Mission: Impossible 3 (J.J. Abrams - 2006)

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés à partir de 1980.

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Nimrod
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Post by Nimrod »

Alan Shore wrote:Verdict alors :
(Quand je pense que Nimrod ose me le comparer avec son bad boys 2 et et sa deuxième heure sans intérêt :uhuh: )
:evil:

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tronche de cuir wrote:Encore que, le Michael Bay est plus fun !!! :oops:
Ça c'est bien vrai. :D
imho
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Post by imho »

Alan Shore & GN> copaing :D
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odelay
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Post by odelay »

Quelqu'un peut me dire pourquoi ce film a été tourné en scope :?: :?:

Je n'ai vu qu'une succession de (très) gros plans pendant 2h. Même pendant les scènes d'action, c'est dire leur lisibilité...
Les plans moyens ou d'ensemble peuvent se compter sur les doigts des deux mains (j'exagère à peine, à un moment ça m'enervait tellement de ne voir que des grosses tronches sans la moindre idée de cinéma que je me suis mis à les compter pendant plusieurs minutes :roll: ).
JJ Abrams vient de la télé, il a fait ses preuves là bas. Très bien. Pas besoin de refaire la même chose en format 2.35 ! Ca devient très vite insupportable.
Ca c'est sûr, le film passera très bien sur petit écran. D'ailleurs il a sans doute été conçu pour ça avant tout. Quand je pense à la mise en scène de De Palma et surtout à son utilisation de l'environnement et des décors, ça montre bien que le véritable renouveau des séries TV n'est pas forcément synomnyme de renouveau du cinéma. On en est très loin et ce film le prouve.

Sinon le contenu n'est pas totalement déplaisant, mais ce qui frappe c'est quand même le manque d'ambition du tout. Abrams ne dépasse jamais l'idée du simple divertissement là où De Palma nous parlait de l'inutilité des espions qui avec nouvel ordre mondial en étaient à se battre juste pour pouvoir encore exister. Mais bon, après tout ce serait injuste de l'attaquer là dessus juste parce que le précédent réalisateur avait placé la barre trop haut.

Il y a aussi un gros pb de crédibilité : jusqu'où peut on pousser le bouchon de l'invraissemblance sans lasser le spectateur? On n'est pas dans un documentaire, on est dans MI III, ok, mais quand on voit Cruise folatrer sans les bout de verre pendant tout le film sans jamais se couper, ou alors se faire tirer dessus à la jambe (et pour la première fois on a envie d'applaudir car il ressent enfin la douleur sur le coup!) et ensuite courir comme un cabri comme si de rien n'était, ou plus simplement agir comme Batman ou Spiderman, l'étonnement du spectateur laisse vite place à des sourires qui sont de moins en moins indulgents. Tout devient possible contrairement à ce que dit le titre, et on commence à penser à ce qu'on va faire en sortant du ciné au lieu d'être passionné par le film.
J'y allais en voulant aimer, je suis ressorti bien déçu.

4/10
imho
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Post by imho »

y en a bien qui plongent dans le vide à moto après un avion en péril, le rattrappent, grimpent dedans et le redressent :D

moi j'y suis allé en m'attendant à pas grand chose, d'où ma bonne surprise. un film dépend malheureusement beaucoup de nos attentes je crois :-/
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Max Schreck
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Post by Max Schreck »

Et bé j'ai pris mon pied comme il faut devant ce spectacle que je craignais catastrophique. Je suis tout à fait client de la mise en scène super énergique d'Abrams dans les scènes d'action, que j'ai trouvées toutes palpitantes. L'humour est léger, et à l'occasion le film se permet de verser dans une brutalité assez inattendue.
Spoiler (cliquez pour afficher)
Cruise s'énervant sur Hoffman dans l'avion, mais surtout la fausse mort de Julia qui a bien calmé la salle

Okay, il y a des raccourcis scénaristiques, mais l'action est tellement bien menée qu'on a pas envie de s'y arrêter trop longtemps. Chaque scène contient son lot de belles idées (les éoliennes lors de la poursuite en hélico), se débrouille bien avec le suspense (on ignore tout du plan mis en oeuvre pour la mission au Vatican, tout va se dérouler sous nos yeux, de surprise en surprise), le spectaculaire le plus affolant (toute la scène du pont), les plans impossibles (le plan aérien des tours de Shanghai qui finit par circuler autour de Cruise et Rhames). De même :
Nestor Almendros wrote:JJ Abrams tend toutefois à faire comme cela, notamment à la fin en Chine, quand on voit Cruise descendre des toits, en un seul plan (il n'a pas été doublé il me semble) ou juste après quand il court et que la caméra le suit pendant au moins 15/20s.
Deux plans que j'ai également beaucoup apprécié et qui montrent bien qu'il n'y a pas vraiment de paresse du réalisateur, mais le désir d'apporter une constante jubilation au spectateur (en tout cas, ça a marché pour moi.

