Tim Burton

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés à partir de 1980.

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Votre film préféré de Tim Burton ?

PEE WEE'S BIG ADVENTURE
4
2%
BEETLEJUICE
12
5%
BATMAN
8
4%
EDWARD SCISSORHANDS
87
40%
BATMAN RETURNS
28
13%
ED WOOD
44
20%
MARS ATTACKS!
9
4%
SLEEPY HOLLOW
12
5%
LA PLANÈTE DES SINGES
1
0%
BIG FISH
11
5%
CHARLIE ET LA CHOCOLATERIE
3
1%
 
Total votes: 219

Metal Rider
Stagiaire
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Joined: 13 Aug 03, 15:31

Tim Burton

Post by Metal Rider »

Un des auteurs de cinéma dont je suis un grand admiratif du travail comme tant d'autres, Tim Burton, metteur en scène iconoclaste et un brin déjanté, a su faire pénétrer la marginalité, le kitsch et bizarre à Hollywood. C'est en redécouvrant, hier soir, Batman 1 que je me suis remis au cinéma de Tim Burton. Je vous propose une petite excurcion à travers l'univers Burtonien...

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Né en 1959 à Burbank en Californie, Tim Burton se retrouve fasciné dès son plus jeune âge par la bande dessinée et le cinéma fantastique, avec une prédilection pour le cinéma d'horreur ringard des années 50, et notamment les films d'Ed Wood qu'il découvre à la télévision. Il fait de brillantes études au California Institute for the Arts, grâce à une bourse que lui octroie la Disney, impressionnée par ses talents de graphiste. Il est d'ailleurs, dès l'obtention de son diplôme, engagé dans la célèbre compagnie comme animateur et c'est ainsi qu'il travaille sur des films tels que Rox & Rouky et Taram et le Chaudron Magique.

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Il réalise en 1982 (toujours pour le compte de Disney) un premier court-métrage d'animation intitulé Vincent, un hommage appuyé à une star du cinéma d'horreur qu'était Vincent Price (l'Abominable Dr. Phibes, Le Retour de l'abominable Dr. Phibes, le Voyage de la peur...), qui d'ailleurs fait le narrateur en personne. Le film (comme bon nombre d'autres films du réalisateur qui suivront) est centré sur un personnage asocial et marginal : ici un petit garçon vivant dans le morne univers de la banlieue américaine. Ce petit chef-d'œuvre de méchanceté et de noirceur, dépeint donc la double vie de ce gamin apparemment normal mais à l'esprit plutôt torturé, rendant aussi hommage à l'esthétique tourmentée de l'expressionnisme germanique. Le film remporta deux prix au festival de Chicago, inaugurant en fanfare la carrière e ce réalisateur de génie...

Autre perle noire, Frenkenweenie est un court-métrage de 29 minutes réalisé en 1984, parodiant avec tendresse la grande saga des Frankenstein tournés dans les années 30, 40 pour la Universal. Ici, le célèbre docteur du chef-d'œuvre de Mary Shelley est remplacé par un petit garçon qui ressuscite son toutou selon les mêmes méthodes. Jugé quelque peu inconvenant pour le public familial Disney, le film sorti en catimini, ne connut qu'une carrière confidentielle pour être (succès de Tim Burton aidant) réhabilité au début des années 90 à travers une sortie en vidéo et des passages télévisés sur le Disney Chanel.

Bridé par les normes pour le moins contraignantes imposées par la Disney, Tim Burton allait bien rapidement s'en affranchir pour son premier long-métrage, Pee Wee's Big Adventure, une adaptation d'un personnage célèbre aux États-Unis d'une émission télé pour enfant, interprété par Paul Reubens. Cette première œuvre permet déjà au réalisateur de mettre en images les délires organisés dans lesquels il excelle. L'univers très Dysnéen où gadgets et jouets règnent en maîtres et doté d'un optimisme à tous crins, le personnage de Pee Wee (littéralement "petit pipi") ne pouvait que passionner Tim Burton. À la fois lunaire, doux, dingue, un brin hystérique, mélange de clown de cirque et de Jerry Lewis, Pee Wee vit tranquillement dans son petit monde jusqu'à ce qu'on lui dérobe son objet le plus cher au monde : un beau vélo rouge. Commence pour Pee Wee une course délirante à travers le pays pour retrouver son vélo. Pee wee est un enfant de 9 ans dans le corps d'un adulte et dont chaque phrase est ponctuée par un rire stupide. C'est un premier film cartoonesque assez éblouissant qui remporta un succès incroyable aux États-Unis et se ramassa complètement chez nous...

