Brian De Palma

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés à partir de 1980.

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semmelweis
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Re: Brian De Palma

Post by semmelweis »

Demi-Lune wrote:
semmelweis wrote:Luc Lagier ne parle pas de Sisters dans son livre "les milles yeux de Brian de Palma".
Oui, mais il a rédigé un livret d'analyse de 80 pages rien que sur Sisters pour accompagner le collector digipack de Wild Side. Un excellent complément à son bouquin !
Après , nous sommes d'accord que De Palma a pris un plan de la fin de Tenebres pour l'esprit de Cain.
Oui, de toute façon De Palma l'a lui-même reconnu. On retrouve cette idée visuelle dans Femme fatale, aussi. :)
Et puis il y a donc Pulsions qui est sans doute le film qui cristallise le plus la guéguerre De Palma/Argento, car proposant des motifs visuels - volontairement ou involontairement, peu importe - issus du giallo et plus particulièrement de L'Oiseau au plumage de cristal.
Dommage, je n'ai pas cette édition du film.J'avais trouvé le livre de Luc Lagier sur de Palma passionnant.C'est en partie grace au livre que je me suis lancé dans le revisionnage de tous les films de De Palma que j'ai.
Federico
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Re: Brian De Palma

Post by Federico »

Père Jules wrote:
Demi-Lune wrote: :shock:
Oui tu as bien lu.
Les ralentis, le feu d'artifices, les ultimes images dans un paysage enneigé... Y'a rien qui passe. On (enfin je) est en pleine indigestion.
Je ne crains pas Blow out mais je suis d'accord sur ce (bien trop) long, pesant et assez ridicule final. A force d'étirer l'élastique, soit il pète, soit il part en ficelle. Body double est un de Palma mineur mais sa vulgarité assumée est par moment assez plaisante. Mais tout ça est loin, très loin de la classe de Phantom of the paradise voire de Sisters.
The difference between life and the movies is that a script has to make sense, and life doesn't.
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Re: Brian De Palma

Post by Federico »

Père Jules wrote:BODY DOUBLE (1984)

Des histoires de manipulation, filmées avec grand soin et sans effets artificiels et pompeux, David Mamet en a fait des belles (comme House of Games ou The Spanish Prisonner). J'aurais mieux fait de me contenter de ça. En espérant que Major Tom ne m'en tiendra pas rigueur... :oops:
Ils ne jouent clairement pas dans la même catégorie. Mamet est bien plus cérébral que le pulsionnel de Palma.
Ces deux films de Mamet sont des diamants, surtout The Spanish Prisonner qui m'avait laissé sur le Q et avec l'envie d'applaudir pour le tour de magie. :D :D :D
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Demi-Lune
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Re: Brian De Palma

Post by Demi-Lune »

Federico wrote:
Père Jules wrote:BODY DOUBLE (1984)

Des histoires de manipulation, filmées avec grand soin et sans effets artificiels et pompeux, David Mamet en a fait des belles (comme House of Games ou The Spanish Prisonner). J'aurais mieux fait de me contenter de ça. En espérant que Major Tom ne m'en tiendra pas rigueur... :oops:
Ils ne jouent clairement pas dans la même catégorie. Mamet est bien plus cérébral que le pulsionnel de Palma.
Ces deux films de Mamet sont des diamants, surtout The Spanish Prisonner qui m'avait laissé sur le Q et avec l'envie d'applaudir pour le tour de magie. :D :D :D
Mouais. Mamet plus cérébral que De Palma ? Allons.
La Prisonnière espagnole est très agréable dans le genre machination invraisemblable, mais c'est un film qui tourne en rond et montre assez ses limites à force de scénario embrouillé et finalement très artificiel. On se perd dans des rouages un peu pesants et très étudiés et... c'est tout. En outre, la mise en scène est correcte, sans plus.
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Re: Brian De Palma

Post by Shin Cyberlapinou »

