Oliver Stone

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés à partir de 1980.

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pak
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Re: Oliver Stone

Post by pak »

JFK c'est pour moi une belle réussite de Stone, loin devant Nixon. Pour la simple raison que malgré son titre, dans JFK, Stone ne s'intéresse pas au personnage, mais à ce qui a conduit à son assassinat, brassant toutes les hypothèses, même les plus a priori extravagantes. Il réussit là un mariage troublant et passionnant entre le film militant, le travail journalistique et la reconstitution.

Avec Nixon, il s'approche de près du personnage du titre et extrapole beaucoup. Il donne là son point de vue, non sur un évènement, mais sur un homme. De fait, il entre dans la psychologie de ce président, ou du moins en donne-t-il sa vision. Et là je marche nettement moins que dans JFK. Autant ce dernier offrait des pistes qui, malgré le parti pris, posaient plus de questions qu'apportaient de réponses, autant Nixon assène la vision de Stone, et ce jusqu'à frôler l'absurde (Hopkins fait vraiment peur sur la fin, et on pense plus à Hannibal Lecter qu'à un président des USA).

D'ailleurs je trouve que Nixon est une sorte de virage dans la carrière de Stone, car dès lors qu'il attaque ensuite un fait historique, il ne trouve plus cet équilibre qu'il avait dans JFK, mêlant adroitement reconstitution et vision personnelle. Cette dernière prend alors le pas sur le reste, et donne alors une charge sans conséquences mais bavarde avec Alexandre, ou dangereusement militante avec World Trade Center. W. : L'Improbable Président est entre les deux films précédents, mais le feu n'y est plus, car il manque de mon point de vue l'humanisme qui faisait, entre autre, la réussite de Salvador.

Bref, Oliver a perdu la niak et tombe dans la facilité de la caricature, comme s'il avait perdu quelques illusions. Wall Street : L'argent ne dort jamais semble confirmer cela, suite opportuniste, inutile (vu le traitement) et se raccrochant aux branches d'une réussite passée.

Ceci dit, je n'ai pas vu Savages, aussi je ne peux me prononcer sur le fait que ce manque d'inspiration soit chronique ou si il a pu retrouver la verve d'un U Turn.
Le cinéma : "Il est probable que cette marotte disparaîtra dans les prochaines années."

Extrait d'un article paru dans The Independent (1910)

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A serious man
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Re: Oliver Stone

Post by A serious man »

Demi-Lune wrote:
El Dadal wrote: Certes un grand film, mais il lui manque je trouve la verve humaniste de JFK, également plus maitrisé
C'est vrai sur les deux points, mais cela provient peut-être de la différence des enjeux et du regard de Stone.
JFK est, comme tu le dis, un film civique, le cri passionné d'un homme qui exhorte les générations futures à se pencher sur leur Histoire et à la critiquer, ce qui fait que le combat de Garrison soit investi d'une telle portée émotionnelle (sa plaidoirie finale reste également dans mon panthéon perso, à l'image de tout le film). C'est un film exalté et exaltant. Nixon, lui, n'obéit pas à la même fougue car le propos de Stone, même s'il renoue par endroits avec la thèse, n'est pas celui d'un militant mais celui d'un quasi dramaturge. Nixon est un drame explicitement shakespearien, et c'est à l'aune de cette vision tragique du personnage que Stone a tâché de mêler le portrait psychologique à la grande Histoire politique américaine. L'identification du cinéaste au combat de Garrison, droit dans ses bottes et seul contre tous, garantissait à JFK cette ferveur empathique ; mais malgré les parentés formelles c'est une toute autre hauteur de vue qui est à l’œuvre avec Nixon, personnage forcément plus insaisissable, et ça peut expliquer que tu n'y retrouves pas cette veine humaniste. C'est d'ailleurs le complément à JFK dans la mesure où après s'être ému du pourrissement de la démocratie, Stone offre une lecture plus nuancée et complexe de ces compromissions morales à l'épreuve du pouvoir.
Maintenant, dans ce registre je trouve à Nixon des scènes vraiment bouleversantes qui figurent parmi ce que Stone a fait de plus fort. Notamment toutes celles qui montrent Nixon très atteint par ses défaites électorales et implorant sa femme Patricia de ne pas l'abandonner, ou cette longue fin déchirante où Kissinger et Haig lui arrachent la signature de sa démission et qu'il prie en pleurant sur toutes les grandes choses politiques qu'il aurait encore pu faire, puis Nixon intimidé devant le portrait de sa bête noire Kennedy... et le discours final d'adieu ("Ma mère était une sainte... personne n'écrira jamais un livre sur ma mère"). Non vraiment, pour moi c'est l'un des plus beaux films US des années 90.
Ah voila qui fait plaisir! :D