Le scenar s'interesse un minimum à la vie privée de son héros, et cette difficile conciliation avec sa vie professionnelle. Belle place accordée aux personnages feminins (l'agent Ferris récupéré à Berlin déjà). Pour ma part, j'estime que ça aurait pu être poussé plus loin, mais les intentions sont là et je trouve que ça apporte un peu de chair.


Okay, la fin est franchement décevante, laissant un peu s'étaler comme une vieille crêpe toute la tension dramatique qui a précédé. Le couple Hunt réuni semble marcher sur les traces du récent Mr & Mrs. Smith (que j'avais bien kiffé, tout en me sentant là aussi un peu seul).


:D
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Flol
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Post by Flol »

Max Schreck wrote:Le couple Hunt réuni semble marcher sur les traces du récent Mr & Mrs. Smith (que j'avais bien kiffé, tout en me sentant là aussi un peu seul).
Aïe...pour ma part, j'avais trouvé le film de Doug Liman tout foireux. Du coup, tu me fais peur. :?
Max Schreck
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Post by Max Schreck »

Ratatouille wrote:Du coup, tu me fais peur. :?
Je sais bien, hélas. :? D'ailleurs moi-même, je...
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gehenne
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Post by gehenne »

Attention, ce texte révèle l'intégralité du film !

SPOILERS


M : I 3 n’est pas uniquement ce spectacle bourrin sans consistance que l’on a pu entendre ça et là, mais un métrage d’action grandiloquent qui repose avant tout sur une thématique humaine. Abrams impose à la franchise une attention particulière pour développer un scénario où le personnage tient son centre sans la glorification outrancière qui lui était de mise dans le précédent épisode. Le réalisateur se sert de son passif à la télévision pour peindre une intrigue volontairement tournée vers l’humain, où les considérations ne sont plus de sauver le monde, mais de sauver des êtres proches de Hunt.

Ainsi, la scène d’introduction, hormis le fait de bénéficier d’un démarrage choc qui emprunte pour beaucoup à une narration typique de la série tv, impose d’emblée la volonté du cinéaste à présenter le moteur du métrage : l’empathie. Cette scène montre un Hunt blessé, attaché, subissant les assauts psychologiques de Davian, ainsi que la séquestration de son épouse et la menace qui plane sur elle. Cette introduction implique l’humain au cœur des considérations de Hunt, mais surtout, le montre pour la première fois faillible et dépendant émotionnellement de quelqu’un d’autre. Un tel thème était évidemment évoqué dans le précédent opus, ainsi que la menace, mais les implications se jouaient finalement à un tout autre niveau, puisqu’il montrait Hunt maître du destin de sa conquête. L’issus de la scène décrit parfaitement le bad guy de l’histoire, dans sa volonté jusqu’au boutiste. M : I 3 est un métrage qui présente ses personnages en fonction de leurs actes.

Passé cette séquence de pré-génrérique, on se retrouve quelques jours auparavant, dans l’intimité même de l’espion, puisque l’on assiste à ses fiançailles. On découvre alors la vie privée de Hunt, l’envers de son décor. Cette séquence qui pourrait apparaître anecdotique ou superficielle présente en réalité des enjeux thématiques et dramatiques. Première chose qui frappe hormis l’annonce des fiançailles, est l’absence d’ami de Hunt. Dans le premier opus – et élément que le réalisateur répète – on apprend que ses parents sont morts. On devine dans cette sentence, qu’il ne possède plus la moindre famille. Ainsi l’absence d’ami évoque une solitude amère et pesante sur un homme qui a basé sa vie sur le mensonge, qu’il perdure aujourd’hui. Derrière ce sourire de façade, on devine un homme meurtri de cacher la vérité à sa future femme, meurtri de savoir que le seul ami qu’il possède véritablement est également un espion qui ne peut se permettre de côtoyer dans le civil (ou presque).