Demi-Lune wrote:La Prisonnière espagnole est très agréable dans le genre machination invraisemblable, mais c'est un film qui tourne en rond et montre assez ses limites à force de scénario embrouillé et finalement très artificiel. On se perd dans des rouages un peu pesants et très étudiés et... c'est tout. En outre, la mise en scène est correcte, sans plus.
Tout à fait d'accord. En poussant on pourrait dire que De Palma est un réalisateur vampirisé par la virtuosité de sa mise en scène (je me souviens d'un plan séquence en vue subjective très bien fichu et jouant à fond le suspense, mais parfaitement déplacé dans l'autrement formidable et mal aimé Outrages), tandis que Mamet est un réalisateur vampirisé par sa virtuosité de scénariste. A noter que les deux hommes, dont l'ego est assez notoire, ne s'étaient pas entendus sur Les incorruptibles.
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Père Jules
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Re: Brian De Palma

Post by Père Jules »

Ce n'est pas faux pour Mamet, mais ça a au moins le mérite de nous éviter une mise en scène parfaitement indigente.
Et puis tout de même, pour ne prendre qu'un exemple, la scène de la partie de poker au début de House of Games est particulièrement réussie. C'est sans fioriture aucune.

Fin du HS :)
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Re: Brian De Palma

Post by mannhunter »

Pendant ce temps là, on annonce un remake de "Carrie" (source: Devil Dead):

Après une séquelle ratée, une mini-série, MGM a décidé de lancer une nouvelle version cinéma du récit original. Les nouveaux boss de la boite au lion ont engagé Roberto Aguirre-Sacasa (Spider-Man) pour écrire le scénario de Carrie - avec une fenêtre de sortie prévue pour 2013.
Demi-Lune wrote:Je doute d'ailleurs que la réputation d'Argento excédait l'Atlantique en 1972/1973.
pourtant "l'oiseau au plumage de cristal" et "le chat à 9 queues" ont plutôt bien marché lors de leurs sorties américaines en 1970/1971..
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Re: Brian De Palma

Post by riqueuniee »

Oh non...Encore un remake...
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Demi-Lune
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Re: Brian De Palma

Post by Demi-Lune »

Père Jules wrote:ça a au moins le mérite de nous éviter une mise en scène parfaitement indigente.
Cela fait deux fois que tu emploies le mot "indigent" pour évoquer la mise en scène de De Palma... j'aimerais bien savoir pourquoi. Trouves-tu sérieusement la réalisation de De Palma d'une pauvreté extrême ? Ou alors est-ce une allergie à la virtuosité au goût ostentatoire (ce qui n'est pas du tout la même chose) ?
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Re: Brian De Palma

Post by Père Jules »

De mon point de vue, l'ostentation d'un De Palma fait retomber le soufflé (l'action) complètement à plat.
Et donc, au lieu d'être ébahit, je suis excédé. Et si, la mise en scène n'est pas pauvre au sens où on l'entend traditionnellement, le résultat est le même pour moi.
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Re: Brian De Palma

Post by Demi-Lune »

Père Jules wrote:De mon point de vue, l'ostentation d'un De Palma fait retomber le soufflé (l'action) complètement à plat.
Merci de ces éclaircissements.
Je ne partage évidemment pas ce point de vue : il suffit de revoir le plan-séquence subjectif dans l'appartement de Sean Connery dans Les Incorruptibles, ou la filature amoureuse dans le musée de Pulsions, ou le découpage étourdissant de tant de scènes de L'Impasse ou Blow Out, ou le face-à-face dans le restaurant de Mission Impossible, etc etc etc, pour constater que l'action est au contraire portée par la virtuosité de la mise en scène et que le suspense est en totalement sublimé, comme exalté d'un lyrisme flamboyant (voire ritualisé comme cela peut l'être dans les westerns de Leone).
En outre, je ne trouve pas strictement "ostentatoire" la mise en scène de De Palma dans la mesure où, comme son maître spirituel Hitchcock, il y a un souci permanent d'utiliser toutes les potentialités visuelles offertes par la caméra pour raconter une histoire. La virtuosité de la mise en scène est telle qu'elle paraît effectivement souvent narcissique, alors qu'à mon sens, elle est au contraire, en général, conditionnée à l'action qu'elle raconte, l'idée qu'elle veut transmettre. Un témoin assiste depuis l'autre fenêtre à un meurtre, on scinde l'écran en deux pour doubler le point de vue. On pénètre dans le monde luxueux d'Al Capone, on utilise un grand plan-séquence (chose que refera Scorsese dans Les Affranchis). Bref.

