Karel Reisz (1926-2002)

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés à partir de 1980.

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El Dadal
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Re: Karel Reisz (1926-2002)

Post by El Dadal »

Je ne connais pas du tout ce film, je n'en avais pour ainsi dire pas entendu parler avant cette chronique. Ma curiosité est donc particulièrement piquée. Toutefois, le test technique est un peu laconique, et avant de me lancer sur un autre dévédé Tamasa peut-être bof et cher, j'attendrai d'autres retours.
Filou
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Re: Karel Reisz (1926-2002)

Post by Filou »

Cool, je ne savais pas. Je vais le prendre. J'avais lu que ce serait bien de passer par la bannière DVDclassik pour la commande mais je ne trouve pas de lien. Est-ce que quelqu'un pourrait me dire où cliquer ?

Edit : j'ai trouvé. :D

http://www.amazon.fr/exec/obidos/ASIN/B ... ssikcom-21
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Frances
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Re: Karel Reisz (1926-2002)

Post by Frances »

Filou wrote:
Cool, je ne savais pas. Je vais le prendre. J'avais lu que ce serait bien de passer par la bannière DVDclassik pour la commande mais je ne trouve pas de lien. Est-ce que quelqu'un pourrait me dire où cliquer ?
Tu cliques en haut de la page sur la bannière Amazon :wink: (la pub si tu préfères)
Filou
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Re: Karel Reisz (1926-2002)

Post by Filou »

Frances wrote:
Filou wrote: Cool, je ne savais pas. Je vais le prendre. J'avais lu que ce serait bien de passer par la bannière DVDclassik pour la commande mais je ne trouve pas de lien. Est-ce que quelqu'un pourrait me dire où cliquer ?
Tu cliques en haut de la page sur la bannière Amazon :wink: (la pub si tu préfères)
J'ai finalement trouvé mais je te remercie beaucoup Frances. :wink:
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Jeremy Fox
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Re: Karel Reisz (1926-2002)

Post by Jeremy Fox »

La Maîtresse du lieutenant français – The French lieutenant’s woman (1981)

Intelligence de l'écriture qui mélange deux époques avec une belle harmonie (réflexion au passage sur le rêve et la réalité, sur l'art et le cinéma), perfection de l'interprétation des deux comédiens principaux (surtout Meryl Streep) et beauté de la mise en scène qui font de ce film à costumes une œuvre jamais guindée mais au contraire toujours aussi moderne. C'est bien évidemment le personnage féminin qui est le plus riche, le spectateur ne sachant jamais vraiment si elle est manipulatrice, affabulatrice, amoureuse ou non. Quelques bémols : certains personnages secondaires caricaturaux et une émotion finalement trop ténue à mon goût, Jane Campion étant entre temps passée par là avec son lyrisme dévastateur qui me convient mieux. A signaler aussi une photographie somptueuse et un thème musical principal de Carl Davis absolument déchirant. Un peu déçu en rapport à mes attentes mais néanmoins une très belle réussite romantique.
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Jeremy Fox
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Re: Karel Reisz (1926-2002)

Post by Jeremy Fox »

Justin Kwedi a écrit la chronique de Isadora, un film qui existe en DVD depuis 2010 chez Doriane Films.
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Alexandre Angel
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Re: Karel Reisz (1926-2002)

Post by Alexandre Angel »

Jeremy Fox wrote:une émotion finalement trop ténue à mon goût,
Oui, mais c'est aussi la patte Harold Pinter, toujours distanciée. Chez Pinter, le spectateur "fabrique" sa propre émotion, doit l'imaginer, elle n'est pas "prémâchée" (voir Le Messager, L'Ami retrouvé, notamment). En gros, je ne crois pas que le film cherche vraiment à émouvoir (au sens de solliciter, même de façon noble, les glandes lacrymales du spectateur). Alors qu'avec Campion, on est dans la sensibilité à fleur de peau (surtout Bright Star, qui m'avait beaucoup plus).
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Jeremy Fox
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Re: Karel Reisz (1926-2002)

Post by Jeremy Fox »

Solaris poursuit ses ressorties autour du Free Cinema anglais avec l'un des films fondateur du mouvement, Samedi soir, dimanche matin dont la chronique est signée Justin Kwedi.
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Thaddeus
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Re: Karel Reisz (1926-2002)

Post by Thaddeus »

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Samedi soir, dimanche matin
À Nottingham, la vie des ouvriers est réglée comme du papier à musique – monotonie chronométrée du labeur, virées du week-end au pub, à la pêche ou à la fête foraine. Tel est le quotidien d’Arthur, non-aligné qui engloutit des litres de bière, fréquente une femme mariée puis une belle jeunette, et se révolte contre le système et sa condition. Il est un peu cuistre, souvent menteur, mais intègre, pas dupe de la nouvelle logique de consommation et du développement de la culture de masse. Analysant les conflits entre les pulsions d’un individu et les contraintes collectives, Reisz traduit la critique marcusienne de la "société fermée" et le slogan "métro-boulot-dodo". Taillée avec truculence et tendresse, sa chronique de l’Angleterre contemporaine rappelle les travaux de Kazan avec Brando et Dean. En encore mieux. 5/6

