Paul Schrader

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés à partir de 1980.

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mannhunter
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Post by mannhunter »

Un petit article sympa sur le méconnu "Patty Hearst" dispo ici:

http://mooninthegutter.blogspot.com/
mannhunter
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Re: Rétro Paul Schrader à la cinémathèque.

Post by mannhunter »

"vengeance intime",un direct to vidéo signé Paul Schrader,pas cher sur cdiscount! :wink: :

http://www.cdiscount.com/search/paul%20 ... l+schrader
Griffin Mill
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Re: Rétro Paul Schrader à la cinémathèque.

Post by Griffin Mill »

mannhunter wrote:"vengeance intime",un direct to vidéo signé Paul Schrader,pas cher sur cdiscount! :wink: :

http://www.cdiscount.com/search/paul%20 ... l+schrader
Forever Mine (1999) dont le "vrai" titre français est Les Amants éternels.
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angel with dirty face
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Re: Rétro Paul Schrader à la cinémathèque.

Post by angel with dirty face »

Affliction (Paul Schrader, 1997)
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J'ai un rapport étrange avec le cinéma de Paul Schrader. D'abord le scénariste que je trouve génial pour The Yakuza (1974) de Sydney Pollack et pour trois films de Martin Scorsese que je considère comme des chefs-d'œuvre : Taxi Driver (1976), Raging Bull (1980), et The Last Temptation Of Christ (1988). Même Bringing Out The Dead (1999) qu'il a signé (toujours pour Martin Scorsese), je l'aime beaucoup. Cependant concernant les scénars d'Obsession (Brian De Palma, 1976) et City Hall (Harold Becker, 1996), je n'ai jamais vraiment accroché. Ensuite, il y a le réalisateur : A part Mishima: A Life In Four Chapters (1985) où il a la double casquette de réalisateur et scénariste, je ne suis pas particulièrement fan de ses films. Un des derniers que j'avais vu, c'était Auto Focus (2002) qu'il dirigeait seulement, et je n'en garde pas un souvenir mémorable...
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Affliction fait partie de la catégorie des films de Paul Schrader que je n'aime pas. Adaptation du sublime roman de Russell Banks (un des meilleurs que j'ai lu chez cet auteur), le film m'a tout simplement ennuyé. A force de vouloir un peu trop coller au livre et tenter (en vain) de traiter l'histoire dans les moindres détails, tout finit par s'éparpiller et Paul Schrader passe complètement à côté de l'essentiel : L'enfance et le passé de Wade Whitehouse. En résumé, un élément qui peut-être important dans le bouquin (parce que l'écrivain a le temps de le developper), peut se révéler inutile dans un film, je pense en particulier à l'avocat sur chaise roulante, à certaines conversations entre les frères Whitehouse... Du coup, le film a tendance à être une succession de séquences et le récit manque sérieusement de fluidité. La réalisation que je trouve personnellement plate n'aidant pas... Quant à la distribution, même si James Coburn est magnifique, Paul Schrader aurait pu choisir un acteur plus jeune pour les scènes de flash-back. Bref, une très grande déception pour ma part!
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Jack Carter
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Re: Paul Schrader

Post by Jack Carter »

Blue collar debarque enfin chez nous en dvd le 5 fevrier : http://www.amazon.fr/Blue-Collar-Richar ... 732&sr=1-3
"On peut revenir au sujet du topic ?" (Jack Carter)
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Kevin95
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Re: Paul Schrader

Post by Kevin95 »

Jack Carter wrote:Blue collar debarque enfin chez nous en dvd le 5 fevrier : http://www.amazon.fr/Blue-Collar-Richar ... 732&sr=1-3
Je vais ennnnnfin pouvoir le découvrir ! :D
Les deux fléaux qui menacent l'humanité sont le désordre et l'ordre. La corruption me dégoûte, la vertu me donne le frisson. (Michel Audiard)
batfunk
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Re: Paul Schrader

Post by batfunk »

J'avais adoré "Affliction" avec un James Coburn terrifiant en père castrateur

"Autofocus" est excellent aussi(Dafoe en ami de mauvaise influence est génial,le tableau des moeurs hollywoodiennes des années 70 est saisissant,tout comme le parallèle avec le développement de la vidéo

dans ces années là,qui permet un voyeurisme exacerbé).
Spoiler (cliquez pour afficher)
La scène de la branlette est inénarrable :shock:
Hardcore est formidable aussi,avec sa plongée dans le milieu du sexe des années 70 et le découverte que les snuffs-movies existaient déjà à cette époque.

je me suis endormi devant "Cat People",très daté 80's ,malgré la sublime Kinski. :mrgreen:

Pas vu "Mishima",que j’achèterai dès qu"il sera à petit prix

Idem pour "Blue Collar"

Et curieux de savoir ce que vaut sa version de l'exorciste....

Le sexe et la religion sont assurément des thèmes forts de sa filmographie
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Flol
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Re: Paul Schrader

Post by Flol »

batfunk wrote:Et curieux de savoir ce que vaut sa version de l'exorciste....
Quasi aussi mauvaise que la version Renny Harlin.
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Profondo Rosso
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Re: Paul Schrader

Post by Profondo Rosso »

La Féline (1982)

Après la mort de leurs parents la jeune Irena Gallier retrouve son frère aîné, Paul, qui vit près de la Nouvelle Orléans. Peu de temps après, Paul disparaît sans laisser de traces dans une maison close où une prostituée a été attaquée par une panthère. On réussit à capturer l'animal qu'on enferme dans un zoo où, le lendemain, Irena accourt. Elle se lie d'amitié avec un des zoologistes, Oliver Yates.

Le début des années 80 s’avère assez propice à des remakes ambitieux et bousculant les certitudes des originaux. Plusieurs furent produit au sein de la Universal comme le terrifiant et organique The Thing de John Carpenter (1982), l’outrancier et fascinant Scarface de Brian De Palma (1983) tous deux revisitant les classiques d’Howard Hawks et donc Cat People de Paul Schrader réinventant lui le chef d’œuvre de Jacques Tourneur. Paul Schrader reste dans la lignée de Tourneur sur le point de départ. Une jeune femme (Simone Simon dans l’original et Nastassja Kinski ici) effrayée par l’accomplissement de sa sexualité réveille une malédiction familiale qui lorsqu’elle est en proie au désir la transforme en panthère. Tous les éléments du film de Jacques Tourneur, dans l’histoire comme le contexte de production dévoilent une œuvre reposant sur la frustration.

Le rigoureux Code Hays rendait l’argument de départ très sous-jacent (on sait seulement que le mariage n’est pas consommé) et les contraintes de budget contribuaient à la géniale invention de la peur par le hors champ typique des productions Val Newton pour instaurer un mystère dont la fascination et l’effroi demeure inégalé en suggérant l’innommable. Au premier abord et en se focalisant sur l’original Paul Schrader a donc tout faux. Esthétique tape à l’œil typées 80’s (dans la lignée de l’esthétique MTV qu’il contribua à inventer et populariser avec son American Gigolo (1980)), récit démonstratif qui explique et montre tout ce qui était éludé dans le film de 1942. Ces différences ne sont cependant pas là pour de simples velléités spectaculaires mais nourrissent le fond antinomique des deux films.

Si les deux héroïnes sont intimidées par le sexe, Simone Simon fait réellement figure de créature apeurée dont la peur de commettre l’acte réveille les démons surnaturels. Nastassja Kinski est bercée des mêmes frayeurs mais n’en est pas moins attirée par le stupre. Tout dans la posture, le physique et les attitudes de Simone Simon trahit une peur panique du sexe pour une colère, une culpabilité et une frustration qui la transformeront en panthère. Nastassja Kinski est autrement plus ambigüe, rongée par le désir (la première rencontre avec John Heard où son attitude réservée est contredite par des regards brûlant et des dialogues pleins de sous-entendus) mais refusant de s’y abandonner pour des raisons qu’elle ignore encore. Tourneur avait réalisé un film sur la frigidité féminine quant au contraire Schrader scrute l’éveil de ce désir féminin. Le film n’est ainsi qu’une lente montée en puissance, une longue attente dont l’issue ne peut-être qu’un coït fiévreux.


En réveillant la Bête qui est en elle, Irena devient une femme complète, ce que viennent surligner les symboles de menstruations plus (les coulées sanglantes lors du meurtre dans le zoo, Irena qui observe son sang après sa première fois à la fin) ou moins (la couleur rouge ocre du monde des rêves) appuyés dans l’imagerie du film.Toujours partagé entre culpabilité et débauche du fait de son éducation calviniste (dualité qui nourrit tous ces films), Schrader place cette libération sexuelle sous l’aune d’un terrible tabou incestueux. Sous peine de coucher entre frères et sœur liés par le même mal, les « Cat People » condamne leurs amants d’un soir à une mort violente lorsque le plaisir assouvi ils se transforment alors en panthère noire.


Les scènes troubles et équivoques entre Malcolm McDowell et Nastassja Kinski créent donc un certain malaise tandis que le cadre de la Nouvelle Orléans (ville cosmopolite dont les habitants ont rapportés et conservés les rites de leurs origines) offre un pendant parfait aux hypnotiques séquences païennes en Afrique où on découvre la tradition ancestrale et transgressive des « Cat People ».

Les images sont absolument fascinantes et renforcée dans leur étrangeté par le score magnétique de Giorgio Moroder qui délivre sa bande-originale la plus brillante. Avec pareil parti pris, la conclusion diffère donc totalement de Jacques Tourneur où l’héroïne incapable de résoudre son conflit périssait tragiquement. Nastassja Kinski sait parfaitement ce qu’elle veut et plutôt qu’une vie humaine forcément chaste choisira de céder totalement à la Bête qui ne sommeille plus mais est une part dominante de sa personne.


L’éclat de la beauté et de la sensualité de l’actrice n’a jamais autant brillé, magnifié par un Schrader qui fut son amant durant le tournage et qui explique sans doute la puissance charnelle dégagée par Kinski filmée sous tous les angles. Les dernières minutes sont plus envoutantes et rattrapes largement les quelques petites fautes de gout qui traverse le film (effet spéciaux grossiers parfois, une reprise inutile et ratée de la scène de la piscine de l’original). Erotique, original et stylisé, un des meilleurs films de Paul Schrader. 5,5/6
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G.T.O
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Re: Paul Schrader

Post by G.T.O »

BLUE COLLAR


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Très beau et percutant premier film de Paul Schrader, plongée sans fard dans les arcanes du pouvoir syndicaliste américain. Très bien écrit, excellemment bien joué et rythmé sur fond de "Hard Workin' Man" de Cap'tain Beefheart, Blue Collar raconte comment trois amis ouvriers d'une usine auto, acculés par les dettes, vont être amené à s'opposer et à se détruire, suite à un cambriolage minable intenté contre le syndicat de leur usine. De ce postulat simple, le film va produire toute une kyrielle de conséquences : allant de la destruction de l'amitié, à l'analyse des jeux de pouvoir institutionnel, en passant par l'illustration probante d'une lutte des classes et son instrumentalisation inter-ethniques. Et c'est d'autant plus fort que jamais le film ne parait didactique ou démonstratif; il reste à hauteur d'hommes, aidé en cela par les prestations magiques d'un casting stellaire :à commencer par Richard Pryor, Yaphet Kotto que je ne jamais vu aussi bon et Harvey Keitel superbe. Les dialogues sont vifs et certaines scènes parviennent même à arracher, l'air de rien, un pincement au coeur : il suffit de voir la scène de prise de décision commune de s'éloigner à la sortie de leur bar favori, ou bien encore comment le personnage de Keze "Richard Pryor" annonce, subtilement, à son comparse Harvey Keitel, de calmer le jeu, tout en lui essayant de minimiser l'annonce de sa promotion sociale, en tant que représentant syndicale. C'est un très bon film qu'il faut redécouvrir de toute urgence, si cela n'est pas déjà fait. D'ailleurs, j'ai vu qu'il prévoyait une ressortie en octobre.
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Flol
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Re: Paul Schrader

Post by Flol »

Yes, très bon film.
La scène de
Spoiler (cliquez pour afficher)
la mort de Yaphet Kotto est l'une de celles qui m'a mis le plus mal à l'aise ces dernières années. Cette sensation d'étouffement et de claustrophobie, c'était très très fort.
ballantrae
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Re: Paul Schrader

Post by ballantrae »

Oui, il s'agit clairement d'un sommet d'une carrière étrange,avec l'incroyable Hardcore ou encore le très plastique Mishima (avec la sublime BO de Ph Glass).
Le reste est plus inégal: il y a de belles choses dans Affliction même si on reste loin et du roman poignant de R Banks et de l'adaptation du même R Banks par A Egoyan dans The sweet hereafter.
Après il faut piocher des plans, des séquences dans American gigolo, dans Comfort of strangers (Venise est assez bien filmée) ou dans Cat people (le début est effectivement magique mais par la suite, on déchante un brin).
C'est sûrement injuste mais Schrader reste d'abord pour moi le scénariste inspiré de Scorsese.
Alphonse Tram
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Re: Paul Schrader

Post by Alphonse Tram »

ballantrae wrote:Après il faut piocher des plans, des séquences dans American gigolo, dans Comfort of strangers (Venise est assez bien filmée) ou dans Cat people (le début est effectivement magique mais par la suite, on déchante un brin).
C'est sûrement injuste mais Schrader reste d'abord pour moi le scénariste inspiré de Scorsese.
J'ai un faible pour la première partie de Dominion, avec la mise en place du traumatisme et de la perte de foi du père Merrin incarné par Stellan Skarsgard (mais dès le déterrage du démon, ça devient sérieusement pourri)
Récemment, j'ai aussi apprécié son Canyons. Globalement, j'aime quand même son cinéma et du coup, ce Blue Collar me tente bien.
Souhaits : Alphabétiques - Par éditeurs
- « Il y aura toujours de la souffrance humaine… mais pour moi, il est impossible de continuer avec cette richesse et cette pauvreté ». - Louis ‘Studs’ Terkel (1912-2008) -
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El Dadal
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Re: Paul Schrader

Post by El Dadal »

J'étais en train de pondre un truc imbitable typique pour un 2h du mat. Je couperai donc court pour dire qu'il faut absolument avoir vu Light Sleeper. Voilà.
manuma
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Re: Paul Schrader

Post by manuma »

Son plus fort, son plus abouti, ça reste quand même Blue collar. Après, parmi ses derniers travaux, j'ai un petit faible pour The Walker, que je vois un peu comme le dernier volet d'un triptyque démarré avec American gigolo, poursuivi avec Light sleeper.