Le quotidien de Hunt est – avant sa rencontre avec Julia – morne, entièrement dédié à son travail, à son pays. En présentant alors un héro qui a presque raccroché les gants, on se retrouve avec une vision modifiée de l’homme dont on avait pu voir les exploits dans le précédent épisode. Mais surtout, on s’aperçoit désormais que ses motivations ne sont plus retournées vers son pays, mais son avenir sentimental. Abrams construit succinctement son personnage, mais lui donne tout de même une dimension plus humaine, basé sur des émotions et non plus de l’héroïsme pur et presque irréel.

La première mission qui impose dès lors le rythme frénétique du film est également symptomatique de la direction que choisit Abrams. Encore une fois, on peut remarquer que le réalisateur impose une dimension humaine puisque le sujet de la mission est de récupérer un agent dont la couverture à sauter. Mais Abrams place également une dimension de culpabilité puisque l’agent en question a été formé et recommandé par Hunt lui-même. Outre sa réalisation (excessivement ?) énergique, la séquence donne lieu à ce qui sera le leitmotiv et moteur thématique du métrage et des différentes missions que Hunt et ses collègues auront à réaliser. En effet, cette scène est placée sous le signe de l’échec. Hunt et ses hommes parviennent à récupérer l’agent, mais ne peuvent finalement la sauver et sont condamnées à la voir mourir devant leurs yeux. La perfection qu’incarnait Hunt est sérieusement mise à mal (effet renforcé par le débriefing qui s’en suivra).

Au cours de cette séquence, le réalisateur place également un évènement qui, en apparence, s’avère sans suite (ou du moins immédiate). Cette construction est typique de la série tv où une information donnée dans un épisode ne sert pas systématiquement dans l’épisode suivant, mais parfois deux ou trois autres après. Un effet de style récurrent que l’on peut trouver au sein de Alias ou de Lost. Abrams bouscule ainsi la narration type d’un métrage, où régulièrement, différents éléments sont donnés dans un but de continuité directe, et non trois ou quatre scènes plus loin. Le réalisateur impose alors au spectateur une attention particulière et une bonne mémoire du récit pour pleinement savourer les retournements de situations.

Une scène de transition permet au réalisateur d’apporter une touche sentimentale (peut-être un peu excessive et guillerette pour réellement convaincre), mais surtout qui interpelle le spectateur sur le personnage de Hunt. Au début du film, on a pu voir comme son métier, et les mensonges qu’il implique pesaient sur sa vie et sur son couple. Abrams introduit une souffrance intérieure au personnage de Hunt, qui surtout, lui impose de demander une chose dont il est lui-même presque impossible de réaliser : Donner une confiance aveugle. Pour Hunt, cela représente de dénigrer toute sa formation d’agent secret, tout ce qui le constitue finalement. On sent bien (même si l’effet est trop appuyé) combien cela pèse sur l’homme et combien, surtout, il a désormais besoins de cette confiance aveugle. Les motivations internes du personnage ne sont plus son pays, son boulot, mais véritablement sa femme.

La seconde mission représente l’hommage le plus évident à la série mère. A l’instar de la première séquence du premier opus, on retrouve là l’essence qui a fait la réussite du show télévisé. Mais encore une fois, Abrams déjoue légèrement les attentes sur la réalisation de la séquence ainsi que les motivations réelles. Le but n’est finalement pas d’arrêter un dangereux et influent trafiquant d’arme que de se venger de la mort de l’agent Ferris. Encore une fois, c’est une motivation humaine qui impute la mission.

Dans la conception de la scène en elle-même, Abrams casse un peu les attentes puisqu’il ne montre pas les réunions précédents la mission qui déterminent ainsi le plan d’attaque. La scène hommage se transforme alors subtilement puisqu’elle ne s’inscrit pas dans une reproduction mais en une réadaptation qui joue sur les enjeux et l’implication du spectateur au cœur de la scène. Le réalisateur détourne le suspense qu’une telle séquence introduit naturellement (mais qui demeure plus ou moins prévisible pour autant, ce qui n’enlève pas le caractère immédiatement jouissif d’une telle séquence) pour modifier le suspense. Nous ne sommes plus en attentes de savoir si la mission sera une réussite ou non, mais comment la mission sera une réussite. Dans un tel contexte, l’issu est quasi évidente et le doute ne plane guère. Donc, en déjouant l’attente du public, le cinéaste le fait tout simplement participer à la scène en attirant son attention et son imagination sur la faisabilité et non sa conclusion. En somme, Abrams n’implique pas la notion de résultat au cœur de la scène, mais une notion de moyen.

