Top frères Coen

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés à partir de 1980.

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manuma
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Re: Top frères Coen

Post by manuma »

De mon côté, totalement accro à leur cinéma depuis le début - plus précisément depuis la découverte adolescent de Blood simple à la télé (en 89, je crois).

Films phare de ma cinéphilie :
Raising Arizona (et là, je réalise que j'ai vu une petite dizaine de fois, mais jamais en VO :oops: )
Miller's Crossing
Blood Simple.


Juste un cran en dessous :
The Hudsucker Proxy

Puis:
Fargo
True Grit
Barton Fink
No Country for Old Men
Burn After Reading
The Big Lebowski
The Man Who Wasn't There
The Ladykillers
A Serious Man
Intolerable Cruelty
O Brother, Where Art Thou?
hansolo
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Re:

Post by hansolo »

5 étoiles
A Serious Man
The Hudsucker Proxy +++
Burn After Reading

4 étoiles
Intolerable Cruelty
True Grit
The Ladykillers

3 étoiles
The Big Lebowski
O Brother, Where Art Thou?

Décu
Blood Simple

A découvrir
Raising Arizona
Miller's Crossing
Barton Fink
Fargo
The Man Who Wasn't There
No Country for Old Men
Inside Llewyn Davis
- What do you do if the envelope is too big for the slot?
- Well, if you fold 'em, they fire you. I usually throw 'em out.

Le grand saut - Joel & Ethan Coen (1994)
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Jeremy Fox
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Re: Top frères Coen

Post by Jeremy Fox »

Je viens justement de revoir Miller's Crossing hier soir et ça reste toujours mon préféré des frangins.
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Thaddeus
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Re: Top frères Coen

Post by Thaddeus »

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(en italiques : films découverts en salle à leur sortie)


Sang pour sang
Autour d’un tavernier grecquo-texan, d’un privé adipeux et d’une jeune femme en détresse, les Coen inventent un massacre en forme de jeu perpétuel avec les nerfs, traversé d’un bout à l’autre par les irradiations infernales que libèrent la curiosité et la cupidité, le doute de la raison et les soupçons du cœur. Avec un sens de la dérision et un humour noir déjà bien marqués, ils prouvent qu’ils ont parfaitement digéré les influences du polar, du film noir, voire de l’épouvante, et s’essaient à un exercice poisseux en diable, jalonné d’éclairs de violence ou de grotesque bien à eux. Le récit est mené avec une fermeté implacable, les plans serrés réfutent tout réalisme et suivent une logique de gradation dans l’absurde et la terreur qui fonctionne parfaitement. Comme on dit : coup d’essai, coup de maître. 5/6

Arizona junior
On sait les Coen proches de Sam Raimi, avec qui ils ont régulièrement collaboré : à la vision de cette aventure délirante, dont les joyeux artifices et les coquetteries folles semblent vouloir formaliser en prises de vue réelles toutes les outrances d’un cartoon survolté, on comprend un peu mieux en quoi le réalisateur d’Evil Dead peut leur être associé. La tornade frénétique nous emporte aux côtés de personnages à la fois burlesques et attachants, au cœur d’une Amérique profonde où, sous la satire, on perçoit comme une douloureuse prise de conscience, une incapacité à concrétiser ses rêves, et surtout une inextinguible soif d’affection. D’où la tendresse pudique du film, son regard bienveillant, et l’émotion feutrée qui, sur le final, cueille au moment où on l’attend le moins. 5/6

Miller’s crossing
Au croisement de l’hommage et du pastiche, ce premier grand film des frangins revitalise le contenu d’un genre exsangue par une invention formelle qui n’égale que la subversion des codes. Il organise un écheveau complexe de machinations et de coups fourrés, d’alliances et de trahisons, sur les pas d’un filou individualiste essayant de préserver tant bien que mal sa loyauté et de tirer parti d’une obscure guerre des gangs dans une ville corrompue jusqu’à la moelle. Rythmé par les hoquets hystériques de la sulfateuse, ponctué d’éclats baroques et grotesques, peuplé de caïds enfumés et de femmes fatales, de porte-flingues et d’indics minables, c’est un pur régal de film noir racé, qui en magnifie, tout en les déformant par un jeu de perspectives discordantes, les composantes cardinales – désenchantement, ironie et gravité. 6/6
Top 10 Année 1990

