Top John Boorman

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés à partir de 1980.

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angel with dirty face
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Re: Le nouveau top : John Boorman

Post by angel with dirty face »

moscata wrote:bonjour on ne se connait pas encore mais si tu le desire j ai ZARDOZ en DVD moi j'ai eu la chance vu mon grand age de le voir en salle 2 soir de suite tellement j etais boulversé en salle a ANGERS les annees ont passsé il ne serait pas honnete de ma part de die que le film avait un peu vieilli il n'en reste pas moins que la scne sur la plage ou Sean Connery tue les renegegats et l'arrivee du massque de ZARDOZ c"est forcement sublime si tu le souhaite je peux t'envoyer ce DVD si tu pend les frais de port à ta charge et que tu me le renvoie,amicalement
:shock: Excellent!
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Boubakar
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Re: Le nouveau top : John Boorman

Post by Boubakar »

Rangoon va enfin sortir en dvd le 19 Novembre.
http://www.alapage.com/-/Fiche/DVDVideo ... el=ALAPAGE
julien
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Re: Le nouveau top : John Boorman

Post by julien »

Rangoon, c'est peut-être le plus mauvais film de Boorman.
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"Toutes les raisons évoquées qui t'ont paru peu convaincantes sont, pour ma part, les parties d'une remarquable richesse." Watki.
Nicolas Mag
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Re: Le nouveau top : John Boorman

Post by Nicolas Mag »

julien wrote:Rangoon, c'est peut-être le plus mauvais film de Boorman.
moi à l'epoque je l'avais trouvé excellent , très au dessus de la moyenne des films qui sortent, après c'est vrai que si l'on compare avec les autres boorman je comprends que ça peut être une deception
Cadichon
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Re: Le nouveau top : John Boorman

Post by Cadichon »

julien wrote:Rangoon, c'est peut-être le plus mauvais film de Boorman.
pareil. Aussi chiant que "La déchirure" de Joffé. On peut se demander si il convient de faire des mélos pour dénoncer des dictatures.
Last edited by Cadichon on 29 Nov 08, 14:51, edited 1 time in total.
Lord Henry
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Re: Le nouveau top : John Boorman

Post by Lord Henry »

Nicolas Mag wrote:
julien wrote:Rangoon, c'est peut-être le plus mauvais film de Boorman.
moi à l'epoque je l'avais trouvé excellent , très au dessus de la moyenne des films qui sortent
Moi de même. Le problème du film est que l'épouvantable musique d'Hans Zimmer s'évertue à le tirer vers le bas.
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Marcus
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Re: Top John Boorman

Post by Marcus »

Rangoon a l'air d'avoir été reporté :evil: Des news?
Elle était belle comme le jour, mais j'aimais les femmes belles comme la nuit.
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Watkinssien
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Re: Le nouveau top : John Boorman

Post by Watkinssien »

Cadichon wrote:
julien wrote:Rangoon, c'est peut-être le plus mauvais film de Boorman.
pareil. Aussi chiant que "La déchirure" de Joffé. On peut se demander si il convient de faire des mélos pour dénoncer des dictatures.
Euh, La déchirure, chiant ?
Le meilleur film de Roland Joffé, qui n'est jamais mélodramatique au passage.
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Cadichon
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Re: Top John Boorman

Post by Cadichon »

"La déchirure" n'arrive pas à la cheville de "Mission".
Comment rater un film sur les khmers rouges: on filme leur arrivée au pouvoir comme si on savait qu'il y allait avoir un génocide (alors que l'auteur de "Survivant des khmers rouges" racontait l'ambiance qui précédait l'arrivée au pouvoir en restranscrivant la confaince qu'avait le peuple envers leurs futurs bourreaux). Aucune scène sur ce qu'était un camp mené par les khmers, juste une découverte de charniers dans une scène fort courte. Et un final avec violons pour les scènes de retrouvailles! comme dans un mélo classique. Au secours!
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Watkinssien
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Re: Top John Boorman

Post by Watkinssien »

Cadichon wrote:"La déchirure" n'arrive pas à la cheville de "Mission".
Comment rater un film sur les khmers rouges: on filme leur arrivée au pouvoir comme si on savait qu'il y allait avoir un génocide (alors que l'auteur de "Survivant des khmers rouges" racontait l'ambiance qui précédait l'arrivée au pouvoir en restranscrivant la confaince qu'avait le peuple envers leurs futurs bourreaux). Aucune scène sur ce qu'était un camp mené par les khmers, juste une découverte de charniers dans une scène fort courte. Et un final avec violons pour les scènes de retrouvailles! comme dans un mélo classique. Au secours!
Bon, c'est vrai que j'aime beaucoup The Mission ! :wink:

Mais pour le reste, l'oeuvre n'est pas un film sur les Khmers rouges, ce n'est qu'un contexte historique, le but de Joffé étant de raconter le lien puissant qui unit deux civilisations, à travers les deux personnages principaux et leur amitié, dont les souvenirs éprouvés par l'un et l'autre permettent à l'Américain de culpabiliser et au Cambodgien de trouver la volonté de vivre. Une mise en parallèle qui participe à la force émotionnelle que l'on peut ressentir.
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Et quant à la fin, les retrouvailles se font sur le Imagine de John Lennon, dont les paroles s'accordent bien à la conclusion à la fois réelle (car c'est une histoire authentique) qu'utopique.
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The_Thing
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Re: Top John Boorman

Post by The_Thing »

Mission et la Déchirure me paraissant un brun datés et pas toujours maîtrisés bien que le score somptueux de Moriconne me fasse aimer virtuellement cette "Mission",je ne vais pas m'attarder en affirmant que pour des raisons purement visuelles je suis pleinement du côté d'un Rangoon qui est plutôt il est vrai dans une veine disons "commerciale" et sensiblement plus neutre que les précédentes oeuvres de Boorman.Un petit mot aussi pour dire que j'ai revu la suite de L'Exorcisme il y a quelques années et je n'ai pas tout à fait compris pourquoi tout le monde est parti sur ses grand chevaux en hurlant au navet il n'y a pas de quoi franchement vitupérer contre ce film certes en dessous du chef-d'oeuvre de ce timbré génial de Friedkin mais il a une teneur ,un équilibre psychologique une maîtrise qui me fassent douter de l'honnêté intellectuelle et plastique (sic) de ceux qui l'ont vu.
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Thaddeus
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Re: Top John Boorman

Post by Thaddeus »

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(en italiques : films découverts en salle à leur sortie)


Le point de non-retour
D’un argument classique de polar, Boorman tire une fable fulgurante sur l’Amérique contemporaine, faisant de l’anti-héros déterminé et laconique interprété par Marvin la mauvaise conscience autodestructrice d’une société anonyme de profit contre laquelle il lutte en vain, et qui feint de le laisser agir pour mieux le manipuler. Dans l’impossibilité pour ce personnage de vaincre sa névrose, de sortir du climat asphyxiant où il vit, il y a le goût d’un échec amer. Bardé de perspectives fascinantes, développant une structure mentale, complexe et impressionniste qui s’organise en une batterie d’effets abstraits, l’œuvre demeure, par sa conception à la fois physique et élaborée, sa dimension presque métaphysique, la logique élémentaire de son régime narratif, un jalon essentiel du cinéma policier. Génial. 5/6
Top 10 Année 1967

Duel dans le Pacifique
Le cinéaste retrouve le formidable Lee Marvin et enfonce le clou de la veine métaphorique. Une île déserte du Pacifique, deux hommes en conflit, une mise en images presque dépourvue de dialogues : de cette situation proche du théâtre de l’absurde, il tire une variation originale sur les rapports du maître et de l’esclave, une parabole primitive sur le comportement humain, la civilisation, la survie, l’idéologie et la haine aliénantes. Il montre que la "fraternité" humaine s’accommode mal d’une amélioration matérielle, et que seul l’instinct de conservation peut en fournir un ersatz tragiquement éphémère. Son talent est de tendre vers l’abstraction en recourant à une tangibilité brute, que favorisent un cadre hyper-physique révélant les êtres à eux-mêmes et un sens presque tellurique de la nature. 4/6

Léo le dernier
Prince de retour d’exil, frappé d’atrophie émotionnelle, le héros de cette allégorie brechtienne épie aux jumelles son voisinage, à l’instar du héros de Fenêtre sur Cour. Excédé par l’hypocrite vulgarité des nantis, il décide d’agir en faveur de la communauté jamaïcaine qui lui redonne goût à la vie. Mais dans un monde où toute entreprise philanthrope est perçue comme un acte de folie, il n’est pas facile de transformer le regard des autres et de faire exploser les règles injustes d’un univers absurde et dépassé. Il faut un certain temps pour s’accoutumer à la bouffonnerie très particulière de cette fable sarcastique, mais son originalité pamphlétaire, la cocasserie de son déroulé insurrectionnel, ainsi que son obstination à ne rien expliciter par une phraséologie douteuse, finissent par emporter l’adhésion. 4/6

