourra au premier abord en décourager certains. Mais au prix du visionnage, des moments ressortent et finissent par planer sur l'esprit, livrant là un film dur mais néanmoins des plus intéressants.

4/6.








Toutes les citations en italique sont tirées du livre "Werner Herzog" par Emmanuel Carrère. Collection Cinégraphiques, éditions Edilig, 1982. :D
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Roy Neary
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Re: Werner Herzog

Post by Roy Neary »

La 4ème partie de l'Intégrale Werner Herzog est en ligne.
Aujourd'hui :arrow: Les Nais aussi ont commencé petits (1970), Avenir handicapé (1971)et Le Pays du silence et de l’obscurité (1971).
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ed
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Re: Werner Herzog

Post by ed »

Roy Neary wrote: Les Navis aussi ont commencé petits (1970)
qui est la prequel d'Avatar, bien sûr.
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Jericho
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Re: Werner Herzog

Post by Jericho »

:D Trop facile celle là !
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Anorya
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Re: Werner Herzog

Post by Anorya »

Roy Neary wrote:La 4ème partie de l'Intégrale Werner Herzog est en ligne.
Aujourd'hui :arrow: Les Nais aussi ont commencé petits (1970), Avenir handicapé (1971)et Le Pays du silence et de l’obscurité (1971).
Wouéééééé !!! :D
Je m'en vais lire ça de suite avant que ma connection ne me relâche. :mrgreen: :|
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Re: Werner Herzog

Post by Amarcord »

De Herzog, j'aime beaucoup Coeur de verre, que j'avais trouvé étrange et vraiment fascinant, au sens strict du terme.
[Dick Laurent is dead.]
Anorya
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Re: Werner Herzog

Post by Anorya »

Ennemis intimes (Herzog - 1999)

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"Il y a eu des problèmes avec Klaus Kinski qui interprète Aguirre. Kinski, tout le monde le sait, est un hystérique, et c'est peut-être l'acteur le plus difficile du monde entier. Un jour, sur scène, il a failli tuer un autre acteur. Dans une autre pièce, un acteur ne faisait pas exactement ce que voulait Kinski; alors, il l'a poignardé si furieusement avec son épée de bois que le pauvre homme en a eu pour trois mois d'hôpital. Sur le tournage, Kinski avait l'habitude de m'insulter tous les jours pendant deux heures. Il criait d'une voix aiguë devant tout le monde. Et c'était très drôle, parce que je restais silencieux. Et les indiens avaient très peur, ils chuchotaient, ils se serraient les uns contre les autres, les épaules voûtées. Vers la fin du tournage, ils m'ont dit : "Nous avons peur, nous avons toujours eu peur, mais pas de ce fou de Kinski qui hurle tant". Ils avaient peur de moi parce que j'étais silencieux."
("Werner Herzog" par Emmanuel Carrère. Collection Cinégraphiques, éditions Edilig, 1982.)


Huit ans après la mort de Kinski, Herzog décide de tourner un documentaire sur leur relation d'amour/haine. Les rapports avec le personnage à la fois égocentrique, monomaniaque, mégalomane et décalé ne manquent en effet pas de piment et les anecdotes affluent à la fois sur le tournage des 5 films issus de leur fructueuse collaboration (dont deux œuvres magistrales comme Aguirre et Fitzcarraldo) comme des moments hors-tournages, Herzog ayant pris l'habitude parfois de retrouver le regretté acteur pour des festivals entres-autres. De bout en bout, on reste subjugué par l'étrange complicité qui unit son réalisateur et son acteur. La réalité est complètement dépassée par la fiction, elle sort de ses gonds, d'autant plus quand on voit et comprend à l'écran que tout est quasiment réel. Trop réel pour ne pas avoir une dimension fantastique à l'instar des étranges sensations qui nous ont déjà parcourues dans de nombreux films d'Herzog. Comme ce plan final, inoubliable d'un papillon qui ne veut pas quitter Kinski et d'un acteur, enchanté par cet invité, qui fait mine de poser devant la caméra avec le petit insecte éphémère.


"A propos de l'incident dont a parlé la presse à scandales, voici comment les choses se sont passées. Kinski avait insisté pour que je renvoie des gens de l'équipe sans raison. Il les a insultés et a exigé leur départ. Et j'ai refusé en lui expliquant qu'il avait tort, que c'étaient d'excellents techniciens, qui travaillaient très bien. Alors il m'a dit qu'il s'en irait. J'ai répondu que c'était impossible, que je le fusillerais et qu'avant d'atteindre le versant de la rivière, il aurait 6 balles dans la tête. Je n'étais pas armé, mais il savait pertinemment que je l'aurais fait. Alors, il a eu très peur, il a crié "Police, police !" en pleine jungle sans le moindre village à 650 km à la ronde ! Je lui ai fait comprendre qu'il ne me faudrait pas cinq secondes pour décider que le film était plus important que nos sentiments personnels et nos vies privées et qu'il n'en mourrait pas. Je lui ai dit que je supporterais tout, toutes sortes d'humiliations, mais pas cela. Chaque jour, il pouvait le constater, il pouvait voir que pendant des semaines je ne dormais qu'une ou deux heures par nuit. Et il continuait encore à m'insulter. Je restais complètement silencieux et détendu. Je lui ai dit calmement qu'il ne partirait pas, que je mettrais ma menace à exécution, et il savait que j'étais sérieux. Alors, pendant les dix jours qui ont suivi, il s'est comporté très correctement. (...)"
("Werner Herzog" par Emmanuel Carrère. Collection Cinégraphiques, éditions Edilig, 1982.)

6/6
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Jericho
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Re: Werner Herzog

Post by Jericho »

Il à l'air intéressant ce documentaire ! :D
Il me semble avoir vu des extraits à la téloche, ou alors c'était carrément des extraits de making of (la grosse engueulade avec des indiens autour d'eux !).
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Anorya
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Re: Werner Herzog

Post by Anorya »

Il est énorme ce documentaire même. :D
Pour la grosse engueulade, on la voit effectivement dedans, c'est sur le tournage de Fitzcarraldo. Kinski avait décidé de prendre le chef op' comme bouc émissaire pour passer sa rage et Herzog impérial qui dit rien un peu plus haut et décide de laisser passer. C'est assez tendu en effet. Pour l'anecdote encore, l'un des chefs indiens a proposé pendant le tournage de tuer littéralement Kinski, ce à quoi Herzog lui aurait répondu qu'il avait encore besoin de lui pour le film. :shock: :lol:

Je pense que ça risque bien d'être mon film du mois en tout cas. :o
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Jericho
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Re: Werner Herzog

Post by Jericho »

Je viens de voir le documentaire et c'est assez énorme, comment le cinéaste dépeint Kinski. Je savais qu'il était fou mais pas à ce point là ! :shock:
Et l'anecdote à propos de l'acteur qui voulait se barrer du tournage (je crois que c'était sur celui d'Aguirre), Herzog très remonté, le menace de prendre son flingue pour lui tirer 8 balles dans la tête, et la 9ème serait pour lui même ! :shock: :lol:

Ces tarés !
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Re: Werner Herzog

Post by Roy Neary »

La 5ème partie de l'Intégrale Werner Herzog est en ligne.
Aujourd'hui :arrow: Aguirre, la colère de Dieu (1972), l'un des films les plus emblématiques du cinéaste. :wink:
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