Barton Fink
Aussitôt après, avec ce deuxième coup d’éclat étincelant qui opéra une razzia complète à Cannes, les Coen s’imposent définitivement comme des auteurs de première importance. Le système hollywoodien se fait tailler un costard, le scénariste à la Faulkner se noie dans le scotch, la tapisserie se décolle, et le spectateur ne sait plus s’il doit croire aux trompe-l’œil de la réalité ou aux fantasmes qui se réalisent, les cinéastes maniant la baguette de l’illusionniste et le bâton du visionnaire avec le même brio. Tout en travellings alambiqués et images obsessionnelles, le film invente un entre-deux onirique à la lisière du fantastique infernal, et John Turturro y exprime l’angoisse existentielle d’un écrivain en panne créatrice, dont la perception s’engourdit progressivement dans un cauchemar lancinant et kafkaïen. 5/6
Top 10 Année 1991

Le grand saut
Les cinéastes furètent cette fois du côté de la fable humaniste, en osant la dilatation, la compression, la digression, l’ellipse, la répétition, le ralenti, l’accéléré, en recourant à toutes les audaces jusqu’à stopper le temps, une petite minute d’éternité. Mais ils sont à Capra ce que le San Pellegrino est au Campari : il y a beau y avoir tout ce qu’il faut, ce n’est pas exactement ça. On y trouve donc des sauts dans le vide, la présence d’anges gardiens, un benêt (Robbins naïf et clownesque) manipulé sans vergogne par un homme d’affaires cynique, une journaliste aux dents longues qui tombe finalement amoureuse… Et aussi l’ironie mâtinée de tendresse d’une satire mordante du capitalisme américain, pleine d’inventivité dans l’image comme dans le récit, mais que l’on peut trouver un peu trop chargée 4/6

Fargo
L’écran est blanc, d’un blanc opaque et vivant percé par des insectes noirs. Une trace de sang s’écoule lentement sur la neige immaculée, et c’est toute la dimension absurde et tragique, la drôlerie atroce d’un fait divers banal qui crève l’écran. Une fois de plus, les portraits se font décapants : Frances McDormand en fliquette débonnaire à l’esprit acéré, William H. Macy en victime résignée de la scoumoune, Steve Buscemi et Peter Stormare en truands minables. Peintres désabusés mais compatissants de la nature humaine, les Coen orchestrent la collusion entre l’univers vide d’un Beckett et une fiction noire archétypale, posant un regard presque flaubertien sur la bêtise ordinaire, source d’un engrenage terrible de violence, et qui renvoie à un insondable mystère. Un film absolument génial, sans doute leur plus pur et parfait. 6/6
Top 10 Année 1996

The big Lebowski
De la pâte humaine, il y en a encore beaucoup dans ce film de pure jubilation, où l’on trouve pêle-mêle John Goodman en hystérique vétéran du Vietnam, Steve Buscemi constamment à la masse, Julianne Moore en artiste d’avant-garde très spéciale… Faux polar truffé de séquences psychédéliques et de gags intimes, fertile en péripéties ubuesques, belles filles infréquentables, trahisons, tromperies et extorsions de fonds. On y suit avec une délectation jouissive les pérégrinations du Dude et de ses amis, au fil d’une intrigue de film noir à la complexité retorse, habillée des atours mi-amoureux mi-satiriques du Los Angeles coloré et hétéroclite d’aujourd’hui – ses petits malfrats en chemises hawaïennes, ses flics paumés ou fascistes, ses pornographes du cru. Un film que je pourrais voir en boucle. 6/6
Top 10 Année 1998

O’brother
Épopée drolatique dans le Deep South des années 30, miné par la Dépression. Trois extravagants évadés d’une chain gang y courent en zigzag sur les rives du Mississipi, croisant héros, sirènes, dieux et monstres sous forme de politiciens véreux, d’animateurs de radio, de chefs de KKK et de gourous évangélistes. C’est donc une relecture affectueusement parodique de l’Odyssée, moulée dans les codes d’un musical folk, une cavale de Pieds-nickelés peu avare en fantaisie fellinienne et en rencontres loufoques, qui développe une esthétique soignée toute en camaïeu de jaunes et d’ocres. Il y a bien quelques pauses fatiguées dans ce périple un peu inégal, sans doute moins rigoureux dans le délire qu’auparavant, mais j’y prends un vrai plaisir, en partie grâce à l’humour débridé des acteurs. 4/6

The barber
La photographie expressionniste toute en volutes baroques, les cadrages sophistiqués jouant des ombres et des lumières, l’intrigue tortueuse qui se referme sur le héros comme un piège inextricable… : le film se veut un hommage explicite à la grande tradition du film noir, mais il est pourtant bel et bien une plongée au cœur du Coenland, ce territoire insolite parcouru ici d’une émotion réelle. Passion, adultère, chantage, crime et châtiment y dessinent une trajectoire fatale, déterrant les démons d’une Amérique ayant perdu son innocence, et dont Billy Bob Thornton, coiffeur détaché, témoin impassible de son destin de looser ordinaire, est l’impeccable victime. Car bien sûr tout cela finit mal, le héros n’étant pas doué pour l’escroquerie et encore moins pour être heureux. La grande classe. 5/6
Top 10 Année 2001