Cette mission demeure une réussite en l’état, mais c’est pour mieux introduire la dimension tragique que le film va revêtir par la suite. Surtout, cette réussite permet à Hunt de se confronter au meurtrier de l’agent Ferris. Lors de cette première confrontation, le réalisateur introduit totalement l’humain caractérisé par l’attitude de Hunt. Il oublie totalement son éthique personnelle, ses responsabilités pour ne laisser s’exprimer que l’être humain. Cela permet évidemment de créer un climax entre deux hommes charismatiques opposés dans leurs idées, mais qui se ressemblent beaucoup également. Davian présente pour la première fois un méchant qui pourrait prétendre à devenir une Némésis pour Hunt. Autant le deuxième proposait un bad guy d’une platitude incroyable, le premier impliquait davantage l’aboutissement d’un complexe de Œdipe. Cette séquence tout comme celle pré-génrérique où les rôles étaient inversés, comme son négatifs, extrapole l’imprévisibilité des réactions de Hunt. Abrams recommence également à placer des éléments annonciateurs du futur déroulement du métrage.

La réussite de la précédente mission d’un film basé sur l’échec compulsif était bien évidemment un leurre destiné à créer un lien suffisamment fort entre les deux personnages principaux pour que le film justifie l’affrontement. Une fois la relation tissée, le réalisateur peut continuer la déconstruction de la figure héroïque perpétuée par le film de Woo au profit d’un sadisme complaisant à torturer ainsi son personnage principal. Ce troisième opus instaure un Hunt faillible, victime et soumis. Il ne contrôle jamais finalement ce qui se passe, n’est pas maître des actions, alors que le second métrage le présentait comme l’aboutissement de la perfection engendrée dans le premier film. Cette attention particulière rentre évidemment dans la logique de l’auteur de favoriser l’aspect humain et ses enjeux tous aussi humanistes. La fuite de Davian possède cette grandiloquence presque irrationnelle qui caractérise les méchants de grande envergure. Nous sommes de pleins pieds dans la caractérisation, les actes construisent toujours les personnages.

Après ce tragique revers qui aura les conséquences que l’on connaît, Hunt va sombrer toujours un peu plus dans sa tragédie personnelle qui va voir ses repères s’effondrer les uns après les autres. Mais surtout, Abrams entreprend son magnifique travail de désinformation, et réintroduit ce fameux détail apparu dans la première mission. Cet élément qui sonnait comme anecdotique constitue en réalité la base même du métrage, la clef d’une construction en poupée gigogne. La série Alias a démontré que le cinéaste était parfaitement capable de présenter une authentique série d’espionnage à rebondissements et révélations, il était évidement que ce passif allait nourrir le film qui lui permettrait de retrouver l’éclat du premier métrage et de la série mère.

Ainsi Hunt perd la reconnaissance des ses pères, devient un hors la loi, mais surtout, voit s’échapper la femme qu’il aime. On atteint avec ses deux séquences le réel climax du film, qui joue avant tout sur l’émotionnel immédiat et réactif. On peut trouver alors une similitude entre le personnage de Hunt et celui, toujours campé par Cruise, de Anderton dans Minority Report. Deux être brisés qui sont obligés de se cacher. Abrams met en place toute le désespoir de l’homme et surtout l’abandon qui le gouverne. Il doit alors supplier ses collègues (et amis ?) de l’aider dans sa mission. Une énième fois, celle-ci est motivée par l’ultimatum imposé par Davian, si Hunter veut retrouver sa femme. Mais alors que l’on imagine ce schéma, le réel est tout autre, puisqu’il est encore question de faux semblants dont Hunt reste l’éternelle victime.

La séquence suivante est la parfaite réponse de la mission au Vatican. On assiste plus ou moins à la préparation de la scène, mais pas à son action. Abrams ose filmer en hors champ cette dernière mission. Parce que finalement ce n’est pas important, parce que l’enjeu ne se situe plus là. Mission impossible ne consiste plus à visualiser une opération, mais à sauver une femme. Abrams aurait pu (du ?) pousser le concept encore plus en ne figurant plus du tout le début immédiat de la mission, mais uniquement sa finalité urgentiste. Mais l’exercice aurait eu un accueil encore plus frileux et vindicatif que la présente scène incombe déjà.

La fin du métrage oscille entre moment de bravoure et enfin la révélation de la dernière poupée. Comme tout final inclut l’éclatement de la narration, le réalisateur s’autorise une dernière souffrance à son personnage principal. Une passivité et une mort. La conclusion de toute une construction au préalable, la représentation du couple et l’absolution des mensonges. Evidemment, cette épilogue verse dans le sentimentalisme évident, mais jamais racoleur, facile également et très puéril dans sa forme. Mais cela correspond aussi à une conception d’un nouveau personnage, d’une nouvelle naissance, d’un nouvel homme.

Mission : Impossible 3 présente donc des thèmes, des idées, mais forgés sur le modèle et la raison d’être du film, une rapidité d’exécution, un perpétuel mouvement qui implique une course en avant effréné. Les situations défilent, les sentiments, les idées à l’allure d’un train à grande vitesse. Finalement, on est toujours sur le toit de ce TGV, cette scène finale du premier film qui donne le rythme au deux opus suivants. Le métrage ne prétend évidemment pas à entrer dans le panthéon du cinéma, mais à imposer une narration conceptuelle autour de la figure constructive d’une série tv. Un film qui reproduit le schéma d’une saison, mais à un rythme presque épileptique. Des thèmes brassés frénétiquement, comme les séquences agencées à un rythme fou furieux. M : I 3 ne pouvait prendre son temps, mais Abrams a tout de même imposé sa griffe et ses envies dans ces dédales monstrueux d’actions spectaculaires. Il a réintroduit l’humain au cœur d’une franchise désincarnée. Le métrage possède des écueils et des maladresses, mais n’est certainement pas cette coquille vide de sens. Ce n’est pas un film sur lequel on établira une thèse ou un mémoire, mais une œuvre s’inscrivant dans une démarche novatrice, celle de conjuguer au même temps la narration et le filmage télévisuel et le cinéma, sans que cette notion ne soit péjorative à l’un ou l’autre medium. La télévision n’est pas le parent pauvre du septième art, mais un élément avec laquelle il faudrait aussi composer.
Ainsi, toujours et pourtant...
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Post by bruce randylan »

ça tombe bien, je les vu hier soir ( on m'a payé la place :) )

alors pour répondre à Gehenne.
ton texte est certes interessant, bien vu ( un sincère bravo ), mais je ne vois en aucun cas pourquoi ( comment ? ) faire d'un film une sorte de long épisode Tv avec ses codes, son rythme et son univers en fait un bon film...
même si ça va faciliter le travailleur de diffusion à la TV pour intercaler la pub...


Que Abrams tente de rendre le personnage humain, c'est évident, qu'il y réussisse, c'est autre chose. Théoriser à l'infini sur son personnage à la seule lecture "narrative" et "extra-filmique" est courageux, bien méné mais celà ne reflette pas forcement ce que l'image laisse passer...

Car le problème est bien la mise en scène ( tout autant nerveuse et dynamique qu'elle soit ) est d'un amateurisme desespérant.
Sens de l'espace, cadrage, gestion du cadre, montage, tout y est d'une non-maitrise flagrante ( pour moi en tout cas ).
Jamais lisible ( la fusillade pour sauver kerri Russel est éloquante : champ contre champ basique tout en plans serrés qui rend toute tentative de repère impossible ), action sacrifiant constament son efficacité à suspense à rallonge gratuit et inutil ( l'absence de réseau téléphonique en centre ville :lol: ; trahison et soupçon sur les responsables de Hunt qui se servent VRAIMENT a RIEN dans l'histoire ) les ellipses narratives faciles qui l'arrangent bien ( le méchant qui a le temps de planifier son évasion, le kidnapping de la copine de Cruise en étant prisonnier et sans contact avec l'extérieur, la fameuse pate de lapin soit Mcguffin foutage de gueule intégral ).

Ce genre de détail montre clairement que Abrams tente de masquer le vide de ses personnages en rajoutant autant de clin d'oeil, de gimmick, de rebondissement, d'explosion pour rajouter du rythme et qu'on évite de se rendre conmpte de l'accumulation de cliché et autres stéréotype.

La fameuse construction de l'echec du personnage de Hunt serait crédible si le réalisateur donnait le temps à son personnage de s'en rendre compte et de se questionner sur les effets de ses actes ( autrement plus reussi dans Alias ), mais Ethan Hunt passe plus pour un surper-héros malchanceux qu'un incompétent incapable d'accomplir une action jusqu'au bout.

