Commentaires à propos de votre film du mois

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés à partir de 1980.

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Rick Blaine
Charles Foster Kane
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Re: Commentaires à propos de votre film du mois

Post by Rick Blaine »

Au dernier moment, mon film du mois sera Manchester by the sea, qui a dépassé mes attentes pourtant élevées. Un sublime drame, touchant et plein de pudeur porté par un Casey Affleck qui a bien mérité ses nombreuses récompenses.

Dans un mois avec peu de volume mais où je n'ai vu aucun mauvais film, la seconde place ira à Monicelli avec Brancaleone s'en va-t-au croisades, et je hisserais sur le podium le très amusant The 'burbs de Joe Dante qui m'a beaucoup fait rire.
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Le mois complet :
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Manchester by the sea, de Kenneth Lonergan (2016) : 8,5/10

Brancaleone s'en va-t-aux croisades (Brancaleone alle crociate), de Mario Monicelli (1970) : 8/10

The 'burbs, de Joe Dante (1989) : 7,5/10
Le prophète (Il profeta), de Dino Risi (1968) : 7,5/10
Trans-europ-express, de Alain Robbe-Grillet (1966) : 7,5/10
M:I-2 Mission Impossible 2, de John Woo (2000) : 7,5/10

Mission: Impossible - Protocole Fantôme (Mission: Impossible - Ghost Protocol), de Brad Bird (2011) : 7/10
Alliés (Allied), de Robert Zemeckis (2016) : 7/10
Papa ou Maman 2 , de Martin Bourboulon (2016) : 7/10
La caverne des hors-la-loi (The cave of the outlaws), de William Castle (1951) : 7/10

Les chiens de guerre (The dogs of war), de John Irvin (1980) : 6,5/10
M:I-3 Mission Impossible 3, de J.J. Abrams (2006) : 6,5/10

Dernier recours (Last man standing), de Walter Hill (1996) : 6/10
Les sorcières de Salem, de Raymond Rouleau (1957) : 6/10
Sully, de Clint Eastwood (2016) : 6/10
Hangover Square, de John Brahm (1945) : 6/10
Au bout du tunnel (Al final del túnel), de Rodrigo Grande (2015) : 6/10
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Jack Carter
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Re: Commentaires à propos de votre film du mois

Post by Jack Carter »

Rick Blaine wrote:Au dernier moment, mon film du mois sera Manchester by the sea, qui a dépassé mes attentes pourtant élevées. Un sublime drame, touchant et plein de pudeur porté par un Casey Affleck qui a bien mérité ses nombreuses récompenses.
8)
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Jeremy Fox
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Re: Commentaires à propos de votre film du mois

Post by Jeremy Fox »

Rick Blaine wrote:Au dernier moment, mon film du mois sera Manchester by the sea, qui a dépassé mes attentes pourtant élevées. Un sublime drame, touchant et plein de pudeur porté par un Casey Affleck qui a bien mérité ses nombreuses récompenses.
:D
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The Boogeyman
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Re: Commentaires à propos de votre film du mois

Post by The Boogeyman »

Mois d'Avril placé sous le signe de BRIAN DE PALMA et de TIM BURTON avec 2 découvertes particulièrement DESASTREUSES (Raising Cain et Miss Peregrine), mais accompagnées (rattrapées) des révisions de ce qu'ils ont fait de mieux selon moi (L'Impasse, Les Incorruptibles, Snake Eyes, Ed Wood, Beetlejuice, Mars Attacks, Sleepy Hollow...).

En parlant de désastre : la trilogie NINJA : L'Implacable Ninja, Ultime Violence, Ninja III de la Cannon Group :roll:
Même juste pour se marrer ce n'est pas possible (peut être qu'en les regardant avec le doublage Français ça aurait pu être drôle ??!! :) )

Pas mal de découvertes Anglo-saxonne pas convaincantes... L’Homme au bras d’or (O. Preminger) / Le Grand Chantage (A. Mackendrick) / Panique à Needle Park (J. Schatzberg) / Le Limier (J.L. Mankiewicz) / Du sang dans la poussière (R. Fleischer) ... mais pas non plus inintéressantes.

Seule découverte Française du mois : Le Dernier Combat (L. Besson), qui aurait gagné en intérêt à ne pas utiliser la BO de Eric Serra trop dissonante par rapport aux images.

Au final, ex-aequo :

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Avril 2017 :
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Avril 2017
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DécouvertesRe découvertes : à la hausse / à la baisse Re (re...re...re...) Vus

★★★★★★ Masterpiece
★★★★★ Excellent / J'adore
★★★★ J'aime / Bon
★★★ Sympa / Plaisant
★★ Pas convaincu / Moyen
Mauvais / Médiocre
0 Affreux, Affreux, Affreux...


Films

• Le Prince de New York (S. Lumet) ★★★★★
• L’Esprit de Cain - version cinéma (B. De Palma) 0
• Du sang dans la poussière (R. Fleischer) ★★
• Le Grand Chantage (A. Mackendrick) ★★
• Dressé pour Tuer (S. Fuller)
• L’Homme au bras d’or (O. Preminger) ★★★
• Cutter’s Way (I. Passer) ★★
• Blow Out (B. De Palma) ★★★
• Network (S. lumet) ★★★★
• Le Limier (J.L. Mankiewicz) ★★
• Autopsie d’un meurtre (O. Preminger) ★★★★★
• Dune (D. Lynch)
• Les 3 Jours du Condor (S. Pollack) ★★★★★★
• Nixon (O. Stone) ★★★★
• L’Impasse (B. De Palma) ★★★★★
• Panique à Needle Park (J. Schatzberg) ★★
• Before the Devil knows you’re dead (S. Lumet) ★★★★
• The Immigrant (J. Gray) ★★★★
• L’Implacable Ninja (M. Golan) 0
• Edward aux mains d’argent (T. Burton) ★★★
• Ultime violence (S. Firstenberg) 0
• Ed Wood (T. Burton) ★★★★★
• Kill Bill volume 1 (Q. Tarantino) ★★★
• Kill Bill volume 2 (Q. Tarantino) ★★★
• Les Incorruptibles (B. De Palma) ★★★★★
• Ninja III (S. Firstenberg) 0
• Insomnia (C. Nolan) ★★
• Snake Eyes (B. De Palma) ★★★★★
• BeetleJuice (T. Burton) ★★★★
• Mars attacks ! (T. Burton) ★★★★★
• Sleepy Hollow (T. Burton) ★★★★★★
• Le Dernier Combat (L. Besson) ★★
• Miss Peregrine et les enfants particuliers (T. Burton)
• Big Fish (T. Burton) ★★★
• La Tour Infernale (J. Guillermin & I. Allen ) ★★★★★
• Frankenweenie (T. Burton) ★★★★
• Charlie et la Chocolaterie (T. Burton) ★★
• 10 Cloverfield Lane (D. Trachtenberg) ★★★★
• The Neon Demon (N. Winding Refn) ★★★