Là où je tique particulièrement, c'est que pointer la stérilité de l'ostentation de De Palma, cela reviendrait en un sens à dire que, par exemple, la maestria d'un Alfred Hitchcock serait contre-productive dans une mécanique d'action/suspense, puisque sa mise en scène est fabuleusement virtuose, du découpage aux cadrages en passant par la gestion des couleurs. J'ai bien compris que tu n'appréciais pas le cinéma de De Palma, mais il me semble qu'il y a aussi chez Hitchcock un certain sens de l'ostentatoire technique, pas aussi prononcé que chez De Palma certes, mais bel et bien présent. Il suffit ainsi de revoir la grande séquence à l'Albert Hall dans L'Homme qui en savait trop pour s'en convaincre, notamment. Ou le plan-séquence de Jeune et innocent, qui traverse toute une salle pour finir en gros plan sur un regard. On pourrait multiplier les exemples... puisque là est l'un des fondements de la technique hitchcockienne. N'est-ce pas là non plus de "l'ostentation" ?

Dans la mesure où De Palma a été biberonné au cinéma de Hitchcock, de Welles et de Powell, sa philosophie de la virtuosité visuelle est directement inscrite dans la lignée de celle de ces trois cinéastes susnommés. C'est pourquoi j'avoue avoir un peu de mal à comprendre la critique d'un type de réalisation du moment qu'elle est acceptée et célébrée chez d'autres. Il faut bien voir que De Palma es la fusion naturelle, instinctive, et intensifiée, de la grammaire de ces cinéastes et de leur mise en images éclatante, baroque et planifiée.
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Re: Brian De Palma

Post by riqueuniee »

La scène du musée de Pulsions est quand même un hommage bien appuyé à Hitchcock, presque un décalque. De Palma aime bien rendre hommage comme ça (il se permet même un hommage à la scène du landau de Potemkine dans sesIncorruptibles). Ceci dit, cela ne me gêne pas, si c'est au service de l'histoire. J'aime bien Pulsions, Obsession, et Soeurs de sang. Quant à ses Incorruptibles, je trouve que c'est un des meilleurs films inspirés par une série TV. Par contre, Femme fatale et Mission to Mars, j'ai trouv ça très mauvais (surtout côté scenario, d'ailleurs).
En ce qui concerne la virtuosité de mise en scène en général, je ne suis pas contre (au contraire), si c'est au service de l'histoire et non de la simple esbrouffe.
Voir par exemple le plan-séquence au début de The player (lui même hommage à celui de la soif du mal).
Et les moments "virtuoses" dans Dans ses yeux (l'arrestation et l'interrogatoire qui suit) sont ce que j'ai préféré dans ce film.
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Re: Brian De Palma

Post by Père Jules »

Il faut garder à l'esprit que je ne connais pas sur le bout des doigts la filmographie du père Brian. Cependant, tout ce que j'en ai vu m'a fâché avec le personnage. Je ne nie pas que son style puisse plaire bien entendu, je dis juste que ça ne me plait pas.

La virtuosité de Hitchcock dont tu parles, je la ressens également. Mais de manière différente. Disons qu'il me semble qu'elle se moule davantage dans le récit qu'avec De Palma. Je veux dire par là, qu'elle n'est jamais à mon sens utilisée pour elle-même. Elle au service de l'action. Pour L'homme qui en savait trop, c'est davantage le personnage de Doris Day qui est dans l'ostentation plutôt que le montage que je trouve particulièrement bien foutu. Par ailleurs je ne nie pas que De Palma sache découper son action, je dis juste que l'indigestion des effets, la virtuosité affichée comme telle des mouvements d'appareils, le tout doublé d'une vulgarité sans nom (pour en revenir à Body Double) me filent une sacrée impression d'indigestion et que le tout nuit finalement à l'ensemble.

