Oliver Stone

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés à partir de 1980.

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O'Malley
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Re: Top Oliver Stone

Post by O'Malley »

La meilleure période de la filmo d'Oliver Stone réalisateur se situe pour ma part entre JFK (1992) et L'enfer du dimanche (1999), soit sa période la plus expérimentale sur la forme (n'était-il pas le cinéaste travaillant au sein des studios qui "osait" le plus finalement à cette époque?) et dans le fond, la plus secouante...

Des films passionnants (avec, en degré moindre, Nixon) et en point d'orgue, Tueurs nés, U-Turn et L'enfer du dimanche (mon top 3 en tout cas). Je garde même un très bon souvenir de ce Entre ce ciel et terre, en tout cas celui qui m'a le plus ému de sa trilogie vietnamienne.
Momo la crevette
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Re: Top Oliver Stone

Post by Momo la crevette »

Natural Born Killer est, de par son propos et sa forme (la forme étant intimement liée au propos), sans aucune concession. Impossible de le trouver pas mal : soit on est touché et cela deivent alors une expérience inouie, soit on déteste vigoureusement. Personnellement, cela reste un de mes grands moments de cinéma.

Sinon, deux précisions :

- avant Salvador, il a réalisé deux petits films d'horreur.

- entre Salvado et Platoon, il a réalisé un film que j'adore : Talk Radio. Cela se passe entièrement dans un studio de radio, avec un type qui anime une libre antenne. Cela pourrait ressembler à un exercice de style, c'est une fois de plus un film qui dénonce.
styx wrote:Je comprends pas grand chose à vos salades, mais vous avez l'air bien sur de vous, donc zetes plus à même hein de parler, de sacrés rigolos que vous faites en fait, merde ça rime lourd là, je vais éditer. mdr
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MJ
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Re: Top Oliver Stone

Post by MJ »

Momo la crevette wrote:Natural Born Killer est, de par son propos et sa forme (la forme étant intimement liée au propos), sans aucune concession. Impossible de le trouver pas mal : soit on est touché et cela deivent alors une expérience inouie, soit on déteste vigoureusement. Personnellement, cela reste un de mes grands moments de cinéma.
J'en gardais un souvenir exaspérant je l'ai revu cette année, j'ai été subjugué. :shock:
Il faut être sensible au baroque, mais si tel est le cas on entre comme tu le dis dans une expérience inouïe (le mot a ici un sens littéral) - et épuisante. Un tel degré de maîtrise pour une satire aussi féroce, c'est admirable.

Quant à Talk Radio, c'est à la fois un de ses films les plus posés et les plus intéressants (avec une façon très intelligente de construire une chronique de la réaction ordinaire pour virer au dernier moment vers la revendication). Un film très rusé en fait, loin de l'image balourde que Stone se traîne parfois.
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Anorya
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Re: Top Oliver Stone

Post by Anorya »

A propos de Talk Radio, cet intéressant petit film va sortir en DVD en début 2012, édité par Carlotta. :D :wink:
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Jericho
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Re: Top Oliver Stone

Post by Jericho »

Quant à Talk Radio, c'est à la fois un de ses films les plus posés et les plus intéressants (avec une façon très intelligente de construire une chronique de la réaction ordinaire pour virer au dernier moment vers la revendication). Un film très rusé en fait, loin de l'image balourde que Stone se traîne parfois.
Bof, on remplace la communication des images par les dialogues (normal vu le sujet). Mais du coup je trouve Talk Radio un peu trop balourd justement. C'est trop surligné, je préfère quand il appuie sur le visuel, c'est autrement plus intéressant.
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Kevin95
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Re: Top Oliver Stone

Post by Kevin95 »

O'Malley wrote:La meilleure période de la filmo d'Oliver Stone réalisateur se situe pour ma part entre JFK (1992) et L'enfer du dimanche (1999), soit sa période la plus expérimentale sur la forme (n'était-il pas le cinéaste travaillant au sein des studios qui "osait" le plus finalement à cette époque?) et dans le fond, la plus secouante...
Ça n’intéresse pas grand monde mais je trouve que la meilleure période de Stone c'est surement dans la deuxième moitié des 80's, entre Salvador et Born on the Fourth of July. Celle à priori plus classique comparativement aux années 90, mais peut être avec des films plus regardables, moins "zapping idéologique" et des comédiens moins en roue libre. Malgré ses tics, un film comme Platoon reste passionnant grâce à son lyrisme (et non réalisme comme a été vendu le film à l'époque) et sa mise en scène à hauteur d'hommes. Des films où l'on sent un Stone plus témoin que donneur de leçons donc moins lourd.
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Demi-Lune
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Re: Top Oliver Stone