Séries TV

That ‘70s Show S#6 ★★★★
That ‘70s Show S#7 ★★★★
That ‘70s Show S#8 (en cours)


Cinéma / DTV 2017

Life - Origine Inconnue (Daniel Espinosa) / 6,5
Simple, efficace et divertissant. Espinosa n’abuse pas (trop) des effets attendus et convenus. Réalisation et intrigue prennent le temps d’installer l’ambiance et donnent place à chacun des personnages. La bestiole est originale et perverse... Un beau plan séquence inaugural.. ça fait le job. Dommage que le final, bien que sympa, se voit venir à des kilomètres.
Les Gardiens de la Galaxie vol.2 (James Gunn) / 4,5
Gunn fait joujou avec ses figurines des Gardiens. Une succession de vannes et de moments cool façon sketchs durant la (longue) 1ère heure qui ne raconte rien... et ennui durant la 2eme heure qui ne raconte rien d'intéressant. C'est tout de même marrant, Baby Groot, Yondu, Drax et Rocket font le show... mais c'est bordélique et il n'y a pas d'intrigue pour tenir les 2h20. le 1er était plus sympa.
Ghost In The Shell (Rupert Sanders) / 4,5
Trop mécanique, trop rigide dans sa réalisation et son interprétation comme si tout avait été millimétré et répété pour ne pas déborder ou être improvisé. Et chose assez surprenante l’univers illustré est particulièrement vide et cloisonné. Les quelques scènes d’action manquent de punch à trop vouloir caser le plan iconique, le ralenti et l’esthétisme qui font bien. Elles n’offrent aucune tension ou véritable violence. A ce titre j’ai trouvé le design sonore vraiment étouffé à chaque fois, ça ne claque jamais, la ville ne vit pas. Au final assez ennuyeux. Plutôt bien apprécié la partition de Clint Mansell.
Nemesis DTV (Christophe Deroo) / 2,5
Heureusement que ça ne dure que 1h12. Le réalisateur fait son Fan-film en replaçant ambiance, atmosphère, images et cadrages qui faisaient cool chez les autres. Du coup on passe l’heure à se souvenir des films dont il cherche à s’inspirer et on oublie de regarder celui qu’on a sous les yeux. Trop de références tuent la référence. L’intrigue Arty «je n’explique rien ça fera réfléchir tout le monde» fait plouf. Le duo Chrisitine à la musique propose de belles nappes synthétiques... mais encore une fois trop référentielles (n’ont pas choisi leur nom pour rien).
War on Everyone (John Michael McDonagh) DTV / 2
Ersatz Boylesque/Richiesque/Tarantinesque navrant, jamais drôle, jamais inspiré et avec 20 ans de retard. Une intrigue inexistante se voulant compliquée, des références intellectuelles faussement cool, des punchlines qui ne font jamais mouche, un montage aberrant faisant de cette non intrigue une suite de sketchs. Alexander Skarsgård est particulièrement mauvais et tout étriqué dans son costume.

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Film du mois

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Films du mois - 2017 :
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Janvier --------------------------------------------------------------------------------------
La Garçonnière - The Apartment - (Billy Wilder) • 1960
Le Garde du Corps - Yojimbo - (Akira Kurosawa) • 1961

Février --------------------------------------------------------------------------------------
Loving (Jeff Nichols) • 2016

Mars --------------------------------------------------------------------------------------
Les Nerfs à Vif - Cape Fear - (Martin Scorsese) • 1991

Avril --------------------------------------------------------------------------------------
Le Prince de New-York - Prince of the City - (Sidney Lumet) • 1981
Autopsie d’un meurtre - Anatomy of a Murder - (Otto Preminger) • 1959
Last edited by The Boogeyman on 1 May 17, 13:19, edited 3 times in total.
" Accélère minouche !" - Michel Poiccard /// “When you have to shoot shoot don't talk” - Tuco Benedicto Pacifico Juan Maria Ramirez /// "Alors tu vois où elles nous ont menées tes ondes négatives, tu devrais avoir honte.” - Oddball dit Le Cinglé /// "Wake up !... Time to die" - Leon Kowalski /// "C'est quoi minouche ?" - Patricia Franchini
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Thaddeus
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Post by Thaddeus »

Film du mois d'avril


1. Maria's Lovers (Andreï Kontchalovski, 1984)


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Si vous voulez avoir une définition assez définitive de l'érotisme cinématographique, voyez Nastassja Kinski dans ce film.

2. Margaret (Kenneth Lonergan, 2011)


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3. L'Enfer Blanc du Piz Palü (Georg Wilhelm Pabst & Arnold Fanck, 1929)


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Mes découvertes en détail :
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Santa sangre (Alejandro Jodorowsky, 1989)
C’est l’histoire d’un jeune homme bien cintré du ciboulot, traumatisé par le drame qui colora son enfance en rouge sang et incapable de se détacher de la relation fusionnelle qui le lie à sa mère manchote et tyrannique. Un Psychose jodorowskyen où se coagule tout un amalgame de mythes chrétiens latino-américains, de références diverses (Freaks, Les Mains d’Orlac), d’images cauchemardesques déversées par un robinet d’hémoglobine dans un univers maladif qui secoue les neurones autant qu’il impose une fascination lourde, morbide, entêtante. Certes le réalisateur a la main freudienne un peu lourde mais son bazar expressionniste atteint à une vraie folie (les funérailles de l’éléphant), à une horreur psychologique remarquablement figurée, à une touchante et douloureuse poésie de l’innocence sacrifiée. 5/6

