Commentaires à propos de votre film du mois

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés à partir de 1980.

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Hitchcock
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Re: Commentaires à propos de votre film du mois

Post by Hitchcock »

Mois particulièrement riche en découvertes avec pas moins de 31 films vus (plus de nombreux courts-métrages/documentaires).

Film du mois ex-æquo :
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New York-Miami de Frank Capra (1934)
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La Gouffre aux Chimères de Billy Wilder (1951)
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Le reste dans un mouchoir de poche :

2. French Cancan de Jean Renoir (1954)
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3. Le temps de la colère de Richard Fleischer (1956)
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4. La Petite Lise de Jean Grémillon (1930)
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5. Voyage en Italie de Roberto Rossellini (1954)
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Mais aussi :

6. Histoire de détective de William Wyler (1951)

7. Meurtre sous contrat d'Irving Rapper (1958)

8. L'Homme de l'Ouest d'Anthony Mann (1958)

9. Le Convoi des Braves de John Ford (1950)

10. Drôle de frimousse de Stanley Donen (1957)

11. Un singe en hiver de Henri Verneuil (1962)

12. Coincée de Phil Karlson (1955)

13. Représailles en Arizina de William Witney (1965)

14 ex-aequo. La femme au gardénia (1953) et Le Retour de Frank James (1940) de Fritz Lang

15. Age of Consent de Michael Powell (1969)

Prix complémentaires :

Réalisateur du mois :
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Fritz Lang
Redécouverte du mois :
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Les Fraises Sauvages d'Ingmar Bergman (1957)

Suivi par :
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Ariane de Billy Wilder (1957)
et
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Le Salaire de la Peur d'Henri-Georges Clouzot (1953)
Prix d'interprétation masculin :
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Vince Edwards pour le rôle de Claude (le tueur) dans Meurtre sous Contrat
Prix d'interprétation féminin :
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Ginger Rogers pour le rôle de Sherry Conley dans Coincée
Prix du court-métrage :
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A Day with the Gypsies (1906)
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Thaddeus
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Re: Commentaires à propos de votre film du mois

Post by Thaddeus »

Eh bien quel mois de mai, mes aïeux ! Exceptionnel d'un point de vue qualitatif, avec un vainqueur qui devrait intégrer mon Top 100.

Mai 2014


1. Léon Morin, Prêtre (Jean-Pierre Melville, 1961)

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2. Yol (Yilmaz Güney & Serif Gören, 1982)

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3. Deux Jours, Une Nuit (Jean-Pierre & Luc Dardenne, 2014)

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Mes découvertes en détails :
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Une femme est une femme (Jean-Luc Godard, 1961)
L’année de Jules et Jim, Godard livre sa version bariolée du triangle amoureux (guetter à cet égard, parmi milles clins d’œil et allusions, l’apparition et les répliques de Jeanne Moreau). Il ne faut pas très longtemps pour s’accommoder au ton syncopé, aux cadences trépidantes, à la musicalité de ce roman-photo qui chronique les hauts et les bas d’un jeune couple des années 60. Car assez vite le cinéaste nous amuse en s’amusant, fait de l’invention malicieuse, de la surprise, du contre-pied son credo vital, multiplie calembours et contrepèteries, gags et respirations poétiques, facéties et artifices, gravité et légèreté, en puisant autant dans l’univers de Lubitsch que dans celui de Demy. Et si Karina n’est pas infâme mais bien une femme, le film s’avère quant à lui l’un des plus charmants de son auteur. 4/6

American college (John Landis, 1978)
Landis transpose l’univers du National Lampoon, mensuel satirique, véritable institution où règne la seule règle de la surcharge, et où sont exposés les comportements les plus stupides, vulgaires et méchants. Déferle donc à l’écran un catalogue exhaustif de clubs de naïfs, de complexés, de sournois, de dragueurs, de nymphettes, de pervers et d’obsédés, sous le patronage exclusif du saugrenu et du scatologique. J’avoue qu’assister aux mésaventures régressives d’une bande de débiles néanderthaliens de campus, bloqués au stade de l’infantilisme et ne pensant qu’à se murger et à baiser, ça me parle moyen. Et puisque l’efficacité comique desdites tribulations laissent à désirer, l’ensemble, plus fatiguant que mordant, ne me laissera pas une marque impérissable. 3/6

Kanzo sensei (Shōhei Imamura, 1998)
1945, le Japon est au bord de la reddition et la folie ordinaire bat son plein. Courant d’un malade à l’autre, le docteur Akagi diagnostique la même hépatite à tous ses concitoyens, sue sang et eau pour préserver une médecine empirique et compatissante, réunit une équipe de choc composée d’une jeune prostituée repentie, d’un chirurgien délabré et d’un bonze lascif. La fantaisie d’Imamura est intacte, qui à 72 ans mène tambour battant une chronique sociale à mi-chemin du burlesque satirique et de la tragédie souriante, nourrie par une véritable conviction humaniste. Lorsqu’à la fin, seuls dans une barque, le bon docteur et son assistante contemplent le champignon atomique d’Hiroshima, et que le premier lui trouve un air de foie malade, la métaphore délirante est définitivement ratifiée. 5/6

La dernière chasse (Richard Brooks, 1956)
Brooks prend sa part au problème indien et esquisse à travers le massacre des troupeaux de bisons, les bivouacs des trappeurs et le gel d’une nature dangereuse, un romanesque qui évoque la contemplation d’une idée fixe autant qu’il approfondit la figure du héros dupe de son rêve. Si on le replace dans le contexte de sa réalisation, ce western cruel sur la chasse au profit, le goût du sang qui enivre et détruit, la trahison d’un idéal de coexistence pacifique sacrifiée sur l’autel de la possession à court terme, stigmatise une culpabilité que le cinéma américain était encore frileux à évoquer. Même sans cette remise en perspective, il offre son lot d’aventures et de confrontations entre Stewart Granger, pisteur repenti dégoûté par son passé, et Robert Raylor, vraie pourriture derrière sa belle gueule. 4/6