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Vincent, Frenkenweenie et Pee Wee's Big Adventure

Tandis que Paul Reubens confiait la mise en scène de Big Top Pee Wee (au médiocre Randall Kleiser) avant de voir sa carrière ruinée par une sordide affaire de mœurs (pratiques masturbatoires dans un cinéma porno, ça fait un peu désordre pour un animateur de programme télé pour kids!!), Tim Burton allait pouvoir avec Beetlejuice donner libre cours à goût pour le fantastique et le macabre.
« Il y avait dans cette histoire une imagerie abstraite et inhabituelle du genre de celles que jeconçois moi-même. Toutes ces visions et tous ces personnages qui traversaient l'intrigue ont vraiment touché chez moi une corde sensible. »

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Beetlejuice

Je vais peut-être faire hérisser des cheveux sur la tête, mais, à l'heure actuelle, je n'ai toujours pas vu Beetlejuice! Shame on me. Mais étant fan de Tim Burton et de Michael Keaton entre autres, et après tout ce que j'ai lu et entendu à propos de ce film, je compte, bien sûr, rattrapper mon retard très bientôt.
Cette comédie fantômatique a permis à son réalisateur de décrocher la mise en scène de son projet suivant, aussi casse-gueule qu'envié... Batman, the movie...

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Batman

Projet casse-gueule effectivement, l'adaptation cinématographique des aventures du célèbre justicier de la nuit projetée par la Warner à la fin des années 80 suscita maintes polémiques et controverses avant même que le premier tour de manivelle ne fut donné. Tout en ayant comme objectif la conception d'un spectacle tout public et familial, la compagnie était désireuse avant tout de donner de l'homme chauve-souris une image nouvelle, plutôt sombre, assez éloignée de la vision donnée par son créateur Bob Kane, sans pour autant verser dans la version violente de Frank Miller (ce qu'aurait voulu Burton). Les dirigeants de la Warner voulant donner du sang neuf à la série, ils confièrent donc la mise en scène à Burton, lequel déclara que ce serait son ami de longue date, Michael Keaton, qui endosserait le costume du justicier masqué. Les fans purs et durs crièrent au scandale, allant jusqu'à faire des pétitions pour contester ce choix. Mais Burton resta inflexible et poursuivit son tournage dans les studios de Pinewood, dans la banlieue londonienne. Au résultat, en dépit d'un scénario un peu faiblard et consensuel, il s'agit là d'une des meilleures adaptions cinématographiques d'un "comics", et un des meilleurs films de son réalisateur. Le générique d'ouverture est splendide, les décors art déco de Gotham City impressionnants (et valurent un oscar mérité à son concepteur, Anton Furst), la musique de Danny Elfman inoubliable (elle sera encore meilleure dans le second opus), Michael Keaton s'avère très convaincant, et, bien sûr, la composition de Jack Nicholson en Joker est géniale de cabotinage. Le film fait un carton outre-Atlantique, marche moyen chez nous, et permet à Burton d'avoir les mains libres pour une suite nettement plus réussie. À propos du premier, il a déclaré que « de tous les films que j'aie faits, Batman est celui que j'aime le moins. Je n'ai pu concrétiser qu'une partie de ma conception du mythe. »

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Michael Keaton en Batman avec Kim Basinger, et la craquante Michelle Pfeiffer

