Commentaires à propos de votre film du mois

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés à partir de 1980.

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Jeremy Fox
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Re: Commentaires à propos de votre film du mois

Post by Jeremy Fox »

Mois assez copieux (36 films), plein de bonnes choses dont la revision de Game Of Thrones dans sa quasi-intégralité et le tiercé que voici :



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Le résumé :

* Wildlife, une saison ardente (Wildlife) : Paul Dano 2018 : 8/10
* Game of Thrones saison 7 : 8/10
* Game of Thrones saison 5 : 8/10

* Fin août début septembre : Olivier Assayas 1999 : 7.5/10
* Flic Story : Jacques Deray 1975 : 7.5/10
* L’Avventura : Michelangelo Antonioni 1960 : 7.5/10
* L'éclipse (L'eclisse) : Michelangelo Antonioni 1962 : 7.5/10
* Une Chambre en ville : Jacques Demy 1982 : 7.5/10
* Amanda : Mikhaël Hers 2018 : 7.5/10
* Game of Thrones saison 6 : 7.5/10
* Le Virginien saison 4 : 7.5/10
* Mary Poppins : Robert Stevenson 1964 : 7.5/10

* Pupille : Jeanne Henry 2018 : 7/10
* Vivre libre (Born Free) : James Hill 1966 : 7/10
* Le Désert Rouge (Il Deserto Rosso) : Michelangelo Antonioni 1964 : 7/10
* Les Demoiselles ont eu 25 ans : Agnès Varda 1992 : 7/10
* This is us saison 3 : 7/10

* Les Galettes de Pont-Aven : Joel Seria 1975 : 6.5/10
* Le Dernier des Mohicans (The Last of the Mohicans) : George B. Seitz 1936 : 6.5/10
* Kit Carson : George B. Seitz 1940 : 6.5/10
* Miraï, ma petite soeur (Mirai no Mirai) : Mamoru Hosoda 2018 : 6.5/10
* Chronique d'un amour (Cronaca di un amore) : Michelangelo Antonioni 1950 : 6.5/10
* La Dame sans camélia (La signora senza camelie) : Michelangelo Antonioni 1953 : 6.5/10
* Lions, Love (... and Lies) : Agnès Varda 1968 : 6.5/10
* Premières solitudes : Claire Simon 2018 : 6.5/10
* Sans toit ni loi : Agnès Varda 1985 : 6.5/10
* Chacun sa vie : Claude Lelouch 2017 : 6.5/10

* Pagan Love Song : Robert Alton 1950 : 6/10
* Les Lois de l'hospitalité (Our Hospitality) : Buster Keaton et John G. Blystone 1923 : 6/10


* Les Petits Mouchoirs : Guillaume Canet 2010 : 5.5/10
* La Nuit (La Notte) : Michelangelo Antonioni 1960 : 5.5/10
* Les Banlieusards (The Burbs) : Joe Dante 1989 : 5.5/10
* Le Salon de musique (Jalsaghar) : Satyajit Ray 1958 : 5.5/10

* Les Pirates du métro (The Taking of Pelham One Two Three) : Joseph Sargent 1974 : 5/10
* Dimanche d'août (Domenico d'Agosto) : Luciano Emmer 1950 : 5/10

* Mahler : Ken Russell 1974 : 4/10
* Amour : Michael Haneke 2012 : 4/10
* Maya: Mia Hansen-Love 2018 : 4/10
* Le Livre de la Jungle (The Jungle Book) : Wolfgang Reitherman 1967 : 4/10

* Astérix - Le Secret de la Potion Magique : Louis Clichy & Alexandre Astier 2018 : 3.5/10

* High Life : Claire Denis 2018 : 3/10
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Boubakar
Mécène hobbit
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Post by Boubakar »

58 films (re)vus ce mois-ci avec Il maestro di Vigevano en tête

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2 - La Ciociara
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3 - Dans un recoin de ce monde
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4 - Le prisonnier d'Alcatraz
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5 - Six femmes pour l'assassin
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Alexandre Angel
Une couille cache l'autre
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Re: Commentaires à propos de votre film du mois

Post by Alexandre Angel »

PODIUM D'AVRIL

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The Knick, série splendide de Steven Soderbergh (2 saisons, 2014-2015)

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Paterson (Jim Jarmusch, 2016)

