SCORSESE : rétrospective intégrale au Centre Pompidou

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés à partir de 1980.

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Roy Neary
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Post by Roy Neary »

Le livre, malgré son prix élevé (55€ :x ) est à acheter sans aucune hésitation. Margo et moi étions scotchés devant en nous disant que c'était l'équivalent du "Hitchbook". Avec une iconographie magnifique.
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Gounou
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Post by Gounou »

Carlito wrote:Les enfoirés... :twisted:
Grave... :evil:
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Gounou
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Post by Gounou »

Roy Neary wrote:Le livre, malgré son prix élevé (55€ :x ) est à acheter
Vivement Noël.
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Carlito
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Post by Carlito »

Roy Neary wrote:Le livre, malgré son prix élevé (55€ :x ) est à acheter sans aucune hésitation. Margo et moi étions scotchés devant en nous disant que c'était l'équivalent du "Hitchbook".
Hitchcock :arrow: De Palma :arrow: Scorsese
Fatalitas
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Post by Fatalitas »

Roy Neary wrote:Le livre, malgré son prix élevé (55€ :x ) est à acheter sans aucune hésitation. Margo et moi étions scotchés devant en nous disant que c'était l'équivalent du "Hitchbook". Avec une iconographie magnifique.
Acheté la semaine derniere, magnifique livre et superbe iconographie, en effet

et un chapitre sur The Departed, miam miam :D
ben braddock
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Post by ben braddock »

pour le livre, comparé a celui la :

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est-il meilleur ou pas ?
(si c'est comparable au niveau du contenu?)

une fois acheté l'un, l'autre est-il nécessaire et inversement ???

merci.
http://www.flickr.com/photos/kalelkoven/
Cherche modeles pour photos !!
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Fatalitas
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Post by Fatalitas »

le nouveau est une suite d'entretiens entre Michael Henry Wilson et Scorsese (parus pour la plupart dans Positif), et comme la fait remarquer Roy, on pourrait le comparer au Hitchcock/Truffaut :D

et puis, quand on voit l'index des films cités dans le bouquin, ça prouve encore que lire Scorsese est un pur bonheur

j'ai à peine commencé le livre mais à mon avis, je vais le devorer 8)
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Kevin95
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Post by Kevin95 »

Et hop ! Dans mes achats de noel ! :D
Les deux fléaux qui menacent l'humanité sont le désordre et l'ordre. La corruption me dégoûte, la vertu me donne le frisson. (Michel Audiard)
Margo

Post by Margo »

Gros article dans le Libé d'aujourd'hui. Trois pages offertes à Gaspard Noé (textes, captures...) sur son rapport à un de ses cinéastes favoris : Martin Scorsese, à l'occasion de la rétro Beaubourg. Dommage que le web ne rende en rien la mise en page assez sexy du réalisateur de Carne... Voici les textes, passionnants et... grinçants. Si on pouvait s'épargner le débat qui va bien sur la religion - la modération vous en remercie d'avance :mrgreen:

«Il n'y a pas de violence qui n'ait de sens»*
Suivant cette proclamation scorsesienne, le cinéaste Gaspar Noé commente neuf instantanés qu'il a prélevés dans la chair d'une oeuvre à vif.

«Aviator», 2004
Dernier sorti pour l'heure, un film très énergique à la gloire d'un psychopathe, cette fois grand chef d'entreprise. C'est humainement rassurant de voir la double fascination de Scorsese pour les galériens qui ratent tout et pour les entrepreneurs qui réussissent. Il filme les deux familles d'hommes avec le même respect et amour, telles deux faces de la même pièce. Bien sûr, ses séquences les plus marquantes sont toujours celles où le héros, riche ou pauvre, se retrouve la gueule en sang pour avoir voulu trop exister. Et ici, c'est celle où Leonardo DiCaprio cuit tel un rôti dans le cockpit dont il ne parvient pas à s'échapper. C'est lors de la première de ce film que j'ai finalement rencontré Martin Scorsese, le réalisateur qui parle le plus vite au monde et peut-être le plus cinéphile aussi. Son charisme force le respect. Et nombreux sont ceux qui paieraient cher pour passer ne serait-ce qu'une demi-heure dans sa tête.

«Taxi Driver», 1976
«Dans chaque rue, il y a un inconnu qui rêve d'être quelqu'un. C'est un homme seul, oublié, qui cherche désespérément à prouver qu'il existe.» Cette accroche est peut-être la meilleure jamais utilisée sur une affiche (avec celle d'Alien : «Dans l'espace, personne ne vous entend crier»), mais aussi un excellent résumé du film. Travis Bickle, voilà le justicier dostoïevkien auquel on ne peut que s'identifier. Sans dieu, sans maître, sans parents, sans progéniture, sans amis et sans amour, mais avec un but très clair : laisser une trace de sa présence dans le monde où il a été propulsé malgré lui. Et le massacre que cet animal commettra lui rendra une identité et la reconnaissance sociale dont il manquait. Certains actes meurtriers paient. Et la violence, parfois il faut en passer par là.

«Mean Streets», 1973
Malgré de très brefs plans dans Seconds de Frankenheimer, ce plan de Scorsese est le premier qui ait poussé aussi loin cette superbe trouvaille visuelle qu'est celle d'accrocher grâce à un harnais la caméra au corps du comédien. Le personnage reste fixe au centre de l'image, et tout l'espace bascule derrière lui, même lorsqu'il finit par s'écrouler sur une banquette. Le résultat émotionnel est immédiat : le spectateur se sent aussi bourré et nauséeux que le suintant Harvey Keitel. Ce plan, très long et magnifiquement éclairé, est de loin mon plan préféré du film. Il a inspiré de nombreux plans de Requiem for a Dream comme du trop méconnu Schizophrenia.

«Casino», 1995
De ce film, il me reste surtout deux séquences d'ultraviolence : celle d'un mec en train de se faire broyer la tête dans un étau, et celle où cette raclure de Joe Pesci, après s'être fait sucer par la femme de son patron et avoir tenté de le tuer, se fait défoncer la tête à coup de batte de base-ball. Les hommes chez Scorsese se retrouvent toujours la tête en sang. A croire que ça fait partie de l'expérience masculine de voir sa propre viande sortir de l'emballage. Mais pourquoi ne fait-il fait jamais saigner les filles ? Serait-ce trop choquant, ou juste moins sexy que le sang d'un homme ? Pendant ce temps-là, Argento et De Palma se délectent en filmant le contraire.

«Le Temps de l'innocence», 1993
Un mélo très sobre et classique qui contient pourtant quelques effets filmiques (espaces sonores qui disparaissent, décors qui changent de lumière, images qui se fondent au jaune ou au rouge) qui m'ont ému autant que les plus belles séquences de Michael Powell, Douglas Sirk ou David Lean. Au cinéma, le spectateur aime voir les héros commettre les crimes qu'il n'oserait pas accomplir dans sa propre vie. Dans ce film, l'absence de passage à l'acte de Daniel Day Lewis vis-à-vis de Michèle Pfeiffer est une frustration que le spectateur doit supporter jusqu'au carton de fin, puis emporter chez lui comme un miroir de sa propre misère affective. L'épilogue, aussi tristement résigné que celui de la Fièvre dans le sang, est un constat d'échec : celui de l'incompatibilité des sentiments du cortex face au désir de survie et de pouvoir du cerveau reptilien. J'ai beaucoup pleuré.

«Les Nerfs à vif», 1991
Ce film contient la séquence la plus érotique que Scorsese ait jamais filmé. Celle, assez longue, où De Niro, en psychopathe absolu à peine sorti de prison, introduit son pouce dans la bouche de la très jeune et innocente Juliette Lewis. Il paraît que cette intrusion buccale planifiée entre De Niro et Scorsese n'avait pas été répétée, et que la prise gardée est la première tournée. La jeune fille ne s'attend pas du tout à ce qui lui arrive et se retrouve alors à sucer avidement le doigt. Bien qu'il ait filmé à plusieurs reprises des femmes plus ou moins vicieuses au bout du compte, les deux personnages féminins les plus désirables resteront deux adolescentes : Jodie Foster dans Taxi Driver et Juliette Lewis ici. Heureusement pour la diffusion commerciale de ces deux films, De Niro n'y accomplira pas d'acte pédophile. Lorsqu'il le fera dans Raging Bull, LaMotta se retrouvera au cachot. Il y a une limite au désir, au cinéma comme dans la vie. Les spectateurs, en revanche, resteront longtemps troublés.

«La Dernière Tentation du Christ», 1988
Encore un qui est devenu célèbre en prenant des coups. La seule fois de ma vie où j'ai vraiment eu peur de rentrer dans un cinéma, ce fut pour ce film-là. Comme cela ne s'était produit que trois ou quatre fois dans l'histoire (l'Entrée en gare de la Ciotat, l'Exorciste), le spectacle avait lieu dans la salle. A cause des bombes lacrymo que les intégristes balançaient plusieurs fois par jour, toutes les autres salles du Gaumont-Les Halles et même le parking empestaient la moutarde. Tout ça afin que personne ne puisse voir un prophète en train de tirer son coup. Je me suis finalement aventuré à 10 heures du matin, l'heure qui me semblait la moins risquée. A part l'odeur encore très piquante des lacrymo de la veille, je me souviens surtout d'un plan surréaliste et joyeux, celui où le prétendu prophète gratte dans sa poitrine et en sort son coeur tel un steak qu'il tend aux autres. C'est un film qui ne m'avait pas plu à l'époque, sauf dans son résultat : emmerder l'une de ces sectes sanglantes qu'on appelle religion juste à cause de leur réussite et de leur nombre d'adeptes.

«Raging Bull», 1980
Des coups, des coups, encore des coups. Et, le moment venu, du sang qui explose vers le ciel tel un geyser qui déclenche un gong et délivre de la mort. De tous les films de boxe, c'est de loin celui-ci où on a le plus l'impression d'y être. Filmé avec la plus grande élégance formelle et une vraie jouissance sadique, ces scènes ont dû décourager pas mal d'apprentis boxeur de s'aventurer dans ces Vietnam ou Golgotha que sont les rings. Et De Niro, en LaMotta vieux avec 20 kilos en plus, accomplit ici la plus grande prouesse physique jamais filmée.

«The Big Shave», 1967
Pendant des années, je me suis rasé avec des rasoirs bon marché qui manquaient de fil et me mettaient la gueule en sang. Du coup, il ne se passait pas deux jours sans que je repense à mon al«ter ego de The Big Shave. Ce film est vraiment mystérieux, tout comme Un chien andalou de Buñuel ou Kustom Kar Kommmados de Kenneth Anger, et préfigure déjà le personnage kamikaze de Taxi Driver. Quel plaisir prend ce mec à s'écorcher la gueule ? Je ne sais pas, mais il paraît clair à son regard que par un acte masochiste, cet homme, tel un bon soldat, est sûr d'obtenir une certaine reconnaissance sociale. Il y a un plan de mon court métrage Carne qui en est très consciemment pompé.

* «For me, there's no such thing as "senseless" violence»
(In Ian Christie et David Thompson, Scorsese on Scorsese, éd. Faber & Faber, p. 47)

Textes : Gaspar Noé
Carlito
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Post by Carlito »

Merci pour l'info Margo. Je note qu'à part sa vision de l'homme en tant qu'animal à laquelle je n'adhère pas, sa conclusion sur Taxi Driver m'échappe...
Monsieur X
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Post by Monsieur X »

Ce samedi à 17h : Voyage avec Martin Scorsese à travers le cinéma américain. C'est en 3 parties de 1h15 chacun. Voilà. J'y serai.
Max Schreck
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Post by Max Schreck »

Je me suis fait les courts-métrages de Marty.

What's a girl like you doing in a place like this ?, 1963
Film totalement loufoque, expérimentant dans tous les sens, avec un montage et une narration bien speed. Le narrateur est un écrivain qui devient obsédé par une peinture. C'est très drôle et réjouissant par son inventivité.

It's not just you, Murray !, 1964
Scorsese reprend le procédé du film précédant : noir et blanc, voix off, adresses au spectateur, arrêts sur image, scène musicale. Un mec raconte sa vie de parvenu, faisant ses gammes à l'époque de la prohibition avant de faire de la taule puis de reprendre ses trafics à plus grande échelle. Là encore le ton est délibérement cartoonesque et on pourra sans trop de difficulté s'amuser à établir des parallèles assez vertigineux avec l'oeuvre à venir.

The Big shave, 1967
On a beau connaître le concept, ça reste super dérangeant et les hurlements faussement rigolards de la salle étaient assez délectables. Le contraste entre l'atmosphère aseptisée de la salle de bain et la coloration sanglante du rasage fait son petit effet, le tout sur un petit air jazzy bien ironique.

Mirror, mirror, 1986
Episode assez médiocre réalisé dans le cadre des Amazing stories produites par Spielberg. Un écrivain à succès, spécialisé dans le roman horrifique, est sous la menace d'un monstre qui n'apparaît que dans les miroirs. L'idée est intéressante mais trop mal exploitée, s'achevant qui plus est de façon assez grotesque. Mais un petit parfum eighties sympathique (et puis j'adore le générique de la série avec ses images de synthèse old school et le thème de John Williams).

Bad, 1987
J'étais devant ma télé le jour où ce clip de Michael Jackson y a été présenté pour la première fois, à grand renfort de battage médiatique. Ça reste vachement bien, les chorégraphies de Bambi et ses amis dans le métro sont toujours aussi fascinantes. Malheureusement, contrairement à ce qui était indiqué sur le programme, ce n'est pas la version intégrale qui a été projetée, n'offrant donc que la partie en musique et nous privant de toute l'histoire avec Jackson qui revient dans son quartier. :?

Somewhere down the crazy river, 1988
Celui-là a carrément été annulé pour des raisons techniques, je ne sais pas de quoi il s'agit. :?
« Vouloir le bonheur, c'est déjà un peu le bonheur. » (Roland Cassard)
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MJ
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Post by MJ »

C'est lequel le court-métrage avec Nick Nolte?
"Personne ici ne prend MJ ou GTO par exemple pour des spectateurs de blockbusters moyennement cultivés." Strum
Max Schreck
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Post by Max Schreck »

MJ wrote:C'est lequel le court-métrage avec Nick Nolte?
Life lessons (Apprentissages), qui est une des trois New York stories.
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acidparadouze
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Post by acidparadouze »

C'est plutot un moyen-metrage life lessons. Et ce film est tout simplement épatant, bien supérieur à ceux de coppola (une horreur absolue dont je n'ai supporté que dix minutes) et allen (très sympathique).