Commentaires à propos de votre film du mois

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés à partir de 1980.

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reuno
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Re: Commentaires à propos de votre film du mois

Post by reuno »

Choix déchirant pour mon film du mois d'avril...

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The act of killing (Joshua Oppenheimer)

et

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Why don't you play in hell ? (Sono Sion)

Comme il ne doit en reste qu'un je choisirai le premier. J'avais déjà auparavant à deux reprises choisi un Sono Sion comme film du mois donc je pars sur l'autre.



Suivent :

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Thaddeus
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Re: Commentaires à propos de votre film du mois

Post by Thaddeus »

Film du mois d'avril 2014


1. L'homme d'Aran (Robert Flaherty, 1934)

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2. Hamlet (Laurence Olivier, 1948)

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3. Mado (Claude Sautet, 1976)

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Toutes mes découvertes en détails :
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Hamlet (Laurence Olivier, 1948)
La célèbre tragédie de Shakespeare, ses emmaillements œdipiens entre mensonge et folie, amour et haine... Les fantômes susurrent la vérité aux vivants, les oncles félons blêmissent devant le théâtre de leur infamie, et tout le monde meurt à la fin. Fidèle à la lettre autant qu’à l’esprit de son illustre modèle, Laurence Olivier en signe un peu l’adaptation ultime, un exemple de tension dramatique aux prolongements psychanalytiques, où chaque mouvement de caméra (amples panoramiques balayant l’espace), chaque décor (circonscrit à des alcôves et des couloirs), chaque configuration scénique fait sens. Comme embrumée par les troubles de l’âme humaine, la mise en scène utilise toutes les ressources de la technique cinématographique, en équilibre harmonieux entre puissance du texte et dynamisme de l’image. 5/6

La luna (Bernardo Bertolucci, 1979)
Malgré la richesse signifiante de ses arrière-plans (le théâtre dans le film, l’opéra et le faux-semblant…), le talent de Bertolucci est celui de l’image plus que celui du discours. Film volontiers tapageur, film d’enfant de mai 68 qui cherche à pousser jusqu’aux ultimes conséquences les ressorts de l’amour, cette analyse des rapports entre une mère dévoreuse et nourricière et son fils drogué par manque de figure paternelle requiert un cheminement particulier : on admire d’abord la mise en forme pour se livrer éventuellement à l’exégèse. La gravité un peu perverse du sujet, qui convoque inceste et toxicomanie, est atténuée par un humour constant, des tableaux beaux comme une nuit étoilée en Italie, la prestance altière de Jill Clayburgh en prima donna célèbre, et l’espoir délivré par une bien jolie fin. 4/6

Aimer, boire et chanter (Alain Resnais, 2014)
On s’en doutait mais ce ne sera toujours pas avec sa dernière livraison que Resnais se prendra soudain au sérieux. Pendant guilleret de Vous n'avez encore rien vu, qu’il relit sur un mode volontiers trivial, voire grivois, l’adieu du cinéaste fait turbiner son goût éprouvé des dispositions minuscules et des petites machineries facétieuses en feignant le boulevard de chez mamie Nova pour mieux faire briller ses trouvailles invisibles. Ce sera donc un ultime tour de rigolade, une triple comédie de remariage récapitulant en mode mineur sa brocanterie vivante et charmeuse, où l’artiste réussit le double tour de force d’amuser en dénudant tous ses artifices, et de se filmer dans la tombe avec la satisfaction sereine de celui qui a bien vécu (la dernière scène et l’image de clôture laissant aussi étonné que ravi). 4/6

Les sept femmes de Barberousse (Stanley Donen, 1954)
Devant cette impétueuse ménagère de la ville venant mettre de l’ordre dans la vie rustre de sept gaillards au fond des bois, on se croit d’abord dans une relecture de Blanche-Neige à la sauce western chanté et dansé. La suite revisitera le légendaire enlèvement des Sabines dans un florilège de couleurs pétantes (robes et chemises arc-en-ciel) et d’acrobaties spectaculaires. On mesure souvent (uniquement ?) la réussite d’une comédie musicale à l’impact de ses agencements et de son dynamisme visuel. De ce point de vue ce projet personnel de Stanley Donen remplit son office, culminant dans une réunion villageoise virant à la destruction de masse. Mais l’opérette sylvestre souffre aussi d’une mièvrerie indécrottable (l’éternelle tare du genre) qui amoindrit régulièrement son charme. 3/6