C'est pour ces raisons, encore une fois toutes personnelles, que je préfère Hitchcock, Welles (dans une moindre mesure - je préfère l'acteur) et surtout Powell à De Palma.
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Re: Brian De Palma

Post by Demi-Lune »

riqueuniee wrote:La scène du musée de Pulsions est quand même un hommage bien appuyé à Hitchcock, presque un décalque.
Ben oui, je n'ai pas prétendu le contraire... :) Hommage : indubitablement ; décalque : à partir de quoi ? La scène du musée, c'est du pur De Palma, avec l'utilisation d'une grammaire hitchcockienne réappropriée et travaillée de manière très personnelle, dans une démarche de perversion, d'explicitation et d'intellectualisation. Il n'y a que dans Vertigo qu'il y a une filature silencieuse similaire et encore, cette similarité est ténue puisqu'il s'agit dans Pulsions d'un extraordinaire badinage muet où la mise en scène renseigne exclusivement sur les sentiments successivement éprouvés par Angie Dickinson. Mais là encore, ça doit être indigent. :mrgreen:

@ Père Jules : De Palma est un auteur passionnant, un véritable penseur. Le bouquin de Luc Lagier est une excellente approche pour comprendre en quoi son cinéma est si intelligent, si théorique. De Palma est l'un de ces réalisateurs dont il me semble important d'appréhender l’œuvre de manière chronologique, afin de mieux voir les fractures, les inflexions. Body Double est la fracture dans sa filmographie car ce film est clairement un doigt d'honneur proféré à l'establishment hollywoodien et envers Alfred Hitchcock dont la figure lui pèse de plus en plus (son rapport avec Hitch a toujours entraîné des incompréhensions et cela continuera malheureusement). Body Double, c'est vraiment le film où il signifie qu'il en a marre, qu'il est arrivé au bout de sa méditation sur le cinéma d'Hitchcock. C'est donc une désacralisation totale (surtout de Vertigo) où la vulgarité est absolument revendiquée, avec la fille de Tippi Hedren qui joue les actrices porno, cette Californie de riches caricaturale, et une perversion volontairement grotesque de certaines figures hitchcockiennes, telles que le voyeurisme salace, le baiser sur la plage avec la transparence ultra visible, les twists improbables, etc. Mais c'est aussi une sacrée réflexion sur le mensonge, sur l'illusion cinématographique avec cette fameuse doublure (et le génial générique final) qui trouve autant un écho chez Hitchcock (Pyschose et la doublure de Janet Leigh dans la baignoire) que dans la filmographie depalmienne (avec tous ces héros trompés, abusés par un artifice : Blow Out, Mission Impossible, Snake Eyes...).
Body Double est donc un film important dans l’œuvre de De Palma car il y acquiert une forme de liberté. Il se dégage une bonne fois pour toutes de son père spirituel. Il faut remettre tout cela dans un contexte de trajectoire artistique qui a son importance. Peut-être qu'un jour, tu reconsidèreras le film et y trouvera, comme moi, un pur chef-d'oeuvre (et je vénère Vertigo qui est mon film favori). :wink:
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Re: Brian De Palma

Post by MJ »

Demi-Lune wrote:Peut-être qu'un jour, tu reconsidèreras le film et y trouvera, comme moi, un pur chef-d'oeuvre (et je vénère Vertigo qui est mon film favori). :wink:
"Quand l'histoire se répète, de tragédie elle devient farce." (Marx) Je te rejoins complètement sur ta lecture du film (qui doit beaucoup au bouquin de Lagier, avoue :o ). Le fait qu'il s'ouvre sur la claustrophobie de Jake Scully (le cercueil) et son cocufiage est de ce point de vue programmatique: Body Double est le portrait à la fois d'un traumatisme (que le cinéma de De Palma rejoue sans cesse dans son maniérisme) et du dégoût de soi d'un homme que cette obsession enferme -littéralement- dans un rôle que celui-ci lui assigne (de Hitchcock du pauvre pour le cinéaste).

C'est un film de De Palma qui a beaucoup joué dans ma compréhension de son cinéma. Comme cinéphile adolescent je réalise que j'avais un rejet un peu étrange des "cinéastes adolescents" (Lagier parle à juste titre pour De Palma de "cinéma de l'affirmation de soi" ce qui le rend normalement propice à une découverte à cet âge de la vie). J'ai aimé Tarkovski bien avant De Palma, par exemple. Puis quelque chose s'est joué dans mon rapport à lui et j'en suis précisément devenu conscient au moment où je me suis vu aimer Body Double. C'est un bon film test: je vois mal quelqu'un dire aimer Body Double mais ne pas être sensible en général au cinéma de De Palma.
"Personne ici ne prend MJ ou GTO par exemple pour des spectateurs de blockbusters moyennement cultivés." Strum