Before sunrise (Richard Linklater, 1995)
Ça aurait pu faire un très bon petit livre, et ça finit par faire un film fort agréable, le début d’une belle aventure de cinéma entre deux êtres de fiction, mais aussi entre leur histoire et l’expérience du spectateur qui vieillira avec eux. Ici on marche, on parle, on s’assoit et puis on recommence. Ainsi déambulant, nos jeunes et charmants héros causent d’amour, ses recettes, ses techniques, ses moyens, ses anecdotes. Plongés dans l’urgence d’une séparation annoncée, ils se défont de leurs fausses pudeurs, hésitent entre ébat et débat, et se lancent dans un décodage amusant de leur discours sentimental, comme une auto-analyse en temps réel. Mais c’est surtout confrontée au poids des années que cette bulle de romantisme, pour l’instant trop volatile, prendra vraiment de l’épaisseur. 4/6

The pillow book (Peter Greenaway, 1996)
Lorsque Nagiko était enfant, son père calligraphe traçait sur son visage et son dos des idéogrammes rituels. Devenue adulte, ses amants doivent pour la combler prendre son corps comme une page vierge et le couvrir de signes… Puis le jeu s’inverse et elle décide que les hommes deviendront de véritables livres vivants, leur peau couverte de messages devenant tout à la fois l’instrument de son plaisir et celui de sa vengeance contre un éditeur autrefois responsable de sa ruine. Toute en incrustations, surimpressions, cérémonies codées, la forme se déploie ici comme un rébus, la matière des mots se conjugue à la matière des chairs, jusqu’à la sublimation et à la mort. Cinéma très sophistiqué, morbide, obsessionnel, verrouillé comme un langage cryptique, que l’on contemple sans jamais s’y engager. 3/6

Le septième continent (Michael Haneke, 1989)
Restitution froide et clinique d’un fait divers, le premier film d’Haneke remue, secoue, tout en posant les bases d’un système hérité de l’énonciation répétitive à la Jeanne Dielman. Des faits et gestes mécaniques, l’aliénation à un quotidien si morne et banal qu’il conduit cette famille bourgeoise, comme le Alain Leroy du Feu Follet, à se suicider. Le refus de toute approche empathique n’exclut pas l’émotion car une réelle détresse muette affleure des larmes sans objet de la mère, du visage si touchant et fragile de la fillette, des manifestations d’amour qui lient ces trois êtres en dissolution. C’est ce qui rend la dernière demi-heure, avec la destruction méthodique de toute possession matérielle, son agonie silencieuse, son retrait dans le noir et l’isolement (comme dans Amour, déjà), si forte et terrifiante. 5/6

Léon Morin, prêtre (Jean-Pierre Melville, 1961)
Elle se dit athée, élève seule sa fille dans un village occupé que la guerre a vidé de ses hommes, se consume d'amour pour une autre femme (le film ne louvoie pas là-dessus et il date bien de 1961), avant de rencontrer le nouvel abbé de la paroisse. Elle, c’est Barny, c’est Emmanuelle Riva, magnifique, frémissante, c’est sa voix qui magnétise, son regard et ses gestes troublés trahissant doutes, hésitations, chambardement sensuel, confusion spirituelle face au jeune curé. Leurs joutes oratoires offrent un festin succulent à l’oreille, la mise en scène exprime avec une splendide mais cruelle transparence tous les émois d’un être qui, sans le comprendre, s’ouvre à une passion interdite. Attisant le feu d’un véritable suspense intime, cette œuvre d’obstination, d’incertitude et d’élévation déroule une tragédie douce qui éclaire l’âme et fouette le cœur. 6/6

Les yeux noirs (Nikita Mikhalkov, 1987)
Trois nouvelles de Tchekhov entremêlées en un long voyage rétrospectif chargé de souvenirs heureux et de regrets étouffés, que nous raconte un vieil homme passé à côté de sa vie. Au terme du récit, on comprendra que la destinée du héros a basculée depuis longtemps dans l’insignifiance et l’oubli et que sa dérive spatiale traduisait en fait son naufrage dans le temps, seul vainqueur de toute histoire. Pour y arriver, Mikhalkov nous invite à une fantaisie virevoltante, entre la bourgeoisie italienne du début du siècle et la Russie des tsars. Cela sent parfois un peu trop l’hommage (coucou Fellini) et le savoir-faire (l’image de carte postale guette), mais de l’insouciance à la joie enfantine, du bonheur qui enivre à l’angoisse qui étouffe, tout garantit la verve et le dépaysement du numéro de charme. 4/6

La main au collet (Alfred Hitchcock, 1955)
À l’image des très dépaysants décors monégasques et de ses feux d’artifices éclairant la nuit verte du monde nocturne où Cary Grant poursuit son ombre, le film agit par scintillement glamour, substituant aux préoccupations de sexe et de mort (à l’époque, Hitchcock turbine le sujet) un glamour sans double fond. En d’autres termes, il sécrète un charme superficiel et goûte crânement, entre deux bavardages un peu ronflants, au plaisir de la gratuité, fût-ce en sacrifiant le trouble et la surprise (car il n’est pas bien difficile de deviner le fin mot de l’histoire avant qu’il n’arrive). Avec l’arme de séduction massive la plus grisante qui soit : Grace Kelly, fourreau magenta ou robe de soirée blanche, cheveux en pagaille tandis qu’elle roule à tombeau ouvert sur les routes en lacets de la principauté – le fantasme absolu. 4/6

L’empire des sens (Nagisa Ōshima, 1976)
Découvrir l’objet du scandale quarante ans après sa sortie, c’est mesurer l’audace du réalisateur et la radicalité de son geste. Car à sa manière et avec sa culture Ōshima témoigne de cette aptitude à l’oubli que les lueurs du quotidien tamisent et rendent fragile, désespéré, sans issue. Il n’est nullement question ici d’amour fou, encore moins de son apologie, comme on a pu le lire, mais bien d’une pathologie obsessionnelle qui exclut les amants hors du monde réel et social, qui les isole dans un huis-clos dépassionné fondé sur la répétition du rituel érotique, la quête d’un absolu suicidaire, et qui s’achève en toute logique sur les rives de l’assouvissement. Une liturgie du sexe plus proche de l’holocauste que de la chronique galante, et dont la dimension morbide a quelque chose d’infernal. 4/6

Le secret derrière la porte (Fritz Lang, 1947)
C’est l’époque où beaucoup de grands réalisateurs se sont piqués de psychanalyse et y vont chacun de leur petit condensé illustré (deux ans plus tôt, Hitchcock enquêtait chez le Dr Edwardes). Il est facile, ici comme ailleurs, de trouver peu vraisemblables les recours symboliques employés. Mais le suspense possède un attrait vénéneux car son schématisme est compensé par l’inventivité baroque d’une mise en scène qui le tire vers le conte de fées pour adultes – grande maison inquiétante aux chambres hantées de souvenirs, lampes torches dans la nuit, jardin mangé par la brume. En outre, s’il autopsie le désarroi d’un couple effrayé par le sexe qui devrait l’unir, Lang offre de nouvelles perspectives à son thème fétiche de la pulsion criminelle dont le meurtrier est la première victime. 4/6

Samedi soir et dimanche matin (Karel Reisz, 1960)
À Nottingham, la vie des ouvriers est réglée comme du papier à musique – monotonie chronométrée du labeur, virées du week-end au pub, à la pêche ou à la fête foraine. Tel est le quotidien d’Arthur, non-aligné qui engloutit des litres de bière, fréquente une femme mariée puis une belle jeunette, et se révolte contre le système et sa condition. Il est un peu cuistre, souvent menteur, mais intègre, pas dupe de la nouvelle logique de consommation et du développement de la culture de masse. Analysant les conflits entre les pulsions d’un individu et les contraintes collectives, Reisz traduit la critique marcusienne de la "société fermée" et le slogan "métro-boulot-dodo". Taillée avec truculence et tendresse, sa chronique de l’Angleterre contemporaine rappelle les travaux de Kazan avec Brando et Dean. En encore mieux. 5/6

Deux jours, une nuit (Jean-Pierre & Luc Dardenne, 2014)
Ne pas s’arrêter au principe, qui pourrait cumuler les handicaps d’un argumentaire manichéen contre les méfaits du Capital. Car on le sait : les auteurs ne goûtent pas à l’idée simpliste et au raccourci typologique. L’aventure de Sandra (magnifique Marion Cotillard), cette combattante d’aujourd’hui à laquelle on s’attache comme à une bouée de survie, bouleverse parce qu’elle met en jeu des comportements universels de solidarité ou de détresse, de honte ou de repentance, de courage ou d’abnégation. Elle dessine un mouvement à la fois individuel et collectif, révèle la dignité d’une prise de conscience politique, la persévérance d’un amour qui soutient, relève, encourage, et favorise l’expression d’un héroïsme prosaïque mais admirable, jusqu’à la plus belle et logique des conclusions. L’Humanisme avec un grand H. 5/6

Maps to the stars (David Cronenberg, 2014)
Depuis quelque temps, chaque film du réalisateur semble partir du précédent. Après le cynisme entropique et la très contemporaine inhumanité de la finance, il braque sa caméra sur le microcosme froid d’Hollywood, qui semble s’être vidangée de tout son contenu romanesque, de tout son attrait, de toute sa beauté, fût-elle illusoire. C’est un monde fantomatique, licencieux, où ne s’expriment plus que les folies transmises des parents à leurs enfants, ces monstres victimes de malédictions incestueuses. Comme contaminé par le creux de ce qu’il filme, Cronenberg s’en tient à des intentions, à une ironie de surface et sans trouble, privilégiant le name-dropping frénétique et la farce molle. L’affect, l’être, l’émotion ont déserté ce cinéma résolument distancié, moins stimulant que maîtrisé. 4/6

Allez coucher ailleurs (Howard Hawks, 1949)
À la fin de la guerre, un officier français et sa collègue américaine, qui ne peuvent pas se sentir, se lancent sur les routes bavaroises pour une mission. Rapprochement des contraires, amour qui ne s’avoue pas, homme et femme en embrouille perpétuelle mais faits l’un pour l’autre… Refrain connu, expédié par Hawks pour en arriver au véritable plat de résistance. Soit, lorsque les deux tourtereaux veulent se marier, une satire burlesque de l’administration qui introduit des perturbations et des mésaventures fantaisistes autour de l’inversion des genres et de l’ambigüité sexuelle – car Cary Grant devra pour épouser sa promise se faire passer pour une dame, jusqu’au travestissement. On aurait tort de ne pas en (sou)rire, mais la comédie est bien plus inoffensive et prévisible que dévastatrice. 3/6

Le journal d’une fille perdue (G.W. Pabst, 1929)
Le réalisme bien particulier de Pabst trouve dans un expressionnisme contrôlé sa force d’accusation, mais aussi cette dimension trouble, ce goût séducteur de la misère qu’on pourrait qualifier de fantastique social. Son penchant pour les effets de clairs-obscurs et les ambiances singulières, au confluent des influences de Sternberg et Stroheim, se teinte d’une fascination pour le spectacle des aberrations qu’il dévoile. Louise Brooks est ici plus passive qu’active, mais sa seule présence semble changer le cours des évènements, tandis que le propos du cinéaste articule la dénonciation et la révolte d’un enjeu mélodramatique prononcé. Car la violence de son constat est indéniable : il est infiniment préférable pour une fille allemande de 1929 d’être dans un bordel que dans une maison de redressement. 4/6

Toni (Jean Renoir, 1935)
On a souvent répété à propos ce drame populaire dans la garrigue, sur laquelle Visconti travailla comme assistant, qu’il anticipa le néoréalisme italien. Tournant au présent, à un moment où la crise économique exacerbait la xénophobie, Renoir concrétise l’utopie cosmopolite du carton inaugural en employant des ouvriers italiens, espagnols et africains, qui s’unissent tous contre un sous-chef parigot, vantard, cruel et machiste. Derrière l’oppression exercée par la masse industrielle, il fait saigner les cœurs pris par la passion, récuse tout effet pittoresque, et suggère l’illusion d’un bonheur constamment repoussé par la fatalité. Une puissante tragédie méditerranéenne, avec quatuor de guitaristes corses en guise de chœur antique et grand viaduc ferroviaire comme ligne d’échappatoire impossible. 5/6

Sanjuro (Akira Kurosawa, 1962)
Suite des aventures du samouraï errant, encore meilleure que l’original. Engagé malgré lui dans un combat déséquilibré contre la corruption des puissants, notre héros évolue, brise les schémas de déférence à son égard tout en ayant le souci d’enseigner, fait alliance avec de jeunes et naïfs idéalistes car il partage leur colère. Mené tambour battant, le film avance par bifurcations et renversements, remodèle en permanence les analyses de ses enjeux, comme un jeu de stratégie en direct où il s’agit de faire marcher sa tête plutôt que ses bras. Derrière la légèreté du style et l’humour mordant des situations, c’est un éloge de la non-violence qui se profile (voir le massacre perpétré avec dégoût ou le combat final expédié par une lame vive dans un geyser de sang). Un excellent divertissement. 5/6


Et aussi :
Yol (Yilmaz Güney & Serif Gören, 1982) - 6/6
Le roman d'un tricheur (Sacha Guitry, 1936) - 5/6
La chambre bleue (Mathieu Amalric, 2014) - 5/6
The homesman (Tommy Lee Jones, 2014) - 4/6
La loi du milieu (Mike Hodges, 1971) - 4/6
L'île de Giovanni (Mizuho Nishikubo, 2013) - 4/6
The breakfast club (John Hughes, 1985) - 4/6
Une histoire de vent (Joris Ivens, 1988) - 4/6
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Films des mois précédents :
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Avril 2014L’homme d’Aran (Robert Flaherty, 1934)
Mars 2014 - Terre en transe (Glauber Rocha, 1967)
Février 2014 - Minnie et Moskowitz (John Cassavetes, 1971)
Janvier 2014 - 12 years a slave (Steve McQueen, 2013)
Décembre 2013 - La jalousie (Philippe Garrel, 2013)
Novembre 2013 - Elle et lui (Leo McCarey, 1957)
Octobre 2013 - L'arbre aux sabots (Ermanno Olmi, 1978)
Septembre 2013 - Blue Jasmine (Woody Allen, 2013)
Août 2013 - La randonnée (Nicolas Roeg, 1971) Top 100
Juillet 2013 - Le monde d'Apu (Satyajit Ray, 1959)
Juin 2013 - Choses secrètes (Jean-Claude Brisseau, 2002)
Mai 2013 - Mud (Jeff Nichols, 2012)
Avril 2013 - Les espions (Fritz Lang, 1928)
Mars 2013 - Chronique d'un été (Jean Rouch & Edgar Morin, 1961)
Février 2013 - Le salon de musique (Satyajit Ray, 1958)
Janvier 2013 - L'heure suprême (Frank Borzage, 1927) Top 100
Décembre 2012 - Tabou (Miguel Gomes, 2012)
Novembre 2012 - Mark Dixon, détective (Otto Preminger, 1950)
Octobre 2012 - Point limite (Sidney Lumet, 1964)
Septembre 2012 - Scènes de la vie conjugale (Ingmar Bergman, 1973)
Août 2012 - Barberousse (Akira Kurosawa, 1965) Top 100
Juillet 2012 - Que le spectacle commence ! (Bob Fosse, 1979)
Juin 2012 - Pique-nique à Hanging Rock (Peter Weir, 1975)
Mai 2012 - Moonrise kingdom (Wes Anderson, 2012)
Avril 2012 - Seuls les anges ont des ailes (Howard Hawks, 1939) Top 100
Mars 2012 - L'intendant Sansho (Kenji Mizoguchi, 1954)
Février 2012 - L'ombre d'un doute (Alfred Hitchcock, 1943)
Janvier 2012 - Brève rencontre (David Lean, 1945)
Décembre 2011 - Je t'aime, je t'aime (Alain Resnais, 1968)
Novembre 2011 - L'homme à la caméra (Dziga Vertov, 1929) Top 100 & L'incompris (Luigi Comencini, 1966) Top 100
Octobre 2011 - Georgia (Arthur Penn, 1981)
Septembre 2011 - Voyage à Tokyo (Yasujiro Ozu, 1953)
Août 2011 - Super 8 (J.J. Abrams, 2011)
Juillet 2011 - L'ami de mon amie (Éric Rohmer, 1987)
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Karras
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Re: Commentaires à propos de votre film du mois

Post by Karras »

Podium du mois :
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manuma
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Re: Commentaires à propos de votre film du mois

Post by manuma »

Dés également jetés de mon côté :


1.Treme - Saison 1 (2010)
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2.Scream of fear (1961)
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3. Duffy (1968)
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4.Vincent, François, Paul et les autres... (1974)
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5. Return to Oz (1985)
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origan42
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Re: Commentaires à propos de votre film du mois

Post by origan42 »

FILM DU MOIS
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UN ANGE À MA TABLE (Jane Campion, 1990) *****
Victoire d'une courte tête du très touchant, retenu et intelligent film de Jane Campion devant la nouvelle claque 'frères Dardenne', qui, décidément, ne me déçoivent jamais. 'Deux jours, une nuit' pourrait même devenir mon film de l'année des sorties 2014.

Par ordre de préférence:
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Un ange à ma table (Jane Campion, 1990) *****
Deux jours, une nuit (Jean-Pierre Dardenne / Luc Dardenne, 2014) *****
Guerre et paix (Sergueï Bondartchouk, 1966) *****
Le jour se lève (Ken Loach, 2006) *****

Les anges marqués (Fred Zinnemann, 1948) ****
La nuit des forains (Ingmar Bergman, 1953) ****
Deux lettres anonymes (Mario Camerini, 1944) ****
Duel sans merci (Don Siegel, 1952) ****
The Verdict (Don Siegel, 1946) ****
My Sweet Pepper Land (Hiner Saleem, 2013) ****
Les hommes de la mer (John Ford, 1940) ****
Buried (Rodrigo Cortés, 2010) ****

Le monde de Suzie Wong (Richard Quine, 1960) ***
More (Barbet Schroeder, 1969) ***
Ha ha ha (Hong Sang-soo, 2010) ***
Les liaisons dangereuses 1960 (Roger Vadim, 1959) ***
Guerre et paix (King Vidor, 1956) ***
Les révoltés de la cellule 11 (Don Siegel, 1954) ***
Une manche et la belle (Henri Verneuil, 1957) ***
L'enterré vivant (Roger Corman, 1962) ***
Lincoln (Steven Spielberg, 2012) ***

La forêt pétrifiée (Archie L. Mayo, 1936) **
Si j'étais un espion... [Breakdown] (Bertrand Blier, 1967) **
L'horrible cas du docteur X (Roger Corman, 1963) **
L'amant de cinq jours (Philippe de Broca, 1961) **
Incident de frontière (Anthony Mann, 1949) **
Bloody Mama (Roger Corman 1970) **
Main dans la main (Valérie Donzelli, 2012) **
Adorable menteuse (Michel Deville, 1962) **
Le visiteur (Jean Dreville, 1946) **
L'insoumise (Howard Hawks, 1928) **

La curée (Roger Vadim, 1966) *
Le retour de la mouche (Edward L. Bernds, 1959) *
Welcome to New York (Abel Ferrara, 2014) *
Une ravissante idiote (Édouard Molinaro, 1964) *

RE-VISIONS:
L'invasion des profanateurs de sépultures (Don Siegel, 1956) ****
La septième croix (Fred Zinnemann, 1944) ****
Les chariots de feu (Hugh Hudson, 1981) ****
Le nom de la rose (Jean-Jacques Annaud, 1986) ****
Ça commence à Vera Cruz (Don Siegel, 1949) ***
La forêt interdite (Nicholas Ray, 1958) ***
The box (Richard Kelly, 2009) **
Le Baron Rouge (Roger Corman, 1971) **
Lions et agneaux (Robert Redford, 2007) *
INTERPRÉTATION FÉMININE DU MOIS: MARION COTILLARD (Sandra dans 'Deux jours, une nuit')
INTERPRÉTATION MASCULINE DU MOIS: BERNARD BLIER (le docteur Lefèvre dans 'Si j'étais un espion... [Breakdown]')
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Flavia
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Re: Commentaires à propos de votre film du mois

Post by Flavia »

1 - Démineurs & Philomena

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2 - Un ange à ma table & Julia

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3 - La maison des étrangers

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4 - Gun Crazy

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5 - Reservoir Dogs

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Jeremy Fox
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Re: Commentaires à propos de votre film du mois

Post by Jeremy Fox »

Flavia wrote:1 - Démineurs & Philomena

Tous deux auraient pu être mes films du mois. Beau choix.
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Flavia
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Re: Commentaires à propos de votre film du mois

Post by Flavia »

Jeremy Fox wrote:
Flavia wrote:1 - Démineurs & Philomena

Tous deux auraient pu être mes films du mois. Beau choix.
Merci :wink:
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Mai 2014


Film du mois

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* X-Men : Days of Future Past : Bryan Singer 2014 : 7.5/10
J'apprécie énormément le choix de ton film en mai, le volet précédent m'avait emballé. J'ai hâte de le découvrir.
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Jeremy Fox
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Re: Commentaires à propos de votre film du mois

Post by Jeremy Fox »

Flavia wrote:
Jeremy Fox wrote:

Tous deux auraient pu être mes films du mois. Beau choix.
Merci :wink:
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Film du mois

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* X-Men : Days of Future Past : Bryan Singer 2014 : 7.5/10
J'apprécie énormément le choix de ton film en mai, le volet précédent m'avait emballé. J'ai hâte de le découvrir.
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Mme Fox m'a dit en aparté à la fin de la séance que Michael Fassbaender n'avait jamais été aussi beau ; et je pense qu'elle n'a pas tort ; ça devrait te donner envie d'aller le voir encore plus rapidement :mrgreen:
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Flavia
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Re: Commentaires à propos de votre film du mois

Post by Flavia »

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:mrgreen: Mme Fox a très bon goût.
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Sybille
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Re: Commentaires à propos de votre film du mois

Post by Sybille »

Un mois de mai de très haut niveau ! :D

1. Europe 51 - Roberto Rossellini, 1952
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2. Donovan's reef - John Ford, 1963
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3. Mr Thank You - Hiroshi Shimizu, 1936
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4. Larmes de joie - Mario Monicelli, 1960
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5. True heart Susie - David Wark Griffith, 1919
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6. This sporting life - Lindsay Anderson, 1963
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7. Entre le ciel et l'enfer - Akira Kurosawa, 1963
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Tom Peeping
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Re: Commentaires à propos de votre film du mois

Post by Tom Peeping »

J'ai vu en mai

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*** excellent / ** bon / * moyen / 0 mauvais

Godzilla (Gareth Edwards, 2014) ***
Dans le genre du film de monstres, un excellent cru qui, tout en étant formaté blockbuster, propose un angle original (les monstres sont toujours présentés du point de vue des personnages-spectateurs) qui crée une réelle tension, induite par la stupeur et le chaos. La réalisation efficace et la qualité des SFX assurent le (très) grand spectacle. Un bel hommage à l'original japonais de 1954 et à ses avatars. Ciné 3D

Eaux profondes (Michel Deville, 1981) **
A Jersey, l'histoire d'amour fou entre une allumeuse (Isabelle Huppert) qui amène ses amants à sa table et son mari (Jean-Louis Trintignant) qui subit, dévoré par sa rage intérieure. Une adaptation de Patricia Highsmith, aux personnages (gamine comprise) opaques et tordus, dont l'épure touche à la froideur. L'émotion est volontairement tenue à distance et le film en tire un étrange pouvoir de fascination intellectuelle. Chabrol aurait joué autrement. BR Fr

Wit / Mon combat (Mike Nichols, 2001) ***
L'agonie à l'hôpital d'une professeur d'université en poésie du XVIIe s. (celle de John Donne) atteinte d'un cancer incurable. Un téléfilm HBO, terrible et tendre à la fois, sur le bras de fer qui s'engage entre l'esprit et le corps dans la violence d'une maladie terminale. Très écrite (le verbe est l'un des sujets du film) et audacieusement interprétée par Emma Thompson, une oeuvre intime et humaniste qui évite le pathos et remue en profondeur. DVD Z1 US

Djodaï-yé Nader az Simin / Une séparation (Asghar Farhadi, 2011) ***
Un scénario implacable, une mise en scène sans défaut et des acteurs (adultes et enfants) tous d'une surprenante justesse font de ce film iranien autour de deux couples déchirés par les conséquences en spirale d'un incident, un chef-d'oeuvre d'équilibre et de tension. Tous les éléments du mélodrame y sont mais le film les transcende pour en faire un drame humain, universel, d'une bouleversante complexité psychologique. BR Fr

El rey de la montana / Les proies (Gonazalo Lopez-Gallego, 2007) *
Un citadin qui traverse en voiture une région boisée et rocheuse est la cible de mystérieux tireurs. Un survival espagnol qui commence bien avec un point de vue radical sur le genre mais qui s'enlise dans la faiblesse de son scénario, tout entier dirigé vers une révélation fabriquée et peu significative. On peut voir ça comme une réflexion sur les jeux vidéo (c'est ce que dit son réalisateur), ouais... La Nature en revanche est très bien filmée. BR Fr

Black Robe (Bruce Beresford, 1991) ***
LE film sur l'Amérique du Nord du XVIIe s. L'hiver 1634, un jeune prêtre français (Lothaire Bluteau, habité par son rôle) et quelques indiens Algonquins entreprennent un voyage vers le Nord (en territoire Iroquois) depuis une mission jésuite et subissent les pires épreuves physiques et spirituelles. Magifiquement filmé dans la nature sauvage du Canada et doté d'un score splendide par Delerue, un film brutal de conquête et de foi. BR Allemagne

Am Ende kommen Touristen / Et puis les touristes... (Robert Thalheim, 2007) **
Un étudiant berlinois vient faire son service civil en Pologne, à Oswiecim, juste à côté de l'entrée du camp-musée d'Auschwitz. Ce petit film sobrement réalisé explore un sujet rare : le poids terrible des lieux de mémoire. Comment vivre aujourd'hui près d'Auschwitz ? Les anciens ? Les jeunes ? Une séquence résume tout : une balade à vélo dans la campagne ensoleillée débouche sur la sinistre plaine de miradors et de barbelés. DVD Z2 Allemagne

Tyrannosaur (Paddy Considine, 2011) ***
Dans une banlieue anglaise, la rencontre de deux personnages marqués par la violence, l'alcool et le sentiment d'échec. Porté par l'interprétation exceptionnelle de Peter Mullan et d'Olivia Colman dans les rôles d'un quinquagénaire veuf pétri de rage et d'une commerçante dévote battue par son mari, un film dur et désespéré où brillent pourtant de véritables éclats d'émotion et la fragile lueur d'une rédemption distante. BR Allemagne

Welcome to New York (Abel Ferrara, 2014) *
* pour Depardieu, dont la gueule bouffie et le ventre tendu à en crever envahissent l'écran avec un exhibitionnisme peu commun chez un acteur de cette magnitude. Quant au film, il est d'une médiocrité crasse dans sa mise en scène et ses dialogues. C'est le début qui est le meilleur, sur le ton voyeur comique des galipettes de DSK avec ses putes et ses potes. Et la dernière image aussi. Un film produit pour le fric, qu'évidemment il dénonce. VOD

Le dialogue des Carmélites (R.L.Bruckberger & Philippe Agostini, 1960) 0
L'éprouvant académisme de la mise en scène et la dignité révérente imposée au jeu des actrices (un casting étincelant pourtant : Alida Valli, Jeanne Moreau, Madeleine Renaud, Pascale Audret...) font que l'histoire tragique des seize Carmélites de Compiègne guillotinées à Paris en 1794 n'arrive pas à s'éléver au-dessus du spectacle de patronage. Tout est guindé et on se prend à rêver de ce que Ken Russell aurait pu faire avec ça. Web

Une vie (Alexandre Astruc, 1958) *
Malgré la splendide photographie couleur de Claude Renoir (le film semble parfois une production Hammer), c'est l'ennui qui survole cette adaptation de Maupassant, la faute au choix désastreux de commenter l'action et les sentiments en voix off sur un ton monocorde et plaintif par Maria Schell et la volonté farouche d'éviter tout débordement mélodramatique. Du coup, cette vie normande est cruellement inerte. Mais Christian Marquand est sexy. Web

Vénus aveugle (Abel Gance, 1941) **
Dédié au Maréchal, une invraisemblable histoire d'amour et d'abnégation de 2h30 dont la première partie est un peu poussive mais dont la seconde, qui démarre avec la cécité de l'héroïne (notre superstar la plus oubliée : Viviane Romance, sublimée par la caméra et les yeux au ciel pour faire l'aveugle) accumule les outrances mélodramatiques et plonge dans le camp absolu. Avec le très laid Georges Flamant dans le rôle du séducteur. Détonnant. Web

The Aristocats / Les Aristochats (Wolfang Reitherman, 1970) *
Un Disney, revu toutes ces décennies après, qui n'a pas tenu le coup. Bon, c'est vrai, le graphisme aux traits de crayon visibles est intéressant et réussi et une séquence musicale est sympathique ("Everybody wants to be a cat") mais le scénario est si faible, le méchant si transparent et la dynamique si molle qu'on attend vainement que ça décolle. La bonne surprise : les voix des deux oies, les géniales "Pigeon Sisters" du film "The odd couple" (1968). BR Fr

Frances Ha (Noah Baumbach, 2012) ***
Le personnage de Frances (Greta Gerwig, sorte d'hybride de Kate Winslet et de Chloë Sevigny), new-yorkaise de 27 ans aux attitudes immatures, semble d'une construction si artificielle que le début du film laisse craindre le pire. Et pourtant, la grâce s'installe (aidée par la mise en scène, la photo N&B et le judicieux choix musical) et le charme prend comme par magie. Un beau film sur l'adieu difficile à l'âge d'insouciance et sur les liens de l'amitié. BR Allemagne

Yellow submarine / Le sous-marin jaune (George Dunning, 1968) **
Un trip d'animation psychédélique construit autour des Beatles et d'une douzaine de leurs chansons qui surfait sur le succès récent de leur album "Sgt. Pepper's". L'absurde et la coolitude y règnent en maîtres et le dessin permet toutes les bizarreries, graphiquement et idéologiquement marquées du sceau de la fin des Sixties. Vu aujourd'hui, c'est une time capsule vraiment sympathique. Mais 1h30, c'est quand même un peu long. BR GB

Les dernières vacances (Roger Leenhardt, 1948) *** Mon film du mois
Un bachelier se souvient de ses dernières vacances avec ses cousins dans la propriété d'été familiale en passe d'être vendue. Un film magnifique, tourné en décors naturels, où l'humour, l'émotion et l'intelligence se combinent dans un équilibre parfait. La notion du passage du temps et de l'évolution irrésistible des étapes de la vie est brillamment évoquée, avec nostalgie mais sans aucune mièvrerie. Tous les acteurs sont excellents. Web

9 / Numéro 9 (Shane Acker, 2009) *
Un film en CGI sur quelques poupées de tissu qui ont survécu à une Apocalypse et affrontent des machines féroces. L'impressionnante réussite visuelle des décors de la ville en ruines et de l'animation des petits héros ne compense pas la faiblesse du scénario (proche de "Terminator 2") cliché, répétitif et qui se prend bien trop au sérieux. Ca aurait pu être autrement meilleur avec une histoire plus travaillée. Une impression de gâchis. BR Fr

Inside Llewyn Davis (Joel & Ethan Coen, 2013) **
En 1961 à New York, handicapé par une dépression autodestructrice, un chanteur de folk (Oscar Isaac, formidable) traverse sa vie et sa carrière sans réussir à s'accrocher à rien. Un film empreint de mélancolie (incarnée dans une magnifique photo bleue-grise) et d'humour doux-amer qui distille symbolisme et morale juive pour créer un conte folk existentiel d'une forte originalité. C'est peu aimable et c'est pourtant insidieusement touchant. BR Fr

Freier Fall / En chute libre (Stephan Lacant, 2013) **
Une sorte de "Brokeback Mountain" chez les CRS du Bade-Wurtemberg. L'un, dont la compagne va bientôt accoucher, s'engage dans une liaison avec un autre, gay. Il n'y a rien de bien nouveau dans le scénario (attirance, culpabilité, réaction, homophobie...) mais le film garde une crédibilité sincère sur toute sa durée, évite les clichés embarrassants et bénéficie de bons acteurs. Une tranche de vie comme une autre autour du sexe et de l'identité. BR Allemagne

The wolf of Wall Street / Le loup de Wall Street (Martin Scorsese, 2013) ***
Cette fresque tragi-comique sur le parcours d'un courtier voyou multimillionaire dans le New York des années 90, qui enchaîne les morceaux de bravoure, est un peu un "Citizen Kane" sous acide, étiré et hystérisé. Le rythme infernal et le jeu survitaminé de DiCaprio (et des autres) peuvent épuiser le spectateur ou lui donner une poussée d'adrénaline, selon sa récéptivité. Pour ma part, je me suis laissé emporter par le panache. BR Fr

Paradies : Liebe / Paradis : Amour (Ulrich Seidl, 2012) ***
Une quinquagénaire autrichienne (étonnante Margarete Tiesel, qui ose tout) part en vacances dans un club au Kenya pour combler sa solitude dans les bras de jeunes hommes noirs. Le tourisme sexuel, dont la misère n'a jamais été aussi bien observée, est le socle de cette métaphore sur l'exploitation mutuelle des Blancs et des Noirs, des vieux et des jeunes, du Nord et du Sud... Un de ces films crus et dérangeants dont l'Autriche a le secret. DVD Z2 Belgique

Zero Dark Thirty (Kathryn Bigelow, 2012) *
La traque et l'exécution de Ben Laden, entièrement vu du point de vue d'une agent de la CIA, Maya (Jessica Chastain, très bien). Le film raconte son histoire efficacement, sur le mode du thriller contemporain (la mise en scène de Bigelow est nerveuse mais sans surprise) et dresse un intéressant portrait de femme obsédée par sa mission. Dans le genre, je préfère de loin la série "Homeland" qui bénéficie de l'émotion qu'elle porte en plus. Br Fr

Vanya on 42nd Street / Vanya, 42e Rue (Louis Malle, 1994) ***
Transposée à l'écran par Louis Malle (son dernier film), la performance théâtrale à long terme du metteur en scène André Gregory et de son équipe dans un théâtre ruiné de la 42e Rue devient une formidable démonstration de la portée universelle de certains textes littéraires (ici, Tchekhov) et de l'art de l'acteur. Si (et seulement si) on se laisse prendre au concept très original du film, on est emporté jusqu'au bouleversant monologue final. BR US

Jesse James / Le brigand bien-aimé (Henry King, 1939) **
Le scénario trop lisse ne s'attache pas aux zones d'ombres de la personnalité de Jesse James, que le film présente comme un Robin des Bois fantasmé. Mais le plaisir de voir, dans un superbe Technicolor Kalmus, Tyrone Power (Jesse) et Henry Fonda (Frank) et quelques splendides moments de mise en scène (l'attaque nocturne du train) compensent. Un western teinté d'Americana qui marqua une date dans le genre. BR Fr

A l'origine (Xavier Giannoli, 2009) **
Un petit escroc (François Cluzet) berne une petite ville du Nord sinistrée en prétendant relancer un chantier d'autoroute abandonné. Part naturaliste, part allégorique, une fable (inspirée d'une histoire vraie) sur un imposteur pathologique et ses victimes consentantes par désespoir. Le sujet est passionnant et les acteurs tous excellents mais il manque juste une petite étincelle dans la mise en scène pour propulser le film plus haut. BR Fr

Diana (Oliver Hirschbiegel, 2013) 0
En se concentrant sur la romance secrète entre Diana et le chirurgien pakistanais Hasnat Khan au cours des deux dernières années de la vie de la Princesse de Galles, le scénariste pond une bluette sans mordant ni aspérité qui tire vers le téléfilm Harlequin de luxe. La courte vie de Diana a eu son lot de mélodrames, le point de vue choisi ici est l'un des plus insipides. Noami Watts (peu mimétique) fait ce qu'elle peut avec ce qu'on lui donne. BR Fr
... and Barbara Stanwyck feels the same way !

Pour continuer sur le cinéma de genre, visitez mon blog : http://sniffandpuff.blogspot.com/
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Père Jules
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Re: Commentaires à propos de votre film du mois

Post by Père Jules »

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41 films vus ce mois-ci et c'est le très sensoriel et envoûtant road-movie de Monte Hellman, Macadam à deux voies qui remporte la palme.
Sur le podium l'accompagnent Eaux profondes de Michel Deville (dix films découverts de cet auteur en mai) et Alice n'est plus ici, un de ces films de Scorsese qu'il me restait encore à découvrir. Mention très bien également Dino Risi (Au nom du peuple italien), Johnnie To (The Mission) ou Karel Zeman (Le baron de crac).