Les passagers de la nuit (Delmer Daves, 1947)
Tourner en caméra subjective et en assumer les contraintes peut être un défi stimulant, parfois tenté au cinéma. Delmer Daves accomplit la gageure pendant les trente première minutes de ce sobre film noir, sans jamais fanfaronner, avec une réelle cohérence dans l’enjeu narratif. Car il obéit moins à un point de vue qu’à la nécessité de souligner l’étroitesse d’une vision, celle d’un homme qui cherche un masque et se dérobe à la sociabilité. C’est pourtant dans la quête d’une solidarité instinctive, qui tranche avec le décor inquiétant habituellement dévolu au genre, que l’œuvre trouve son identité. Sans rien apporter de décisif, le cinéaste n’en signe pas moins un polar poétique et captivant, qui réactive avec succès la complicité du couple Bogart-Bacall. 4/6

Ragtime (Miloš Forman, 1981)
Belle et foisonnante fresque rétro. Le pianiste noir contraint à la violence pour faire valoir ses droits et le camelot juif débarquant à New York et se révélant un fabuleux inventeur d’images forment les deux visages complémentaires de l’intégration : l’un succombera, l’autre triomphera. Résolument dans le camp des opprimés qui dansent leur cakewalk au milieu des stucs rococo, Forman oscille entre la beauté de la jeunesse (Elizabeth McGovern, Mary Steenburgen) et la pugnacité de la vieillesse (James Cagney, lion de mer bougonnant), rend aux États-Unis dont il dénonce les tares ce qui leur appartient (le sens de l’hospitalité, la constance à favoriser l’épanouissement des talents émigrés), tout en rappelant que la démocratie est un acquis sans cesse remis en question, et la liberté toujours une conquête. 4/6

La vie des morts (Arnaud Desplechin, 1991)
S’il travaille sur le genre en soi de la réunion familiale, que l’on a vu magnifié chez Sautet ou Pialat, ce moyen-métrage trouve sa voie en jouant sur le mode de la responsabilité affective et sur le sentiment d’exister autant par soi et que par rapport aux autres. Il met en jeu une dialectique de l’attachement filial et filme à la fois l’unité et le groupe, à la faveur d’une caméra fluide et chorale, insistante et interrogative mais jamais inquisitrice. Non dénué des affectations un peu poseuses que les détracteurs du cinéaste ne manqueront pas de brocarder par la suite, le film n’en transmet pas moins, au fil des bavardages et des plaisanteries, des confessions et des silences, quelque chose d’impalpable sur le désarroi, le ressassement, la solitude des survivants face à la disparition des êtres chers. 4/6

La route au tabac (John Ford, 1941)
Tournée dans la période résolument sociale et engagée de l’auteur, cette comédie grinçante, assez déséquilibrée, parfois franchement grotesque, laisse comme un goût de cynisme qui détonne dans l’œuvre fordienne. C’est qu’à voir pendant près d’une heure cette famille de miséreux s’écharper dans une escalade d’imbécilité et d’égoïsme (mention au fils débile et hystéro qui ne pense qu’à sa rutilante voiture), on se croirait chez des cousins américains des affreux, sales et méchants d’Ettore Scola. Mais au fur et à mesure que le récit progresse, la mélancolie vient recouvrir cette impression, l’espoir de lendemains qui chantent éclaire la mélasse du quotidien, et le projet du cinéaste (recourir à la truculence outrancière pour conjurer le malheur) finit par prendre forme. 4/6

