Eric Rohmer (1920-2010)

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés à partir de 1980.

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phylute
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Re: Eric Rohmer (1920-2010)

Post by phylute »

Tiens, je tombe sur cette citation qui illustre assez bien ce chouette débat :
" Il y a trente-six mille façons de regarder un film. Et c'est peut-être la trente-six mille et unième qui est la bonne" (Louis Delluc)
Les films sont à notre civilisation ce que les rêves sont à nos vies individuelles : ils en expriment le mystère et aident à définir la nature de ce que nous sommes et de ce que nous devenons. (Frank Pierson)
Amarcord
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Re: Eric Rohmer (1920-2010)

Post by Amarcord »

phylute wrote:Tiens, je tombe sur cette citation qui illustre assez bien ce chouette débat :
" Il y a trente-six mille façons de regarder un film. Et c'est peut-être la trente-six mille et unième qui est la bonne" (Louis Delluc)
Le problème, avec cette citation (fût-elle de Delluc), c'est, bien évidemment, le mot "bonne"...
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Re: Eric Rohmer (1920-2010)

Post by Amarcord »

En mars 2004, France Culture diffusait cinq entretiens avec Rohmer dans le cadre de la série "A voix nue". L'intégrale de cette rencontre à (ré)écouter ici :
http://www.franceculture.fr/dossiers/er ... iens-2004#
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odelay
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Re: Eric Rohmer (1920-2010)

Post by odelay »

Passionnant petit reportage d'Arte sur l'acier dans les films de Rohmer.



:uhuh:
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Alexandre Angel
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Re: Eric Rohmer (1920-2010)

Post by Alexandre Angel »

Oui, c'est pas mal (et gonflé) d'évoquer le cinéma de Rohmer sous l'angle de ce dont il est dénué :D
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Re: Eric Rohmer (1920-2010)

Post by 20thCenturyBoy »

Pour contre-balancer j'ai envie de partager une vidéo peut-être un poil plus intéressante. :mrgreen:

https://vimeo.com/37484077

Il s'agit d'un court-métrage (en anglais) sur la dimension spatiale du cinéma de Rohmer. C'est en fait le brouillon d'un film réalisé un an plus tard, Rohmer in Paris, que je conseille fortement à tous les amateurs. Le mec est un fan obsessionnel, donc c'est plus un hommage / essai qu'un véritable documentaire, mais c'est vraiment super sympa.
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20thCenturyBoy
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Re: Eric Rohmer (1920-2010)

Post by 20thCenturyBoy »

Et comme je sais que l'usage ici-bas est de faire des tops de réalisateurs, j'ai eu envie de m'y employer avec Rohmer. 8)
En classant par cycle et en ne prenant en compte que ses films "principaux", ça donne...

Contes moraux

1. Ma nuit chez Maud 9/10
2. Le Genou de Claire 9/10
3. L'Amour l'après-midi 8,5/10
4. La Collectionneuse 8/10
5. La Boulangère de Monceau 7/10
6. La Carrière de Suzanne 6/10

Comédies et proverbes

1. Le Rayon vert 9/10
2. L'Ami de mon amie 9/10
3. La Femme de l'aviateur 8,5/10
4. Pauline à la plage 8,5/10
5. Les Nuits de la pleine lune 8/10
6. Le Beau mariage 7/10

Contes des quatre saisons

1. Conte d'été 9,5/10
2. Conte d'automne 8,5/10
3. Conte d'hiver 8,5/10
4. Conte de printemps 7,5/10

Films historiques

1. Perceval le gallois 8,5/10
2. L'Anglaise et le Duc 8/10
3. Les Amours d'Astrée et Céladon 8/10
4. La Marquise d'O... 7,5/10
5. Triple agent 6,5/10

Hors-cycles

1. L'Arbre, le Maire et la Médiathèque 8/10
2. Quatre aventures de Reinette et Mirabelle 8/10
3. Les Rendez-vous de Paris 7,5/10
4. Le Signe du Lion 6,5/10


Allez pour le fun, le classement général !
Spoiler (cliquez pour afficher)
1. Conte d'été 9,5/10

2. Ma nuit chez Maud 9/10
3. Le Rayon vert 9/10
4. Le Genou de Claire 9/10
5. L'Ami de mon amie 9/10

6. La Femme de l'aviateur 8,5/10
7. L'Amour l'après-midi 8,5/10
8. Conte d'automne 8,5/10
9. Pauline à la plage 8,5/10
10. Conte d'hiver 8,5/10
11. Perceval le gallois 8,5/10

12. L'Arbre, le Maire et la Médiathèque 8/10
13. Les Nuits de la pleine lune 8/10
14. Quatre aventures de Reinette et Mirabelle 8/10
15. L'Anglaise et le Duc 8/10
16. La Collectionneuse 8/10
17. Les Amours d'Astrée et de Céladon 8/10

18. Les Rendez-vous de Paris 7,5/10
19. Conte de printemps 7,5/10
20. La Marquise d'O... 7,5/10

21. Le Beau Mariage 7/10
22. La Boulangère de Monceau 7/10

23. Le Signe du Lion 6,5/10
24. Triple agent 6,5/10

25. La Carrière de Suzanne 6/10
La prochaine fois faudra classer les documentaires et les court-métrages ! J'ai hâte de départager les différentes aventures de Rosette. :mrgreen:
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Chdx
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Re: Eric Rohmer (1920-2010)

Post by Chdx »

Dans la boutique des Inrockuptibles:

Le coffret Rohmer (combos DVDs+ Blu) a 119,94 contre 213,90 en face...
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Thaddeus
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Conte d'hiver

Post by Thaddeus »

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La certitude du cœur



Il y a, dans un coin du cinéma de Rohmer, dans un coin de notre mémoire, une fille imprégnée de soleil, des confessions de Rousseau doucement goûtées au rythme des cigales, une épaule nue sur des draps froissés, la mer et le ciel bleu. Il y a les moments de sensualité estivale de La Collectionneuse et de Pauline à la Plage, la moue gourmande de Haydée Politoff et le dos découvert d’Amanda Langlet, qui sont comme les images enfouies d'un plaisir de l'instant, comme si une fois pour toutes l'été avait passé, comme si la raison amoureuse avait trouvé ainsi une pierre d'achoppement. En exergue de Conte d'Hiver sont reformulées cette plénitude charnelle, cette gourmandise heureuse qui ont exactement la même fonction, loin derrière la vie présente et ses jours quelconques. Les premières minutes exhibent un homme et une femme en train de connaître le grand frisson passionnel et balnéaire, l’amour-toujours des couples à peine trentenaires qui se forment le 12 août à Palavas-les-Flots et se dissolvent, à l’heure du retour, sur le quai même de la gare. Instants d’un bonheur souvent immontrable, sauf dans ce qu’il a paradoxalement de plus pudique : le cul. Entre Charles et Félicie, c’est "physique", et Dieu sait si elle aime ça. Dans cette idylle édénique de vacances, ils passent leur temps à s’envoyer en l’air, à poil sur une plage, enlacés chabadabada ou surpris dans un lit plein de sueur. Images rares, dans un cinéma aussi réservé, que celles de ces bouches qui se donnent, de ces corps éclaboussés, de cette communion en forme de cliché. Images rêvées peut-être, sans une parole en tout cas, sans un mot qui pourrait les faire peser d'une continuité. Le deuxième volet des Contes des quatre saisons est le premier récit positif — au sens programmé — de l’auteur, sans fuite ni détours, et surtout sans renoncement d'aucune sorte. Tout le travail de Félicie, nom prédestiné, consiste à retrouver les ingrédients du paradis, et en tout premier lieu son protagoniste principal. Il s'agit de reconstruire un songe dont la réalité est constamment rappelée, ne serait-ce que par cette petite fille, Élise, un bout de chou très sérieux et attendrissant, fruit d’une liaison qui atteste silencieusement de l'ailleurs vécu.


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"Je résiste à tout sauf à la tentation", disait Oscar Wilde. On remplace "sauf" par "même" et on a une définition assez exacte des personnages rohmériens. Ses héroïnes, surtout. Car les hommes chez lui deviendraient vite des héros dignes de l’écrivain britannique si le destin ne les protégeait d’eux-mêmes, tandis que les femmes ne l'ont pas forcément pour allié. Elles ont la conscience et la confiance opiniâtres qui leur permettent de ne pas dévier d'un pouce de ce à quoi elles se sont engagées. C'est le cas de Félicie, brave petit soldat à qui le sort a joué un sale tour : lui faire rencontrer l'homme de sa vie et le lui faire perdre aussitôt. Et par sa faute, qui plus est. Levallois, Courbevoie, ça ne se ressemble pas. Mais là, au moment des adieux, dans l'émotion de cette romance partagée, elle a tout confondu. Lorsqu'elle s'est aperçue de sa bévue, des semaines plus tard, le mal était fait. Charles devait s’envoler pour les États-Unis et y devenir restaurateur. À supposer qu'il ait écumé Courbevoie à sa recherche, il aurait dû quitter la France depuis longtemps. Sans savoir que Félicie (aussi…) ne pensait qu'à lui. Quelques années ont passé. Le comportement de la jeune femme, qui travaille comme coiffeuse, ne laisse pas de surprendre sa mère et ses amis. C'est vrai qu'à première vue il est fantasque, voire incohérent. Ses tergiversations amoureuses mettent en lice un coiffeur bedonnant dont les intérieurs (un ravissant mobilier d’époque fin Pompidou-début Giscard d’Estaing) ne connaissent pas les livres et un intellectuel à col roulé capable de rapporter toute discussion à une lecture philosophique. Ces deux hommes sont comme les deux rails d’une voie ferrée, avec Félicie qui leur passe dessus : chacun lui permet parallèlement d’accomplir un bout de chemin, aucun des deux ne pourra jamais se l’accaparer. Elle le sait et ils s’en doutent. Le dispositif narratif repose sur des contrastes qui donne à une héroïne peu cultivée la maladresse du lapsus et le goût de la dissertation orale sur ses amours, le rêve de bonheur le plus fleur bleue en même temps qu’une connaissance innée, une richesse réelle.

Le tour de force de Rohmer réside dans sa capacité à faire surgir le plus simplement du monde le surnaturel d'un quotidien sans aspérités. À part Sautet, quel cinéaste français aura à ce point enregistré l'air du temps, accepté de prendre au compte des personnages les tics sociaux les plus passagers ? Ses protagonistes sont d'une époque à qui ils doivent leur façon de vivre, leur morale et leur liberté. Ainsi le fait que Félicie élève seule sa fille n'aurait pas eu la même résonance vingt-cinq ans auparavant. La fonction dramatique en est déplacée. De même, les papiers peints usés, les boiseries marronnasses et les abribus gris datent le récit ; ils l'inscrivent dans un réel d'autant plus fort qu'il n'a rien de décoratif. La majeure partie du film se caractérise par un contraste étonnant entre le rêve merveilleux de Félicie et le monde dans lequel elle vit ; entre le sujet même, la teneur intellectuelle, la profondeur de certains dialogues, et la forme extérieure, l'enveloppe visuelle de l'histoire. Rarement le cinéaste aura donné pareille trivialité à sa représentation du quotidien, en des images dénuées d’épaisseur et d'élégance. Ce point est d'autant plus remarquable que l'on pense souvent à Ma Nuit chez Maud, première histoire d'hiver, autre film de trajets, d'allers et de retours. Rohmer filme Paris comme on ne l’a jamais vu chez lui, si mélangé, si impur après les villes nouvelles des Nuits de la Pleine Lune et de L'Ami de mon Amie. Les gestes de l’hiver sont ordinaires, les vêtements où les personnages s’engoncent sans grâce, donnant à cette saison une présence concrète. C'est Noël, mais la neige n'a pas l'éclat, le pouvoir d'exaltation que d’habitude elle procure. Ce n'est pas assez dire que la banalité offre à Félicie l'espace de ses contraintes et de ses déterminations socioprofessionnelles : elle bâtit aussi les conditions de son histoire — celle qu'elle raconte à son entourage comme celle qu'elle se raconte à elle-même. C'est en regard de la plage bretonne que les décors ternes et la rencontre improbable dans un autobus prennent tout leur sens, et se justifient comme une esthétique nécessaire.


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De cette nécessité se nourrit l'extraordinaire présence du verbe aimer dans la bouche de la jeune femme. Avec elle il n'est plus question de stratégie, de séduction ou de mensonge. Lorsqu'elle parle d'amour, dans les situations les plus paradoxales, on ne peut que se rendre à l'évidence. Et quand elle dit aimer plusieurs hommes en même temps, sur différents modes, de l'amour fou à l'amitié tendre, l'ambiguïté qui est le ressort de bien des systèmes rohmériens a totalement disparu. Elle les aime puisqu'elle le dit, elle les aime comme elle le dit, et ses discours doivent leur évidence à ces plans de soleil restés, envers et contre tout, des horizons attendus. Lorsqu’il est devenu son confident, Loïc la tracasse de commentaires sur ce qu’il faut penser de la réincarnation et de l’argument de la réminiscence chez Platon. Rien à voir cependant avec des dialogues de sourds au pays des aveugles. Félicie lit dans les cœurs, pas dans les mots, elle a les sentiments qui parlent. Et il arrive même que son érudition à lui épouse ses intuitions à elle dans une communion contemplative. Il l’emmène au théâtre assister à une représentation du Conte d’Hiver de Shakespeare. À la sortie, dans la voiture, elle en parle, illuminée et lumineuse. Elle ne pense plus, elle voit sa pensée, sa naïveté stylée est devenue du grand art : tout l’art d’Éric Rohmer. Conte d’Hiver est un ciné-roman qui ressemble furieusement à la vie, qui transite par tous les réseaux de la circulation parisienne et de la langue française. Le cinéaste ne joue pas au documenteur (visite commentée de la middle-class française comme si vous y étiez), il compose avec ce qu’on appelle chez lui "le naturel", cette forme de spontanéité jamais captieuse qui se dégage de Félicie (et de Charlotte Véry, plus que parfaite), donc du film, puisqu’on ne voit qu’elle.

Et puis, il y a l'espoir. L'espoir irrationnel, illogique, insensé que Félicie conserve dans son cœur : l’espoir de retrouver Charles. En partant pour Nevers, elle a très provisoirement failli et renoncé à cette croyance. Désormais sa décision est prise : elle attendra. Rohmer n’était jamais allé aussi loin dans la fixation monomaniaque. Loïc, chrétien mais d'abord et avant tout raisonnable, s'irrite de sa foi de charbonnier, l’accuse de vouloir gâcher sa vie. Félicie s'en moque. Elle n’est pas une intello, elle n'a rien appris et ne sait rien sinon le peu qu'elle découvre et ce à quoi elle reste fidèle. Sa toute petite chance, elle la garde, parce qu’elle sait que si elle se concrétise un jour, sa joie serait multipliée par l'infini. Elle qui n'a pas lu dix livres est ainsi capable d’énoncer le pari de Pascal, en toute facilité, ou d’expliquer posément, avec ses mots à elles, simples et terre-à-terre, la passion qu'elle éprouve pour Charles. Et c’est avec une immense affection, une empathie sans limite, que l’on suit cette petite philosophe sans le savoir, cette mystique sans le vouloir, avancer au nom d'une certitude obstinée que les autres jugent folie, sur la seule route possible à ses yeux. Sans que personne ne songe à lui résister — ce qui d'ailleurs la met de mauvaise humeur. On la regarde marcher dans les rues de Belleville, avancer, reculer, s’embrouiller, toujours suivie par une caméra attentive et discrète. Et vient le moment où le cinéaste offre à la réalité brutale le cadeau-bonus de la fiction, ce coup de baguette qui remplit personnages et spectateurs de félicité. Aussi le miracle finit-il par survenir, avec Marie Rivière en dea ex machina, dans un dénouement à la Demy (on songe à Lola, bien sûr) qui ne gênera que les esprits forts, les adversaires résolus du destin et de son faux ennemi, le hasard. Et on se retrouve dans le même état que la petite Élise, surprise à verser des larmes après qu’elle eût vu sa mère pleurer de bonheur dans les bras de son élu. La morale qui s’exprime alors n’est pas seulement celle des sentiments, c'est aussi celle du récit. Rohmer, ce magicien.


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Alexandre Angel
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Re: Eric Rohmer (1920-2010)

Post by Alexandre Angel »

Thaddeus wrote:Il s'agit de reconstruire un songe dont la réalité est constamment rappelée
Tout comme dans Le Rayon Vert, il s'agissait de prendre le spectateur à témoin d'un phénomène qu'il pouvait mettre en doute, avant qu'il ne se concrétise.
Conte d'Hiver est peut-être mon Rohmer préféré (j'ai bien dit, peut-être).
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tenia
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Re: Eric Rohmer (1920-2010)

Post by tenia »

Pour ceux intéressés, j'ai fait un comparatif très succinct des titres inclus dans le coffret Arrow avec leurs versions dans le coffret Potemkine :

(A chaque fois, Potemkine vs Arrow)
(NB : quand je note 1.33 vs 1.37, je me réfère aux détails des jaquettes, c'est plus pour faire le distinguo avec les présentations en 1.66).

La femme de l'aviateur : 1.33 vs 1.66 / 1080i vs 1080p / ancienne restauration vs nouvelle restauration
Le beau mariage : 1.33 vs 1.66 / 1080i vs 1080p / ancienne restauration vs nouvelle restauration (nouvel étalonnage un peu plus froid)

Pauline à la plage : 1.33 vs 1.66 / 1080i vs 1080p / ancienne restauration vs nouvelle restauration
Les nuits de la pleine lune : 1.33 vs 1.37 / 1080p vs 1080p / même ancienne restauration qui semble OK et non filtrée mais datée

Le rayon vert : 1.66 (incorrectly written as 1.33 on the backcover) vs 1.66 / 1080i vs 1080p / ancienne restauration filtrée vs nouvelle restauration
L'ami de mon amie : 1.33 vs 1.37 / 1080p vs 1080p / même ancienne restauration qui semble OK et non filtrée mais datée

La marquise d'O : 1.33 vs 1.37 / 1080i vs 1080p / ancienne restauration filtrée vs nouvelle restauration (nouvel étalonnage un peu plus froid)
Perceval : 1.33 vs 1.37 / 1080p vs 1080p / nouvelle restauration vs restauration non précisée mais très similaire

Reinette et Mirabelle : 1.37 vs 1.37 / 1080p vs 1080p / même restauration récente
L'arbre, le maire et la médiathèque : 1.33 vs 1.37 / 1080i vs 1080p / même source extrêmement douce, on dirait une restauration 2K mais les détails fins (cheveux, herbe, ...) sont parfois presque inexistants.

Toutes les nouvelles restaurations sont visiblement supérieures aux nouvelles. L'aspect est plus naturel, avec un grain intact et une finesse supérieure.

En résumé, dans le coffret Arrow

- La femme de l'aviateur, Le beau mariage, Pauline à la plage, Le rayon vert et La marquise d'O ont de nouvelles meilleures restaurations.
- La femme de l'aviateur, Le beau mariage et Pauline à la plage sont maintenant en 1.66.
- Les nouvelles restaurations de Le beau mariage et La marquise d'O mettent plus l'emphase sur les bleus.
- Perceval et Reinette & Mirabelle ont les mêmes récentes restaurations.
- Les nuits de la pleine lune et L'ami de mon amie ont les mêmes restaurations anciennes mais OK.
- L'arbre, le maire et la médiathèque a la même source qui semble franchement super douce et pas terrible.
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Re: Eric Rohmer (1920-2010)

Post by Amarcord »

tenia wrote:La femme de l'aviateur, Le beau mariage et Pauline à la plage sont maintenant en 1.66.
Et du coup, donc, perte d'image en haut et en bas, par rapport aux Potemkine...
Question peut-être "bête" : comment se fait-il que les durées, sur plusieurs films, varient, entre les deux coffrets ? Exemples : Le rayon vert : chez Arrow, il dure 1h38:45 et chez Potemkine, c'est 1h34:27 / Pauline à la plage : 1h34:42 chez Arrow / 1h30:51 chez Potemkine... Est-ce le passage du 1080i au 1080p qui explique ça ?
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Re: Eric Rohmer (1920-2010)

Post by tenia »

Oui, c'est le 1080i. Le 1080i tourne à 25 images par seconde, le 1080p 24. Le 1080i est donc 4% plus rapide, donc donne un film 4% plus court.

A noter que si on perd de l'image en passant de 1.33 à 1.66, Pauline à la plage au moins est censé être en 1.66.
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Re: Eric Rohmer (1920-2010)

Post by Amarcord »

tenia wrote:Oui, c'est le 1080i. Le 1080i tourne à 25 images par seconde, le 1080p 24. Le 1080i est donc 4% plus rapide, donc donne un film 4% plus court.
OK merci pour l'info :wink:
tenia wrote:A noter que si on perd de l'image en passant de 1.33 à 1.66, Pauline à la plage au moins est censé être en 1.66.
Certes, mais bon : il faudrait que je retrouve l'archive, mais il me semble bien avoir entendu Rohmer dire (dans une émission de France Culture, interrogé par Jean-Louis Bory, très vraisemblablement) parler de son intérêt pour la vidéo et le format "écran télé" (à une époque où celui-ci n'était qu'en 4/3), notamment pour ce qui concerne la diffusion de ses propres films ailleurs que sur un écran de cinéma (il semblait distinguer le format cinéma et le format télé)... si l'on prend en compte, en plus, sa prédilection naturelle pour le format 4/3, je trouve difficile de trancher de manière définitive, s'agissant de l'édition vidéo de ses films... un peu un délire à la Kubrick, en quelque sorte.
De toute façon, les deux me vont. Je suis donc content, au final, qu'Arrow propose un format différent de celui de Potemkine. C'est complémentaire et ça permet de ne pas choisir (même si ma préférence va au format 1:33, qui est celui retenu, par exemple, par le biographe de Rohmer, Noël Herpe, dans son pavet définitif sur le cinéaste).
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Re: Eric Rohmer (1920-2010)

Post by tenia »

Pour Pauline, c'est Nestor Almendros lui-même qui avait indiqué dans un livre le format 1.66.