Bénéficiant d'un budget de 60 millions de retour, Batman le Défi vaut surtout pour ses deux méchants (auxquels il faut ajouter celui de Max Schreck interprété par Christopher Walken), le vilain pingouin joué avec brio par Danny De Vito et la sensuelle Catwoman interprétée par la très belle Michelle Pfeiffer. Batman, le Défi marque un net progrès par rapport à son prédécesseur. Bourré d'allusions érotiques dans les rapports entre l'homme chauve-souris et son adversaire vêtue d'une tenue en cuir assez "bondage" et affolante, le film a l'audace de reléguer le héros au second plan et, sans être une réussite totale (je lui préfère le premier, mais je lui reconnais des qualités très supérieures), le film s'offre quelques échappées inhabituelles dans ce genre de spectacles vers le sadomasochisme, la perversité ou la dualité Bien/Mal qu'il y a en chaque individu. Tim Burton jette ainsi un pied de nez aux conventions hollywoodiennes. Batman le Défi est le dernier "bon film" sur le justicier de Gotham, avant que Joel Schumacher ne détruise le mythe dans ses versions pour le moins atroces. On attend néanmoins la version de Christopher Nolan, Batman Begins, avec l'excellent Christian Bale.

Tourné en 1990, entre les deux Batman, Edward aux Mains d'Argent est pour Burton comme un oasis de fraîcheur après les galères éprouvante du premier épisode. Le film est né à partir d'un dessin que fit Burton dans son enfance. Il mélange harmonieusement satire acerbe du mode de vie américain et fantastique gothique en se centrant sur le personnage d'Edward, créature Frankensteinienne inachevée conçue par un vieil inventeur (formidable Vincent Price) qui succomba avant de pouvoir lui greffer ses deux mains.

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Johnny Depp dans Edward Aux Mains d'Argent

Pourvu de gigantesques lames de ciseaux en guise de doigts, Edward vit reclus dans un gigantesque château gothique, jusqu'au jour où il découvre le monde extérieur et l'amour pour devenir pendant un bref moment la coqueluche de toute la ville, avant d'être rejeté par tous et de retourner seul dans son immense demeure. Edward Scissorhands est, sans conteste, un des meilleurs films de son auteur, bénéficiant d'un casting particulièrement bien choisi (Johnny Depp est formidablement émouvant dans le rôle-titre, et Winona Rider très attachante dans celui de sa bien-aimée). Cette ode à la différence et à l'anormalité, mélange harmonieux de délire baroque, de satire sociale et de romantisme échevelé, reste gravée longtemps dans les mémoires, et confirme assurément le génie visionnaire de Tim Burton.

Avec L'Étrange Noël de Monsieur Jack, Burton revient à l'animation avec l'aide de Henry Selick, un des meilleurs spécialistes de l'animation image par image.

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L'Étrange Noël de Monsieur Jack

L'intrigue trouve ses origines dans un poème écrit au début des années 80 par Burton alors employé à Disney. C'est aussi à cette époque qu'il dessinait les principaux personnages, dont celui de Jack Skellington (dérivé de "skeleton" : squelette) en s'inspirant directement de la silhouette de imposante de son idole, Vincent Price. Confiant volontairement la mise en scène à Selick (beaucoup plus au fait que lui des dernières innovations techniques en matière d'animation image par image), l'intrigue à la scénariste Caroline Thompson (qui a déjà signé celle d'Edward Aux Mains d'Argent), et la musique à Danny Elfman (compositeur de la quasi-totalité de ses films), Tim Burton reste, malgré tout, omniprésent d'un bout à l'autre de l'élaboration du film. Cette attention se retrouve indéniablement dans le résultat final, où se retrouvent tous les thèmes récurrent de l'auteur : goût avoué pour le macabre et le bizarre, nostalgie de l'enfance, attirance pour les créatures monstrueuses au cœur tendre... Ce détrounement magnifique des contes de Noël et des célébrations conventionnelles de Noël est, là encore, une plongée envoûtante dans un univers magique et totalement fascinant.