parfois je me sens profondément seul quand je dit tout le bien que je pense ce film, bien sur il y a des lourdeurs qui peuvent gêner, on peut trouver ça boursoufler mais l'ensemble est d'une tel force, décuplé par la réalisation assez expérimental de Stone!
J'aimerais beaucoup découvrir cette version complète dont j'ignorais d'ailleurs l'existence
"Il ne faut pas être timide avec la caméra. Il faut lui faire violence, la pousser jusque dans ses derniers retranchements, parce qu'elle est une vile mécanique. Ce qui compte, c'est la poésie."

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Demi-Lune
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Re: Oliver Stone

Post by Demi-Lune »

A serious man wrote:J'aimerais beaucoup découvrir cette version complète dont j'ignorais d'ailleurs l'existence
Le principal apport de cette version complète est un long face à face d'un quart d'heure entre Nixon et le directeur de la CIA Richard Helms (joué par Sam Waterston), dans le bureau de ce dernier à Langley. C'est Nixon, le Président des États-Unis, qui se déplace à la CIA, comme s'il rendait visite à un chef d’État étranger ! Une séquence dialoguée très tendue et bizarre par ses effets, qui est pour moi le cœur thématique du film - cette idée de Stone sur la "Bête sauvage", cet establishment incontrôlable qui confisquerait dans l'ombre le pouvoir et que Nixon ne pourrait pas maîtriser. Dans cette séquence, on sent que Nixon se fait totalement vampiriser le pouvoir légal au profit de la toute-puissance occulte de la CIA. Helms lui donne une véritable leçon de realpolitik et de chantage en lui rappelant qui est le véritable patron, histoire de le dissuader de s'opposer à la CIA comme a voulu le faire Kennedy. Tout le dialogue est un bras-de-fer sur les enjeux-mêmes de la démocratie et Nixon parvient à la fin à reprendre l'avantage stratégique.
Dans la version longue du film, Stone soutient aussi explicitement la thèse que c'est Hoover lui-même qui a recommandé à Nixon de se mettre sur écoute, afin de se "protéger" contre les initiatives centrifuges de ce fameux establishment.
A serious man
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Re: Oliver Stone

Post by A serious man »

Il me faut donc faire très vite l'acquisition de cette version longue parce que ce que tu en dit me donne plus qu'envie!
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Jeremy Fox
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Re: Oliver Stone

Post by Jeremy Fox »

Comptez moi parmi les admirateurs de ce fort beau Nixon
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Re: Oliver Stone

Post by Federico »

Stone était l'invité de la dernière émission Projection privée pour parler à la fois du livre Les crimes cachés des présidents. Une autre histoire de l'Amérique et de la série télé dérivée.

J'ai pris l'émission en cours de route. Comme dans ses films, ses propos ne sont pas toujours subtils mais il raconte des choses passionnantes sur l'histoire politique de son pays. Comme l'incroyable "concours de circonstances" qui fit que le très progressiste et populaire vice-président Wallace ne fut pas reconduit et remplacé par le quasi-inconnu Truman en 1944 (alors que Roosevelt nouvellement ré-élu était en fin de vie et que donc son vice-président lui succéderait).
Voilà qui pourrait donner lieu à un chouette scénario uchronique... :)
Spoiler (cliquez pour afficher)
Car la face du monde à venir aurait sans doute été différente. Wallace (considéré par la Droite US comme un suppôt du Communisme) était depuis 1941 au courant du Projet Manhattan mais n'aurait probablement pas utilisé l'arme atomique contre le Japon... à la différence de Truman que Roosevelt méprisait au point de ne même pas l'avoir briefé sur ce projet capital dont il ne découvrit l'existence qu'une fois élu. Bon, évidemment, on peut également imaginer que "l'oncle Jo" aurait aussi préféré voir Wallace que Truman même si on sait que l'accession à la présidence peut changer les hommes... :roll:
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Supfiction
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Re: Oliver Stone