Malgré tout le respect que j'ai pour Abrams ( un type qui parvient à faire croire que Lost est une série génial sur la simple raison qu'il n'explique rien mérite tout mon admiration :lol: - non, c'est vrai en plus je respecte le créateur de séries, même si j'ai des reserves sur l'univers comme Jess Whedon par exemple ), son mission impossible n'est qu'un insipide copier-coller de Alias ( même montage, même narration, même mise en scène, même personnage secondaire, même musique, même histoire, même ressort dramatique, même photo, même dialogue etc... ) et des Bourne avec Matt Damon.

Et puis quand même Hunt serait au centre du film n'explique pas le foutage de gueule de la psychologie pitoyable des autres personnages ( Simon Pegg fait peine à voir, Ving Rhames et son dernier plan, même Philp Seymour Hoffman ne fait qu'un méchant tout ce qu'il y a de plus Inspecteur Gadget ).

Donc, certes le film parvient parfois à être grisant ( les 2 travelling sur Hunt courrant à Shanghai, la 1ère partie de l'infiltration au Vatican, le balancier et le cambriollage hors-champ ). Pour le reste j'ai trouvé ça inconsistant au possible et trés peu prenant même les fameuses scènes du pont ( trés nulle ) et celle de l'interrogatoire dans l'avion ( trés fade ) qui m'ont laissé totalement de marbre.
Bon, au moins, le temps passe assez vite et le final m'a vallut mon plus gros fou-rire depuis un sacré moment 8)

Du coup, je suis rentré, j'ai foutu mon dvd du M:I-II dans le lecteur, et c'est comme autre chose.
Science du cadre et du cinemascope réjouissant, découpage limpide, photos de qualité, composition des plans et placement de caméra ultra-dynamique, constant jeu entre le 1er et second champ, gestion du son et de la BO super efficace ( le silence et les bruitages sur la roue avant en moto de cruise ), mouvement de caméra soigné avec un vrai souci de mise en valeur de l'action ( et des personnages )...

Alors, certes le film accuse de grosse baisse de rythme, des personnages et une psychologie assez faciles mais Woo prend au moins de temps de laisser respirer ses personnages et de leur donner une consistance.
Le méchant à ce titre est bien plus interressant que Cruise. Véritablement amoureux, il ne devient vraiment méchant que suite à la trahison de l'être qu'il aime. Quand à la fin, elle se transforme carrément en joute chevaleresque quand le seul n'enjeu n'est plus que le destin de Nyah. Le thème du double est ainsi clairement de mise. Le jeu des masques ( allié au montage ) est bien plus efficace que celui dans le 3ème opus ( qui reprend en plus l'idée de mettre un masque sur un personne pret à être excécuter ).
Et puis le film a une manière de jouer avec les 4 éléments ( surtout l'eau et l'air ) qui est tout sauf gratuite dans la mesure où il lie constamment les personnages entre eux ( les ralentis sur la vagues durant le combat sur la plage permette de raccorder sur Nyah prête à se suicider )...

Parce qu'il ne n'essaye jamais de paraitre plus intelligent qu'il ne l'est en compliquant volontairement son intrigue, l'opus Wooien continue de demeurer mon préféré ( ce qui ne m'empeche pas d'en voir les défauts )
"celui qui n'est pas occupé à naître est occupé à mourir"
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Post by gehenne »

bruce randylan wrote:mais je ne vois en aucun cas pourquoi ( comment ? ) faire d'un film une sorte de long épisode Tv avec ses codes, son rythme et son univers en fait un bon film...
On peut également poser la question en sens inverse : pourquoi le fait d'introduire des codes narratifs et visuels de la tv en fait un mauvais film ?
Que Abrams tente de rendre le personnage humain, c'est évident, qu'il y réussisse, c'est autre chose. Théoriser à l'infini sur son personnage à la seule lecture "narrative" et "extra-filmique" est courageux, bien méné mais celà ne reflette pas forcement ce que l'image laisse passer...
Pourtant tu réalise le même exercice avec l'opus de Woo, c'est aussi une question de subjectivité et pas une affirmation toute faite.
Car le problème est bien la mise en scène ( tout autant nerveuse et dynamique qu'elle soit ) est d'un amateurisme desespérant.
Sens de l'espace, cadrage, gestion du cadre, montage, tout y est d'une non-maitrise flagrante ( pour moi en tout cas ).
Je reprendrai l'excellente critique de JM Lalanne dans les inrocks qui reflète parfaitement ce que je pense et qui le dit bien mieux que moi :

