Jean-Claude Brisseau (1944 - 2019)

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés à partir de 1980.

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Roy Neary
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Re: Jean-Claude Brisseau

Post by Roy Neary »

Quand on pense que ce "brûlot" date de 78...
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Federico
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Re: Jean-Claude Brisseau

Post by Federico »

Je n'ai pas vu A l'aventure et ne connais pas cette Carole Brana qui semble être un mannequin mais comme toujours Brisseau a le talent de choisir des actrices à croquer... :)

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Carole Brana lors des essayages du défilé Salon du Chocolat 2009
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Jeremy Fox
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Re: Jean-Claude Brisseau

Post by Jeremy Fox »

Aujourd'hui, Jean-Gavril Sluka chronique Céline qui était sorti en DVD chez Blaq Out.
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Demi-Lune
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Re: Jean-Claude Brisseau

Post by Demi-Lune »

Demi-Lune wrote:J'ai eu l'occasion de tomber sur La vie comme ça (1978), aka le premier long téléfilm de Brisseau produit par l'INA... eh bien ça m'a laissé très perplexe, cette affaire. On a l'impression de voir le croisement contre-nature des univers de Rohmer (qui a soutenu Brisseau pour qu'il puisse monter son projet et qui récupèrera à son compte une partie du casting pour ses Comédies et proverbes : Lisa Heredia, Marie Rivière ou Pascale Ogier... ça fait bizarre de voir ces deux dernières téléportées dans un truc aussi chanmé) et de Maurice Pialat, l'autre cinéaste lui ayant mis le pied à l'étrier, et à qui on pense pour l'allure d'impro semi-documentaire et l'âpreté sociale. Sous la caméra brute de Brisseau, Bagnolet et ses HLM sont une espèce de zone de non-droit où la mixité côtoie l'indifférence et la violence. Le film commence sur le cadavre d'une pauvre fille ensanglantée qui s'est défenestrée : les gosses venus en attroupement se marrent qu'elle ait rebondi, les autres ne font même plus attention. Malaise.
Malheureusement, le film se laisse aller à bien trop de scories pour convaincre sur la durée, malgré l'étouffement qu'on ressent face à cette vision de la banlieue parisienne déshumanisée. Déjà, il y a un côté foutraque dans la narration, mais surtout, les acteurs et actrices sont à mon sens bien peu inspirés et cela affecte la crédibilité de la démonstration (les bandes, les mises à mort, ou certains personnages comme le concierge homo ou le Narcisse du bureau font vraiment pitié). En particulier, l'interprétation neurasthénique de Lisa Heredia tire le film vers le bas en privant de toute empathie un personnage qui pourtant prend cher professionnellement. Par contre, les toutes dernières minutes sont mémorables et laissent le bide noué.
Très irrégulier et inégal, donc, mais mérite le détour.
Au sortir de la découverte de De bruit et de fureur qui semble pourtant faire consensus, les reproches que je faisais à l'encontre de La vie comme ça peuvent être reconduits en intégralité. On a affaire à un brûlot ambitieux qui ne ressemble sans doute pas à grand-chose de connu à cette époque-là dans le ciné hexagonal, mais qui a pris selon moi un méchant coup de vieux - non pas à cause de ce qu'il dit, mais de la manière dont il le fait. Ce mélange de mysticisme chichiteux et de vignettes se voulant sèches et étouffantes peine pour moi à convaincre du fait de l'approximation des comédiens, qui ne donnent jamais vraiment à ressentir l'aspect viscéral de la chose (je trouve notamment Cremer exceptionnellement à côté de ses pompes en père loubard ; Fabienne Babe est mignonne et puis c'est tout), ou de certaines scories qui empêchent de croire à ce qu'on voit même si c'est possiblement issu de l'expérience perso du cinéaste (Cremer qui tire au fusil dans son appart', la baston ridicule avec les deux violeurs, les bandes qui paraissent sortir d'une sitcom, le personnel scolaire...). La fin me paraît assez ratée alors que celle de La vie comme ça rachetait les errances. Bref, je suis beaucoup plus sensible aux développements périphériques sur l'échec scolaire et la banlieue de Noce blanche, qui est par ailleurs un film déchirant.
bogardofan
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Re: Jean-Claude Brisseau

Post by bogardofan »