La cicatrice intérieure (Philippe Garrel, 1972)
Attention film-trip, œuvre d’art, geste radical, qui chie à la gueule à la spectateur pendant soixante minutes pour mieux imposer l’irréductibilité admiraaaaable de sa vision. Nico braille des trucs en anglais et en allemand (mais elle va la fermer sa gueule ?), Pierre Clémenti se balade à poil avec un carquois comme seul accessoire, la caméra procède à d’interminables panoramiques sur des paysages de sable et de roche, vastes extérieures très décoratifs trouvés en Irlande et en Égypte, et dont l’étrange beauté permet de rester tant bien que mal éveillé face à l’hermétisme et au ridicule ambiants. On ne sait pas trop à quelle fumette carburait Garrel pendant le tournage mais manifestement c’était de la bonne – du coup, ne pas faire tourner le pétard relève du plus bel égoïsme. 2/6

Une chambre en ville (Jacques Demy, 1982)
Demy retrouve la ville de Lola et le principe de la tragédie musicale entièrement chantée pour une nouvelle passion malheureuse sur fond de violence des rues, filmée dans des couleurs plus crues qu’autrefois. Les convulsions sociales ne prennent pas en compte les destins particuliers, la fatalité aura raison des amants sous les yeux d’une baronne désabusée, et la mise en scène laisse éclater derrière un sujet d’opéra la morbidité en germe dans l’œuvre antérieure de l’auteur, une forme de noirceur glauque qui tue dans l’œuf toute ébauche de sentimentalisme. On reste partagé entre une admiration sincère pour l’intégrité radicale de la démarche et une vraie perplexité devant ce film inégal, parfois un peu ridicule, parfois plutôt touchant dans ce qu’il cherche à créer. 3/6

L’homme d’Aran (Robert Flaherty, 1934)
Pour Flaherty, l’océan n’est pas un lieu de récit mais une réserve d’énergie et de forces primitives. Loin du pittoresque, les roches, les môles, les bateaux, les figures de matelots offrent de purs effets de masse et d’étendue. En plaçant sa caméra dans un archipel perdu au large des côtes d’Irlande, il compose un ciné-poème épique dont la trame narrative sert de support à une méditation antinaturaliste et très physique sur la survie de l’humanité en milieu hostile. Lorsque l’enfant discerne l’ombre gigantesque du monstre sous les flots, que les pêcheurs s’engagent pendant des jours dans un combat à mort contre l’immense squale, que la tempête démonte ciel et mer et réduit les silhouettes à des points de suspension dans l’infini, l’œuvre acquiert la dimension quasi légendaire d’un conte mythologique. 5/6

À travers l’orage (David W. Griffith, 1920)
À partir d’un argument qui pourrait tenir sur un confetti, Griffith bâtit un nouveau mélodrame bucolique en forme de parabole sociale et amoureuse. Il n’est pas exagéré d’y lire un manifeste féministe tant est sincère l’engagement qu’il injecte dans l’histoire de cette pauvre orpheline abusée par un séducteur, traversant les pires vicissitudes, victime de l’injustice et de l’aveuglement général. Et si le film emporte par la pureté de sa conduite et son jeu harmonieux avec les codes du genre, les variations de ton, les éléments naturels (voir la tempête finale et sa résolution sur la rivière gelée), il tient avant tout sur les frêles épaules de Lillian Gish, toute petite chose torturée et particulièrement touchante, dont les gros plans poétiques fixent la subtilité, le dépouillement et la mobilité de l’expression. 4/6

Tom à la ferme (Xavier Dolan, 2013)
Comme pour se prémunir de l’auto-complaisance, Dolan fuit le trop-plein de ses films précédents et choisit de traiter ce thriller psychologique dans une forme plutôt dépouillée, sans chercher à paraître plus malin que ses intentions. En résulte un survival chez les bouseux bien fichu, un huis-clos au milieu des champs de blé qui développe une habile mécanique de suspense en eaux troubles et s’y abandonne sans superflu ni faux-fuyant. Derrière l’histoire d’un jeune blondinet sadisé par un prédateur viril et inquiétant et l’ambigüité de leur jeu de fascination/répulsion, l’auteur file la métaphore de l’homophobie et du deuil impossible en jouant avec un éventail gratiné de perversions vénéneuses. Mais curieusement, l'ensemble est presque trop timoré et prévisible pour tenir complètement en haleine. 4/6