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Ed Wood

Le personnage d'Ed Wood ne pouvait que passionner Tim Burton, amateur éclairé de déjanteries en tous genres. « J'ai découvert Ed Wood enfant en voyant Plan 9 From Outter Space à la télévision. On diffusait ses films alors fréquemment et je regardais comme tout le monde avec un mélange de stupeur et d'effarement. Plus tard, j'ai compris qu'au-delà de leur apparente nullité, ils recelaient une vraie poésie. Ed ne se souciait pas de la médiocrité de ses décors ou de ses effets spéciaux. Il restait fidèle à son inspiration personnelle. On ne peut être qu'ému par quelqu'un qui fait ce qu'il aime et qui arrive à garder son élan, son optimisme en dépit de tous les revers. La médiocrité est à la portée de tout un chacun, mais être étiqueté le plus mauvais réalisateur de tous les temps est un exploit! »
Rejeté par le système hollywoodien, par la critique et par le public, il correspond parfaitement au prototype du marginal à la fois naïf et pathétique qui apparaît immanquablement dans la plupart des films de Burton. Ed Wood est l'auteur d'une flopée de nanars incroyables dont le célèbre Plan 9 From Outter Space avec Bela Lugosi qui décéda pendant le tournage et fut remplacé par une doublure filmée de dos dans d'épais brouillards artificiels. Wood fut aussi connut pour son goût pour le travestissement et symbolise à lui seul l'univers de Burton. Cette bio filmée qui aurait pu tomber facilement dans la caricature lourdingue, est une œuvre quelque pu idéalisée (la fin a un côté volontairement positif alors qu'Ed Wood est mort ruiné et alcoolique à 54 ans) qui porte un regard plein de sympathie et de tendresse sur un personnage doté d'un optimisme à toute épreuve et qui, contre vents et marées, tenta de mener à bien ses rêves les plus fous. Centrant son intrigue sur les rapports père/fils entre Bela Lugosi et Ed Wood (qui peuvent peut-être se lire comme un calque de ceux que Tim Burton aurait aimé avoir avec Vincent Price), Ed Wood est un bel hommage à tout un cinéma de genre aujourd'hui disparu et dont la pauvreté et la ringardise confinent au rang d'objets cultes, recréant avec soin l'ambiance délirante qui régnait sur les tournages d'Ed Wood, en imposant un superbe noir et blanc et bénéficiant, encore une fois, d'un casting de qualité (Johnny Depp et surtout Martin Landau, qui reçut un Oscar mérité pour son interprétation de Bela Lugosi). Oublié à Cannes en 1995 et boudé par le public, le film est pourtant une vraie et belle réussite artistique.

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Mars Attacks! Le martien en chef : grand manteau à pailletes et regard dévastateur de rigueur...

Après Ed Wood et, à travers lui un coup de chapeau à tout un cinéma de série B, C, D et même Z des années 50 et 60, Mars Attacks! apparaît comme une suite aussi naturelle que logique, et l'antidote renversant d'Independance Day.
« Après la sortie de mon hommage au plus mauvais réalisateur de tous les temps, Ed Wood, j'essayais de trouver un projet aussi stimulant et délirant. En fait, j'ai été tellement pris par le personnage de Ed Wood et le type de films loufoques dont il était le maître que je voulais moi aussi réaliser un film aussi dingue. »
Le film suit grosso modo le même schéma imposé: arrivée d'aliens belliqueux, tentatives désastreuses de communication des milieux autorisés, plongée introspective sur divers personnages archétypaux particulièrement représentatifs de la société américaines et leurs réactions face à ce débarquement inattendu, attaque en bonne et due forme des méchants extra-terrestres, riposte et victoire inespérée des terriens grâce à un subterfuge (musical). Mars Attacks! est un monument de drôlerie kitsch, mâtinée d'un dégommage en règle des institutions et de l'american way of life. Burton tire à boulets rouges sur le conformisme ambiant (militaires bellicistes et bornés, scientifiques suffisants -Pierce Brosnan-, médias narcissiques -Michael J. Fox- et président ridicule -génialement campé par Jack Nicholson, qui joue également un agent immobilier frappadingue-), tout en puisant ses sources dans les fifties et les sixties : couleurs criardes, fringues ringardes, extra-terrestres typés avec cerveau apparent et parlant comme Donald Duck. Burton accomplit l'exploit d'y insérer son univers spécifique et son goût pour le bizarre et l'atypique (notamment lorsque les aliens se livrent à des expériences gratinées sur la race humaine et canine), tout en suivant les règles établies du genre et en donnant au film l'aspect d'une superproduction dotée d'effets spéciaux décoiffants. Poésie de l'absurde, gags énormes et soin attentif dans la peinture de marginaux de toutes sortes, le film, qui souffre cependant de quelques longueurs, fut descendu par la critique américaine et fut assez fraîchement accueilli par le public outre-Atlantique, mais marcha en France.