Post by Supfiction »

pak wrote:JFK c'est pour moi une belle réussite de Stone, loin devant Nixon. Pour la simple raison que malgré son titre, dans JFK, Stone ne s'intéresse pas au personnage, mais à ce qui a conduit à son assassinat, brassant toutes les hypothèses, même les plus a priori extravagantes. Il réussit là un mariage troublant et passionnant entre le film militant, le travail journalistique et la reconstitution.

Avec Nixon, il s'approche de près du personnage du titre et extrapole beaucoup. Il donne là son point de vue, non sur un évènement, mais sur un homme. De fait, il entre dans la psychologie de ce président, ou du moins en donne-t-il sa vision. Et là je marche nettement moins que dans JFK. Autant ce dernier offrait des pistes qui, malgré le parti pris, posaient plus de questions qu'apportaient de réponses, autant Nixon assène la vision de Stone, et ce jusqu'à frôler l'absurde (Hopkins fait vraiment peur sur la fin, et on pense plus à Hannibal Lecter qu'à un président des USA).

D'ailleurs je trouve que Nixon est une sorte de virage dans la carrière de Stone, car dès lors qu'il attaque ensuite un fait historique, il ne trouve plus cet équilibre qu'il avait dans JFK, mêlant adroitement reconstitution et vision personnelle. Cette dernière prend alors le pas sur le reste, et donne alors une charge sans conséquences mais bavarde avec Alexandre, ou dangereusement militante avec World Trade Center. W. : L'Improbable Président est entre les deux films précédents, mais le feu n'y est plus, car il manque de mon point de vue l'humanisme qui faisait, entre autre, la réussite de Salvador.

Bref, Oliver a perdu la niak et tombe dans la facilité de la caricature, comme s'il avait perdu quelques illusions. Wall Street : L'argent ne dort jamais semble confirmer cela, suite opportuniste, inutile (vu le traitement) et se raccrochant aux branches d'une réussite passée.

Ceci dit, je n'ai pas vu Savages, aussi je ne peux me prononcer sur le fait que ce manque d'inspiration soit chronique ou si il a pu retrouver la verve d'un U Turn.
Me voilà seulement maintenant sur ce topic alors que 3 films de Stone font partie de mes films favoris : Wall Street, The doors et JFK (qui est le film au monde qui me fout le plus la "trouille", loin devant n'importe-quel film d'horreur).
Pas eu le temps de tout lire ici mais ce texte de pak est remarquable. En effet concernant Nixon (et c'est valable aussi pour le J. Edgar d'Eastwood), le problème est qu'étant donné le parti pris, tout repose dès lors sur l’interprétation, la reconstitution et surtout l'art du maquillage. Et c'est là que ça pêche.
Daniel Day Lewis a réussi son interprétation de Lincoln mais en aurait-il été de même si le film de Spielberg avait couvert plusieurs décennies ? Rien n'est moins sûr. Peut-être qu'une partie du public d'aujourd'hui est beaucoup moins encline à accepter certains maquillages grossiers et le mimétisme grossier (tout en reprochant parfois paradoxalement l'inverse). Je parle peut-être un peu pour moi (après tout, La môme a séduit les académies, l’interprétation de Cotillard aidant).
Rares sont les interprètes qui arrivent à coller à un personnage historique sur l'ensemble d'une vie, s'approchant à la fois de l'âme et du physique. De Niro a mis la barre très haut avec Raging Bull. Certains ont réussi à s'approcher de l'âme de leur modèle tout en étant très proche physiquement (Jeremy Renier récemment, bien qu'un régime supplémentaire aurait été nécessaire).
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El Dadal
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Re: Oliver Stone

Post by El Dadal »