Mado (Claude Sautet, 1976)
À travers la description minutieuse du milieu de l’immobilier et de ses implications avec la haute fonction publique, Sautet interroge la notion de liberté à une heure où la crise pétrolière frappait l’économie française. Il ne porte pas un regard distancié sur les difficultés conjoncturelles mais préfère les intégrer à la part intime des personnages. Film de l’échec, de la précarité, de la perte des illusions, qui se fonde comme toujours sur une écriture extrêmement précise, Mado poursuit la grande thématique de l’amour comme sentiment irréductible. On n’oubliera pas la liberté tranquille et le visage lumineux de l’héroïne-titre, la fermeté et l’ampleur chorale du récit, ses digressions aussi formidables que la longue séquence d’embourbement où soudain une fête chaleureuse est improvisée sous la pluie nocturne. 5/6

Hôtel des invalides (Georges Franju, 1952)
Tel un mémorial de toutes les guerres, un résumé transversal des gloires et défaites de l’armée française à travers l’Histoire, le célèbre musée militaire abrité dans le bâtiment commandé par Napoléon s’offre à la caméra. Franju filme les heaumes et les cuirasses d’argent, caresse l’or et le métal des trésors exposés avec une fausse fascination pour mieux révéler son envers, les milliers de cadavres générés par les campagnes impériales ou l’enfer de la Grande Guerre. Reléguées dans la sacristie pour ne pas effrayer les touristes, les gueules cassées entérinent en silence le réquisitoire sans effet aguicheur d’un documentaire dont, par son absence totale d’enjeux formels, j’ai bien du mal à déceler l’intérêt au-delà du simple commentaire. Peut-être est-ce le format court qui me convient peu. 3/6

The naked kiss (Samuel Fuller, 1964)
Sur quel pied dansait Samuel Fuller en filmant cette chronique provinciale doublée de portrait féminin triplée de faux polar passablement relâché ? Difficile à dire, et peut-être l’ignorait-t-il lui-même. Il a en tout cas bien du mal à captiver avec l’histoire d’une prostituée qui se reconvertit dans le soin aux enfants handicapés et tente de faire une croix sur son passé. En filigrane apparaît pourtant bel et bien sa constance à accompagner le combat d’êtres révoltés, en lutte contre les injustices d’une société dépravée. L’intérêt est même relancé par le suspense d’un dernier acte qui semble enfin choisir la voie du film criminel à connotation psychologique. Trop tard pour lui injecter force et engagement, et pour lui offrir le romantisme désespéré après lequel elle semble courir. 3/6

Dans la cour (Pierre Salvadori, 2014)
La rencontre entre deux personnes aussi différentes que complémentaires, la drôlerie nichée dans les petites galères du quotidien, la relativité de la réussite sociale à l’aune des fissures intimes… Le cinéma de Salvadori est aisément identifiable. Mais rarement se sera-t-il approché aussi près de la dimension dépressive qui le nourrit sans en faire un simple ressort comique ni la menace d’une dérive cafardeuse. C’est une certaine idée de l’angoisse contemporaine qu’il travaille ici, en la trempant de son humanisme fragile et chaleureux, sincère et généreux, aussi mordant dans l’humour que perspicace dans la mise en relief des fragilités de tout un chacun. En ressort une très jolie chronique de l’entraide et de l’anxiété ordinaire, qui parvient à faire (sou)rire d’un sujet pas follement amusant. 4/6