[...]A ce travail de compression scénaristique, qui donne l'impression que le film pourrait être la matrice d'une bonne demi-douzaine d'épisodes à développer, répond une compression maximale de l'espace. Au superbe travail scénographique de De Palma - articulant des espaces tout en profondeur, arrières plans et lignes claires - répond ici une condensation des espaces où le point est toujours fait sur les visages, et où le plus souvent, l'arrière plan n'est qu'une matière brouillée perdue dans le flou des focales. Même les pures scènes d'action se soumettent à ce principe de compression.
[...] Traverser des espaces à toute allure jusqu'à ne plus les filmer, accumuler des pistes narrtives comme si le poids du film ne devait cesser d'accelérer sa descente, c'est le principe de M:I 3.

Jean-Marc Lalanne dans les Inrocks.

Le filmage de Abrams trouve une raison d'être, et n'est pas ce témoignage de de son incompétence. Ce n'est pas parce qu'il n'utilise pas les moyens que l'on entend trouver un allant voir un film de cinéma, qu'il ne fait pas preuve de maîtrise formelle, ce n'est pas parce qu'il n'utilise pas les codes et schémas que cela représente une incapacité à concevoir ce type de réalisation, mais un choix qui tend à faire le point sur l'être humain, plutôt que sur l'action, à ressérer le cadre sur la personne plutôt que de l'assomer. Le personnage est la scène, c'est lui le véhicule. Il passe dans et au travers de l'image, parce que cet arrière plan ne l'importe guère. C'est un filmage de l'efficacité brute, une mise au point sur l'unique but à mettre en image. En relégant à l'invisible un espace ou une profondeur, il enlève toute une forme de superficialité scénographique (pour reprendre un terme de la critique).
Jamais lisible ( la fusillade pour sauver kerri Russel est éloquante : champ contre champ basique tout en plans serrés qui rend toute tentative de repère impossible )
C'est pourtant également le but d'une telle scène.
action sacrifiant constament son efficacité à suspense à rallonge gratuit et inutil ( l'absence de réseau téléphonique en centre ville :lol: ;
Si on commence ce jeu là, on est capable de détruire presque tous les films...
De plus, je peux même t'affirmer que dans certaines petites rues de Nantes, le réseau a parfois du mal à passer...
trahison et soupçon sur les responsables de Hunt qui se servent VRAIMENT a RIEN dans l'histoire )

Elle permet d'exploser les repères d'un personnage en déconstruction.
les ellipses narratives faciles qui l'arrangent bien ( le méchant qui a le temps de planifier son évasion, le kidnapping de la copine de Cruise en étant prisonnier et sans contact avec l'extérieur, la fameuse pate de lapin soit Mcguffin foutage de gueule intégral ).
Le méchant n'est pas tout seul, et ce n'est pas lui qui organise sa propre évasion (ce qui justifie aussi le fait que Hunt ne soit pas tué alors qu'il était dans la ligne de mire d'un sniper)

Et au contraire, je trouve que le mystère autour de cette patte de lapin (que l'on devine arme nucléaire ou composante tout de même au vue du symbole) est assez savoureuse. Et puis est-ce vraiment important dans un film où le but n'était pas une arme mais un être vivant ?
La fameuse construction de l'echec du personnage de Hunt serait crédible si le réalisateur donnait le temps à son personnage de s'en rendre compte et de se questionner sur les effets de ses actes ( autrement plus reussi dans Alias ), mais Ethan Hunt passe plus pour un surper-héros malchanceux qu'un incompétent incapable d'accomplir une action jusqu'au bout.
Le métrage opère un questionnement de la part du héro, mais il se situe dans ses actes. Il a échoué avec l'agent Ferris ? Sa réponse à cet échec sera de la venger. A partir de cette (mauvaise) déduction/décision, le réalisateur va créer un effet boule de neige qui aboutira à la propre mort de l'agent.

C'est justement parce que Hunt ne prend pas la peine de s'interroger qu'il va être la victime de ce constat d'échec compulsif. C'est parce qu'il prend cette décision de manière impulsive qu'il va mettre en mouvement l'engrenage qui aura pour résultat l'enlèvement de sa femme. Le film avance constamment, et cette rapidité frénétique de mouvement devient le moteur du récit, parce qu'il inclut et motive ce cycle d'échec. On imagine davatantage l'introspction de mise lorsque le film se termine, parce que là, il a le temps.
Et puis quand même Hunt serait au centre du film n'explique pas le foutage de gueule de la psychologie pitoyable des autres personnages ( Simon Pegg fait peine à voir, Ving Rhames et son dernier plan, même Philp Seymour Hoffman ne fait qu'un méchant tout ce qu'il y a de plus Inspecteur Gadget ).