Post by Demi-Lune »

Kevin95 wrote:Ça n’intéresse pas grand monde mais je trouve que la meilleure période de Stone c'est surement dans la deuxième moitié des 80's, entre Salvador et Born on the Fourth of July.
D'une certaine manière je trouve que Né un quatre juillet marque le point limite de Stone dans cette première phase tant son classicisme apparaît empesé (ce sera encore pire quand il y reviendra avec Entre ciel et terre). D'ailleurs à partir du film suivant la forme du cinéma de Stone va changer du tout au tout, pour le meilleur et pour le pire.
Entre le relatif équilibre des 80's et la frénésie des brûlots des 90's, j'hésite parce que dans les deux cas, ça peut être très inégal. Je ne trouve en définitive à Stone que deux véritables sommets qui me comblent pleinement : J.F.K. et Nixon (mais bon pour celui-là j'ai l'impression d'être un peu le seul).
semmelweis
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Re: Top Oliver Stone

Post by semmelweis »

Demi-Lune wrote:
Kevin95 wrote:Ça n’intéresse pas grand monde mais je trouve que la meilleure période de Stone c'est surement dans la deuxième moitié des 80's, entre Salvador et Born on the Fourth of July.
D'une certaine manière je trouve que Né un quatre juillet marque le point limite de Stone dans cette première phase tant son classicisme apparaît empesé (ce sera encore pire quand il y reviendra avec Entre ciel et terre). D'ailleurs à partir du film suivant la forme du cinéma de Stone va changer du tout au tout, pour le meilleur et pour le pire.
Entre le relatif équilibre des 80's et la frénésie des brûlots des 90's, j'hésite parce que dans les deux cas, ça peut être très inégal. Je ne trouve en définitive à Stone que deux véritables sommets qui me comblent pleinement : J.F.K. et Nixon (mais bon pour celui-là j'ai l'impression d'être un peu le seul).
Nixon est un excellent biopic qui allie les recherches de découpage, montage de Stone des années 90 à un réel regard sur Nixon et l'amérique. Stone en fait un personnage shakespearien emprissoné par l'aura de son prédecesseur JFK. C'est un film difficile à suivre mais qui est passionnant. De meme, il y a beaucoup de qualités dans l'enfer du dimanche meme si le film a un aspect épuisant par son montage comme Tueurs Nés.
Tout ne fonctionne pas chez Stone mais chez l'impression que ces films des années 90 sont fait avec une grande passion communicative à travers l'écran. On ne ressent plus cela devant ses derniers films ,hélàs...
O'Malley
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Re: Top Oliver Stone

Post by O'Malley »

Kevin95 wrote:
O'Malley wrote:La meilleure période de la filmo d'Oliver Stone réalisateur se situe pour ma part entre JFK (1992) et L'enfer du dimanche (1999), soit sa période la plus expérimentale sur la forme (n'était-il pas le cinéaste travaillant au sein des studios qui "osait" le plus finalement à cette époque?) et dans le fond, la plus secouante...
Ça n’intéresse pas grand monde mais je trouve que la meilleure période de Stone c'est surement dans la deuxième moitié des 80's, entre Salvador et Born on the Fourth of July. Celle à priori plus classique comparativement aux années 90, mais peut être avec des films plus regardables, moins "zapping idéologique" et des comédiens moins en roue libre. Malgré ses tics, un film comme Platoon reste passionnant grâce à son lyrisme (et non réalisme comme a été vendu le film à l'époque) et sa mise en scène à hauteur d'hommes. Des films où l'on sent un Stone plus témoin que donneur de leçons donc moins lourd.
après, c'est sûr c'est une question de sensibilité

La seconde moitié des 80's est bien aussi (même si je trouve Platoon surévalué) mais il me semble qu l'on n'arrive pas à la densité, à l'énergie et à la rage de la période 1992-1999, qui est en fait le moment où Stone se réalise totalement. Cela dit,je n'ai pas vu Talk Radio (titre que j'avais oublié d'ailleurs) mais je garde de très bons souvenirs (vieux de vingt ans) de Salvador et des Doors.
En fait, Stone a, selon moi, deux grandes périodes, deux "états de grâce": en tant que scénariste entre 1978 à 1984 (de Midnight Express à L'année du dragon) et entre 1992 et 1999 en tant que réalisateur. L'entre deux, c'est le réalisateur qui fait ses armes et monte en puissance. Depuis le début des années 2000, c'est un peu l'errance...
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Boubakar
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Re: Résultat nouveau top : O Stone

Post by Boubakar »

Mise à jour de mon classement, après la vison de l'excellent Talk radio :