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Voyage sans retour (One Way Passage, Tay Garnett, 1932)
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Karras
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Re: Commentaires à propos de votre film du mois

Post by Karras »

Top 5 du mois :
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Tom Peeping
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Re: Commentaires à propos de votre film du mois

Post by Tom Peeping »

J'ai vu en avril

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*** excellent / ** bon / * moyen / 0 mauvais

Marie Madeleine / Mary Magdalene (Garth Davis, 2018) **
Marie quitte son village de Magdala pour suivre Jésus et les Apôtres jusqu'à Jérusalem. Réhabilitée par le Vatican et élevée au rang d'Apôtre des Apôtres en 2016, Marie Madeleine redonne sa place aux femmes dans l'Eglise dans ce film sobre et austère porté par le jeu inspiré de Rooney Mara et Joaquin Phoenix. Judas (Tahar Rahim, très bien aussi) y retrouve aussi toute son humanité. Une oeuvre et un point de vue d'actualité, éminemment politiques. BR FR

The lonely lady (Peter Sasdy, 1983) 0
Une jeune scénariste qui essaye de vendre une histoire à Hollywood se retrouve abusée de partout. D'après Harold Robbins, ce navet mémorable des Eighties est un festival de médiocrité, de camp et de mauvais goût, rehaussé par l'hilarante incompétence de Pia Zadora, star d'un jour. J'avoue que l'absurdité de l'ensemble m'a plu et que le parcours sexuellement humiliant de son héroïne résonne à distance à l'époque de #MeToo. BR US

La sentinelle des maudits / The sentinel (Michael Winner, 1977) 0
A Brooklyn, une mannequin (Christina Raines, nulle) loue un appartement dans un immeuble peuplé d'étranges voisins. Un dérivé de "Rosemary's baby" et autres films sorcello-religieux qui ne décolle jamais, la faute à un scénario et une mise en scène paresseux. Il reste quelques scènes croquignoles de sexe, de gore et de freaks et l'apparition de stars vieillissantes (Ava Gardner, José Ferrer, Eli Wallach, Burgess Meredith...). BR US

Good time (The Safdie Brothers, 2017) **
Le temps d'une nuit à New York, un petit délinquant tente de sortir de l'hôpital son frère handicapé mental blessé dans un hold up raté. Un film expressionniste rythmé par une bande son electro, les couleurs criardes des néons et les gueules en gros plan des comédiens pros et amateurs. Derrière le thriller, le film dresse un constat terrible de l'enfer des déclassés de l'Amérique. Robert Pattinson prouve quel formidable acteur il est devenu. BR UK

Le renne blanc / Valkoinen peura / The white reindeer (Erik Blomberg, 1952) **
Dans la taïga finlandaise, une vampire se transforme en renne blanc et se repaît de chasseurs. Un conte fantastique comme le folklore en a tant produit mais qui se démarque par la superbe photo des paysages enneigés de Laponie et la présence magnétique de Mirjami Kuosmanen en sorcière effrayée par sa propre malédiction. Elle dégage une sexualité animale qui permet de lire l'histoire comme un manifeste de libération féministe. BR UK

Les confins du Monde (Guillaume Nicloux, 2018) 0
En 1945 en Indochine, un soldat français survivant d'un massacre et sa section pistent des Viet dans la jungle pluvieuse. Gaspard Ulliel est de tous les plans mais sur un registre unique d'intensité nerveuse dans cette fable soporifique et prétentieuse entre gore, contemplation et sexualité. L'obsession virile y tourne au cliché quand ce n'est pas au ridicule et Gérard Depardieu apparaît en cacheton. J'adore les derniers Nicloux, mais là... DVD Z2 FR

Les mutinés de l'Elseneur (Pierre Chenal, 1935) **
Un écrivain (Jean Murat) embarqué pour un reportage sur un quatre mâts vers l'Australie est mêlé à la mutinerie de marins incompétents. D'après Jack London, un très bon film d'aventures maritimes tourné en partie à bord d'un vrai voilier qui panache action, comédie et drame. Les acteurs à trognes sont formidables, dont André Berley en capitaine irascible et surtout Robert Le Vigan, sublime, dans un rôle d'agitateur excité qui lui va comme un gant. VHS

Les deux sirènes / Mermaids (Richard Benjamin, 1990) **
En 1963, une mère célibataire et ses deux filles s'installent dans une petite ville côtière du Massachusetts. Envisagé du point de vue de l'adolescente (Winona Ryder) en rivalité avec sa mère inconséquente (Cher, excellente), un feel good movie qui évoque avec humour et tendresse les liens mère-fille et la fuite par l'imaginaire. Quelques longueurs et facilités sont vaincues par le charme général. Avec aussi Bob Hoskins et la petite Christina Ricci. BR US

L'impudique / Hilda Crane (Philip Dunne, 1956) ***
Deux fois divorcée, une jeune new yorkaise retourne chez sa mère dans le Nevada où elle est traitée comme une traînée. Un excellent woman's picture dont les péripéties peuvent sembler dater mais qui parle de façon éloquente de la Femme dans les Fifties et bénéficie d'un casting du tonnerre : Jean Simmons, Guy Madison (toujours un bonheur), Jean-Pierre Aumont et Evelyn Varden en mère monstrueuse. Un mélodrame proto-féministe pur jus. BR US

Detour (Edgar G. Ulmer, 1945) *** Mon film du mois
Un pianiste de cabaret qui fait de l'auto-stop vers Los Angeles croise pour son malheur la route d'un cardiaque et d'une mégère. Un joyau fauché du film noir existentialiste sur la cruauté du Destin. La mise en scène sèche et dynamique, les dialogues cyniques qui crépitent, Tom Neal en loser aux yeux de chien battu et Ann Savage en harpie castratrice s'accordent pour créer un chef-d'oeuvre aux personnages, situations et images inoubliables. Génial. BR UK
... and Barbara Stanwyck feels the same way !

Pour continuer sur le cinéma de genre, visitez mon blog : http://sniffandpuff.blogspot.com/
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Roilo Pintu
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Re: Commentaires à propos de votre film du mois

Post by Roilo Pintu »

Sur ce mois d'Avril, un Top 5 pratiquement français

1 - La jetée – Chris Marker (1962)
2 - Les plages d’Agnes - Agnes Varda (2008)
3 - Jacquot de Nantes - Agnes Varda (1991)
4 - Battement de coeur - Henri Decoin (1951)
5 - Quasimodo - William Diterle (1939)
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Profondo Rosso
Howard Hughes
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Re: Commentaires à propos de votre film du mois

Post by Profondo Rosso »

Film du mois

1 Mes voisins les Yamada de Isao Takahata

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2 Les Baisers de Yasuzo Masumura

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3 Tout sur ma mère de Pedro Almodovar

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4 Liz et l'oiseau bleu de Naoko Yamada

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5 90's de Jonah Hill

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6 El Reino de Rodrigo Sorogoyen

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7 Les Oiseaux de passage de Ciro Guerra et Cristina Gallego

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The Boogeyman
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Re: Commentaires à propos de votre film du mois

Post by The Boogeyman »

1 • Du mouron pour les petits oiseaux - 1963 / Marcel Carné _ 7,5

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2 • Le Chemin des écoliers - 1959 / Michel Boisrond _ 7,5

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3 • Toi... Le venin - 1958 / Robert Hossein _ 7

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4 • Ice Storm - 1997 / Ang Lee _ 7

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Mention spéciale :

• M*A*S*H S#11 - 1982 / Larry Gelbart _ 8

La 11ème et dernière saison de la série M*A*S*H et particulièrement le dernier épisode de 2 heures : Goodbye, Farewell and Amen
qui clot 251 épisodes de manière très émouvante.
Un super casting composant une équipe hilarante, touchante, tonitruante, agaçante et ce même si sur 11 saisons la série n'évite pas les répétitions, les épisodes parfois fainéants et un Alan "Hawkeye" Alda qui sur les dernières saisons la joue trop solo et trop bruyant.

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Last edited by The Boogeyman on 1 May 19, 14:26, edited 1 time in total.
" Accélère minouche !" - Michel Poiccard /// “When you have to shoot shoot don't talk” - Tuco Benedicto Pacifico Juan Maria Ramirez /// "Alors tu vois où elles nous ont menées tes ondes négatives, tu devrais avoir honte.” - Oddball dit Le Cinglé /// "Wake up !... Time to die" - Leon Kowalski /// "C'est quoi minouche ?" - Patricia Franchini
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Flol
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Re: Commentaires à propos de votre film du mois

Post by Flol »

cinephage wrote:Pour ma part, un mois d'avril dominé par le BIFFF, qui met 3 films dans mon top 5...