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Sur le tournage, avec Sarah Jessica Parker en mauvaise posture

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L'équipe de Mars Attacks! après un tournage épuisant (et le passage de martiens hostiles)...

Il n'y a rien d'étonnant à ce que Tim Burton s'attaque à un roman de Washington Irving intitulé Sleepy Hollow, où le réalisateur y retrouve ses thèmes fétiches (la recherche de l'amour pur entre des êtres bizarres, dans un univers macabre jonché de corps sans têtes). Et nous, nous y retrouvons l'ambiance "gothique", avec le même côté macabre et l'atmosphère de brouillard et d'arbres calcinés que ses précédents films, tels que Batman 1 & 2 ou Edward Scissorhands.
En 1799, dans une bourgade de La Nouvelle-Angleterre, plusieurs cadavres sont successivement retrouvés décapités. Les têtes ont disparu. Terrifiés, les habitants sont persuadés que ces meurtres sont commis par un étrange et furieux cavalier, dont la rumeur prétend qu'il est lui-même sans tête. Les autorités new-yorkaises envoient alors leur plus fin limier, Ichabod Crane (l'excellent Johnny Depp), pour éclaircir ce mystère. Il ne croit ni aux légendes, ni aux vengeances post-mortem. Mais, à peine arrivé, il succombe au charme étrange et vénéneux de la belle Katrina Anne Van Tassel (la très étrange Christina Ricci). Ce n'est pas la première fois que Sleepy Hollow est l'objet d'une adaptation cinématographque, puisque dès 1896, un film muet avec Joseph Jefferson portait le titre de Rip leaving Sleepy Hollow, puis vinrent The Legend of Sleepy Hollow (1912) d'Etienne Arnaud, ou encore le film TV The Legend of Sleepy Hollow (1979), avec Jeff Goldblum dans le rôle d'Ichabod. Mais le projet de Tim Burton restera assurément le plus ambitieux artistiquement.

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Christina Ricci et Johnny Depp

Outre son compositeur habituel, Danny Elfman, il a choisi un spécialiste des couleurs pastels et kitschs pour la photo de son film, Emmanuel Lubezki (A Walk in the Cloud, The Birdcage, Meet Joe Black). Coté scénario, Burton a fait confiance à Andrew Kevin Walker à qui l'on doit les sombres et paranoïaque scripts de Se7en et 8MM. Le projet a commencé avec l'avortement de Superman returns. Burton se sentait très mal et plus que découragé quand Superman fut rappeler au sol, alors qu'il venait d'investir des mois de sa vie dans ce projet et les dernières versions du scénario étaient plus que prometteuses. Mélangeant poésie et fantastique, fantaisie et cauchemar, Burton filme un thriller à la Edgar Allan Poe. Ce n'est pas un film d'horreur, mais la peur est au rendez-vous, et l’attention portée à l’aspect visuel du film est somptueuse, lorgnant clairement vers les productions britanniques de la Hammer. Il s’agit bien là d’une nouvelle franche réussite pour Tim Burton, et la démonstration d’un génie qui n’est plus à faire.
En 2000 il réalise un cout-métrage d'animation, The World of Stainboy.