Morgan
Morgan est un peintre excentrique qui a épousé une jeune fille très riche mais n’a pas renoncé pour autant à sa bohème. Habité par des images de jungle, de Tarzan et de King Kong, il cultive les ardeurs révolutionnaires léguées par ses parents communistes, bien qu’au stalinisme traditionnel de sa mère il préfère le gauchisme de Trotski. Avec cette œuvre drôle, brillante et débridée, pleine de liberté cocasse, de fantaisie buñuelienne, le cinéaste se livre à une satire farfelue qui met joyeusement en cause tout un système, une politique, un mode de vie. Car dans une société où celui qui refuse l’aliénation bourgeoise n’a que le recours de l’imaginaire, la rébellion est systématiquement diagnostiquée comme un symptôme de folie, et le jaillissement du fantasme devient le seul outil de contestation possible. 5/6

Le flambeur
Des films sur l’enfer du jeu, il en existe une palanquée. Sans révolutionner ce qui est presque un sous-genre du cinéma noir, le réalisateur en livre une variation particulièrement aiguë à travers le portrait d’un professeur d’université socialement intégré dont la passion se teinte d’une nuance inusitée de masochisme. De solitude en fuite en avant, de peur en déchéance, il se laisse voluptueusement consumer par son vice jusqu’à faire naître en lui la soif du châtiment, dont il finira par contempler la marque d’un sourire heureux. Itinéraire dostoïevskien donc, au centre d’un drame sophistiqué dont la tension permanente puise autant dans les pulsations des cercles interlopes de New York que dans les contradictions d’un être secret, ambigu, animé d’une fièvre autodestructrice et fasciné par le vertige auquel il aspire. 5/6

Les guerriers de l’enfer
S’il puise dans le traumatisme du Vietnam, Reisz livre un authentique film noir dont les personnages sont des être brisés, des humiliés et des offensés qui tentent de fuir leur propre dégoût, par la drogue ou la violence, le cynisme ou la méfiance à l’égard des sentiments. Entre une première scène de bruit et de fureur et une fusillade furieuse dans les éclairs d’un son et lumière stéréophonique au milieu du désert, l’œuvre développe une parabole suicidaire pour les archétypes d’une nouvelle génération perdue, dont l’itinéraire régressif vers la nature vierge des pionniers traduit comme un décrochage du réel. Derrière le suspense et la tension dramatique d’un récit rigoureusement mené, c’est un échec pathétique qui transparaît, l’impossibilité de cristalliser la révolte, le refus qui conduit à l’exil intérieur. 4/6

La maîtresse du lieutenant français
Dans une petite ville portuaire anglaise, le long d’une jetée de pierre se perdant dans les flots, l’héroïne romantique émerge des brumes. Rencontre avec un jeune oisif nanti qui s’apprête à épouser une péronnelle, coup de foudre, rupture, retrouvailles : c’est beau et triste comme un feuilleton populaire. Dans le même temps, les deux interprètes de ce film d’époque vivent aujourd’hui une liaison similaire, hiatus qui fournit son sens et sa saveur aux passions démodées qu’expriment avec une grandiloquence mesurée et alanguie des personnages de pure fiction – un véritable cas d’école de la mise en abyme. Car l’histoire au présent ne trouve pas plus de conclusion que l’histoire au passé, s’achève sur la même béance opaque, et la catharsis naît du spectacle de la vie qui se transmue sous nos yeux en art. 5/6


Mon top :

1. Le flambeur (1974)
2. Samedi soir, dimanche matin (1960)
3. La maîtresse du lieutenant français (1981)
4. Morgan (1966)
5. Les guerriers de l’enfer (1978)

Débuté sous l’égide du réalisme et de la dénonciation sociale, le cinéma de Karel Reisz a ensuite muté vers des élans romantiques tempérés par le regard sceptique qui sied à un créateur originaire d’Europe centrale. Ces quelques films remarquables témoignent d’un tempérament éclectique, d’une grande exigence formelle et du souci de se renouveler à chaque nouvelle entreprise.
Last edited by Thaddeus on 27 Jan 19, 09:47, edited 1 time in total.
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Alexandre Angel
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Re: Karel Reisz (1926-2002)

Post by Alexandre Angel »

J'aime beaucoup ses films américains (La Maîtresse du Lieutenant français est -il réellement américain?).
Le Flambeur et Les Guerriers de l'Enfer sont tout sauf datés (je dis ça parce que je crois avoir lu le contraire sur le forum) et je trouve même que Les Guerriers de l'Enfer, qui est celui que je connais le mieux, tire justement sa force de sa tonalité dissidente, de sa noirceur, de son âpreté, que je trouve modernes, presque contemporaines.
Par contre, je l'ai déjà dit, mais mon dvd MGM est un tas de merde pendant les 15 premières minutes (toutes les séquences Viêt-Nam). Je n'ai jamais trop su si d'autres avaient eu ce problème (je pense que oui car ce n'est pas un pet numérique mais réellement la copie qui est immonde, avant de redevenir normale).