Jugatsu (Takeshi Kitano, 1990)
Le deuxième long-métrage de l’auteur peut être considéré comme un brouillon-palimpseste dégradé du cinéma de fantasme qu’il développera par la suite. Fantasme de la rupture avec le narratif de bon aloi, délaissé au profit d’un récit tout en ellipses où la singularité du montage et la juxtaposition de plans et d’angles inusités instaurent une lecture impertinente du film de gangsters. Fantasme d’une poésie débarrassée de la notion de bon goût et flirtant avec le surréalisme. Fantasme d’un humour noir fondé sur la cruauté, d’un univers traversé par des forces parasites aux fonctions de pures interjections, par des éclats de violence ou de loufoquerie sans explication, par des dérivations et des dissonances plus ou moins gratuites qui contribuent à rendre le film certes iconoclaste mais peu engageant. 3/6

Passion (Jean-Luc Godard, 1982)
Une fois de plus la réflexion du réalisateur sur ses méthodes, ses doutes, ses essais forment la charpente osseuse d’un cinéma dévoilant presque sous forme de travaux pratiques sa philosophie de l’emprunt culturel. L’auteur approfondit un art des contrastes qui associe la reconstitution liturgique des grands tableaux de l’histoire de l’art (Delacroix, Goya, Rembrandt) à la ronde du jour des grévistes, les enluminures du Greco ou de Watteau à la grisaille des jours de cafard, les problèmes d’un tournage fait d’attentes et d’hésitations au conflit opposant une ouvrières syndicaliste et son patron giscardien, expectorant avec la rose socialiste aux dents. Film de poète donc, où l’amour rencontre le travail un peu comme une machine à coudre le parapluie, et dont l’urgence semble vouloir conjurer le gouffre du silence. 4/6

Promenade avec l’amour et la mort (John Huston, 1969)
1358, la Guerre de cent ans. Dans une Normandie livrée aux exactions de mercenaires anarchiques, l’effondrement de la féodalité marque la découverte des impostures de la civilisation occidentale. La noblesse protectrice est devenue affameuse, l’Église s’est enlisée dans l’horreur moyenâgeuse de la chair, donnant naissance à toutes les hérésies. Si elles échouent dans la plus sanglante des répressions, les premières jacqueries n’en annoncent pas moins de grands bouleversements. Soldats, chevaliers, manants, pèlerins, bateleurs, troubadours peuplent cette célébration poétique des idées généreuses, du libre arbitre et de l’amour terrestre, cette ballade courtoise dont le raffinement et le style empanaché exaltent des héros progressistes dotés de traits qui ne trompent pas, et observés de toute première main. 5/6

Un homme, un vrai (Arnaud & Jean-Marie Larrieu, 2003)
Un homme et une fable, celle de l’amour à trois temps, sur dix ans de vie : d’abord la rencontre-coup de foudre dans la désincarnation d’une entreprise de télétravail, puis la parentalité, les reproches, la séparation sous le soleil d’Ibiza, enfin les retrouvailles et la comédie de remariage accordés à la symphonie pastorale pyrénéenne, tandis que résonne la parade nuptiale des coqs de bruyère. Programme chargé pour les auteurs qui empilent, outre les genres favoris du cinéma français (romance en mode intello et crise existentielle), le film musical chanté et le documentaire animalier. Légère, douce, agaçante parfois, l’existence telle que la dépeignent les Larrieu promeut un ton amène et papillonnant, s’autorise une fantaisie un peu trop contrôlée qui oscille entre cocasserie et gravité, inspiration et patinage. 4/6

L’enfer blanc du Piz Palü (Arnold Fanck & G.W. Pabst, 1929)
Entrepris comme un film d’aventures au succès quasi assuré, cette haletante et prodigieuse équipée chauffe jusqu’à incandescence le lyrisme tellurique du romantisme allemand. Le traumatisme originel y est comme greffé sur la majesté terrible des sites naturels, et la force visuelle de la mise en scène atteint un degré hystérique de figuration spatiale qui pousse tous les curseurs de pureté à leur point limite. Blancheur immaculée d’une glace figeant les visages en masques mortuaires, violence tellurique des éléments déchaînés, forêts de stalactites en fusion, masses écrasantes de brumes nuageuses, lueurs surréalisantes des torches éclairant les abysses de la montagne en pleine nuit composent une symphonie plastique où se joue toute la grandeur de la survie, de l’abnégation et de l’exploit humain. 5/6

Le retour de Frank James (Fritz Lang, 1940)
Comme son titre l’indique, le premier western de l’auteur traite du mouvement, du transport, du réseau diffus des rumeurs et des informations : journaux, affiches, rivalités des organes de presse, guerre des scoops (menée par une jeune Gene Tierney en simili-suffragette), batterie de supports croisant leur efficacité respective comme on croise le fer, s’affrontant sur le terrain de l’influence et du droit, faisant mine de mesurer leur poids à l’aune de la vérité. En témoigne la scène caractéristique qui voit les frères Ford rejouer la mort de James sur les planches en se faisant passer pour des héros. Approche intéressante, mais qui ne comble pas le déficit d’engagement et de rigueur dont souffre hélas le film, ni le flou moral laissé par la quête vengeresse du héros, jamais interrogée ni remise en question. 3/6

Les doigts dans la tête (Jacques Doillon, 1974)
Que faire quand on arrête tout, qu’on est apprenti mitron, maltraité, exploité, et qu’on prend soudain conscience d’en avoir ras le bol, parce qu’on est jeune et qu’on aimerait bien vivre ? C’est l’histoire de ce garçon, de son copain, de sa petite amie, d’une pétillante Suédoise de passage, aussi dégourdie que mature, qui perturbe l’alchimie du groupe mais provoque surtout la salutaire remise en question de ses camarades. Le film invite à suivre l’évolution d’une bulle quasi polyamoureuse jour par jour, nuit par nuit, à participer d’un œil critique à une existence devenue plus intense et plus vraie. La fraîcheur des interprètes, la spontanéité des situations, la cocasserie du verbe contribuent au charme singulier délivré par cette chronique tendre et grave, où la révolte politique le dispute au désordre sentimental. 4/6