Je reconnais que le rythme impose forcément des sacrifices et que la psychologie des seconds rôles sont les victimes désignées. Leur justification ne se trouve pas cependant dans leur existence en tant qu'être humain (hormis Luther), mais dans leur simple présence qui implique de Hunt n'est pas un super héro, mais un homme qui a besoins d'une équipe pour parvenir à réussir ses missions.

Je trouve que Davian aurait mérité un traitement plus en profondeur, car il possède des points communs avec Hunt qui aurait été bon de mettre plus en avant. Le film n'est pas parfait, sa forme accuse aussi quelques écueils.
Ainsi, toujours et pourtant...
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Joshua Baskin
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Post by Joshua Baskin »

Max Schreck wrote: Le couple Hunt réuni semble marcher sur les traces du récent Mr & Mrs. Smith (que j'avais bien kiffé, tout en me sentant là aussi un peu seul).
Nous sommes au moins deux, donc.
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Flol
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Post by Flol »

Vu ce matin. Alors je ne parlerai pas de la réussite ou non du passage de J.J. Abrams du petit au grand écran, étant donné que je ne connais absolument pas Alias, et que je n'ai même pas fini de regarder la 1ère saison de Lost. Mes impressions sont donc uniquement basés sur ce que j'ai vu....et j'avoue que le 1er long-métrage de ce J.J. Abrams peut d'ores et déjà rentré dans la catégorie de mes petits plaisirs coupables !
Pourquoi ? Tout simplement parce que ça pète de tous les côtés et que la mise en scène possède une certaine classe qui m'a bien plu (malgré une surabondance de ces plans-américains dont a parlé plus haut Odelay).
Alors certes, c'est un peu con-con sur les bords...m'enfin ça l'est tout de même beaucoup moins qu'un Michael Bay ou que le second épisode de Woo. Et puis j'avoue avoir également apprécié toute la mise en place des éléments avant les missions (je pense notamment à celle du Vatican, hyper dynamique et efficace), chacune faisant preuve d'une certaine intelligence dans la mise en scène et la gestion de l'espace.

Quant au show Cruise...hormis sa tête toute crispée lorsqu'il tape ses sprints, il ne m'a pas dérangé plus que ça. Oui il est 99% du film à l'écran, ses compères n'ont pas grand chose à dire/à faire (même si Maggie Q est carrément sublimissime...et même si Ving Rhames, lors de la scène finale, tente d'exister en nous faisant un signe grotesque :lol: ).
Mais il l'est, tout comme Jack Bauer l'est également dans 24 : il est donc indestructible, il trouve solution à tout, il ne s'arrête jamais de courir (les yeux exorbités et la machoire crispée, donc).
Et puis on s'en fout de la cohérence...personnellement, ma crédulité est parfois capable de se suspendre très bien. Et ici : ça a fonctionné à 100% (la séquence sur le pont est hénaurme, ok.....m'enfin c'est tout de même diablement excitant !).

Mais je ne donnerai au final qu'un 6/10 au film, parce que j'ai trouvé sa dernière moitié un peu trop étirée, et trop répétitive dans ses rebondissements.

PS : musique bien pêchue, bien qu'un peu "générique" de Giacchino...mais ça reste tout de même mieux que ce qu'avait fait Zimmer sur le second opus.
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Joshua Baskin
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Post by Joshua Baskin »

Je l'ai vu ce matin dans une grande salle vide.
J'ai pris un plaisir fou devant ce film. Les scènes d'action sont énormes et la tension n'est quasiment jamais relachée.
Je n'attendais à peu près rien du film, le goût amer du film de Woo m'ayant presque dégouté de la franchise.
Il n'a pas la classe du film de De Palma certes, mais l'essentiel est là : je me suis amusé.
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Post by Profiler »

Pour ceux qui le cherchent encore, je l'ai trouvée, elle est dans le Sud.
http://www.servicevie.com/01Alimentatio ... 1199b.html
scusez, moi ca m'a fait rire..
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frédéric
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Post by frédéric »

Profiler wrote:Pour ceux qui le cherchent encore, je l'ai trouvée, elle esa dans le Sud.
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scusez, moi ca m'a fait rire..
Très bonne la blague :D
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