Federico wrote:Stone était l'invité de la dernière émission Projection privée pour parler à la fois du livre Les crimes cachés des présidents. Une autre histoire de l'Amérique et de la série télé dérivée.
Merci infiniment pour le lien. Et attention, comme le fait remarquer Michel Ciment en toute fin d'émission, l'édition française ampute de près de 50% le livre d'origine. Le livre qui d'ailleurs n'est pas du tout redondant avec la série documentaire.
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Flol
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Re: Oliver Stone

Post by Flol »

J'ai tenté d'écouter cette émission. Je dis bien "tenter", parce que je pensais que ça parlerait cinéma, et non pas géopolitique.
Faut dire que la traduction en simultané faite par un bonhomme à la voix ultra monotone, ça n'aide pas...
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Re: Oliver Stone

Post by Federico »

Ratatouille wrote:J'ai tenté d'écouter cette émission. Je dis bien "tenter", parce que je pensais que ça parlerait cinéma, et non pas géopolitique.
Spoiler (cliquez pour afficher)
Dommage car c'est souvent passionnant, la géopolitique. Enfin, perso, ça m'a toujours beaucoup plus intéressé que la politique, l'économie voire même l'histoire... alors que c'est un mélange des trois domaines (même de quatre puisqu'il faut y adjoindre la géographie).
Quand je trainais sur les bancs de la fac, j'aurais bien aimé avoir des profs comme Jean-Christophe Victor plutôt que ceux qui nous demandaient de faire des prévisions de PIB du COMECON ou de présenter une synthèse de la rubrique pétrolière du Financial Times (parce que ça, c'était chiant à la puissance 10000 !!) :roll:
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Re: Oliver Stone

Post by Boubakar »

Federico wrote:
Ratatouille wrote:J'ai tenté d'écouter cette émission. Je dis bien "tenter", parce que je pensais que ça parlerait cinéma, et non pas géopolitique.
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Dommage car c'est souvent passionnant, la géopolitique. Enfin, perso, ça m'a toujours beaucoup plus intéressé que la politique, l'économie voire même l'histoire... alors que c'est un mélange des trois domaines (même de quatre puisqu'il faut y adjoindre la géographie).
Quand je trainais sur les bancs de la fac, j'aurais bien aimé avoir des profs comme Jean-Christophe Victor plutôt que ceux qui nous demandaient de faire des prévisions de PIB du COMECON ou de présenter une synthèse de la rubrique pétrolière du Financial Times (parce que ça, c'était chiant à la puissance 10000 !!) :roll:
Je pense que Ratatouille parle du fait que Projection privée est une émission consacrée au cinéma, et que, comme lui, ça m'a soûlé d'entendre de la politique durant près d'une heure, même si c'est Oliver Stone qui est invité.
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El Dadal
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Re: Oliver Stone

Post by El Dadal »

Oui, enfin, ça parle quand même de cinéma hein. Rien de trop nouveau pour les habitués, toutefois il est entre autres question de techniques de montage, de l'évolution de l'œuvre de Stone de la fiction documentée vers le documentaire usant de techniques venant de la fiction.
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Flol
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Re: Oliver Stone

Post by Flol »

Boubakar wrote:
Federico wrote:
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Dommage car c'est souvent passionnant, la géopolitique. Enfin, perso, ça m'a toujours beaucoup plus intéressé que la politique, l'économie voire même l'histoire... alors que c'est un mélange des trois domaines (même de quatre puisqu'il faut y adjoindre la géographie).
Quand je trainais sur les bancs de la fac, j'aurais bien aimé avoir des profs comme Jean-Christophe Victor plutôt que ceux qui nous demandaient de faire des prévisions de PIB du COMECON ou de présenter une synthèse de la rubrique pétrolière du Financial Times (parce que ça, c'était chiant à la puissance 10000 !!) :roll:
Je pense que Ratatouille parle du fait que Projection privée est une émission consacrée au cinéma, et que, comme lui, ça m'a soûlé d'entendre de la politique durant près d'une heure, même si c'est Oliver Stone qui est invité.
Voilà, c'est exactement ça.
En soi, je n'ai rien contre la géopolitique, au contraire ça peut être hyper intéressant ; mais là, ce n'est pas ce que je voulais.
El Dadal wrote:Oui, enfin, ça parle quand même de cinéma hein. Rien de trop nouveau pour les habitués, toutefois il est entre autres question de techniques de montage, de l'évolution de l'œuvre de Stone de la fiction documentée vers le documentaire usant de techniques venant de la fiction.
C'est surtout Ciment qui tentait de ramener le sujet vers des choses plus cinématographiques...mais Stone semblait quand même beaucoup moins intéressé par cet aspect là. Et puis il faut dire qu'en 45mn, Ciment a dû poser 4 questions, tellement Stone avait des choses à dire.
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Re: Oliver Stone