Délivrance
Après avoir vu ce film, impossible de regarder la forêt vierge et la nature immaculée comme auparavant. En témoignant de l’ardent besoin des Anglo-Saxons de se purger des miasmes de la ville et de la modernité, de se retremper dans leur terreau originel, Boorman démythifie l’angélique idéologie écolo de la période hippie et en fait exploser les dernières certitudes romantiques, en un éprouvant périple sauvage, un retour aux sources qui fait naître un violent ébranlement moral. La découverte de la bestialité humaine, les lois de notre propre nature, la valeur de la civilisation et sa confrontation à l’animalité y forment un questionnement troublant et cimentent un parcours initiatique dont les héros sortent meurtris, peut-être purifiés, mais surtout profondément altérés. 5/6

Zardoz
Il y a certes Sean Connery brandissant un flingue en slip rouge et nattes noires, mais cette image ne doit pas empêcher d’apprécier l’œuvre pour ce qu’elle est vraiment : un film de science-fiction d’une radicale audace esthétique, où l’utopie est soumise à une critique rigoureuse dévoilant les structures d’oppression qui gouvernent notre société. Le foisonnement symboliste et baroque de la mise en scène n’a d’égale que la densité thématique d’un matériel considérable, qui s’organise en un récit métatextuel "à tiroirs" et brasse sans jamais nous perdre culture et mythologie, élans romantiques et sarcasme nihiliste, scepticisme idéologique et soumission aux cycles de la vie (voir le dernier plan, typiquement boormanien). Ça ne ressemble à rien d’autre et c’est stupéfiant de richesse et d’inventivité. 5/6
Top 10 Année 1974

L’exorciste 2 : l’hérétique
Si l’on peut lui reprocher un certain nombre de choses, il est indéniable que le cinéaste a transformé cette commande en une œuvre personnelle, imperméable aux effets de mode comme aux béquilles attendues. Les vieux souvenirs africains croisent ceux, américains, de la jeune exorcisée ; les gratte-ciels de New York débouchent sur les pitons rocheux d’Éthiopie ; la palette ocre des séquences aborigènes se confronte aux tons métalliques de la cité moderne. Abandonnant le climat cauchemardesque du premier volet, Boorman cherche ainsi à réconcilier magie et science au cœur de ce continent des origines où réside le secret d’une synthèse vitale. Le formulation brouillonne du propos, le ridicule de certains effets, le rythme approximatif du récit plombent hélas considérablement ces belles intentions. 3/6

Excalibur
Châteaux brillants, grotte bleue, brouillard produit par la fée Morgane sur le champ de bataille, pommiers en fleurs et torches dans la nuit, corbeau se régalant de l’œil d’un héros mort, crimes, orgies et incestes… Boorman ne lésine pas et s’attaque à la légende de la Table ronde en jouant sur plusieurs registres. Il recrée un Moyen-Âge imaginaire où se conjuguent les influences barbares, orientales et gothiques, invente un brassage shakespearien d’un lyrisme épique (ouverture wagnérienne, chevauchées sur fond de Carmina Burana) et approfondit sa recherche d’un itinéraire spirituel qui conduit ses héros, d’épreuve en épreuve, à une meilleure connaissance d’eux-mêmes. L’amour et la guerre, la trahison et la loyauté fermentent cette œuvre riche et envoûtante, d’une somptueuse beauté plastique. 5/6
Top 10 Année 1981

La forêt d'émeraude
Un ingénieur se lance à la recherche de son fils enlevé des années auparavant par une tribu amazonienne : le cinéaste organise une nouvelle odyssée de l'homme à la recherche de son identité et de ses racines. Capable plus qu’aucun autre d’exploiter l’effervescente photogénie de la forêt, les délires de la nature végétale et indomptée, les mystères de ses ombres et de ses lumières, Boorman poursuit son questionnement sur le rapport entre les cultures, en quête d'une réconciliation de l'homme avec la pensée mythique. À la première lecture, c'est un beau récit d'aventures classique, ample, sauvage et oxygénant; au-delà, un autre chapitre captivant de l'étude consacrée par l'artiste au monde qui nous entoure, donnant une forme simple et éclairante au chaos où se meuvent nos vies. 4/6