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Tim Roth en chef militaire primate

En 2001 est une mauvaise date dans la filmographie de Tim Burton, puisque c'est cette année-là qu'il signe clairement un très mauvais film, le remake de La Planète des Singes. Mark Wahlberg incarne le capitaine de l'U.S. Force Leo Davidson, attaché à une station spatiale où sont conduites des recherches sur les singes. Parti secourir son chimpanzé préféré, il échoue sur une planète où, ironie du sort, il devient la proie de primates surhumains. Il défiera alors l'ignoble General Thade (Tim Roth) et trouvera une alliée dans la personne d'Ari (Helena Bonham Carter). Il fera aussi chavirer le cœur du top modèle esclave quasi-muet Daena (Estella Warren). D'ailleurs, on se demande pourquoi Leo vient l'embrasser avant de partir (à la fin du film) puisqu'elle ne lui adresse la parole probablement pas plus que deux fois dans le film.

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Mark Wahlberg et la jolie mais muette Estella Warren

Scénario qui manque cruellement de surprises/rebondissements, intrigue creuse, décors, action et effets spéciaux loins d'impressionner, réalisation plate et mollassonne... tout cela rendent le film très ennuyeux. Même la scène de bataille rangée finale sensée être le point culminant du film est inorganisée et manque cruellement d'action. Les producteurs ont peut-être eu peur que Burton ne fasse de cette superproduction une œuvre personnelle et décalée et ont dû prendre les commandes de l'ensemble du projet (les rumeurs de remontage quelques jours avant la sortie en salles ne peuvent que confirmer cette sensation, d'autant que la fin est pour le moins nébuleuse). Avoir choisi Burton pour la réalisation s'avère alors inutile. Bref, un film à éviter, et replongeons plutôt dans sa version originale avec Charlton Heston de Franklin J. Schaffner (Planet of the Apes, 1968).

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Big Fish

En mars 2004 sort chez nous Big Fish, avec Ewan MacGregor et Helena Bonham Carter (devenue entre-temps la nouvelle madame Burton à la ville), film dans lequel le réalisateur renoue avec son univers particulier, fantastique et surréaliste, à la poésie baroque, mais avec une esthétique plus colorée et donc moins sombre que dans ses précédents films. C'est l'histoire à la fois drôle et poignante d'Edward Bloom (Albert Finney/Ewan Mac Gregor), un père débordant d'imagination, et de son fils William. Ce dernier retourne au domicile familial après l'avoir quitté longtemps auparavant, pour être au chevet de son père, atteint d'un cancer. Il souhaite mieux le connaître et découvrir ses secrets avant qu'il ne soit trop tard. L'aventure débutera lorsque William tentera de discerner le vrai du faux dans les propos de son père mourant.

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Ewan Mac Gregor

Il s'agit là d'une adaptation du roman Big Fish, a Story of Mythic Proportions, écrit par Daniel Wallace, lequel s'est inspiré de son propre père et de sa propre paternité (le point fortdu livre est de raconter la vie d'un homme ordinaire à la manière d'un mythe). Big Fish a longtemps été un projet de Steven Spielberg, qui souhaitait donner le rôle principal à Jack Nicholson. Lorsque le réalisateur a préféré se lancer dans le tournage d'Arrête-Moi si Tu Peux, l'adaptation du livre de Daniel Wallace a été confiée à Tim Burton.
« Ce qui m'a frappé dans le scénario de Big Fish, raconte Tim Burton, c'est l'équilibre entre l'ampleur épique des contes et l'histoire plus simple et intimiste de cette famille. J'ai aimé ce mélange, ces moments purement imaginaires qui s'unissent à une situation tristement banale, la perte d'un être cher. La difficulté pour moi était de maintenir cet équilibre lors de la visualisation de l'histoire. »

Dans quelques mois sortiront deux films, Charlie et la Chocolaterie où le réalisateur retrouve un de ses acteurs fétiches, Johnny Depp, et Christopher Lee (qui jouait déjà dans Sleepy Hollow), et le deuxième est Corpse Bride

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Corpse Bride

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Breezy
Passe ton bac d'abord
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Post by Breezy »

Bon boulot.