Dans Noce blanche, tout le monde oublie la sublime Ludmila Mikaël. Mais voilà tout le monde ne s'est intéressée qu'à cette minette de Vanessa Paradis (certes excellente actrice, mais qui comme chanteuse n'a aucune voix !) Et la beauté, la sensibilité de Mikaël n'a pas pesé devant cet ouragan dévastateur, à l'image du couple original. On en veut un peu à Cremer de délaisser une aussi belle femme. Ludmila se plaignait à une époque de n'intéresser personne dans le cinéma français, du fait de son intense activité à la Comédie Françaie. Elle l'a quittée pour pouvoir enfin faire du cinéma, mais rien n'a suivi. Elle a continué à tourner des rôles secondaires. Et pour une fois qu'un grand réalisateur la demande, elle n'est encore que la huitième roue du carosse et l'on ne s'interesse que à cette nième minette. La télé a sauvé l'honneur, en lui donnant de superbes rôles, comme celui de la diva dans la Grande Cabriole de Nina Companeez où elle était avec Fanny Ardant, Robin Renucci et Bernard Giraudeau. A l'étranger, elle aurait fait une carrière à la Meryl Streep ou à la Vanessa Redgrave.
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Jeremy Fox
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Re: Jean-Claude Brisseau

Post by Jeremy Fox »

La vie comme ça par Jean-Gavril Sluka, film que l'on trouve au sein de ce coffret.
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Demi-Lune
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Re: Jean-Claude Brisseau

Post by Demi-Lune »

Les savates du bon dieu (2000)

Voilà un film qui ne se laissera pas facilement apprivoiser et au sujet duquel il est bien difficile d'émettre un avis tranché.
Je respecte vraiment Brisseau pour les trucs qu'il tente dans ses films, mais là, on est encore en présence d'une entreprise mystico-boiteuse qui nécessite du spectateur un saut de foi égal à la croyance du cinéaste dans ce qu'il raconte.
Brisseau a de l'or entre les mains avec son histoire d'amour autodestructrice déchirante (le début du film laisse promettre quelque chose de grand), mais il préfère digresser et torpiller son trésor avec ce personnage au mieux improbable, au pire nanardesque, de Maguette, le prince africain/marabout qui tombe comme un cheveu sur la soupe et évoque plus un épisode de Joséphine ange gardien qu'autre chose.
C'est incroyable et paradoxalement "admirable" de voir à quel point Brisseau scie la belle branche sur laquelle il était assis pour offrir en contrepartie, loin des rails a priori tracés de ce que la mise en place pouvait laisser augurer, un développement plus libre, plus imprévisible dans cette cavalcade où deux êtres brisés par la vie apprennent à s'aimer, avec une naïveté, une pureté et un amour de ses personnages qui ne peuvent laisser indifférent.
C'est un peu comme La fille de nulle part, je trouve que le cinéaste loupe trop souvent le coche à cause de ses maladresses, mais il reste quand même ça et là des beaux moments d'émotion qui font qu'on ne peut pas balayer tout ça du revers de la main. D'ailleurs le film est superbement photographié. Brisseau, c'est un vieux libidineux qui aime les belles jeunes femmes (à poil), alors quand il te filme le corps étendu de Coralie Revel ou Raphaële Godin avec cette lumière veloutée, tu te dis que tu n'auras quand même pas complètement perdu ton temps.
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Thaddeus
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Re: Jean-Claude Brisseau

Post by Thaddeus »

Demi-Lune wrote:ce personnage au mieux improbable, au pire nanardesque, de Maguette, le prince africain/marabout qui tombe comme un cheveu sur la soupe et évoque plus un épisode de Joséphine ange gardien qu'autre chose.
:mrgreen: Quel personnage ! Tout à fait caractéristique du cinéma de Brisseau : ahurissant de casse-gueulisme candide. Je partage globalement ton avis, sauf que je pense avoir nettement plus aimé que toi.


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Un jeu brutal
Deux itinéraires initiatiques parcourent le premier long-métrage de Brisseau, chaque récit étant la face cachée de l’autre : d’une part celui de la jeune fille infirme, qui passe de sa rébellion d’enfant sauvage à une sorte d’acceptation mystique de soi et du monde, de l’autre celui de son père, tyran domestique, criminel paranoïaque perdu dans son délire schrébérien. Le film captive par son mélange insensible de séduction et de terreur, par l’économie avec laquelle il fait jaillir un sens aigu de la matière est des corps sur le débit de la fiction. Parvenant à capter des affects complexes, des élans rapides, des émotions diffuses, il emmène loin de la possible aridité d’un questionnement métaphysique pour imposer au contraire la singularité d’un regard tout personnel, empreint de douceur autant que de cruauté. 4/6

De bruit et de fureur
Lorsqu’on sort d’un tel film, secoué et fasciné à la fois, on se dit qu’on n’a sans doute rien vu de tel ailleurs. Brisseau n’a peur de rien, ni de la grandiloquence ni du grotesque, et c’est sans doute parce qu’il est mû par une foi totale en elle (cette forme particulière de naïveté) que sa vision s’affranchit du ridicule qui la guette pour atteindre une authentique forme de poésie tragique. Ce pourrait n’être qu’un constat désenchanté sur la violence des banlieues, avec un Bruno Cremer énorme en ogre paternel bouffon et terrifiant. C’est beaucoup plus : la déploration d’une adolescence en chute libre, la peinture d’un monde chaotique laissé au règne des loups mais où persiste l’idée d’une transcendance et où percent des images fulgurantes, tel cet ange de la compassion guidant le jeune héros dans une nuit éclairée par la cité en flammes. 5/6
Top 10 Année 1988

Noce blanche
Ça commence par des cours particuliers donné par un prof de philo à une cancresse aux yeux cernés, et ça finit en passion fatale, avec la mort et l’absolu au bout du chemin. Jeunesse en mal d’avenir, laminage et échec scolaire… Autant de constantes thématiques réactivées à la faveur d’un déconcertant Mourir d’aimer. Le réalisateur ne met de l’eau de rose dans son acide sulfurique que pour affirmer l’âpre exigence de son cinéma, son goût pour les amours dévastatrices, les rédemptions douloureuses, la violence des sentiments qui affleure à chaque instant sous la douceur presque frigorifiée du cadre dans laquelle cette tragédie s’enracine. Le mélo, feutré et cruel, fait fi de tout sentimentalisme (au point de raboter l’émotion), et doit beaucoup au singulier couple Cremer/Paradis. 4/6

Céline
Film paradoxal, sincère, sollicitant l’intérêt pour une problématique propice à essayer de nombreux refus mais tirant ses vertus de ce qui reste la quintessence de l’art cinématographique, à savoir la mise en scène. Brisseau participe ici d’un romantisme occulte qui suscite un sentiment d’exaltation sereine, en appelle à la contemplation, à la méditation, à l’illumination, au rapport tragique de l’être au temps, à l’amour, à la mort. Autant de grands concepts qu’il aborde simplement, sans chichis ni flaflas, tel un apprenti métaphysicien exprimant un appel au surcroît de la conscience de soi. La relation entre les deux héroïnes, la très touchante sollicitude de Geneviève, survivante fragile du malheur vouée au bonheur de son amie, le lyrisme de la partition de Delerue contribuent à générer une réelle émotion. 4/6

Les savates du bon Dieu
Peu de cinéastes osent comme Brisseau de telles prises de risque, capables de marier le réalisme et le surnaturel, le romanesque et le grotesque, d’osciller ainsi entre la pesanteur et la grâce, entre de véritables moments d’embarras et de superbes envolées lyriques. Au fil de situations improbables (mention à l’inénarrable Maguette le Noir, magicien mi-guide mi-manipulateur aux multiples habits et à la présence bienveillante), le cinéaste cherche à approcher un monde, un sens, une dimension de l’humain autres que ceux représentés à l’image. Et cette quête séduit malgré ses maladresses car elle se formule autour de beaux personnages (Sandrine, touchante amoureuse, en premier lieu), d’un apprentissage qui ramène à la vie, d’une mise en scène qui prend à bras-le-corps ses enjeux métaphysiques. 4/6

Choses secrètes
En suivant deux intrigantes cyniques aux cœurs camouflés de midinettes, le film s’offre d’abord comme une analyse du monde actuel de l’entreprise, qui révélerait progressivement son envers infernal et décadent. À moins qu’il ne s’agisse d’un précis d’équivocité entrelaçant le vice et la vertu, le pur et l’impur, les convoquant sur un même niveau. Ou bien encore la tentative d’érotiser jusqu’à leur point limite les jeux de la représentation, du plaisir, de sa recherche ou de sa simulation. Brisseau utilise en tout cas sa caméra comme on place un couteau sous la gorge, et impose une volonté de cinéma brut qui injecte une vigueur coupante, un mysticisme intemporel et sans mièvrerie, à cette fable insolente et pessimiste sur la transgression des conventions de l’intime, et sur les dangers mortels des stratégies d’élévation sociale. 5/6
Top 10 Année 2002

Les anges exterminateurs
Si l’on comprend bien son point de vue sur l’"affaire", Brisseau, devenu naïvement un gourou du sexe, fut la victime des jeunes filles fragiles et machiavéliques à qui il a fait découvrir la jouissance, et même les anges envoyées pour le punir sont tombées raide dingues de lui. Difficile de pousser plus loin le narcissisme doloriste. Reste la quête pour figurer la mécanique incitative du plaisir charnel et de son économie cachée, la sollicitation du désir par la caméra, un certain magnétisme dans les ondulations haletantes des ébats saphiques ou des masturbations féminines, le postulat fantastique qui joue avec l’ésotérisme et la transcendance. Ce n’est pas rien, mais inséré dans au sein d’une démarche de dédouanement si égocentrique, et réalisé de façon si anodine, qu’elle suscite régulièrement sarcasme et dépit. 3/6