China girl (Abel Ferrara, 1987)
Le réalisateur s’offre sa propre version de Roméo et Juliette, un East Side Story où s’affrontent les communautés rivales de Chinatown et de Little Italy. Stylisme branché très eighties, héros tout droit sorti de Karaté Kid, ambiances nocturnes, coiffures gominées, débardeurs collants, néons rouges et ombres bleutées sur les murs. Au-dessus des amoureux sacrifiés et de la guerre des clans trône un pacte économique stable entre l’oncle chinois et le parrain rital qui trinquent ensemble. En bas les marionnettes s’agitent, de désir (les amants pris dans la danse jusqu’à la figure figée de leurs corps tués d’une seule balle) ou de colère (les gangs entraînés dans l’explosion vaine de la violence). Une fois encore le style transcende les clichés d’un récit programmé pour faire éclore une vraie force dramatique. 4/6

L’éventail de lady Windermere (Ernst Lubitsch, 1925)
Luxe, calme et volupté : ainsi pourrait-on définir l’art lubitschien, décliné par cette adaptation d’Oscar Wilde avec une élégance sans éclats et sans ombres. Sous une forme que l’intrigue fragile permet d’épurer à l’extrême, le film déploie le nuancier des stratégies d’écriture propre à l’auteur : incessante circulation des acteurs et des objets, perméabilité du cadre qui joue avec la coulisse du hors-champ, vue partielle et fausse de l’action qu’ont les protagonistes les plus conformistes, prisme de regards induit par un montage sophistiqué, subtile traduction spatiale des rapports humains. La gravité du mélodrame s’équilibre au mordant d’une satire où s’exposent les raideurs de la société victorienne, double aspect justifiant le principe qui répartit le talent et l’humour entre les groupes de personnages. 4/6

Boule de feu (Howard Hawks, 1941)
D’un côté les livres, les tapis, les vêtements informes, la régularité monotone des promenades, la définition étroite des compétences au sein d’un cercle fermé sur sa fonction théorique. De l’autre l’éclat de la danse, les paillettes d’un costume de scène, l’humeur badine d’un comportement intuitif et spontané. La rencontre de ces deux mondes est celle du mat et du brillant, de l’intellect et de l’instinct, de la raideur et de la grâce, de l’homme et de la femme surtout, cette dernière brisant le rapport que le premier entretenait avec une image fausse de lui-même. Pleine de mots d’esprit pétillants et de situations loufoques ou tendres à la Capra, excellemment servie par Cooper et Stanwick, le film montre qu’il faut se livrer à un certain désordre et le dépasser pour rajeunir l’ordre, comme en une fête. 4/6

Le garçon aux cheveux verts (Joseph Losey, 1948)
Orphelin de guerre recueilli par un ancien artiste de cirque, Peter voit un jour ses cheveux devenir verts. Étonnement. Réaction dans la petite ville américaine. Tempêtes sous un crâne. Morale de l’Histoire. Symboles. Déjà lourde de sens, l’idée devient pléonasme lorsque le garçon décide de cultiver sa différence comme une exhortation à la guerre contre la guerre. L’allégorie, qu’on accepte quand elle reste au stade de la féérie, gêne dès que la vie disparaît pour laisser place à la démonstration lénifiante. N’en reste pas moins une œuvre honnête, parfois touchante, pleine de jolis détails épars : la dignité de l’enfant au crâne tondu, la peinture du bonheur et de la vie simple d’un bourg encore tout marqué par le conflit, des adultes frottant affectueusement des cheveux châtains qu’ils ne craignent pas encore. 3/6

The Falls (Peter Greenaway, 1980)
Le premier film de Greenaway, très influencé par le cinéma expérimental et fréquemment projeté dans des circuits non commerciaux, a longtemps tenu du légendaire. En quatre-vingt douze mini-biographies absurdes, il égrène les entrées d’un annuaire imaginaire, adopte le ton impersonnel du reportage (voix off neutres, témoins parlant face caméra, images d’archives, prises de vues pseudo-documentaires), déroule une logorrhée verbale en forme de marathon et pousse radicalement les effets d’accumulation et de répétition. L’humour délirant mais pince-sans-rire le dispute à l’inquiétude morbide de l’holocauste, et l’écriture automatique y est toujours menacée par les lois ludiques d’une construction sérielle. Entre canular et œuvre d’art obsessionnelle, l’exercice intrigue autant qu’il exaspère. 3/6

Cyclone à la Jamaïque (Alexander Mackendrick, 1965)
Dans les pas du Fritz Lang de Moonfleet, la réalisateur bâtit un film de gestes et de regards, un film-chronique à la respiration régulière, un film où l’on sent l’air marin, où l’on voit l’activité fébrile d’un pont de schooner et les voiles se gonfler sous le vent, un film clair, avare d’effets, qui joue le jeu du genre tout en faisant oublier ses atouts biseautés. Si l’enfant reste une énigme qu’elle ne cherche pas à percer, l’œuvre n’en dévoile pas moins l’amoralité foncière de cette période, sa liberté presque mortifère, et la saisit dans toute son ambigüité : ni innocente ni coupable, pas plus empreinte de pureté originelle que de dévoiement social. Lumineux mais cruel, limpide mais atypique, secoué d’éclatantes ruptures de ton, ce conte stevensonien brille d’une émanation mystérieuse et tout à fait singulière. 5/6

La maison des étrangers (Joseph L. Mankiewicz, 1949)
Chez Mankiewicz, le paradigme des portraits peints et des intrigues anciennes vient toujours se frotter au monde vivant, entrer en concurrence avec lui, relativiser à son contact sa propre permanence, pour mieux s’effacer quand leurs répétitions approximatives se multiplient en une série de duplications internes. Ainsi de ce drame feutré mais cruel construit sur le modèle shakespearien du Roi Lear, où le commentaire social corrosif le dispute à la noirceur d’une tragédie familiale fondée sur l’inoculation du venin paternel. Et si l’auteur apporte brillamment sa pierre à la démystification du rêve américain, c’est parce que son art du geste significatif et de la réplique cinglante est à nouveau porté par un casting remarquable au sommet duquel trône Edward G. Robinson en tyran pathétique. 5/6

Ne touchez pas la hache (Jacques Rivette, 2007)
Il y a quelque chose de naïvement chimérique dans le soin mis par le réalisateur à transposer fidèlement l’écriture de Balzac. Mais comme Rohmer, qui se plaît à souligner sa dette envers la littérature anglaise, Rivette se soumet ici aux contraintes de la comedy of manners en tirant parfois l’écrivain français du côté de Jane Austen. Très attentive au langage et aux gestes, aux détails du vêtement, de la décoration et du rituel social, cette tragédie à la fois austère et frémissante raconte l’histoire d’amour désynchronisée entre une coquette tardivement vaincue par la passion et un ténébreux général d’artillerie, allie prestige du verbe et rigueur épurée du récit, et parvient à donner la certitude de la mort en marquant à coups d’ellipses et de cartons allusifs le passage des jours et la causalité des évènements. 4/6

Après la tempête (Hirokazu Kore-eda, 2016)
Sismographe attentif des reconfigurations sentimentales, des renaissances intimes, des déliaisons diversement vécues au sein de la cellule familiale, l’auteur poursuit un cinéma jamais totalement cocasse ni complètement désenchanté. Parce que s’y lit en filigrane le constat assez amer d’une paternité désaccordée à ses désirs, prenant trop tard la mesure de ses faillites et de ses illusions, parce que les affects s’y formulent davantage sur le mode du reproche et du regret que sur celui d’une réconciliation longuement conquise, le film ne fait pas vraiment effleurer cette sensibilité épidermique qui couvre de chaleur humaine les plus beaux opus films du cinéaste. Il n’en délivre pas moins, par son art du portrait, sa bienveillance innée, la connivence qu’il entretient avec ses personnages, un charme certain. 4/6

Woyzeck (Werner Herzog, 1979)
Un trou de garnison de la Hesse, au cœur du XIXème siècle. Franz Woyzeck remplit ses devoirs de soldat et effectue quelques menues tâches complémentaires (barbier du capitaine, cobaye d’un médecin de camp de concentration mi-Dieu féroce, mi-Frankenstein au petit pied). Kinski apporte à ce gringalet fébrile, cette bête traquée, ce simplet hagard tout le fruit d’un travail d’autosculpture tétanique. Parce que la société totalitaire le dédaigne avant d’en faire la proie de les maléfices, il est sujet à des hallucinations qui le conduisent à la folie et au meurtre passionnel, et ploie sous l’éternelle actualité du malheur. En réduisant à la neutralité ou à l’inexistence ce qu’il l’entoure, le cinéaste marque sa volonté de filmer un documentaire humain, centré sur un seul spécimen, mais non sans douleur, colère ou pitié. 4/6


Et aussi :

Félicité (Alain Gomis, 2017) - 4/6
Maria's lovers (Andreï Kontchalovski, 1984) - 5/6
L'important c'est d'aimer (Andrzej Zulawski, 1975) - 4/6
Un homme et une femme (Claude Lelouch, 1966) - 3/6
Le petit César (Mervyn LeRoy, 1931) - 4/6
Margaret (Kenneth Lonergan, 2011) - 5/6
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Films des mois précédents :
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Mars 2017À la recherche de Mr Goodbar (Richard Brooks, 1977)
Février 2017Raphaël ou le débauché (Michel Deville, 1971)
Janvier 2017La la land (Damien Chazelle, 2016)
Décembre 2016Alice (Jan Švankmajer, 1987)
Novembre 2016 - Dernières nouvelles du cosmos (Julie Bertuccelli, 2016)
Octobre 2016 - Showgirls (Paul Verhoeven, 1995)
Septembre 2016 - Aquarius (Kleber Mendonça Filho, 2016)
Août 2016 - Le flambeur (Karel Reisz, 1974)
Juillet 2016 - A touch of zen (King Hu, 1971)
Juin 2016 - The witch (Robert Eggers, 2015)
Mai 2016 - Elle (Paul Verhoeven, 2016)
Avril 2016 - La pyramide humaine (Jean Rouch, 1961)
Mars 2016 - The assassin (Hou Hsiao-hsien, 2015)
Février 2016Le démon des femmes (Robert Aldrich, 1968)
Janvier 2016La Commune (Paris 1871) (Peter Watkins, 2000)
Décembre 2015Mia madre (Nanni Moretti, 2015)
Novembre 2015Avril ou le monde truqué (Franck Ekinci & Christian Desmares, 2015)
Octobre 2015Voyage à deux (Stanley Donen, 1967)
Septembre 2015Une histoire simple (Claude Sautet, 1978)
Août 2015La Marseillaise (Jean Renoir, 1938)
Juillet 2015Lumière silencieuse (Carlos Reygadas, 2007)
Juin 2015Vice-versa (Pete Docter & Ronaldo Del Carmen, 2015) Top 100
Mai 2015Deep end (Jerzy Skolimowski, 1970)
Avril 2015Blue collar (Paul Schrader, 1978)
Mars 2015Pandora (Albert Lewin, 1951)
Février 2015La femme modèle (Vincente Minnelli, 1957)
Janvier 2015Aventures en Birmanie (Raoul Walsh, 1945)
Décembre 2014Enquête sur un citoyen au-dessus de tout soupçon (Elio Petri, 1970)
Novembre 2014Lifeboat (Alfred Hitchcock, 1944)
Octobre 2014Zardoz (Sean Connery, 1974)
Septembre 2014Un, deux, trois (Billy Wilder, 1961)
Août 2014Le prix d’un homme (Lindsay Anderson, 1963)
Juillet 2014Le soleil brille pour tout le monde (John Ford, 1953)
Juin 2014Bird people (Pascale Ferran, 2014)
Mai 2014Léon Morin, prêtre (Jean-Pierre Melville, 1961) Top 100
Avril 2014L’homme d’Aran (Robert Flaherty, 1934)
Mars 2014Terre en transe (Glauber Rocha, 1967)
Février 2014Minnie et Moskowitz (John Cassavetes, 1971)
Janvier 201412 years a slave (Steve McQueen, 2013)
Décembre 2013La jalousie (Philippe Garrel, 2013)
Novembre 2013Elle et lui (Leo McCarey, 1957)
Octobre 2013L’arbre aux sabots (Ermanno Olmi, 1978)
Septembre 2013Blue Jasmine (Woody Allen, 2013)
Août 2013La randonnée (Nicolas Roeg, 1971)
Juillet 2013Le monde d’Apu (Satyajit Ray, 1959)
Juin 2013Choses secrètes (Jean-Claude Brisseau, 2002)
Mai 2013Mud (Jeff Nichols, 2012)
Avril 2013Les espions (Fritz Lang, 1928)
Mars 2013Chronique d’un été (Jean Rouch & Edgar Morin, 1961)
Février 2013 – Le salon de musique (Satyajit Ray, 1958)
Janvier 2013L’heure suprême (Frank Borzage, 1927) Top 100
Décembre 2012 – Tabou (Miguel Gomes, 2012)
Novembre 2012 – Mark Dixon, détective (Otto Preminger, 1950)
Octobre 2012 – Point limite (Sidney Lumet, 1964)
Septembre 2012 – Scènes de la vie conjugale (Ingmar Bergman, 1973)
Août 2012 – Barberousse (Akira Kurosawa, 1965) Top 100
Juillet 2012 – Que le spectacle commence ! (Bob Fosse, 1979)
Juin 2012 – Pique-nique à Hanging Rock (Peter Weir, 1975)
Mai 2012 – Moonrise kingdom (Wes Anderson, 2012)
Avril 2012 – Seuls les anges ont des ailes (Howard Hawks, 1939) Top 100
Mars 2012 – L'intendant Sansho (Kenji Mizoguchi, 1954)
Février 2012 – L'ombre d'un doute (Alfred Hitchcock, 1943)
Janvier 2012 – Brève rencontre (David Lean, 1945)
Décembre 2011 – Je t'aime, je t'aime (Alain Resnais, 1968)
Novembre 2011 – L'homme à la caméra (Dziga Vertov, 1929) Top 100 & L'incompris (Luigi Comencini, 1967) Top 100
Octobre 2011 – Georgia (Arthur Penn, 1981)
Septembre 2011 – Voyage à Tokyo (Yasujiro Ozu, 1953)
Août 2011 – Super 8 (J.J. Abrams, 2011)
Juillet 2011 – L'ami de mon amie (Éric Rohmer, 1987)
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Rick Blaine
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Re: Commentaires à propos de votre film du mois

Post by Rick Blaine »

The Boogeyman wrote:
Au final, ex-aequo :

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Magnifique doublé !
aelita
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Re: Commentaires à propos de votre film du mois

Post by aelita »

Bilan du mois

Encore un mois bien rempli, quoique nettement moins fourni en sorties salles. Comme souvent, le plus dur a été de choisir un film du mois, parmi les quelques prétendants au titre. Finalement, prime à l'originalité, avec un film passé quelque peu inaperçu en salles, et projeté fort discrètement (en fin de soirée) sur Arte.
Donc :

Film du mois Casanova variations (Michael Sturminger), suivi de :
2. Wild boys of the road (William Wellman)
3. L'homme aux mille visages (Alberto Rodriguez)
4. Et vogue le navire (Federico Fellini)
5. Ikarie XB1 (Jindrich Polak)
6. Je la connaissais bien (AntonIo Pietrangeli)
7. Paris la blanche (Lidia Terki)
8. L'affranchie (Marco Danieli)
9. L'Opéra (Jean-Stéphane Bron)
10. L'or du Cristobal (Jacques Becker)
Accessits à Sage Femme (Martin Provost , Django (Etienne Comar) et Le procès du siècle (Mick Jackson)
Last edited by aelita on 1 May 17, 01:52, edited 2 times in total.
Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ? (pensée shadok)
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Joshua Baskin
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Re: Commentaires à propos de votre film du mois

Post by Joshua Baskin »

Un mois très riche, nourri de quelques pépites, le premier se détache très nettement :

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The lost city of Z (James Gray)

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Love and Mercy (Bill Polhad)

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Nocturama (Bertrand Bonello)

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Le père de mes enfants (Mia Hansen-Løve)

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Mes chers amis (Mario Monicelli)
Laissez-moi passer, je suis Francis Moury
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Jeremy Fox
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Re: Commentaires à propos de votre film du mois

Post by Jeremy Fox »

Joshua Baskin wrote:
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Love and Mercy (Bill Polhad)
8)
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manuma
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Re: Commentaires à propos de votre film du mois

Post by manuma »

Top 5 de mai :

1. BRIDGE OF SPIES - Steven Spielberg (2015)
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2. SPOTLIGHT - Tom McCarthy (2015)
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3. LA LOI DU MARCHE - Stephane Brizé (2015)
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4. YOUNGBLOOD - Noel Nosseck (1978)
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5 (ex aequo). THE BROTHERHOOD OF SATAN - Bernard McEveety (1970) & BEAT GIRL - Edmond T. Greville (1960)
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Karras
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Re: Commentaires à propos de votre film du mois

Post by Karras »

Un mois de séries TV et peu de films marquants. Un podium malgré tout :
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Tom Peeping
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Re: Commentaires à propos de votre film du mois

Post by Tom Peeping »

J'ai vu en avril

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*** excellent / ** bon / * moyen / 0 mauvais

Dangereuse sous tous rapports / Something wild (Jonathan Demme, 1986) **
Un avocat de Manhattan se fait entraîner dans une virée sur la route par une imprévisible jeune femme. Passant à mi-film de la comédie romantique au thriller, un road movie existentiel sur l'attrait de l'inconnu dont les changements de ton (et de tenues) rythment la progression et où l'Amérique des dinners et des stations services est sublimée par la photo aux couleurs pop. Avec Jeff Daniels, Mélanie Griffith et un Ray Liotta vraiment effrayant. BR FR

The greasy strangler (Jim Hosking, 2016) 0
A L.A., un père et son fils crades et demeurés se partagent les faveurs d'une grosse nana paumée et se transforment en étrangleurs occasionnels et gluants. Il n'y a rien à sauver dans ce film totalement et irrémédiablement nul qui n'existe que pour la provocation gratuite. Des fart jokes aux costumes disco, des prothèses péniennes au jeu outrancier, tout n'est qu'idiotie satisfaite, ersatz pathétique des classiques trash de John Waters. Vu 45'. BR UK

Travolta et moi (Patricia Mazuy, 1994) **
En 1978 à Châlons-sur-Marne, une fille de boulangers s'entiche d'un camarade intellectuel qui l'a séduite par pari. Les révoltes et les aspirations à l'autre chose de l'adolescence sont au coeur de ce téléfilm Arte dont le sujet banal est surclassé par une mise en scène qui exploite à merveille les travellings, le jeu instinctif de ses jeunes acteurs et un accompagnement musical (Bee Gees, Joe Dassin...) parfaitement intégré à l'action. Internet

Catfight (Onur Tukel, 2016) ***
A New York, deux ex-amies de fac (Sandra Oh et Anne Heche, qui donnent tout) se retrouvent par hasard après vingt ans lors d'un cocktail mondain, l'une invitée, l'autre serveuse. De petites humiliations verbales enclenchent un affrontement physique dévastateur. Le scénario brillant panache humour, émotion, cruauté et violence dans une fable sur la frustration et la rage affective, professionnelle et politique. On rit beaucoup, jaune surtout. BR UK

German concentration camps factual survey (Sidney Bernstein/Imperial War Museums, 1945/2014) ***
Restauré en 2010-2014 à partir du film de 1945 inachevé et jamais montré au public, un éprouvant documentaire de 70' fait d'images tournées en avril 1945 à la libération de plusieurs camps. Certaines scènes ont déjà été vues par ailleurs (Auschwitz) mais la plupart sont inédites, dont la partie sur Bergen-Belsen. Comme son titre l'indique, le film - qui doit être remis dans le contexte de 1945 - ne s'intéresse qu'aux faits, pas à l'interprétation. BR UK

King Cobra (Justin Kelly, 2016) *
En 2005, un jeune acteur de webporno gay déclenche une affaire criminelle. D'après le fait divers autour de Brent Corrigan, un petit film illustratif qui ne va pas plus loin que l'histoire qu'il raconte, par manque de point de vue et d'idées de mise en scène. Christian Slater est excellent en producteur vieillissant de vidéos amateurs et James Franco, une fois de plus tourmenté par l'homosexualité, en fait des tonnes en concurrent du premier. DVD Z2 UK

Studio 54 - Director's cut (Mark Christopher, 1998) *
Le director's cut 2015, qui retire les scènes ajoutées et réintègres celles retirées par Miramax à l'époque, éclaire la bisexualité du personnage principal, un type du New Jersey embauché comme barman au Studio 54 en 1979. Cette histoire de pauvres jeunes gens exploités par de riches prédateurs méritait une mise en scène flamboyante : on a à la place un fade et plat conte moral, illuminé par l'ambiance et le rythme Disco de la boîte. BR DE

Quelques minutes après minuit / A monster calls (Juan Antonio Bayona, 2016) *
Malgré tous les avantages qu'il a pour lui (une histoire touchante, un thème fort, des séquences animées splendides, des citations de King Kong...), ce film sur un jeune garçon qu'un arbre vivant aide à surmonter l'angoisse de voir sa mère agoniser n'a pas réussi à m'émouvoir. La faute sans doute à des effets spéciaux trop voyants (surtout la fin) et une mise en scène appliquant trop sagement la recette spielbergienne. Le coeur n'y est pas. BR US

Les premiers les derniers (Bouli Lanners, 2016) **
Deux quinquagénaires taiseux (Albert Dupontel et Bouli Lanners, intenses) cherchent un portable volé dans une région déserte et maussade et croisent des vivants, des morts et un ressuscité. Une fable assez hermétique sur la bienveillance qui transpose tous les codes du western apocalyptique dans une Beauce filmée comme les Grandes Plaines. Si on aime l'ambiance, on aimera le film. Avec Michael Lonsdale et Max von Sydow en guest stars. BR FR

Silence (Martin Scorsese, 2016) *
En 1641, deux jeunes prêtres portugais partent au Japon en rechercher un autre au moment de persécutions chrétiennes. Le sujet intéressant et profond sur la foi en milieu hostile ne résiste pas au scénario répétitif (capture, martyre, capture, martyre), à la longueur douloureuse (plus de 2h30), au choix de la voix off chuchotante - à la Malick - du personnage principal et à la mise en scène terriblement académique. Décevant. BR US

Manifesto (Julian Rosenfeldt, 2015) ***
Une géniale installation vidéo où Cate Blanchett dit 13 manifestes de l'art du XXe s. à travers 13 fictions très cinématographiques de 10 minutes dans lesquelles elle interprète une chorégraphe, une veuve, un SDF, une journaliste TV, une ouvrière, une mère au foyer... L'ensemble est à la fois inventif, hilarant et puissant, donnant vie, sens et actualité à des textes enflammés essentiels mais souvent indigestes. Expo Beaux-Arts de Paris

The People vs. O.J. Simpson (Scott Alexander & Larry Karaszewski, 2016) ***
Un passionnant téléfilm en 8 épisodes qui retrace le procès Simpson de 1995, ses coups de théâtre et son cirque médiatique. Le point de vue principal, celui de la procureure Marcia Clark (Sarah Paulson, formidable), donne son intensité émotionnelle - et féministe - à cette stupéfiante affaire. On frise parfois le camp (Travolta en Robert Shapiro, les Kardashian...) mais l'efficacité du scénario, de la réalisation et du casting triomphent. BR FR

20th century women (Mike Mills, 2016) **
En 1979 à Santa Barbara, les liens d'une petite tribu formée par une mère poule, son fils ado et deux jeunes femmes et un mécanicien qu'ils hébergent. Le sentiment du temps et de l'existence qui passent sans avoir l'impression d'y participer sont en trame de cette chronique mélancolique et drôle dont le décalage contrôlé confine un peu à la pose. Une sorte de soap opera indie et féministe. Annette Bening est formidable, Elle Fanning une révélation. BR US