La guerre à sept ans
Pour Billy, sept ans et alter ego évident de l’auteur au même âge, l’entrée en guerre de l’Angleterre en 1939 ouvre une parenthèse enchantée, le début d’une longue récréation sous l’égide de l’insouciance et de l’initiation heureuse, où l’on shoote dans les décombres et où l’on ramasse les shrapnels comme d’autres les coquillages. Si aucun poncif n'y manque (la grande sœur fait le mur pour rejoindre les soldats aux bals, le grand-père bougon s’avère un complice fantasque), Boorman y confère un charme personnel fait de tendresse et d’irrespect, de franchise et d’euphorie. Entre un foyer dopé d’œstrogène et les ruines de la banlieue londonienne bombardée, devenu un immense terrain de jeu pour galopins, le recueil de souvenirs développe un ton souriant, insolemment nostalgique, aux accents de fable. 4/6

Le général
Portrait d’un vrai-faux brigand égoïste, insolent et pas vraiment sympathique, qui accumule les mauvais coups tel un Robin des bois irlandais, se moque joyeusement des règles et des conventions, des fanatiques qui s’étripent et du flic qui cherche à le coincer. Boorman en cultive l’ambiguïté et les zones d’ombre, trouve un bel équilibre entre comédie satirique, analyse politique et investigation psychologique. Mis en scène avec une élégance alerte et ludique, que nourrit un très beau noir stylisé, porté par un Brendan Gleeson assez impressionnant de force et de légèreté mêlées, cette farce curieuse et assez jubilatoire met en lumière les motivations et les contradictions d’un héros insaisissable, condamné à une issue tragique par sa liberté provocatrice à l’égard des institutions (officielles ou hors-la-loi). 5/6

The tailor of Panama
Cette adaptation de John Le Carré n’a rien d’un film d’espionnage conventionnel, louvoyant plutôt du côté de la comédie pince-sans-rire, de la pochade raffinée, avec Pierce Brosnan en mode auto-parodie qui donne de grands coups de pied au culte de ce vieux James Bond et Geoffrey Rush en dindon catalyseur des hypocrisies gouvernementales. Avec une désinvolture un peu embrouillée mais plutôt délectable, le réalisateur renvoie CIA et lobbies industriels dos à dos et donne dans la satire grinçante et amusée d’un monde capable de déclencher des opérations militaires sur de simples bruits de couloir, en misant sur la légèreté subversive de ses intentions sans que jamais la crédibilité des enjeux géopolitiques ne soit écornée. Une réussite mineure mais très plaisante. 4/6


Mon top :

1. Excalibur (1981)
2. Le point de non-retour (1967)
3. Zardoz (1974)
4. Délivrance (1972)
5. Le général (1998)

Il y a en Boorman à la fois un romantique et un analyste lucide de l’homme, de sa folie et de ses inspirations. Porté par une grande attention à la restitution du monde et de la nature, son œuvre est celle d’un moraliste inquiet, voire d’un métaphysicien, et a offert aux genres auxquels elle s’est confrontée de formidables propositions narratives et plastiques.
Last edited by Thaddeus on 13 Jan 19, 11:50, edited 7 times in total.
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Flol
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Re: Top John Boorman

Post by Flol »

Je conseille également le peu connu Hope & Glory, excellent récit (en partie) autobiographique de la jeunesse de Boorman dans le Londres bombardé de la seconde guerre mondiale (qui m'avait d'ailleurs beaucoup fait penser au roman de David Lodge Hors de l'abri).
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Jeremy Fox
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Re: Top John Boorman

Post by Jeremy Fox »

Ratatouille wrote:Je conseille également le peu connu Hope & Glory,
Ainsi que Rangoon, ne serait-ce que pour Patricia Arquette. Sinon ton top me convient assez si ce n'est que je considère The Taylor of Panama comme une très grande réussite, "le meilleur Bond avec Pierce Brosnan".
Jericho
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Re: Top John Boorman

Post by Jericho »

1/ Delivrance
2/ Le point de non retour
3/ La Forêt d'émeraude
4/ Le Général
5/ Le Tailleur de Panama
6/ Zardoz
7/ Excalibur
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