Mr Ripley, de René Clément à Anthony Minghella

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés à partir de 1980.

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Max Schreck
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Mr Ripley, de René Clément à Anthony Minghella

Post by Max Schreck »

Je viens de finir le roman de Patricia Highsmith, The Talented Mr Ripley (Mr Ripley en français). Livre réellement brillant, prenant et d'autant plus réussi que la romancière nous invite à épouser la subjectivité de Tom Ripley, à trembler pour un personnage qui n'a franchement rien de sympathique, fourbe et meurtrier. Comme le dit bien le 4e de couverture : « Highsmith pousse jusqu'aux limites du soutenable l'étude envoûtante d'un cas de schizophrénie meurtrière. » C'est à la lueur de cette lecture que je voudrais parler ici de deux films que j'adore et avoir vos avis.
ATTENTION, SPOILERS PLUS QUE PROBABLES !



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Plein soleil, René Clément, 1960
Avec Alain Delon, Maurice Ronet, Marie Laforêt

La ressemblance entre Delon et Ronet rend déjà le principe de substitution crédible. Leurs faces à faces sont vraiment excellemment écrits et amusants, en particulier celui sur le bateau où ils discutent justement de la possibilité de l'imposture, sans qu'on sache qui joue, qui est sincère (la discussion prend place autour d'une partie de cartes). Clément cosigne l'adaptation avec Paul Gégauff, qui s'y connaît en perversité. Leurs modifications sont assez importantes mais sans véritable trahison. Le meurtre a ainsi lieu à coups de couteau sur le voilier de Dickie (rebaptisé ici Philippe), et non plus à coups de rames sur une barque de location. Et plus tard, en abandonnant sa fausse identité, Ripley se débarrassera de l'argent en faisant croire que Philippe le lègue à Marge. Il entreprendra alors la séduction de cette dernière (il lui vole donc tout ce qu'il avait, de ses chaussures à sa promise). Tandis que dans le bouquin, Ripley méprise Marge. Dans ce rôle, Marie Laforêt est un peu irritante mais s'en sort quand même bien. Delon, de tous les plans, est tout simplement éblouissant. Notons l'agréable apparition de Romy Schneider dans un rôle de figuration au tout début du film.
Le suspense fonctionne bien, notamment avec la scène où Ripley fuit la police par les toits. L'utilisation des décors naturels d'Italie, l'impression de filmage en pleine rue, à la volée, créent une esthétique un peu Nouvelle vague. Clément trouve de belles idées pour représenter les meurtres en hors champ (notamment celui de Freddie, qui s'écroule sur des images de poulet et de tomates qui roulent au sol). Une scène est particulièrement remarquable : Ripley se promène peu de temps après le meurtre de Philippe dans un marché et semble fasciné par les poissons sur les étals. En fond musical, Nino Rota tisse une étrange partition avec un piano qui semble désaccordé.
La fin est carrément géniale, et se détache elle aussi complètement du bouquin. On devine que Clément a voulu faire en sorte que la morale soit sauve puisque Ripley sera arrêté. Le spectateur s'est déjà détendu, persuadé que Ripley a réussi et c'est un incroyable choc que de voir ressurgir le cadavre de Philippe. Le dernier plan (Ripley au soleil marchant totalement apaisé vers son arrestation) fait partie de ces fins que je qualifie de cosmique. Sortir d'un film sur une telle note me réjouit.



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The Talented Mr Ripley, Anthony Minghella, 1999
Avec Matt Damon, Jude Law, Gwyneth Paltrow, Cate Blanchett, Jack Davenport, Philip Seymour Hoffman (également au générique du Minghella suivant, avec Jude Law, le très beau Cold mountain), Philip Baker Hall, James Rebhorn (très bon dans le rôle du père Greenleaf)

Matt Damon, jouant assez audacieusement de son physique mal dégrossi, de son visage sans finesse, est un parfait Mr Ripley. Jude Law parvient aussi bien que Maurice Ronet à composer un Dickie tantôt séduisant par son enthousiasme, tantôt vrai salaud d'égoïste. Paltrow apporte beaucoup au personnage casse-gueule de Marge, au départ chaleureuse et accueillante (alors que dans le bouquin elle se méfie très vite de Tom), puis horrifiée et seule à connaître la vérité.
Le film fourmille d'idées de mise en scène et de situations qui viennent intelligemment caractériser le personnage de Ripley. Il nous est ainsi dés le début présenté comme ayant une tendance presque naturelle au mensonge et à l'imposture. De même que l'ambiguïté de sa relation avec Dickie et la dissolution de son être s'expriment toujours de façon beaucoup plus explicite. On a également droit à de très chouettes scènes où Ripley doit jongler entre ses deux identités (à l'Opéra notamment).
C'est Minghella qui signe l'adaptation et ses dialogues viennent enrichir de façon intéressante les personnages (Dickie et le jazz). Il ajoute d'importants rôles secondaires qui donneront ainsi plus d'opportunité à Ripley d'exprimer ses affres, de révéler l'horreur de son crime et l'impasse dans laquelle son petit jeu l'a fait plonger. Les dernières scènes avec Jack Davenport sur le bateau pour Athènes sont à ce titre magnifiques et bouleversantes de douleur.
Minghella donne peut-être encore plus d'importance que Clément aux décors naturels, qu'il s'agisse du village portuaire de Mongibello, de Naples ou Rome. A Rome, il s'efforce de situer ses scènes dans des lieux connus (Panthéon, Piazza di Spagna, Fontaine des 4 fleuves), au risque de tomber dans le cliché carte postale, d'autant plus que la lumière est très travaillée. Mais le bouquin est plein de l'émerveillement pour les beautés de ce pays, c'est donc assez justifié de nous amener à le partager. Il faut dire que son film est une véritable splendeur visuelle, chaque plan, chaque raccord est soigneusement pensé, le tout étant emporté par des mouvements de caméra d'une grande suavité. Enfin, la somptueuse partition de Gabriel Yared n'est pas pour rien dans l'attachement que j'éprouve pour ce film. Qu'il s'agisse des différents arrangements du thème principal (que Yared reprendra bizarrement à la note près sur le Bon voyage de Rappeneau) ou de la chanson pour Sinead O'Connor qui ouvre le film.
J'ai l'impression que le film est complètement passé inaperçu, alors qu'il s'agit pour moi d'une éblouissante réussite. Me trompe-je ?
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Post by Lord Henry »

Personnellement, cela sera Mr Ripley de René Clément à René Clément.

L'un des sommets d'une oeuvre exceptionnelle pour laquelle je n'aurai de cesse d'inciter chacun - et chacune - à lui accorder la pleine et entière considération qui lui est due.
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Melmoth
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Re: Mr Ripley, de René Clément à Anthony Minghella

Post by Melmoth »

Max Schreck wrote:J'ai l'impression que le film est complètement passé inaperçu, alors qu'il s'agit pour moi d'une éblouissante réussite. Me trompe-je ?
Pas passé inaperçu non mais j'aime beaucoup Plein soleil (Delon et Ronet y sont fabuleux), jamais eu l'occasion de voir le Minghella qui a priori ne me faisait pas particulièrement envie mais tu as attisé ma curiosité !
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mannhunter
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Post by mannhunter »

je garde un assez mauvais souvenir de la version Minghella (malgré la présence de Stefania Rocca! :mrgreen: ),par contre je suis curieux du Clément et aussi de la version avec John Malkovich ("Ripley's game",de Liliana Cavani),qui devrait sortir en DTV le mois prochain.
Max Schreck
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Post by Max Schreck »

mannhunter wrote:la version avec John Malkovich ("Ripley's game",de Liliana Cavani),qui devrait sortir en DTV le mois prochain.
J'ai vu ça en effet. Il s'agit d'un autre roman, je suis d'ailleurs en train de le lire, traduit en français sous le titre Ripley s'amuse. Je pense que le premier, Mr Ripley (dont il est question ici) a eu suffisamment de succès à sa sortie pour inspirer à Patricia Highsmith l'idée de poursuivre les aventures de son personnage. Le second volume s'intitule Ripley et les ombres et a été adapté par Wenders (L'Ami américain). Ripley's game est le troisième, et je crois qu'il y en a encore un ou deux.
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Truffaut Chocolat
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Re: Mr Ripley, de René Clément à Anthony Minghella

Post by Truffaut Chocolat »

Max Schreck wrote: The Talented Mr Ripley, Anthony Minghella, 1999

Il faut dire que son film est une véritable splendeur visuelle, chaque plan, chaque raccord est soigneusement pensé, le tout étant emporté par des mouvements de caméra d'une grande suavité.

J'ai l'impression que le film est complètement passé inaperçu, alors qu'il s'agit pour moi d'une éblouissante réussite. Me trompe-je ?
Pas revu depuis sa sortie mais je plussoie avec tout ça. Effectivement, la lumière très travaillée s'impose comme un élément essentiel des compositions du cinéaste, vraiment un film très agréable à regarder... et à suivre, non vraiment j'en garde un bon souvenir.
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Billy Budd
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Post by Billy Budd »

The talented Mr Ripley est une chouette adaptation d'un bouquin correct

Plein soleil est plus mystérieux, l'animalité de Delon fait le reste
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blaisdell
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Post by blaisdell »

Intéressant sujet de topic !

Commençons d'abord par PLEIN SOLEIL: eh bien c'est un chef-d'oeuvre absolu, une très grande réussite qui n'a pas volé à la revoyure son statut de film mythique.
Tout est à tomber par terre dans ce film: une réalisation éblouissante qui joue admirablement sur la lenteur et fait ressortir avec d'autant plus de force les moments de tension paroxystique, notamment les scènes de meurtre. Ensuite Delon et Ronet sont d'un charisme difficilement égalable: ce film, c'est tout de même la révélation de Delon qui trouve à 24 ans l'un des rôles de sa vie et le film qui sera le déclencheur d'une carrière superbe quoique bien décevante ces 25 dernières années.
Dommage que Marie Laforêt soit assez terne (mais que faire face à un duo pareil!) surtout que l'on voit brièvement une Romy Schneider qui eût été très bien pour ce rôle.
Il y a c'est vrai un côté nouvelle vague dans ce film qui fait parfois penser aux oeuvres les plus intenses de Chabrol (le dyptique avec Jean Yanne).
Je suis content, cher Max Schreck que tu aies souligné le fin : elle réussit l'exploit d'être à la fois différente de chez Highsmith en étant plus conforme à la morale mais elle est tellement bien filmée, inattendue et marquante ! D'ailleurs des gens avec qui j'ai vu le film m'ont dit que cette fin était magistrale..... alors qu'elle est absente du livre de Highsmith!
Enfin, dernier point la photo de Henri Decae est sublime (le mot est faible!) et la musique de Rota est très originale, assez peu mélodique..

Face à l'enthousiasme que j'éprouve face à ce film, difficile de juger le film de Minghella. A la fois il est très intéressant , proche du livre et dans le contexte hollywoodien actuel c'est une réussite.
Néanmoins j'ai du mal avec certains points: le casting d'abord. Matt Damon et Jude Law c'est mieux que Ben Affleck ou Mark Walberg!
Néanmoins, je trouve que les roles auraient ici dû être inversés : dans le film de Clément, Delon tue Ronet car c'est le plus star des deux qui s'impose et prend le contrôle; alors qu'ici c'est Matt Damon qui tue un Jude Law plus félin, plus "delonien". Damon est un bon acteur mais c'est plus Jude Law qui a une grâce de star.En revanche, Gwyneth Paltrow est bien et a peu eu l'occasion de montrer ses possibilités d'actrice.
Sinon le film me semble moins tendu et il s'achève un peu en queue de poisson, mais les autres aspects sont réussis.
Malgré mes réserves, pour une fois un remake n'est pas inutile mais PLEIN SOLEIL est tout de même supérieur.
Martin Quatermass
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Post by Martin Quatermass »

blaisdell wrote:Néanmoins j'ai du mal avec certains points: le casting d'abord. Matt Damon et Jude Law c'est mieux que Ben Affleck ou Mark Walberg!
Néanmoins, je trouve que les roles auraient ici dû être inversés : dans le film de Clément, Delon tue Ronet car c'est le plus star des deux qui s'impose et prend le contrôle; alors qu'ici c'est Matt Damon qui tue un Jude Law plus félin, plus "delonien". Damon est un bon acteur mais c'est plus Jude Law qui a une grâce de star.
C'est justement ce qui est intéressant. Ripley veut être Dickie justement parce que Dickie est une star, un félin beau et séduisant. Sa motivation est là.
Je trouve que c'est une très bonne idée d'avoir confié le rôle de Ripley au moins flamboyant des deux.
Max Schreck
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Post by Max Schreck »