La fille de nulle part
Une caméra montée sur poussette, un appartement trop grand pour lui, une fraîche actrice en incarnation de la féminité contemporaine et sa propre présence de comédien (très limité) : avec ces quelques éléments, Brisseau livre un film totalement fauché qui se fonde sur les seules vertus d’une inspiration sincère mais vacillante. La mort en est le sujet, la rencontre de deux solitudes qui s’entraident mutuellement aussi, adage cheap où le désir se tripote difficilement sur l’écran, grêlé de scories philosophiques. Pas évident de savoir si le cinéaste bande mou ou si ce précipité mi-merveilleux mi-ahuri de spiritualité naïve et de chamanisme de Prisunic (avec apparitions de fantômes "rigolotes" à la clé) atteint une vraie forme de grâce et d’apaisement. Dans le doute, une note moyenne s’impose. 3/6


Mon top :

1. De bruit et de fureur (1988)
2. Choses secrètes (2002)
3. Céline (1992)
4. Un jeu brutal (1983)
5. Les savates du bon Dieu (2000)

Quelques films d’une totale singularité, un univers, un regard qui se départissent de ce qui est d’ordinaire considéré comme le bon goût ou le bon ton, des préoccupations d’ordre social et métaphysique qu’il ne craint pas d’empoigner de front, sans crainte du ridicule ou de la grandiloquence, font de Brisseau un cinéaste à part dans le paysage cinématographique français.
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Demi-Lune
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Re: Jean-Claude Brisseau

Post by Demi-Lune »

Thaddeus wrote:Noce blanche
Ça commence par des cours particuliers donné par un prof de philo à une cancresse aux yeux cernés, et ça finit en passion fatale, avec la mort et l’absolu au bout du chemin. Jeunesse en mal d’avenir, laminage et échec scolaire… Autant de constantes thématiques réactivées à la faveur d’un déconcertant Mourir d’aimer. Le réalisateur ne met de l’eau de rose dans son acide sulfurique que pour affirmer l’âpre exigence de son cinéma, son goût pour les amours dévastatrices, les rédemptions douloureuses, la violence des sentiments qui affleure à chaque instant sous la douceur presque frigorifiée du cadre dans laquelle cette tragédie s’enracine. Le mélo, feutré et cruel, fait fi de tout sentimentalisme (au point de raboter l’émotion), et doit beaucoup au singulier couple Cremer/Paradis. 4/6
4/6, ah la vache, t'es sévère.
Perso, je trouve ce film bouleversant. Je ne me suis pas remis du contrechamp de Cremer regardant par la fenêtre et découvrant que Paradis l'observait tous les jours, pour quelques secondes, lorsqu'il quittait l'école où il a été exilé.
En plus, ça cite Le rayon vert, donc c'est très bien. :mrgreen:
De bruit et de fureur, par contre, pour moi ça a méchamment vieilli.
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Re: Jean-Claude Brisseau

Post by Thaddeus »

Je l'ai vu il y a assez longtemps, il faudrait que je le redécouvre. Je ne me souviens même pas de la citation de Rohmer, c'est dire.
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Re: Jean-Claude Brisseau

Post by Demi-Lune »

Thaddeus wrote:Je l'ai vu il y a assez longtemps, il faudrait que je le redécouvre. Je ne me souviens même pas de la citation de Rohmer, c'est dire.
Cremer montre la fin du film à ses élèves de classe, et le dernier plan du film, où il marche tout seul sur la plage avec le soleil couchant, sonne comme une relecture désespérée de l'idée de Rohmer.
Rohmer qui lui avait mis le pied à l'étrier, d'ailleurs, avec Pialat.
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Re: Jean-Claude Brisseau

Post by Kevin95 »

NOCE BLANCHE (Jean-Claude Brisseau, 1989) Découverte

Le récit de l'homme rangé des bagnoles troublé par les avances d'une nymphette n'est pas d'une originalité folle. Ce qui l'est plus, c'est son traitement par Brisseau, sa caméra naturaliste et son climat matérialisé par cette lumière d'hiver dans un décor urbain provinciale. L'histoire est belle, forcément tragique, mais tout en retenue. Ce qui n’empêche pas le film de se la donner et de multiplier les symboles pesants comme ces cours de philosophie en reflet des tourments émotionnels ou ce miroir brisé, riche en interprétations et prêtant le flanc à une critique trop heureuse de trouver de quoi ronger l'os de l'analyse. Reste un dernier plan sur la plage de Dunkerque (ça ne fait pas rêver sur le papier, mais c'est visuellement très beau) qui emporte le morceau. 8/10
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Re: Jean-Claude Brisseau

Post by mannhunter »

Entretien avec Jean-Claude Brisseau à l'occasion de la sortie de son nouveau film:

https://www.culturopoing.com/cinema/ent ... e/20180110
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Re: Jean-Claude Brisseau

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Re: Jean-Claude Brisseau

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:cry: :cry: :cry:

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