1. Little Monsters, de Abe Forsythe (2019)
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Une comédie de zombie bien écrite et toute en fraicheur, portée par un casting de charme...
Ça a l'air très très intriguant, ça. J'espère une sortie salles, et j'y crois grâce à la présence de Lupita Nyong'o.
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origan42
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Re: Commentaires à propos de votre film du mois

Post by origan42 »

FILM D'AVRIL
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AMANDA (Mikhael Hers, 2018) ****
Le reste du mois, par ordre de préférence :
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Dragons (Chris Sanders / Dean DeBlois, 2010) ****
La palombière (Jean-Pierre Denis, 1983) ****
Quasimodo (William Dieterle, 1939) ****

Local hero (Bill Forsyth, 1983) ***
Peter Pan (Hamilton Luske / Clyde Geronimi / Wilfred Jackson, 1953) ***
Chacal (Fred Zinnemann, 1973) ***
Dragons 3 - Le monde caché (Dean DeBlois, 2019) ***
La souris qui rugissait (Jack Arnold, 1959) ***
Nashville Lady (Michael Apted, 1980) ***
A bittersweet life (Kim Jee-woon, 2005) ***
Pas d'orchidées pour Miss Blandish (Robert Aldrich, 1971) ***
The spy gone North (Yoon Jong-bin, 2018) ***
3 jours à Quiberon (Emily Atef, 2018) ***

Pas d'orchidées pour Miss Blandish (St. John Leigh Clowes, 1948) **
Mayerling (Anatole Litvak, 1936) **
Quoi de neuf Bob ? (Frank Oz, 1991) **
Stan & Ollie (John S. Baird, 2018) **
Les démons de l'aube (Yves Allégret, 1946) **
Duelle (une quarantaine) (Jacques Rivette, 1976) **
Pièce montée (Denys Granier-Deferre, 2010) **
Astérix - le secret de la potion magique (Louis Clichy / Alexandre Astier, 2018) **
Fucking Fernand (Gérard Mordillat, 1987) **
La Belle Verte (Coline Serreau, 1996) **
Faites sauter la banque ! (Jean Girault, 1964) **

Le chacal (Michael Caton-Jones, 1997) *
Quasimodo d'El Paris (Patrick Timsit, 1999) *
Le désert rouge / Les couleurs du désert (Howard Higgin, 1931) *
La voix des morts (Geoffrey Sax, 2005) *
Jane B. par Agnès V. (Agnès Varda, 1988) *

RE-VISIONS
Les disparues (Ron Howard, 2003) *** →
Comment réussir... quand on est con et pleurnichard (Michel Audiard, 1974) * →
INTERPRÉTATION FÉMININE DU MOIS : ISAURE MULTRIER Amanda dans Amanda
INTERPRÉTATION MASCULINE DU MOIS CHARLES LAUGHTON : Quasimodo dans Quasimodo
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manuma
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Post by manuma »

Un seul titre à signaler, pour ce mois d'avril :

HELTER SKELTER - Tom Gries (TV)(1976)
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G.T.O
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Duo de tête pour avril:

1. The Invitation (Karyn Kusama)

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2. Glass ( Night M Shyamalan)

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Thaddeus
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Re: Commentaires à propos de votre film du mois

Post by Thaddeus »

Film du mois d'avril


1. Les Oiseaux de Passage (Cristina Gallego & Ciro Guerra, 2018)


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2. Sur la Piste des Mohawks (John Ford, 1939)


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3. Le Chat (Pierre Granier-Deferre, 1971)


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Mes découvertes en détail :
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Le général Della Rovere (Roberto Rossellini, 1959)
Bertone, escroc faible et veule contraint par les évènements d’endosser un nouveau rôle, se voit soudain transfiguré en héros. D’abord aliéné par la guerre, la violence, la torture, il conquiert une autre conscience et choisit la dignité jusque dans la mort. Parce que l’écrivain catholique Diego Fabbri a participé à son scénario, on pouvait s’attendre à trouver dans ce film sur les faux-semblants d’un acteur-imposteur les résonances chrétiennes habituelles à l’œuvre chez Rossellini. Les thèmes du rachat et de la rédemption y sont en effet développés, et le protagoniste (superbement interprété par Vittorio De Sica) peut assurément faire penser à l’ouvrier de la onzième heure de l’Evangile. Mais le récit maintient jusqu’à sa fin une ambigüité humaine que valorisent la sobriété du style et la légèreté de l’écriture. 4/6

Mon Dieu, comment suis-je tombée si bas ? (Luigi Comencini, 1974)
L’auteur a déclaré avoir réalisé cette parodie de roman-feuilleton pour ridiculiser le dannunzianisme et en souligner le cabotinage, l’hypocrisie, le poison subtil qui ensemença les racines du fascisme. Son couple noble et chaste y véhicule une satire de l’Eglise, de la sauvegarde des apparences, en même temps qu’il favorise une grivoiserie flirtant avec la caricature. Car pour que la chair exulte, il faudra que la Marquise, pieuse mais lascive et débordante de désir frustré, s’encanaille avec un robuste chauffeur, avatar prolétaire du garde-chasse lawrencien. On ressent toutefois comme une gêne de voir un cinéaste d’ordinaire si subtil flirter ainsi avec la vulgarité, quand bien même ses talents d’esthète affirment une belle tenue dans le décor, le cadre, la prise de vue (et la plastique fort avenante de Laura Antonelli). 3/6

Crazy Amy (Judd Apatow, 2015)
Après s’être intéressé aux états d’âme d’hommes trentenaires pressentant avec angoisse et désenchantement le coup de bambou du middle-age, Apatow change de corps et de cerveau en s’amusant cette fois du donjuanisme au féminin. L’idylle à multiples ressorts et ruptures de son héroïne trash et délurée répond ici à une sorte d’apprentissage moins d’une vie conjugale réglo que de la part d’orgueil que l’on consent à sacrifier pour ne pas perdre l’autre. Et si la pulsion familialiste qui plane sur la fin du film peut confirmer les reproches adressés au cinéaste quant à sa manière de glisser de l’insolence à la règle, de la singularité excentrique à la norme bien centrée, elle n’en découle pas moins d’un effort dialectique visant à se dépêtrer de ses névroses et à trouver un point d’accord épanouissant entre les individus. 4/6

Jacquot de Nantes (Agnès Varda, 1991)
C’est une preuve d’amour que de recréer, pour celui qui va partir, le temps béni où tout est déjà presque joué mais où tout reste encore possible : son enfance. Luttant avec la franchise en arabesque de la poésie contre la mort au travail, clamant son besoin de s’unir avec lui au-delà du temps hémorragique, Varda offre cette preuve à l’homme de sa vie, Jacques Demy. Voilà que surgissent les belles années à Nantes, le garage paternel, la mère dont le prénom est une chanson, la tante de Rio, le théâtre de marionnettes, Charles Trenet, les films avec Darrieux, et que naît une vocation éclairée par des phrases cailloux-blancs, de multiples jeux de correspondance. Une œuvre joyeuse, rêveuse, légère, minutieusement construite, mais qu’une calme image d’océan ou de peau abandonnée au gros plan peut affoler. 4/6

The mission (Johnnie To, 1999)
En danse, une "attitude" est un mouvement suspendu. Parce qu’il emprunte régulièrement de telles figures, avec ses cinq bodyguards immobilisés, semblables à des soldats stratégiquement disposés, figés et l’arme tendue, ce film noir au scénario sommaire et à la réalisation plus proche du ballet contemporain que de la pugnacité sanglante ne prétend ni au réalisme ni à l’étude psychologique mais à la beauté du geste, au lyrisme de la tension. Ce qui importe ici c’est le style, épuré, rigoureux, scandé par une musique easy-listening revenant en thème, la plénitude d’une mise en scène jouant sur les face-à-face, les reflets, les cachettes, et une morale de l’amitié, de la préservation solidaire du groupe, parcourue d’un humour à froid, stoïque et discrètement parodique, qui n’est pas sans rappeler celui de Kitano. 4/6

Le monde sur le fil (Rainer Werner Fassbinder, 1973)
Scrutateur féroce de son temps, l’auteur ne pouvait rester insensible à la science-fiction, genre qui permet d’explorer les angoisses contemporaines en dissimulant un surcroît de réalisme sous le voile de l’extraordinaire. Si le monde est dominé par les puissances morales et économiques du mensonge, si l’on vit aveugle dans les simulacres d’un univers objectal, cela doit s’exprimer pour lui en dénonciations politiques et en cris dépressifs. D’où la désolation progressive de son personnage, la névrose lancinante qui l’engloutit et la vitrification des apparences formalisée par de multiples effets plastiques (reflets et flous d’avant-champ, dominantes bleutées, design lisse et hi-tech). Le film atteint ainsi une complexité, un vertige et une inquiétude existentielle dont Matrix, vingt-cinq ans plus tard, ne pourra se prévaloir. 4/6

La taverne de la Jamaïque (Alfred Hitchcock, 1939)
L’enjeu structurel est ici conforme à la règle hitchcockienne du véritable suspense : quitte à révéler d’emblée l’identité du criminel, autant laisser au spectateur l’inquiétude non pas du qui, mais du comment la jeune héroïne y échappera. Adaptant pour la première fois Daphné du Maurier, le cinéaste puise dans le récit d’aventures historiques "côtières" cette loi du genre consistant à forcer parfois la sympathie envers le scélérat autour de qui pivote l’histoire : Charles Laughton, tantôt sadique, tantôt clownesque, tantôt quasi romantique sous son jeu savamment outré. Il constitue le principal intérêt d’un film où les entrées et sorties n’évitent pas toujours la mécanique théâtrale, et qui lutte contre la mièvrerie pour parvenir à se situer entre l’atmosphère lugubre de certains contes de fées et celle de Dickens. 3/6

Un amour pas comme les autres (John Schlesinger, 1962)
En ce début des années soixante, une poignée de cinéastes britanniques, souvent de gauche comme Lindsay Anderson ou Karel Reisz, se détournèrent des gens élégants qui se prélassaient dans les salons londoniens et portèrent leur attention sur la vie de la classe ouvrière, dans le Nord gris et industriel de l’Angleterre. Le premier long-métrage pour le cinéma de Schlesinger s’inscrit dans cette tradition et dénonce le conformisme suburbain en sympathisant avec son héros, un jeune homme piégé dans son mariage, luttant d’abord puis se résignant aux contraintes de la vie avec son épouse et son atroce belle-mère. Par delà son humilité et la discrétion de sa facture, le film frappe par la finesse de sa peinture sociale, l’acuité de son propos sur le couple, la sexualité, les conventions et les compromis de l’existence. 4/6

Sur la piste des Mohawks (John Ford, 1939)
De tous les films de l’auteur, ce premier ouvrage en couleurs est l’un de ceux qui exposent de la manière la plus nette la bipolarité qui inscrit si fortement son œuvre dans la culture américaine, entre esprit de conquête et insécurité. Son grand talent est d’humaniser le principe de la colonisation en dotant ses personnages d’une naïveté, d’une innocence venant équilibrer l’avancée du mécanisme : nulle expérience de l’ailleurs qui ne se fonde sur le jardin d’enfance, nulle aventure sans prix à payer (maisons incendiées, cultures dévastées, communauté décimée par les combats). De cette épure transcendant les stéréotypes, de cette évidence qui est forme de présentation et matière même du propos, naît la plus vibrante émotion et se formulent avec grandeur des bribes d’explication sur l’Amérique contemporaine. 5/6

Profils paysans : L’approche (Raymond Depardon, 2001)
Dès ce premier épisode, le réalisateur pose le rituel filmique d’un dispositif minimaliste et choisit d’entrer dans les fermes par les cuisines, où se croisent les différentes générations, où l’on marchande le prix d’un veau, où l’on négocie la vente de son exploitation. Il donne ainsi à voir une matière brute avant d’offrir à la disséquer, restitue de façon intuitive la dramaturgie du réel en se contentant de rendre reconnaissable le monde paysan, fruste, méfiant, au plus près du vieillissement et de la solitude, de l’être et de l’outil : cuir épais, peau burinée, mains forcies par les travaux des champs. Rien de spectaculaire ou de vraiment saillant n’en émane, et l’on éprouve même une certaine frustration au terme d’un prélude dont on devine qu’il ne prendra son sens qu’une fois la trilogie entièrement constituée. 4/6



Et aussi :

Listen to Britain (Humphrey Jenning, 1942) (CM) - 4/6
Fantasia (Walt Disney, 1940) - 4/6
Synonymes (Nadav Lapid, 2019) - 4/6
Les oiseaux de passage (Cristina Gallego & Ciro Guerra, 2018) - 5/6
Le chat (Pierre Granier-Deferre, 1970) - 5/6
El reino (Rodrigo Sorogoyen, 2018) - 4/6
90's (Jonah Hill, 2018) - 4/6
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Films des mois précédents :
Spoiler (cliquez pour afficher)
Mars 2019 - Le convoi (Sam Peckinpah, 1978)
Février 2019Les noces rouges (Claude Chabrol, 1973)
Janvier 2019Un jour dans la vie de Billy Lynn (Ang Lee, 2016)
Décembre 2018Une affaire de famille (Hirokazu Kore-eda, 2018)
Novembre 2018High life (Claire Denis, 2018)
Octobre 2018Nos batailles (Guillaume Senez, 2018)
Septembre 2018Les frères Sisters (Jacques Audiard, 2018)
Août 2018Silent voice (Naoko Yamada, 2016)
Juillet 2018L'homme qui voulait savoir (George Sluizer, 1988)
Juin 2018Sans un bruit (John Krasinski, 2018)
Mai 2018Riches et célèbres (George Cukor, 1981)
Avril 2018Séduite et abandonnée (Pietro Germi, 1964)
Mars 2018Mektoub my love : canto uno (Abdellatif Kechiche, 2017)
Février 2018Phantom thread (Paul Thomas Anderson, 2017)
Janvier 2018Pentagon papers (Steven Spielberg, 2017)
Décembre 2017Lettre de Sibérie (Chris Marker, 1958)
Novembre 2017L’argent de la vieille (Luigi Comencini, 1972)
Octobre 2017Une vie difficile (Dino Risi, 1961)
Septembre 2017Casanova, un adolescent à Venise (Luigi Comencini, 1969)
Août 2017La bonne année (Claude Lelouch, 1973)
Juillet 2017 - La fille à la valise (Valerio Zurlini, 1961)
Juin 2017Désirs humains (Fritz Lang, 1954)
Mai 2017Les cloches de Sainte-Marie (Leo McCarey, 1945)
Avril 2017Maria’s lovers (Andreï Kontchalovski, 1984)
Mars 2017À la recherche de Mr Goodbar (Richard Brooks, 1977)
Février 2017Raphaël ou le débauché (Michel Deville, 1971)
Janvier 2017La la land (Damien Chazelle, 2016)
Décembre 2016Alice (Jan Švankmajer, 1987)
Novembre 2016 - Dernières nouvelles du cosmos (Julie Bertuccelli, 2016)
Octobre 2016 - Showgirls (Paul Verhoeven, 1995)
Septembre 2016 - Aquarius (Kleber Mendonça Filho, 2016)
Août 2016 - Le flambeur (Karel Reisz, 1974)
Juillet 2016 - A touch of zen (King Hu, 1971)
Juin 2016 - The witch (Robert Eggers, 2015)
Mai 2016 - Elle (Paul Verhoeven, 2016)
Avril 2016 - La pyramide humaine (Jean Rouch, 1961)
Mars 2016 - The assassin (Hou Hsiao-hsien, 2015)
Février 2016Le démon des femmes (Robert Aldrich, 1968)
Janvier 2016La Commune (Paris 1871) (Peter Watkins, 2000)
Décembre 2015Mia madre (Nanni Moretti, 2015)
Novembre 2015Avril ou le monde truqué (Franck Ekinci & Christian Desmares, 2015)
Octobre 2015Voyage à deux (Stanley Donen, 1967)
Septembre 2015Une histoire simple (Claude Sautet, 1978)
Août 2015La Marseillaise (Jean Renoir, 1938)
Juillet 2015Lumière silencieuse (Carlos Reygadas, 2007)
Juin 2015Vice-versa (Pete Docter & Ronaldo Del Carmen, 2015) Top 100
Mai 2015Deep end (Jerzy Skolimowski, 1970)
Avril 2015Blue collar (Paul Schrader, 1978)
Mars 2015Pandora (Albert Lewin, 1951)
Février 2015La femme modèle (Vincente Minnelli, 1957)
Janvier 2015Aventures en Birmanie (Raoul Walsh, 1945)
Décembre 2014Enquête sur un citoyen au-dessus de tout soupçon (Elio Petri, 1970)
Novembre 2014Lifeboat (Alfred Hitchcock, 1944)
Octobre 2014Zardoz (Sean Connery, 1974)
Septembre 2014Un, deux, trois (Billy Wilder, 1961)
Août 2014Le prix d’un homme (Lindsay Anderson, 1963)
Juillet 2014Le soleil brille pour tout le monde (John Ford, 1953)
Juin 2014Bird people (Pascale Ferran, 2014)
Mai 2014Léon Morin, prêtre (Jean-Pierre Melville, 1961) Top 100
Avril 2014L’homme d’Aran (Robert Flaherty, 1934)
Mars 2014Terre en transe (Glauber Rocha, 1967)
Février 2014Minnie et Moskowitz (John Cassavetes, 1971)
Janvier 201412 years a slave (Steve McQueen, 2013)
Décembre 2013La jalousie (Philippe Garrel, 2013)
Novembre 2013Elle et lui (Leo McCarey, 1957)
Octobre 2013L’arbre aux sabots (Ermanno Olmi, 1978)
Septembre 2013Blue Jasmine (Woody Allen, 2013)
Août 2013La randonnée (Nicolas Roeg, 1971)
Juillet 2013Le monde d’Apu (Satyajit Ray, 1959)
Juin 2013Choses secrètes (Jean-Claude Brisseau, 2002)
Mai 2013Mud (Jeff Nichols, 2012)
Avril 2013Les espions (Fritz Lang, 1928)
Mars 2013Chronique d’un été (Jean Rouch & Edgar Morin, 1961)
Février 2013 – Le salon de musique (Satyajit Ray, 1958)
Janvier 2013L’heure suprême (Frank Borzage, 1927) Top 100
Décembre 2012 – Tabou (Miguel Gomes, 2012)
Novembre 2012 – Mark Dixon, détective (Otto Preminger, 1950)
Octobre 2012 – Point limite (Sidney Lumet, 1964)
Septembre 2012 – Scènes de la vie conjugale (Ingmar Bergman, 1973)
Août 2012 – Barberousse (Akira Kurosawa, 1965) Top 100
Juillet 2012 – Que le spectacle commence ! (Bob Fosse, 1979)
Juin 2012 – Pique-nique à Hanging Rock (Peter Weir, 1975)
Mai 2012 – Moonrise kingdom (Wes Anderson, 2012)
Avril 2012 – Seuls les anges ont des ailes (Howard Hawks, 1939) Top 100
Mars 2012 – L'intendant Sansho (Kenji Mizoguchi, 1954)
Février 2012 – L'ombre d'un doute (Alfred Hitchcock, 1943)
Janvier 2012 – Brève rencontre (David Lean, 1945)
Décembre 2011 – Je t'aime, je t'aime (Alain Resnais, 1968)
Novembre 2011 – L'homme à la caméra (Dziga Vertov, 1929) Top 100 & L'incompris (Luigi Comencini, 1967) Top 100
Octobre 2011 – Georgia (Arthur Penn, 1981)
Septembre 2011 – Voyage à Tokyo (Yasujiro Ozu, 1953)
Août 2011 – Super 8 (J.J. Abrams, 2011)
Juillet 2011 – L'ami de mon amie (Éric Rohmer, 1987)
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Profondo Rosso
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Re: Commentaires à propos de votre film du mois

Post by Profondo Rosso »

Thaddeus wrote:Film du mois d'avril


1. Les Oiseaux de Passage (Cristina Gallego & Ciro Guerra, 2018)


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Bon on peut officiellement commencer le lobbying pour le top rédac dvdclassik 2019 là :mrgreen: super découverte aussi !
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Jeremy Fox
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Re: Commentaires à propos de votre film du mois

Post by Jeremy Fox »

cinephage wrote:mais je dois dire que je suis très emballé par la découverte d'un cinéaste iranien dont j'ignorais l'existence, Majid Majidi, dont les enfants du ciel est un film touché par la grace. D'une simplicité évidente, le film parvient à entremêler spiritualité, problématiques sociales, récit d'apprentissage et parabole sur le dépassement de soi en une intrigue fluide et émouvante. Très fort.
Il en va de même pour son dernier film, Beyond the Clouds, film indien d'ailleurs qui se déroule à Bombay. Splendide !


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