Post by Supfiction »

Federico wrote:Stone était l'invité de la dernière émission Projection privée pour parler à la fois du livre Les crimes cachés des présidents. Une autre histoire de l'Amérique et de la série télé dérivée.

J'ai pris l'émission en cours de route. Comme dans ses films, ses propos ne sont pas toujours subtils mais il raconte des choses passionnantes sur l'histoire politique de son pays. Comme l'incroyable "concours de circonstances" qui fit que le très progressiste et populaire vice-président Wallace ne fut pas reconduit et remplacé par le quasi-inconnu Truman en 1944 (alors que Roosevelt nouvellement ré-élu était en fin de vie et que donc son vice-président lui succéderait).
Voilà qui pourrait donner lieu à un chouette scénario uchronique... :)
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Car la face du monde à venir aurait sans doute été différente. Wallace (considéré par la Droite US comme un suppôt du Communisme) était depuis 1941 au courant du Projet Manhattan mais n'aurait probablement pas utilisé l'arme atomique contre le Japon... à la différence de Truman que Roosevelt méprisait au point de ne même pas l'avoir briefé sur ce projet capital dont il ne découvrit l'existence qu'une fois élu. Bon, évidemment, on peut également imaginer que "l'oncle Jo" aurait aussi préféré voir Wallace que Truman même si on sait que l'accession à la présidence peut changer les hommes... :roll:
Merci. J'ai écouté cette émission passionnante au casque et dans la rue aujourd'hui. J'ai hâte de pouvoir voir la série TV dont il est question (Une autre histoire de l'Amérique). Comme toujours, les propos d'Oliver Stone sont à prendre avec des pincettes mais il y a tout de même des choses énormes. Compléments idéales aux films JFK, Nixon, Platoon, Né un 4 Juillet.
Spoiler (cliquez pour afficher)
Jeudi 16 janvier à 20h45 : épisode 1 (La seconde guerre mondiale)

Jeudi 16 janvier à 21h40 : épisode 2 (Roosevelt, Truman et Wallace : Occasion manquée)



Jeudi 23 janvier à 20h45 : épisode 3 (La bombe)

Jeudi 23 janvier à 21h40 : épisode 4 (La guerre froide : 1945-1950)



Jeudi 30 janvier à 20h45 : épisode 5 (Les années 50 : Eisenhower, la bombe et le tiers-monde)

Jeudi 30 janvier à 21h40 : épisode 6 (JFK : Au bord du gouffre)



Jeudi 6 février à 20h45 : épisode 7 (Johnson, Nixon et le Vietnam : Revers de fortune)

Jeudi 6 février à 21h40 : épisode 8 (Reagan, Gorbatchev et le tiers-monde: La montée de la Droite)



Jeudi 13 février à 20h45 : épisode 9 (Bush et Clinton: Le triomphalisme américain - Le nouvel ordre mondial)

Jeudi 13 février à 21h40 : épisode 10 (Bush et Obama : l'ère du terrorisme)
Quand on l'entend, on a du mal à croire que c'est le même gars qui a sorti SAVAGES l'année dernière.
Last edited by Supfiction on 15 Jan 14, 21:11, edited 1 time in total.
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Re: Oliver Stone

Post by El Dadal »

Supfiction wrote:Quand on l'entend, on a du mal à croire que c'est le même gars qui a sorti SAVAGES l'année dernière.
Qu'il s'agisse de la mise-en-scène ou bien des thématiques abordées, je trouve Savages parfaitement cohérent avec le reste de son œuvre!