Martin Quatermass wrote:
blaisdell wrote:Néanmoins j'ai du mal avec certains points: le casting d'abord. Matt Damon et Jude Law c'est mieux que Ben Affleck ou Mark Walberg!
Néanmoins, je trouve que les roles auraient ici dû être inversés : dans le film de Clément, Delon tue Ronet car c'est le plus star des deux qui s'impose et prend le contrôle; alors qu'ici c'est Matt Damon qui tue un Jude Law plus félin, plus "delonien". Damon est un bon acteur mais c'est plus Jude Law qui a une grâce de star.
C'est justement ce qui est intéressant. Ripley veut être Dickie justement parce que Dickie est une star, un félin beau et séduisant. Sa motivation est là.
Je trouve que c'est une très bonne idée d'avoir confié le rôle de Ripley au moins flamboyant des deux.
Oui, et Damon s'en sort vraiment très bien. Car Ripley est effectivement à la base quelqu'un d'insignifiant, qui éprouve régulièrement la honte de lui-même. Envieux de l'aisance de Dickie, il est également conscient des défauts qui le rendent insupportable. Il entreprend ainsi de composer un nouveau Dickie, d'améliorer l'ancien. Chez Minghella, il y a pas mal de notations sur ces points là. Ripley exprime régulièrement son désir de recommencer à zéro, de tout effacer en commençant par lui-même.

Le final est sans doute moins ébourriffant (je cherche mes mots) que celui de Clément, mais n'en est pas moins beau. Minghella pousse à fond l'exploration du tourment du personnage. Il nous abandonne avec un héros déchiré. C'est une conclusion extrêmement sombre, plus sombre même que celle de Clément puisqu'elle ne résout rien (chez Clément, Delon se fait arrêter, c'est la fin de son aventure).
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Kevin95
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Post by Kevin95 »

La version de Clement est un véritable chef d’œuvre, troublant et angoissant avec de très très bons acteurs (Delon en tête) contrairement à la version de Minghella au quelle j'ai beaucoup de mal à adhérer.
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Post by Vazymollo »

Kevin95 wrote:La version de Clement est un véritable chef d’œuvre, troublant et angoissant avec de très très bons acteurs (Delon en tête) contrairement à la version de Minghella au quelle j'ai beaucoup de mal à adhérer.
Tiens c'est un peu le contraire pour moi, je n'ai pas accroché au Clément. J'ai préféré Damon à Delon (à eux deux, ça fait Démon, tiens tiens), je l'ai trouvé plus angoissant.
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Post by frédéric »

Bien joué, mais trop long, je préfère beaucoup le Minghella du PATIENT ANGLAIS ou de COLD MOUNTAIN.
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odelay
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Post by odelay »

Le Ripley de Clément est plus direct, plus évident et plus rentre dedans que celui décrit par Minghella, mais j'aime énormément cette nouvelle adaptation qui n'a pas reçu l'accueil qu'elle méritait. J'ai toutefois l'impression qu'elle est beaucoup plus appréciée aujourd'hui.

Matt Damon a reçu de très bonnes critiques en GB ou aux USA alors qu'il s'est un peu fait allumé en France (Delon pas touche!) au profit de Jude Law devant lequel tout le monde se pamait. Law était effectivement excellent, mais je trouve que Damon atteignait un niveau bien plus complexe : il offre vraiment très grande composition, il n'en fait jamais trop ni pas assez dans sa façon de s'énerver ou d'essayer de se sortir de la situation dans laquelle il s'est mise : Son jeu, son énervement où les mots s'emballent dans la scène sur la barque est d'ailleurs remarquable.
Ce que j'aime dans le TALENTUEUX M. RIPLEY, ce sont toutes les impasses dans lesquelles se retrouve le personnage principal; il ne veut pas tuer mais il ne voit pas d'autres solutions pour s'en sortir. Il ne s'agit pas d'un serial killer, c'est qq'un qui l'ambition d'être "un fake somebody rather than a real nobody". Il est talentueux dans sa façon se savoir saisir l'occasion juste au bon moment pour faire tourner sa chance, mais il se retrouve dans des situations où il est sur le point d'être échec et mat : pas question; donc il choisit de commettre l'irréparable. La scène finale sur le paquebot est d'ailleurs très émouvante en plus d'être vraiment réussie.
Un film qui a une fin qui marque et qui ne gache pas le reste, c'est assez rare aujourd'hui pour être souligné.
Max Schreck
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Post by Max Schreck »

Tu me fais bien plaisir, odelay. Tout ce que tu dis est très juste et confirme effectivement l'impression que le Minghella et la performance de Damon n'ont pas vraiment été reconnus à leur juste valeur. C'est un film qui supporte vraiment plusieur visionnages (pour ma part je ne les compte plus, à égalité avec le Clément).

Je n'ai pas vu les films précédents du réalisateur, mais son dernier en date, Cold mountain nouvelle splendeur visuelle, véritable odyssée lyrique et violente n'a pas, je crois, non plus rencontré son public.
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