Le résumé de mai
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La reine Margot (Patrice Chéreau, 1994) Image
Macadam à deux voies (Monte Hellman, 1971) Image
Alice n'est plus ici (Martin Scorsese, 1974) Image
Au nom du peuple italien (Dino Risi, 1971) Image
The Mission (Johnnie To, 1999) Image
Boxcar Bertha (Martin Scorsese, 1972) Image
La baron de crac (Karel Zeman, 1962) Image
Le chant du styrène (Alain Resnais, 1958) Image
Enemy (Denis Villeneuve, 2013) Image
La mort a pondu un œuf (Giulio Questi, 1968) Image
Maîtresse (Barbet Schroeder, 1975) Image
Le Havre (Aki Kaurismäki, 2011) Image
Princess Bride (Rob Reiner, 1987) Image
Polytechnique (Denis Villeneuve, 2009) Image
Joe (David Gordon Green, 2013) Image
Le moustachu (Dominique Chaussois, 1987) Image
Toute la mémoire du monde (Alain Resnais, 1958) Image
La baie sanglante (Mario Bava, 1971) Image
Vivre sa vie (Jean-Luc Godard, 1962) Image
Koyaanisqatsi (Godfrey Reggio, 1982) Image
Dreamscape (Joseph Ruben, 1984) Image
Arizona Bill (Mario Bava, 1964) Image
La planète des vampires (Mario Bava, 1965) Image
Welcome to New York (Abel Ferrara, 2014) Image
Les vécés étaient fermés de l'intérieur (Patrice Leconte, 1976) Image
Effraction (Daniel Duval, 1983) Image
Le soleil des voyous (Jean Delannoy, 1967) Image
Signes (M. Night Shyamalan, 2002) Image
France société anonyme (Alain Corneau, 1974) Image
L'attaque de la femme de 50 pieds (Nathan Juran, 1958) Image
Le bénévole (Jean-Pierre Mocky, 2006) Image



Cycle Michel Deville

Eaux profondes (Michel Deville, 1981) Image
Le dossier 51 (Michel Deville, 1978) Image
Les petites demoiselles (Michel Deville, 1964) Image
Le paltoquet (Michel Deville, 1986) Image
L'ours et la poupée (Michel Deville, 1970) Image
La femme en bleu (Michel Deville, 1973) Image
Bye Bye Barbara (Michel Deville, 1969) Image
L'appartement des filles (Michel Deville, 1963) Image
La petite bande (Michel Deville, 1983) Image
Aux petits bonheurs (Michel Deville, 1994) Image
Goodprettygood
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Re: Commentaires à propos de votre film du mois

Post by Goodprettygood »

44 films ce mois-ci et le lauréat:

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Le reste:
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Films découverts / Films revus

Philadelphia - Jonathan Demme [1993] : Image
Grâce à une réalisation sans excès dans le pathos et deux acteurs au top, on accède à des moments frissonnants sur fond de justice. Le sujet avait tout pour me rebuter, bon sentiment me voici me voilà, mais on tombe jamais ici dans le manichéisme et c'est tout sauf creux. Par le biais d'un fait divers, sont soulevés les contradictions, les effets néfastes et les réelles avancées du nouveau monde progressiste - tout un programme.
Le feu follet - Louis Malle [1963] : Image

The long goodbye - Robert Altman [1973] : Image
The wolf of wall street - Martin Scorsese [2013] : Image
Smultronstallet (Les fraises sauvages) - Ingmar Bergman [1957] : Image
La vénus à la fourrure - Roman Polanski [2013] : Image
Side street - Anthony Mann [1950] : Image

La règle du jeu - Jean Renoir [1939] : Image
Ying xiong (Hero) - Yimou Zhang [2002] : Image
Trust_ - David Scwhimmer [2010] : Image
Les cousins - Claude Chabrol [1959] : Image
Rawhide - Henry Hathaway [1951] : Image
Madame Bovary - Claude Chabrol [1991] : Image
Serpico - Sidney Lumet [1973] : Image
La jument verte - Claude Autant-Lara [1959] : Image
Léon Morin, prêtre - Jean-Pierre Melville [1961] : Image
Dracula - Tod Browning [1931] : Image
Lolita - Stanley Kubrick [1962] : Image

The little mermaid - John musker & Ron Clements [1989] : Image
Un peu surchargé en chansons (10), même si souvent d'assez bonne factures, et une intrigue qui manque par moment de dynamisme, ça reste un bon petit film d'animation. Les personnages manquent de complexité, Ursula la méchante est méchante. Le traitement de la voix comme source du désir chez le prince Éric ainsi que le pouvoir déshumanisant de la perte d'accès au langage sont intéressants.
Nymphomaniac Volume 1 - Lars Von Trier [2013] : Image
Hunger games - Gary Ross [2012] : Image
La bête humaine - Jean Renoir [1938] : Image
The call of the wild - William A. Wellman [1935] : Image
Mayerling - Anatole Litvak [1936] : Image
Madame Bovary - Vincente Minelli [1949] : Image
Dumb and dumber - Peter Farrelly [1994] : Image

Sorcerer - William Friedkin [1977] : Image
Rush - Ron Howard [2013] : Image
Augustine - Alice Winocour [2012] : Image
Soylent green - Richard Fleischer [1973] : Image
Human desire - Fritz Lang [1954] : Image
Fort Massacre - Joseph M. Newman [1958] : Image
Le cochon de gaza - Sylvain Estibal [2011] : Image

In the heat of the night - Norman Jewison [1967] : Image
The hobbit: the desolation of smaug - Peter Jackson [2013] : Image
Inside Llewyn Davis - Ethan Coen & Joel Coen [2013] : Image

Yojimbo - Akira Kurowasa [1961] : Image
Elysium - Neill Bloomkamp [2013] : Image
9 mois ferme - Albert Dupontel [2013] : Image
L'homme de Rio - Philippe De Broca [1964] : Image

Philomena - Stephen Frears [2013] : Image

White dog - Samuel Fuller [1982] : Image
Film affligeant. Le pouvoir hypnotisant du magnifique berger allemand est indéniable et constitue la force du film. L'interprétation des différents acteurs est convenable la plupart du temps. Formellement ça tient la route. On effleure la série B de temps en temps mais rien de rédhibitoire. Sauf que Samuel Fuller nous impose une trame narrative binaire fainéante d'une naïveté suintant la connerie. À vouloir traiter la thématique du racisme de manière originale il en vient à enfiler que des embryons de mauvaises idées. Pour preuve, le personnage consternant de Keys le dresseur anthropologue.
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(reconditionnons les chiens devenus racistes pour annihiler le potentiel dressage raciste...)
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Typiquement le genre de film où le propos se retourne contre l'auteur.
Ai no corrida (L'empire des sens) - Nagisa Oshima [1979] : Image

La jetée - Chris Marker [1962]
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Boubakar
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Re: Commentaires à propos de votre film du mois

Post by Boubakar »

38 films vus ce mois-ci, pas de mal de films revus, et au final, une très bonne surprise, 7swans approved, et un talent à suivre :

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