Daddy (Gerald McCullouch & Dan Via, 2015) 0
A Pittsburgh, un gay quinquagénaire a une liaison avec son stagiaire et découvre que celui-ci... le titre donne l'idée. Un petit film indépendant où tout est embarrassant : les dialogues, le jeu des piètres acteurs, la mise en scène, les clichés et le traitement d'un sujet qui méritait mieux. La touche "accéléré" de la télécommande à fonctionné après 30', le maximum de ce que j'ai pu tenir. La pièce d'origine était peut-être meilleure, peut-être. BR US

Le désordre et la nuit (Gilles Grangier, 1958) 0
J'aurais aimé aimer ce film de Grangier avec Gabin et Darrieux sur un vieux flic qui s'éprend d'une jeune droguée et escort (Nadja Tiller) dans une boîte des Champs. Mais à part quelques vues nocturnes de Paris, l'artifice de l'écriture, des vices et du studio amidonnent toute la dynamique et on regarde ça comme un ennuyeux musée de cire. Le genre de produit qui faisait hurler les orfraies de la Nouvelle Vague et ici ils n'avaient pas tort. BR FR

Love & friendship (Whit Stillman, 2016) ***
Drôle et mordante, cette adaptation d'une nouvelle de Jane Austen sur une veuve anglaise à l'assaut d'un nom et d'une fortune au tournant des années 1800 est une comédie sociale toute en dialogues dont la spiritualité fait penser à Oscar Wilde. Kate Benckinsale et Chloë Sevigny sont formidables en opportunistes labourant les riches familles provinciales. Un excellent vaudeville en costumes où les femmes mènent la danse. BR FR

Le prince de Hombourg / Il principe di Homburg (Marco Bellocchio, 1997) ***
Vers 1800, le jeune commandant somnambule d'un bataillon allemand, condamné à mort pour non obéissance, fait face à sa conscience (et à son inconscient). Baignée dans une pénombre rompue par la lune et les torches, cette triomphante adaptation de la pièce de Kleist est un chef-d'œuvre de Romantisme dans ses thèmes et dans sa mise en scène. Andrea di Stefano est parfait en bouleversant soldat tourmenté par le rêve, l'amour et l'honneur. BR FR

Marguerite (Xavier Giannoli, 2015) **
En 1921, une riche et excentrique baronne délaissée par son mari s'essaye à l'opéra malgré sa voix épouvantable. D'une histoire (inspirée par la vraie Florence Foster Jenkins) qui se prêtait à la comédie le réalisateur a fait un drame cruel sur le mensonge, l'exploitation et l'illusion. Catherine Frot donne à son personnage une fragilité et une candeur touchantes et Michel Fau, génial, apporte un grain de folie à un film autrement assez froid. BR FR

Vampires en toute intimité / What we do in the shadows (Jemaine Clement & Taika Waititi, 2014) 0
Le quotidien de quatre (puis cinq) vampires d'époques différentes qui cohabitent dans une vieille demeure de Wellington, Nouvelle-Zélande. Un sujet à potentiel que les auteurs réduisent au jus de navet par excès de coolitude, de potacherie et d'esprit found footage, le genre où les personnages font des clins d'oeil satisfaits à la caméra après chaque pitrerie. Une comédie lamentable donc que j'ai vue en accéléré après 20', c'est dire. BR DE

Voyage à travers le cinéma français (Bertrand Tavernier, 2016) **
Pas un documentaire sur le cinéma français mais un voyage subjectif avec Tavernier qui, comme dans tout voyage, choisit ses points de chute : Becker, Renoir, Gabin, Carné, Jaubert, Gréville, Melville, Sautet. Le regard est personnel et intime, celui d'un cinéphile avant tout qui se trouve être aussi réalisateur. On ne sent pas les 3h15 passer et les commentaires font voir tous les extraits de films sous un angle souvent pertinent et imprévu. BR FR

Multiple maniacs (John Waters, 1970) *** Mon film du mois
Queer, subversif et potache, l'un des premiers films de John Waters condense déjà tout l'univers du réalisateur (tout au moins le meilleur, jusqu'à "Polyester" en 1981). Divine y crève l'écran en Lady Divine, criminelle et star du Cavalcade of Perversions, dans une série de séquences comico-trash qui offensent la bien-pensance américaine, le catholicisme et le cinéma avec un grand C. Le casting des Dreamlanders est comme un Who's Who dépravé. BR US

The summit (Nick Ryan, 2012) *
Le 1er août 2008, 11 alpinistes et sherpas mouraient en redescendant du sommet du K2. Ce documentaire (avec quelques séquences reconstituées avec acteurs) revient sur le drame avec, comme tout fait divers de ce genre, ses éléments de rêve, de risque, de malchance, d'héroïsme et de mauvais jugements. Rien d'original donc mais on ne se lasse pas de contempler, depuis le canapé, l'univers sublime et hostile de la haute montagne. BR DE
... and Barbara Stanwyck feels the same way !

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Re: Commentaires à propos de votre film du mois

Post by cinéfile »

TOP 3 de ce mois d'avril :

1) Voyage à travers le cinéma français (Tavernier, 2016)

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2) Hôtel des Amériques (Téchiné, 1981)

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3) Le Secret derrière la porte (Lang, 1948)

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C2302t
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Re: Commentaires à propos de votre film du mois

Post by C2302t »

Mon top 3, qui est en fait un top 4 :
1 le trou de Jacques Becker
et à égalité : le solitaire de Michael mann
Mon oncle Benjamin d Édouard molinaro
Les gardiens de la galaxie 2 de James gunn
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Re: Commentaires à propos de votre film du mois

Post by Harkento »

Mon Top8 d'avril, un mois riche en découverte !

- FILM DU MOIS -
1. Une blonde émoustillante (1981) de Jiri Menzel
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S'ensuit :
2. Quelques minutes après minuit (2016) de J.A. Bayona
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3. Exte : hair extensions (2007) de Sono Sion
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4. I Am Not a Serial Killer (2016) de Billy O'Brien
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5. The gift (2015) de Joel Edgerton
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6. Le roi des singes (1963) de Wan Laiming
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7. 20 000 lieues sous les mers (1954) de Richard Fleischer
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8. Inside Job (Nicolas Winding Refn)
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