1 - JFK
2 - Wall street
3 - Talk radio
4 - U-Turn
5 - Platoon
6 - Salvador
7 - L'enfer du dimanche
8 - Entre ciel et terre
9 - Nixon
10 - Wall street : l'argent ne dort jamais
11 - Alexandre
12 - W
13 - Tueurs nés
14 - World trade center
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Jeremy Fox
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Re: Oliver Stone

Post by Jeremy Fox »

Analyse d'un des films les moins connus d'Oliver Stone, Talk Radio, ainsi que du DVD sorti chez Carlotta
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El Dadal
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Re: Oliver Stone

Post by El Dadal »

Allez, petit tour de chauffe avec un top avant de me mettre à quelques chroniques des films du monsieur:

Pierres constitutives de ma cinéphilie:
Wall Street: americana moderne et urbaine, ça pourra en surprendre certains, mais j'y vois un descendant du classicisme à la John Ford. Un film qui dépasse allègrement la sphère du cinéma et de la culture en général pour s'implanter dans l'inconscient populaire.
The Doors: outrage pour certains encore une fois, mais je préfère les Doors d'Oliver Stone aux Doors eux-mêmes. Le réalisateur en a tiré ce qu'il y a de mieux musicalement et symboliquement parlant afin de créer un maelström absolument parfait, une des plus belles représentations de Los Angeles, et surtout le prisme d'une époque, en mêlant avec dextérité le privé et l'intime, à la grande histoire.
U-Turn: l'aboutissement d'une décennie de polars neo-noirs, également l'œuvre la plus drôle de son auteur, d'un cynisme et d'une frontalité qui me font fondre.
JFK: on en a connu des plaidoiries à vous loger la boule dans l'estomac et vous serrer la gorge. Celle de Costner à la fin de ce film reste pour moi la plus belle (avec celle de James Stewart, ok j'avoue), un moment totalement inoubliable, glorieuse conclusion d'un film citoyen qui se sert des ficelles de l'enquête, du thriller et du complot à des fins sincèrement humanistes.

Classiques instantanés (à mes yeux bien sûr 8) ):
Salvador
Talk Radio
Platoon
Tueurs-Nés
Quatre uppercuts dans des genres tous différents, aux styles audio-visuels très éloignés les uns des autres, mais tous hétérogènes et en phase avec la sensibilité de leur auteur.

Grands moments:
Entre ciel et terre: la scène finale de Tommy Lee Jones rejoint les plus grands moments du cinéma de Stone (tout comme l'introduction entièrement mise à la poubelle, mais visible en supplément du dévédé, c'est fou les coupes que s'imposent parfois les cinéastes), mais le film dans son ensemble est un peu moins maitrisé que les précédents.
L'Enfer du dimanche: ringardise d'un coup d'un seul 10 ans de représentation du sport au cinéma (qu'il s'agisse des phases de jeu ou de la vie des joueurs). Le point culminant des théories de montage de Stone au passage.

Très bons:
Savages: un film qui propose à la fois un divertissement complet et visuellement somptueux et une éthique. Bon, j'admets être toujours un peu perplexe quant à la toute fin (à voir si le director's cut y change quelque chose).
Wall Street: Money Never Sleeps: une suite honorable, un parcours humain qui tente de faire tomber l'icône, et l'année de sa sortie, (de ceux que j'ai vus) le film américain qui prenait le mieux le pouls de la nation avec The Social Network.

Bons films, voire très bons, parfois desservis par un manque de rigueur, un trop plein, ou une répétition des genres:
Nixon: trop riche, trop généreux, c'est ce que je lui reproche. Première surprise de compassion pour une figure publique contestée de la part de Stone (qu'on retrouvera ensuite dans les approches transversales de WTC et W.)
Né un quatre juillet: parfois un peu trop schizophrène entre cinéma classique et volontés de modernisation. Le film est également parfaitement étouffant, ce qui n'est pas un défaut en soi, mais qui fait que je ne peux pas revoir avec la même facilité.
W.: du côté de la comédie, c'est très réussi, mais parfois ça plante, et de mon petit point de vue d'européen, je trouve le tout trop gentil.

Bon:
Alexandre: à voir dans son director's cut en particulier, qui efface un grand nombre de problèmes de montage, et rend le tout plus esthétique et fluide.