Comédie érotique d’une nuit d’été (Woody Allen, 1982)
Réunion à la campagne, en cette année 1905. Un Merlin bricoleur, marié à une dame inexplicablement frustrée, reçoit son meilleur ami coureur de jupons avec sa dernière conquête, un savant pédant et la fiancée de ce dernier. Entre passions fugaces et douleurs secrètes, Cupidon en pleine folie se met à tirer ses flèches au hasard et le désordre envahit les esprits, les corps, voire les cœurs. C’est un ballet amoureux, un film gai et léger, un badinage qui part de chez Tchekhov pour arriver chez Marivaux. Plaçant sa confiance dans l’harmonie universelle et panthéiste de la nature, Allen replace son univers parmi les vents coulis de ces étés luxuriants où la magie hante de nuit les frondaisons. Mais le ton est moins mordant, la réflexion moins profonde, le dialogue moins vif qu’à l’accoutumée. 4/6

Grizzly man (Werner Herzog, 2005)
Timothy Treadwell était-il un écologiste fervent, défenseur passionné des ours d’Alaska avec lesquels il a passé treize étés ? Sans doute. Mais avec la logique troublante d’un traité sur la folie pas du tout ordinaire, Herzog en révèle peu à peu la très contradictoire nature. Se dessine alors le portrait d’un mythomane bipolaire en fuite, un acteur narcissique recalé d’Hollywood qui s’est bâti sa propre image, un illuminé régressif à l’idéalisme idyllique n’ayant peut-être pas dépassé le stade du câlin à l’ours en peluche (snif les bourdons morts trop mignons et fuck le world des people). Un fascinant bloc de mystère donc, à la fois saisi de l’intérieur et mis à distance par la lucidité critique d’un cinéaste qui brouille les cartes du combat entre nature et culture et poursuit sa dissection des démons et abîmes de l’homme. 5/6

Soyez sympas, rembobinez (Michel Gondry, 2008)
S’il fallait à Gondry un sujet qui convienne parfaitement à son art de la bricole et du bidouillage, c’était celui-ci. Car l’histoire illustre littéralement ce pour quoi le réalisateur semble être né : réinventer le déjà fait, construire des choses brinquebalantes avec les moyens du bord, y injecter l’artisanat le plus excentrique et voir comment elles prennent vie. Il fait ainsi l’éloge de la créativité, du passage de génération, de la solidarité communautaire, en dressant la chronique d’une banlieue new-yorkaise défavorisée où fleurit le même élan d’improvisation et d’enthousiasme. Un tel hommage au cinéma et à ses vertus est éminemment sympathique (d’autant que le fan de SOS Fantômes que je suis a de quoi jubiler pendant cinq minutes) mais le résultat, drôle et humble, est aussi inégal et assez brouillon. 4/6

Voyageur malgré lui (Lawrence Kasdan, 1988)
Sur le papier rien ne distingue du tout-venant ce portrait d’un homme nonchalant, taciturne, muré dans la douleur de la mort de son fils. Chaque étape obligée est au rendez-vous, de son mariage cahotant à sa rencontre avec une jeune femme pétulante qui lui redonne goût à la vie. Tout réside dès lors dans le léger décalage des situations, dans le refus de la dramatisation, dans la cocasserie discrète des seconds rôles (Bill Pullman, patron amoureux qui se tape l’incruste) et la chaleur des moments passés en famille, entre amis ou amants. Ici les personnages vivent mal parce qu’ils sont incapables de décider, et il leur faudra un long moment – et une dernière demi-heure un peu languissante et superflue à Paris – pour dépasser les atermoiements et prendre enfin l’existence par le bon côté. 4/6


Et aussi :

Le songe de la lumière (Victor Erice, 1992) - 3/6
Une histoire banale (Audrey Estrougo, 2014) - 4/6
Dancing in Jaffa (Hilla Medalia, 2013) - 4/6
Local hero (Bill Forsyth, 1983) - 4/6
Eastern boys (Robin Campillo, 2013) - 4/6
States of grace (Destin Cretton, 2013) - 4/6
Joe (David Gordon Green, 2013) - 4/6
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Films des mois précédents :
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Mars 2014 - Terre en transe (Glauber Rocha, 1967)
Février 2014 - Minnie et Moskowitz (John Cassavetes, 1971)
Janvier 2014 - 12 years a slave (Steve McQueen, 2013)
Décembre 2013 - La jalousie (Philippe Garrel, 2013)
Novembre 2013 - Elle et lui (Leo McCarey, 1957)
Octobre 2013 - L'arbre aux sabots (Ermanno Olmi, 1978)
Septembre 2013 - Blue Jasmine (Woody Allen, 2013)
Août 2013 - La randonnée (Nicolas Roeg, 1971) Top 100
Juillet 2013 - Le monde d'Apu (Satyajit Ray, 1959)
Juin 2013 - Choses secrètes (Jean-Claude Brisseau, 2002)
Mai 2013 - Mud (Jeff Nichols, 2012)
Avril 2013 - Les espions (Fritz Lang, 1928)
Mars 2013 - Chronique d'un été (Jean Rouch & Edgar Morin, 1961)
Février 2013 - Le salon de musique (Satyajit Ray, 1958)
Janvier 2013 - L'heure suprême (Frank Borzage, 1927) Top 100
Décembre 2012 - Tabou (Miguel Gomes, 2012)
Novembre 2012 - Mark Dixon, détective (Otto Preminger, 1950)
Octobre 2012 - Point limite (Sidney Lumet, 1964)
Septembre 2012 - Scènes de la vie conjugale (Ingmar Bergman, 1973)
Août 2012 - Barberousse (Akira Kurosawa, 1965) Top 100
Juillet 2012 - Que le spectacle commence ! (Bob Fosse, 1979)
Juin 2012 - Pique-nique à Hanging Rock (Peter Weir, 1975)
Mai 2012 - Moonrise kingdom (Wes Anderson, 2012)
Avril 2012 - Seuls les anges ont des ailes (Howard Hawks, 1939) Top 100
Mars 2012 - L'intendant Sansho (Kenji Mizoguchi, 1954)
Février 2012 - L'ombre d'un doute (Alfred Hitchcock, 1943)
Janvier 2012 - Brève rencontre (David Lean, 1945)
Décembre 2011 - Je t'aime, je t'aime (Alain Resnais, 1968)
Novembre 2011 - L'homme à la caméra (Dziga Vertov, 1929) Top 100 & L'incompris (Luigi Comencini, 1966) Top 100
Octobre 2011 - Georgia (Arthur Penn, 1981)
Septembre 2011 - Voyage à Tokyo (Yasujiro Ozu, 1953)
Août 2011 - Super 8 (J.J. Abrams, 2011)
Juillet 2011 - L'ami de mon amie (Éric Rohmer, 1987)
Last edited by Thaddeus on 2 Mar 17, 14:14, edited 1 time in total.
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Harkento
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Re: Commentaires à propos de votre film du mois

Post by Harkento »

Premier prétendant ou "comment commencer magnifiquement le mois" !!

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Federico
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Re: Commentaires à propos de votre film du mois

Post by Federico »

AtCloseRange wrote:La magie Ozu a encore frappé
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C'est bôôôôô, hein ? :oops: :D
Au passage, une petite cqouille de jaquette qui va aller directos sur le topic ad-hoc. :wink:
The difference between life and the movies is that a script has to make sense, and life doesn't.
Joseph L. Mankiewicz
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Sybille
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Re: Commentaires à propos de votre film du mois

Post by Sybille »

Première découverte du mois, et ce Rossellini m'a complètement bouleversée :

Europe 51 (1952)

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Choquant, puissant, superbe interprétation d'Ingrid Bergman.
Hitchcock
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Re: Commentaires à propos de votre film du mois

Post by Hitchcock »

Premier jour, premier prétendant avec ce western crépusculaire signé Anthony Mann :
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semmelweis
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Re: Commentaires à propos de votre film du mois

Post by semmelweis »

Un mois qui aura donné une place importante au fantastique. Mais, à part Kairo, il a été difficile pour moi d'être totalement convaincu par les films vus (avec défauts et qualités). J'ai été très surpris par ma première incursion dans le cinéma de Dolan. Gans m'a soufflé avec la beauté plastique de son film. Aronofsky nous livre un blockbuster biblique assez surprenant et qui reste un ovni dans la production américaine.


Top du mois d'Avril:

1/Image
Kairo,Kiyoshi Kurosawa

2/Image
Tom à la ferme,Xavier Dolan

3/Image
Noah,Darren Aronofsky

4/Image
Silent Hill,Christophe Gans

5/Image
Real,Kiyoshi Kurosawa

6/Image
Her,Spike Jonze

Récapitulatif du mois:

Film découverts:
La crème de la crème,Kim Chapiron(Ciné) 6/10
Captain America: The Winter Soldier,Joe et Anthony Russo(Ciné) 6/10
Real,Kiyoshi Kurosawa(Ciné) 7/10
Her,Spike Jonze(Ciné) 7/10
Side Effects,Steven Soderbergh(Blu Ray) 6,5/10
Presumed innocent,Alan J.Pakula(Blu Ray) 6,5/10
The Sentinel,Michael Winner(DVD) 6,5/10
Noah,Darren Aronofsky(Ciné) 7/10
Silent Hill,Christophe Gans(Blu Ray) 7/10
Les nuits du bourreau de Jade,Julien Carbon et Laurent Courtiaud(Blu Ray) 6,5/10
American Gigolo,Paul Schrader(Blu Ray) 6,5/10
Tom à la ferme,Xavier Dolan(Ciné) 7,5/10
Kaïro,Kiyoshi Kurosawa(DVD) 8/10
Le poids de l'eau,Kathryn Bigelow(DVD) 2/10

Films revus:
Othello,Orson Welles(Ciné) 8/10
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Rick Blaine
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Re: Commentaires à propos de votre film du mois

Post by Rick Blaine »

Harkento wrote:Premier prétendant ou "comment commencer magnifiquement le mois" !!

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8)
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Kevin95
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Re: Commentaires à propos de votre film du mois

Post by Kevin95 »

Couronnement ce mois ci donc de Harakiri de Masaki Kobayashi. Mélange incroyable entre film de sabre violent, mélo déchirant et film d'une épure visuellement splendide. Des images me viennent immanquablement en tête rien qu'en écrivant ces mots.

Plus modeste mais non moins génial, je note le Yesterday's Enemy de Val Guest. Film de guerre produit par la Hammer d'une sécheresse, d'une violence et d'une nervosité que n'aurait pas renié un Samuel Fuller ou un Robert Aldrich de la même époque.

Notons aussi la découverte (enfin je crois, j'ai un gros doute) d'une comédie italienne qui (évidemment) n'en est pas une, tant le contexte de la première guerre mondiale laisse peu de place à l'optimisme (La grande guerra), un thriller coréen aussi trépidant que noir de chez noir (The Chaser) ou enfin un western italien qui s'amuse avec les codes affiliés au personnage principal de western (I vigliacchi non pregano).

Pas beaucoup de flop (faut dire ce mois d'avril fut plutôt modeste en vision de films) hormis peut être un film d'Arthur Penn que j'aurai adoré adorer mais qui au final s’avère être un exercice de style pompeux et plutôt agaçant (Mickey One).

Top 5 Découvertes :

1. Harakiri (Masaki Kobayashi, 1962)

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2. Yesterday's Enemy (Val Guest, 1959)

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3. La grande guerra (Mario Monicelli, 1959)

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4. The Chaser (Hong-jin Na, 2008)

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5. I vigliacchi non pregano (Mario Siciliano, 1969)

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Spoiler (cliquez pour afficher)
Liste des films découverts (ou presque) :
  • Harakiri (Masaki Kobayashi, 1962) Image
    Yesterday's Enemy (Val Guest, 1959) Image

    La grande guerra (Mario Monicelli, 1959) Image
    The Chaser (Hong-jin Na, 2008) Image
    I vigliacchi non pregano (Mario Siciliano, 1969) Image
    Arrivano i titani (Duccio Tessari, 1962) Image

    Tough Guys (Duccio Tessari, 1974) Image
    Mad Monkey Kung Fu (Chia-Liang Liu, 1979) Image
    BMX Bandits (Brian Trenchard-Smith, 1983) Image