Intolérable cruauté
Pour beaucoup, ce film marque le début d’un passage à vide. Je ne comprends pas bien pourquoi tant, bien que mineur comparé aux grandes réussites précédentes, il en impose dans la fantaisie débridée et l’ironie féroce, légère et piquante. Les Coen sèment avec délice les petits cailloux noirs de leur humour tout au long du chemin trop rose de la comédie romantique, passée à la moulinette d’un traitement de choc, et la foire aux vanités du microcosme de Beverly Hills se réfléchit comme une vision désopilante de la vanité californienne. Logique d’atomisation délirante, excellemment relayée par les prestations thermonucléaires de George Clooney, qui endosse sans barguigner son costume d’héritier de Cary Grant, et de Catherine Zeta-Jones, panthère noire moulée dans un fourreau rouge. 5/6

Ladykillers
Ici, il est vrai que les frères Coen sont en-dessous de leur niveau habituel, plus paresseux, plus prévisibles, voire plus balourds. Non pas que le film soit raté : il reste encore suffisamment de verve, d’humour et d’inventivité pour garantir un intérêt minimum à la farce, mais on sent qu’ils patinent un peu, qu’ils recyclent les vieux trucs, que les gags se font répétitifs. Cependant je suis bon public, et je me suis quand même bien amusé à cette récréation absurde aux tons de hip-hop et de gospel, à cette brochette de canailles maladroites, de criminels mono-neuronaux et de crétins atypiques, interprétés par une troupe de comédiens délectables (un Tom Hanks particulièrement savoureux en tête), et dont les mésaventures loufoques ne manquent pas de piment. Il ne faut jamais bouder son plaisir. 4/6

No country for old men
Retour en très grande forme, avec un thriller allégorique chauffé au feu de l’enfer, un enfer qui se répand sur la terre sèche du Texas tel une tragédie inéluctable de la violence, de la cupidité et de la folie – une forme de genèse prophétique du mal contemporain. Tendue comme un string, la mise en scène abat ses visions foudroyantes et ses séquences d’anthologie avec une virtuosité scotchante, une aisance ahurissante dans la conduite narrative, la précision des gestes, la gestion du tempo, l’organisation des séquences, qui envoient tous les petits maîtres au tapis. La méditation crépusculaire sur les mythes américains est lucide et amère, nimbée d’une terrible mélancolie, tandis que l’humour habituel des Coen atténue à peine cette impression désespérée de fatalité absolue. Un classique instantané. 6/6
Top 10 Année 2007

Burn after reading
L’un est un obscur analyste de la CIA affligé d’un double problème d’alcoolisme et d’irascibilité, l’autre un goujat mielleux multipliant les conquêtes féminines pour se raccrocher à sa jeunesse, une troisième obsédée par la chirurgie plastique qui lui permettra de se regarder dans un miroir… Losers congénitaux dont les angoisses ajoutent une pointe de pathos à un faux complot imaginaire chauffé jusqu’à l’absurde par ses propres instigateurs, et qui renvoie sur un mode résolument grotesque à la paranoïa de l’ère Bush. L’espionnage se réduit ici à de sordides imbroglios conjugaux dont personne ne comprend les tenants et les aboutissants, tout est réductible à une dérision généralisée que cette farce grinçante et caustique souligne avec une forme de surenchère burlesque assez drôle mais un peu vaine. 4/6

A serious man
Larry Gopnik vs l’infini. Cet anti-héros ordinaire essaie d’être un homme de vertu mais sa vie est une plaisanterie. Il a beau chercher des réponses dans le cosmos, la science, chez sa femme et les rabbins, l’énigme s’épaissit toujours davantage. Vertige métaphysique et morale juive forment les deux lignes de force de cette fable yiddish, comme si l’angoisse existentielle du personnage déformait la perception du monde en une perspective outrancièrement grotesque. Pris dans un engrenage absurde dont il ne perçoit pas la logique et la signification, il y traverse une crise intérieure que les Coen restituent avec une tendresse distanciée, grinçante et désespérée, donnant l’impression que l’ironie est la dernière parade face à la confrontation avec le néant (formalisé lors d’un plan final saisissant). 5/6