J'ai voté Ed Wood.
gehenne
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Post by gehenne »

breezy wrote:Bon boulot.

J'ai voté Ed Wood.
pareil... :wink:

mais j'ai voté edward scissorhands... :D
Ainsi, toujours et pourtant...
DannyBiker
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Post by DannyBiker »

:shock:
Décidemment, toujours aussi courageux et généreux le Metal Rider... :wink:
Une très bonne synthèse de la carrière de mon cinéaste favori, écrit avec beaucoup de franchise. Chose dont je serais incapable au point où j'en suis (cet homme a littéralement pris possession de mon esprit !).

J'ai symboliquement voté pour Big Fish, puisque vous savez que Edward aux mains d'argent est mon petit préféré. Néanmoins, j'ai revu la vie d'Edward Bloom récemment et la film m'est à nouveau apparu comme essentiel dans la filmographie du cinéaste mais également essentiel pour moi... :wink:
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mannhunter
Laspalès
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Post by mannhunter »

j'ai voté "Batman returns",à mon avis son film le plus réussi,et j'aime également "Batman","Edward..." et "Beetlejuice".
pas vus: "big fish" et "pee wee"
Thin White Duke
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Post by Thin White Duke »

mannhunter wrote:j'ai voté "Batman returns",à mon avis son film le plus réussi,et j'aime également "Batman","Edward..." et "Beetlejuice".
pas vus: "big fish" et "pee wee"
Tu n'aimes pas Ed Wood?
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mannhunter
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Post by mannhunter »

Thin White Duke wrote:
mannhunter wrote:j'ai voté "Batman returns",à mon avis son film le plus réussi,et j'aime également "Batman","Edward..." et "Beetlejuice".
pas vus: "big fish" et "pee wee"
Tu n'aimes pas Ed Wood?
j'en ai un souvenir trop vague...il faudrait que je le revoie! :wink:
Alcatel
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Post by Alcatel »

Batman returns... Un rare chef-d'oeuvre du cinéma commercial, une oeuvre envoûtante, personnelle, qui brise les codes, renoue profondément avec le cinéma expressioniste (ne serait-ce que par le nom du perso de Walken... Max Schreck). Le film le plus torturé de Burton. Et sûrement le plus extrême.
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Manu
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Post by Manu »

gehenne666 wrote:
breezy wrote:Bon boulot.

J'ai voté Ed Wood.
pareil... :wink:

mais j'ai voté edward scissorhands... :D
Comme le nantais !
Mais Ed Wood n'était pas loin...
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Membre de la puifFF, mention très bien. Super génial ! :D Non ?...
Bierrot
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Post by Bierrot »

gehenne666 wrote:
breezy wrote:Bon boulot.

J'ai voté Ed Wood.
pareil... :wink:

mais j'ai voté edward scissorhands... :D
+666 ! :D
Thin White Duke
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Post by Thin White Duke »

C'est la bagarre entre les deux Edward.
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varock
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Post by varock »

Je vote Edward parce que bon hein... je le dis quand même a tout le monde quand on me pose la question : c'est quoi ton film préféré ???
Jean Claude Dus
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Post by Jean Claude Dus »

Beau boulot !

J'ai voté Beetlejuice, en mémoire à mes mercredis après midis passés a me mater, et me remater ce film.
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Thin White Duke
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Post by Thin White Duke »

breezy wrote:Bon boulot.
gehenne666 wrote:pareil... :wink:
Edward Bloom wrote::shock:
Décidemment, toujours aussi courageux et généreux le Metal Rider... :wink:
Jean Claude Dus wrote:Beau boulot !
Merci. ;) Néanmoins, j'ai passé plus de temps pour faire le nouvel avatar géant que l'analyse :lol:
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Manu
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Post by Manu »

Thin White Duke wrote:Néanmoins, j'ai passé plus de temps pour faire le nouvel avatar géant que l'analyse :lol:
Il est bien beau ! :D
Et puis c'est rigolo de fixer les trous de la pelloche en scrollant la page !
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Membre de la puifFF, mention très bien. Super génial ! :D Non ?...