    Altered States (Ken Russell, 1980) Image
    Tarnished Heroes (Ernest Morris, 1962) Image
    Garringo (Rafael Romero Marchent, 1969) Image

    Mickey One (Arthur Penn, 1965) Image
Liste des films revisionnés :
  • Anchorman : The Legend of Ron Burgundy (Adam McKay, 2004) Image

    The Blue Dahlia (George Marshall, 1946) Image

    Eyes of Laura Mars (Irvin Kershner, 1978) Image
Les deux fléaux qui menacent l'humanité sont le désordre et l'ordre. La corruption me dégoûte, la vertu me donne le frisson. (Michel Audiard)
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Profondo Rosso
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Re: Commentaires à propos de votre film du mois

Post by Profondo Rosso »

Film du mois

1 L'île nue de Kaneto Shindo

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2 Les Vestiges du jour de James Ivory

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3 Eté précoce de Yasujiro Ozu

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4 Hard to handle de Mervyn LeRoy

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5 La justice des hommes de George Stevens

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Frances
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Re: Commentaires à propos de votre film du mois

Post by Frances »

En avril le gagnant est :
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"Il faut vouloir saisir plus qu'on ne peut étreindre." Robert Browning.
" - De mon temps, on pouvait cracher où on voulait. On n'avait pas encore inventé les microbes." Goupi
Mains Rouges.

Mes films du mois :
Spoiler (cliquez pour afficher)
Jan 21 : Cousin Jules
Fev 21 : Midnight special
Mar 21 : Nanouk l'esquimau
Avr 21 : Garden of stones
Mai 21 : Fellini Roma
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-Kaonashi Yupa-
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Re: Commentaires à propos de votre film du mois

Post by -Kaonashi Yupa- »

Film du mois d'avril : le magnifique documentaire Les Invisibles, de Sébastien Lifshitz.
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Ma page SensCritique est là !
(j'ai voulu commencer une page Letterborxd, mais j'ai vraiment pas la patience ni le temps de tout reprendre, en plus avec des titres en anglais...)
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Rick Blaine
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Re: Commentaires à propos de votre film du mois

Post by Rick Blaine »

Le premier candidat pour le mois de mai sera Eric Rohmer et son Conte d'Automne:
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Il est après cette première vision mon préféré parmi les contes des 4 saisons je pense. Quelles couleurs magnifiques et quel beau duo d'actrices (Marie Rivière/Béatrice Romand)
Anorya
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Re: Commentaires à propos de votre film du mois

Post by Anorya »

Rick Blaine wrote:Le premier candidat pour le mois de mai sera Eric Rohmer et son Conte d'Automne:
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Il est après cette première vision mon préféré parmi les contes des 4 saisons je pense. Quelles couleurs magnifiques et quel beau duo d'actrices (Marie Rivière/Béatrice Romand)
Il m'attends sur une (immense) pile de DVD celui-là. Tu pourras en toucher deux mots Rick ? :)
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Rick Blaine
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Re: Commentaires à propos de votre film du mois

Post by Rick Blaine »

C'est une intrigue dans le fond très banale, comme le dit Rohmer lui même : une jeune veuve qui vit seule, et sa meilleure amie qui décide de lui trouver un compagnon en passant une petite annonce à sa place, tandis que l'amie de son fils se met en tête de lui faire rencontrer son ancien professeur de philosophie. Ce qui est intéressant c'est le traitement, Rohmer en fait comme souvent une sorte de film à suspense amoureux, et c'est l'un des plus réussis. On est vraiment pris par ce qui se passe, et par ce qui va se passer à la séquence suivante. Tous les personnages sont très réussis, les deux personnages principaux féminins je l'ai dit, mais aussi les autres, y compris les personnages masculins qui parfois sont un peu moins bons chez Rohmer (je pense au personnage de Conte d'été que j'ai moins apprécié). Tout cela se déroule dans les décors automnaux de la Drôme, superbes, dépaysants. Le ton est léger, plaisant. C'est du Rohmer finalement assez classique, mais particulièrement réussi.