True grit
Tôt au tard, ils devaient passer par la case western, l’étape s’appelait comme une évidence. C’est chose faite avec cette équipée élégiaque et initiatique qui semble traverser les saisons dans le désordre (automne, été, hiver) avant de s’illuminer dans le vif printemps pour l’affrontement final. Les réalisateurs freinent leurs penchants les plus sarcastiques et excentriques au profit d’un traitement sobre et respectueux du genre – plaisir des cavalcade à travers la plaine, des embuscades au détour d’un canyon, des colts jaillissant des holsters. Sans être une réussite capitale, le film est une proposition sincère, nimbée d’un onirisme discret (rappelant La Nuit du Chasseur) et ponctuée d’envolées flamboyantes ou crépusculaires, telle la chevauchée conclusive qui fait basculer le récit dans la légende. 4/6

Inside Llewyn Davis
Pour ceux qui en doutaient, cette superbe tragi-comédie musicale vient rappeler que les Coen sont imperméables au mépris, au cynisme et la misanthropie. Rarement ils s’étaient ouverts à une telle douceur, une telle mansuétude dans l’évocation des infortunes, dans la peinture mélancolique de l’hostilité du monde, dans les manifestations obstinées d’une malchance dessinant comme un résumé désabusé de nos existences. Étrange parcours immobile que celui de Llewyn Davis, ce looser magnifique qui ne pose jamais ses valises, et dont les tribulations kafkaïennes rejoignent celles d’un alter ego à poil roux, témoin muet de ses blessures. Son errance gelée se nourrit aux images pathétiques d’une splendide photo hivernale, et son refus du compromis offre à sa défaite la dignité d’une irréductible grandeur. 5/6

Ave, César !
La glorieuse Hollywood dans les florissantes années cinquante, période critique qui vit l’âge d’or des studios vaciller face à l’avènement du petit écran. Contre toute attente, les cinéastes esquivent la satire à boulets rouges et livrent une fable peuplée d’acteurs, de metteurs en scène, d’artisans et de techniciens qui travaillent humblement et inlassablement à perpétuer la magie de cette éternelle manufacture à rêves. En associant le tourniquet des croyances et des idéologies, brocardées avec plus d’amusement que d’acidité, à la fantaisie savoureuse d’une intrigue rocambolesque, ils renvoient la politique à sa vanité pour mieux affirmer leur amour envers une industrie du celluloïd auquel ils rendent un vibrant hommage. La comédie est certes mineure, mais constamment réjouissante. 4/6


Mon top :

1. Fargo (1996)
2. The big Lebowski (1998)
3. No country for old men (2007)
4. Miller’s crossing (1990)
5. Barton Fink (1991)

Alors, grands cinéastes ou petits malins, les frères Coen ? Mon opinion est faite depuis longtemps. Ce sont des réalisateurs parmi les plus importants du cinéma américain contemporain, qui ont inventé un univers personnel aussi ironique que profond, et dont la maturité récente me ravit.
Last edited by Thaddeus on 14 Jan 19, 22:00, edited 13 times in total.
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Jeremy Fox
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Re: Top frères Coen

Post by Jeremy Fox »

Thaddeus wrote: Miller’s crossing
A la frontière exacte de l’hommage et du pastiche, ce premier grand film des frangins invente un écheveau complexe de machinations et de coups fourrés, d’alliances et de trahisons, sur les pas d’un filou individualiste plus ou moins véreux tâchant de tirer parti d’une obscure guerre des gangs dans une ville corrompue jusqu’à la moelle. Rythmé par les hoquets hystériques de la sulfateuse, ponctué d’éclats baroques et grotesques, peuplé de caïds enfumés et de femmes fatales, de porte-flingues et d’indics minables, c’est un pur régal de film noir racé, désopilant et tragique, qui en magnifie, tout en les déformant par un jeu de perspectives discordantes, les composantes cardinales – désenchantement, ironie et gravité. 6/6
Pas mieux en fait ; avec juste le rajout d'une très belle partition de Carter Burwell et une véritable émotion in-fine au vu du visage de Gabriel Byrne respirant la tristesse devant cette belle amitié brisée à jamais.
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Re: Top frères Coen

Post by Chrislynch »

Thaddeus wrote: Alors, grands cinéastes ou petits malins, les frères Coen ? Mon opinion est faite depuis longtemps. Ce sont des réalisateurs parmi les plus importants du cinéma américain contemporain, qui ont inventé un univers personnel aussi ironique que profond
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Jeremy Fox
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Re: Top frères Coen

Post by Jeremy Fox »

Thaddeus wrote: Alors, grands cinéastes ou petits malins, les frères Coen ? Mon opinion est faite depuis longtemps. Ce sont des réalisateurs parmi les plus importants du cinéma américain contemporain
Voilà ; comme Tarantino quoi :mrgreen:
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Thaddeus
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Re: Top frères Coen