Clairement pas des références, mais encore des films généreux qui prouvent que Stone, même dans des genres codifiés, sait prendre la tangente:
World Trade Center: Stone emprunte la voie qu'on attendait le moins, celle de l'intime et de la mise en sourdine des polémiques. Mais finalement, c'est encore l'exploit humain isolé (digne d'un Ron Kovic) qui ressort.
The Hand: une pure série B qui fait plaisir, des moments parfaitement barrés, mais un manque de budget visible, un balbutiement dans les effets horrifiques qui prouvent peut-être que Stone à eu raison de ne pas continuer sur cette voie. Plaisant et mineur.

Je n'ai pas encore vu Seizure, mais ça ne saurait tarder. Ce dernier mis-à part donc, il n'y a pas un seul Stone qui me déplaise, ce qui est une sorte d'exploit en soi, et en fait l'un des réalisateurs les plus importants de mon panthéon personnel.
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Demi-Lune
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Re: Oliver Stone

Post by Demi-Lune »

El Dadal wrote:Nixon: trop riche, trop généreux, c'est ce que je lui reproche. Première surprise de compassion pour une figure publique contestée de la part de Stone (qu'on retrouvera ensuite dans les approches transversales de WTC et W.)
Mon Stone favori avec J.F.K. En matière de film politique, je n'ai pas vu mieux. Une fresque d'une exécution colossale (je doute qu'on revoie quelque chose d'aussi ambitieux un jour - 3h40 la version complète, quand même).
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El Dadal
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Re: Oliver Stone

Post by El Dadal »

Demi-Lune wrote:
El Dadal wrote:Nixon: trop riche, trop généreux, c'est ce que je lui reproche. Première surprise de compassion pour une figure publique contestée de la part de Stone (qu'on retrouvera ensuite dans les approches transversales de WTC et W.)
Mon Stone favori avec J.F.K. En matière de film politique, je n'ai pas vu mieux. Une fresque d'une exécution colossale (je doute qu'on revoie quelque chose d'aussi ambitieux un jour - 3h40 la version complète, quand même).
Certes un grand film, mais il lui manque je trouve la verve humaniste de JFK, également plus maitrisé (mais il est vrai aidé par les ficelles du thriller/film de complot). Enfin, je tâcherai de développer tout ça dans la chronique qui arrivera (un jour).
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Demi-Lune
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Re: Oliver Stone

Post by Demi-Lune »

El Dadal wrote:
Demi-Lune wrote: Mon Stone favori avec J.F.K. En matière de film politique, je n'ai pas vu mieux. Une fresque d'une exécution colossale (je doute qu'on revoie quelque chose d'aussi ambitieux un jour - 3h40 la version complète, quand même).
Certes un grand film, mais il lui manque je trouve la verve humaniste de JFK, également plus maitrisé
C'est vrai sur les deux points, mais cela provient peut-être de la différence des enjeux et du regard de Stone.
JFK est, comme tu le dis, un film civique, le cri passionné d'un homme qui exhorte les générations futures à se pencher sur leur Histoire et à la critiquer, ce qui fait que le combat de Garrison soit investi d'une telle portée émotionnelle (sa plaidoirie finale reste également dans mon panthéon perso, à l'image de tout le film). C'est un film exalté et exaltant. Nixon, lui, n'obéit pas à la même fougue car le propos de Stone, même s'il renoue par endroits avec la thèse, n'est pas celui d'un militant mais celui d'un quasi dramaturge. Nixon est un drame explicitement shakespearien, et c'est à l'aune de cette vision tragique du personnage que Stone a tâché de mêler le portrait psychologique à la grande Histoire politique américaine. L'identification du cinéaste au combat de Garrison, droit dans ses bottes et seul contre tous, garantissait à JFK cette ferveur empathique ; mais malgré les parentés formelles c'est une toute autre hauteur de vue qui est à l’œuvre avec Nixon, personnage forcément plus insaisissable, et ça peut expliquer que tu n'y retrouves pas cette veine humaniste. C'est d'ailleurs le complément à JFK dans la mesure où après s'être ému du pourrissement de la démocratie, Stone offre une lecture plus nuancée et complexe de ces compromissions morales à l'épreuve du pouvoir.
Maintenant, dans ce registre je trouve à Nixon des scènes vraiment bouleversantes qui figurent parmi ce que Stone a fait de plus fort. Notamment toutes celles qui montrent Nixon très atteint par ses défaites électorales et implorant sa femme Patricia de ne pas l'abandonner, ou cette longue fin déchirante où Kissinger et Haig lui arrachent la signature de sa démission et qu'il prie en pleurant sur toutes les grandes choses politiques qu'il aurait encore pu faire, puis Nixon intimidé devant le portrait de sa bête noire Kennedy... et le discours final d'adieu ("Ma mère était une sainte... personne n'écrira jamais un livre sur ma mère"). Non vraiment, pour moi c'est l'un des plus beaux films US des années 90.