Post by Thaddeus »

C'est qui Tarantino ?
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Re: Top frères Coen

Post by Federico »

Thaddeus wrote:C'est qui Tarantino ?
Un mec doué et malin comme les Coen Bros. :P
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Thaddeus
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Re: Top frères Coen

Post by Thaddeus »

Arrêtez de me tisonner comme ça sur le sujet car je vais encore torpiller le bonhomme (alors que ce n'est pas du tout le bon endroit) et on va à nouveau m'accuser d'acharnement puéril. :mrgreen:
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Re: Top frères Coen

Post by Rick Blaine »

Jeremy Fox wrote:
Thaddeus wrote: Miller’s crossing
A la frontière exacte de l’hommage et du pastiche, ce premier grand film des frangins invente un écheveau complexe de machinations et de coups fourrés, d’alliances et de trahisons, sur les pas d’un filou individualiste plus ou moins véreux tâchant de tirer parti d’une obscure guerre des gangs dans une ville corrompue jusqu’à la moelle. Rythmé par les hoquets hystériques de la sulfateuse, ponctué d’éclats baroques et grotesques, peuplé de caïds enfumés et de femmes fatales, de porte-flingues et d’indics minables, c’est un pur régal de film noir racé, désopilant et tragique, qui en magnifie, tout en les déformant par un jeu de perspectives discordantes, les composantes cardinales – désenchantement, ironie et gravité. 6/6
Pas mieux en fait ; avec juste le rajout d'une très belle partition de Carter Burwell et une véritable émotion in-fine au vu du visage de Gabriel Byrne respirant la tristesse devant cette belle amitié brisée à jamais.
Je suis d'accord.
C'est un des premiers films qui m'aient fasciné, qui aient marqué mon gout pour le cinéma. Je ne les pas revu depuis trop longtemps, mais j'ai la quasi certitudes que ce grand film noir me plaira toujours autant.
Jeremy Fox wrote:
Thaddeus wrote: Alors, grands cinéastes ou petits malins, les frères Coen ? Mon opinion est faite depuis longtemps. Ce sont des réalisateurs parmi les plus importants du cinéma américain contemporain
Voilà ; comme Tarantino quoi :mrgreen:
Oui, même si là où Tarantino me plait toujours autant, je suis avec beaucoup moins d'assiduité les Coen.
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Re: Top frères Coen

Post by Jeremy Fox »

Rick Blaine wrote: Oui, même si là où Tarantino me plait toujours autant, je suis avec beaucoup moins d'assiduité les Coen.
Pareil mais on va arrêter là car sinon Thaddeus va lancer sa torpille :mrgreen:
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Re: Top frères Coen

Post by Federico »

Bon, pour recentrer sur le sujet, j'ai découvert Sang pour sang hier soir qui m'a pas mal déçu. Je l'aurais vu à l'époque de sa sortie, il m'aurait certainement beaucoup plus impressionné. Mais impossible de nier que la marque des frangins est déjà bien présente. Par l'étirement, voire la langueur des séquences, l'atmosphère absurde et quelques "gueules" pas possibles. La palme revenant à M. Emmet Walsh en private eye vicieux de concours (son personnage m'a d'autant plus amusé que l'acteur ressemble - physiquement - à un pote mais je ne sais pas si je vais le lui avouer). :mrgreen:
Mais à part quelques passages sympas, je me suis globalement plutôt ennuyé. La séquence où Getz emporte le "cadavre" d'Hedaya puis l'enterre est in-ter-mi-nable ! Et j'ai trouvé Frances McDormand (qui sera si fantastique dans Fargo) aussi mono-expressive qu'une carpe. Elle m'a carrément rappelé - en moins sexy - la Jane Fonda de Barbarella avec sa bouche perpétuellement ouverte et ses yeux écarquillés. :?
Les cinéphiles brothers se sont fendus de plusieurs hommages à de grands classiques (briquet gravé hitchcockien...) dont l'astuce des rayons de lumière créés par l'impact des balles empruntée à Espions sur la Tamise (Ministry of fear) de Fritz Lang.
Et je me demande si ils n'auraient pas aussi piqué le coup de la blessure à la main de Walsh puis de sa démolition de la cloison à coups de poing à Blade Runner...
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Re: Top frères Coen

Post by El Dadal »

Thaddeus, je veux pas dire, mais il manque Burn After Reading dans ta rétro. :fiou:
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Thaddeus
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Re: Top frères Coen

Post by Thaddeus »

Tout simplement parce que je ne l'ai pas vu, El Dadal. :wink: