Michael Haneke

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés à partir de 1980.

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Colqhoun
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Post by Colqhoun »

Le Septième Continent || Michael Haneke
Je vais me pendre un coup et je reviens.
Haneke a le don de me foutre un de ces bourdons... là ça a pas manqué.
C'est froid (comme d'hab), démonstratif (comme d'hab), choquant (comme d'hab) et totalement désespéré (comme d'hab).
Une mise à nue clinique du conformisme qui fait vraiment froid dans le dos.
Je me sentais comme une merde en regardant ce film.
Bon, j'vais tout casser.
Bonne journée.
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Major Tom
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Post by Major Tom »

Caché, de Michael Haneke.

Une déception, l'impression d'un vide, d'un récit qui ne mène nulle part et qui n'a pas avancé... Je n'ai rien contre la lenteur, au contraire, mais Haneke aurait pu faire plein de choses intéressantes, il a simplement choisi des directions qui ne m'ont pas particulièrement intéressées en somme... Je retiendrais surtout les interprétations, des scènes très réussies visuellement comme émotionellement, et puis j'ai quand même été tenu en haleine jusqu'à la "fin". J'ai fait un commentaire plus argumenté dans le topic du film.
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Alligator
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Das Schloß - Le château (Michael Haneke - 1997)

Post by Alligator »

(Le château) (Michael Haneke, 1997) :

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Tension kafkaïenne brillament mise en scène par Haneke. L'embrouillamini qui lie les personnages sur fond de hiérarchie, de confrontation sociale et d'incapacité à communiquer est servi par une image froide, sombre et humide.

Mais c'est surtout le personnage interprêté par Mühe qui vaut le coup d'oeil. Il s'agit là d'une très belle performance. Il parvient à donner à son personnage un mystère, une insondabilité peu commune, lui conférant une personnalité complexe, à la fois révoltée et complice, en opposition et consensuelle, capable d'amour et de manipulation affective. Le malaise ambiant est plus insidieux qu'il n'y parait. Il faut aller au-delà des apparences pour se rendre compte que le mal social vient de l'individu, du moins est-ce ma lecture.

Ce ne sont ni des thèmes ni une esthétique qui m'intéressent a priori mais force m'est de constater que le film propose quelque chose de lourd et important.

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Helward
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Post by Helward »

71 fragments d'une chronologie du hasard de Mickael Haneke

Un peu trop théorique, un peu trop mécanique,un peu plus démonstratif aussi peut-être. En tout cas un peu moins surprenant quand on connait déjà le cinéma d'Haneke. Quelques belles scènes, notament le "Ich liebe dich" lancé au milieu d'un dîner.
Mais, selon moi, en deçà de son Septième continent, dont ce film se rapproche le plus, et Benny's vidéo.
Anorya
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Post by Anorya »

Benny's video (Haneke - 1992)

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Où comment Haneke montre très froidement un gamin totalement dépassé par la réalité, ne faisant plus le lien entre cette dernière et les images vidéos qui le noient constamment (même quand il ne la regarde pas et fait ses devoirs comme un écolier normal, Benny laisse son poste allumé). Un gamin fasciné de plus par la violence des images au point qu'un jour il passe à l'action "comme ça", sans trop y réflechir. Le plus terrifiant est sans doute que Benny soit vidé de toute pensée ou ressenti, sa "mémoire-vidéo" est effacée depuis le début et l'on réenregistre constamment par dessus. Benny ne réflechit même pas à son acte, à quoi bon pour lui puisqu'il n'est plus qu'une coquille vide ? Ce sont ses parents qui essaieront de faire quelque chose (peut-être une des rares fois où ils s'interesseront à lui mais c'est un peu tard), en vain. Passablement inquiétant mais fascinant dans son étude d'un garçon déjà perdu (à noter que la coupe de Benny --ma photo-- préfigure son personnage de Funny Games. Pour un peu, ce dernier serait presqu'une suite...).
5/6


71 Fragments d'une chronologie du hasard. (Haneke - 1994)

Du coffret Haneke chez Opening qui réunit cette "trilogie sociologique", c'est sans doute celui que j'apprécie le moins. Trop démonstratif, trop théorique; surtout le réalisateur semble vouloir nous montrer que l'explication de l'acte commis par l'adolescent (Le 23 décembre 1993, un étudiant rentre dans une banque et tue au hasard et sans motif apparent plusieurs personnes avant ensuite de se suicider) serait lié non seulement à sa fragilité psychologique (magnifique plan où en sortant de sa pension, il regarde à la fois la fenêtre de l'immeuble et le sol où une tâche rougeâtre disparaît progressivement, sous-entendu du suicide d'un autre étudiant, confirmé par un plan plus mystérieux auparavant) comme à l'état du monde relayé par les médias (le décompte de plusieurs journées en octobre puis novembre avant le jour fatidique avec constamment les nouvelles --assez sombres-- à la télévision). De plus, l'Autrichien entrecroise sa trajectoire avec celles d'autres personnages, victimes comme témoins qui se retrouveront plus ou moins tous sur les lieux. Et évidemment, tous ces gens ont constamment un problème ! :| :mrgreen: D'un père délaissé par sa fille --qui travaille à la dite banque--, à des parents qui veulent adopter une petite fille sur qui plane tous les malheurs du monde visiblement, sans oublier la vie morne et déprimée du convoyeur de monnaie à la banque et l'histoire du petit immigré serbe à la lèvre fendue qui sera adopté par les parents qui ont adoptés la petite. Vous vous y retrouvez ? :mrgreen:
Et puis des plans séquences fixes qui appuient bien trop la démonstration et durent.... durent... durent.... :|

J'ai l'air de taper sur le film mais pourtant il a ses qualités, notamment la description du parcours de l'arme volée dans le magasin militaire puis revendue à un étudiant qui la donnera au futur tueur. Plus tard, la police fouillera dans l'appartement de celui qui a volés les armes, sans rien trouver. Entre les deux, des mains, des visages, un sac. En plusieurs plans, serrés, avec un montage bien sec. Pour le coup --mais sans en avoir la profondeur à mon sens--, ça m'a fait penser à "L'Argent" de Bresson qui montrait une contamination et une corruption du bien par le mal avec le faux billet dans la première partie.

Néanmoins pour moi, c'est assez inférieur au 7e continent et surtout l'implacable Benny's video.

2/6.
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moviemax
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Re: Michael Haneke

Post by moviemax »

Bonsoir. Grosse question sur le film Code Inconnu : je vient de commencer à le visionner, un ami m'a passé un divX le film est en français mais lorsqu'il y a des scènes ou ça ne parle pas français : aucun sous-titre. C'est normal ?
Quand vous avez vu le film est-ce que les scènes dans d'autres langues étaient sous-titrées ?
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Watkinssien
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Re: Michael Haneke

Post by Watkinssien »

Je me souviens lointainement de sous-titres assez présents mais pas tout le temps, on va dire que lorsque les dialogues sont importants. Mais ce n'est qu'un souvenir.

Sinon, je profite de ce topic pour dire que j'ai aimé tardivement le cinéma de Haneke.

En fait, je n'aime aucun de ses films (tout en les "appréciant" mieux aujourd'hui) à partir de Caché qui fut donc une très heureuse surprise. Et je préfère Funny Games U.S. que la version originale, alors que la logique serait le contraire.

Mais c'est définitivement Le Ruban blanc qui demeure, à mes yeux, son plus beau et meilleur film.
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riqueuniee
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Re:

Post by riqueuniee »

Ouf, milk soup wrote:
Vazymollo wrote:Mais tu débarques complètement mon pauvre, le film est sorti depuis presque 2 ans :shock:
Record du monde? :mrgreen:
Non...Le record,c'est 7 ans (!!!) -Enfin,je crois...
riqueuniee
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Re: Michael Haneke

Post by riqueuniee »

moviemax wrote:Bonsoir. Grosse question sur le film Code Inconnu : je vient de commencer à le visionner, un ami m'a passé un divX le film est en français mais lorsqu'il y a des scènes ou ça ne parle pas français : aucun sous-titre. C'est normal ?
Quand vous avez vu le film est-ce que les scènes dans d'autres langues étaient sous-titrées ?
Il me semble que peu de dialogues en français étaient sous-titrés,mais je ne suis pas sûre.
J'ai bien aimé ce film,ainsi que Le Ruban blanc (un des meilleurs films sortis en 2009).Je ne connais pas les autres films de Haneke.
Federico
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Re: Michael Haneke

Post by Federico »

A écouter toute cette semaine dans Les nouveaux chemins de la connaissance sur France Culture : Philosopher avec Michael Haneke (du 14 au 17/01).
The difference between life and the movies is that a script has to make sense, and life doesn't.
Joseph L. Mankiewicz
Federico
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Re: Michael Haneke

Post by Federico »

Ce soir à 23h20 sur Arte : l'opéra-bouffe de Mozart Cosi fan tutte par Haneke, en 2013.
The difference between life and the movies is that a script has to make sense, and life doesn't.
Joseph L. Mankiewicz
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Thaddeus
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Re: Michael Haneke

Post by Thaddeus »

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(en italiques : films découverts en salle à leur sortie)


Le septième continent
Restitution froide et clinique d’un fait divers, le premier film d’Haneke remue, secoue, tout en posant les bases d’un système hérité de l’énonciation répétitive à la Jeanne Dielman. Des faits et gestes mécaniques, l’aliénation à un quotidien si morne et banal qu’il conduit cette famille bourgeoise, comme le Alain Leroy du Feu Follet, à se suicider. Le refus de toute approche empathique n’exclut pas l’émotion car une réelle détresse muette affleure des larmes sans objet de la mère, du visage si touchant et fragile de la fillette, des manifestations d’amour qui lient ces trois êtres en dissolution. C’est ce qui rend la dernière demi-heure, avec la destruction méthodique de toute possession matérielle, son agonie silencieuse, son retrait dans le noir et l’isolement (comme dans Amour, déjà), si forte et terrifiante. 4/6

Benny’s video
Haneke n’a jamais pardonné à ses compatriotes d’avoir tourné des sucreries larmoyantes à l’heure où ils commettaient des crimes nazis. Alors il exorcise ce péché, froidement, sans la moindre émotion, en dénonçant l’horreur d’une société inhumaine qui déshumanise sa jeunesse : telle est l’histoire glaçante de cet adolescent inconscient, infirme de cœur et amputé de la sensation, qui n’appréhende la réalité qu’à travers le filtre d’images distanciées. Le réalisateur est un maître du thriller mais ses films déstabilisent car ils refusent toute rétribution cathartique : le suspense n’existe pas, l’abjection dépeinte réfléchit un monde vide, gris, immuable, désaffecté, filmé comme une hypothèse plausible de notre devenir mutant. Rien de tel pour se faire froid dans le dos. 4/6

Funny games
Beaucoup ne voient en Haneke qu’un petit professeur sadique et hautain, jubilant à distribuer ses coups de baguette de père fouettard sur les doigts du public, transformant ses spectateurs en cobayes de laboratoire dont il excite les stimuli nerveux. Dans l’hypothèse où elle serait fondée, l’accusation n’aura jamais trouvé meilleure illustration que dans cette très éprouvante autopsie des rapports complices (et coupables) que le spectateur entretient avec la violence. Rejetée hors champ, celle-ci ne laisse à l’image que la cruauté des uns et l’angoisse des autres. La lenteur méticuleuse comme dans une expérience de biologie appliquée, l’horreur par soustraction, l’impact soigneusement pensé de chaque image font de cet essai théorique et manipulateur un objet aussi intelligent que désagréable. 4/6

Code inconnu
Haneke a beau réaliser pour la première un film en France, son regard sur la société de consommation n’a pas changé. Il nous prend comme témoin des faits et gestes de la nouvelle barbarie ordinaire et attend de nous, sinon une réaction, du moins un début d’interrogation. On a moins l’impression d’être scruté mais on est encore dans un territoire bizarrement anxiogène, désentimentalisé, restitué avec un goût singulier de l’observation distanciée. C’est à la violence enfouie et à la tension étouffante des rapports sociaux qu’Haneke s’intéresse ici : le portrait polyphonique du monde contemporain est conçu en une multitude de fragments déroutants sur l’indifférence et l’incommunicabilité, les portes closes et les visages fermés, la confusion et la solitude. Assez aride. 3/6

La pianiste
Encore un film-choc, un chaotique voyage intérieur qui mêle les flous inquiétants du fantasme aux lignes sèches de la réalité et dissèque les refoulements d’une bonne société autrichienne où l’idolâtrie totalitaire vouée à la Haute culture musicale mène à la perte de soi. Haneke ne fait pas dans la dentelle : le parcours de son héroïne névrosée au dernier degré, rongée par une sexualité maladive et asphyxiée par une mère tyrannique, est filmée avec une sorte de grandiloquence très calculée, une recherche de déstabilisation et d’inconfort permanent qui dose attente lourde et éclats outranciers. Je trouverais cela un peu facile si une forme de pitié douloureuse ne sourdait de cette analyse d’une pathologie obsessionnelle, portée avec autant d’audace que d’abandon par Isabelle Huppert. 4/6

Caché
Plus retenu et affiné, plus mystérieux surtout que le précédent opus, ce nouveau thriller psychologique entretient un malaise qui tient du non-dit constant, de l’infusion lente et vénéneuse de toute une affectivité enfouie remontant en surface et agissant telle une bombe à retardement. Nouvel essai sur le pouvoir des images (et de celui qui les produit), le film privilégie le harcèlement mental, varie les effets dramaturgiques, se nourrit avec une diabolique aisance du hors-champ et de l’invisible. La mise en scène est d’une précision scrupuleuse, le dispositif narratif induit un climat étouffant qui confère à la réflexion sur la culpabilité, la mémoire sélective, le poids du passé et le retour inévitable du refoulé une tension permanente. Un film assez vertigineux, abstrait, fascinant, très pensé comme toujours. 5/6

Funny games U.S.
Difficile d’ajouter quoi que ce soit à ma notule sur l’original, que ce remake reprend plan par plan, sans y apporter la moindre variation. Alors qu’est-ce qui change ? Pas grand-chose, juste quelques éléments d’appréciation subjective. La photo blanche de Khondji en rajoute dans la neutralité clinique, l’épure m’a paru encore plus insoutenable, le recours à une équipe et un casting américains confèrent un supplément de malaise à l’affaire, et le ton professoral du cinéaste peut apparaître toujours aussi déplaisant. Contrairement à sa réputation, l’expérience pousse selon moi à fond tous les curseurs de l’empathie car j’ai morflé, éprouvé la terreur et la douleur des personnages – sans doute en partie parce que j’adore l’actrice qui s’y fait torturer et que sa souffrance me fait vraiment très mal. 4/6

Le ruban blanc
Superbement achevé sur le plan formel, avec son noir et blanc dépouillé, ses compositions d’ombres ténébreuses ou de neiges immaculées, le film développe un propos nuancé, ouvert au questionnement. Pas de discours ferme et définitif ici, mais une réflexion complexe, lucide, passionnante sur le rigorisme et l’abus d’autorité, l’aliénation larvée, le dogmatisme obscurantiste d’une société qui transmet la violence dans un idéal de pureté puritaine paralysant le développement du savoir, de la sensibilité, de l’affect, de la tolérance. L’austérité apparente d’Haneke n’a pas disparu, mais elle se nuance d’une sensibilité nouvelle (le beau personnage central de l’instituteur progressiste, de sa relation pudique avec sa fiancée), comme si les sentiments étaient en germe, qu’ils ne demandaient qu’à s’épanouir. 5/6
Top 10 Année 2009

Amour
Puisqu’on ne se refait pas, l’amour du titre se manifeste ici dans une mise à distance absolue de tout sentimentalisme, des teintes atones et automnales d’où le rouge (sang) semble avoir été chassé. Et si ça ne rigole donc pas dans ce huis-clos ascétique, ça touche, parfois beaucoup : les derniers gestes de tendresse, l’amour qui se brise contre le naufrage de la maladie, les moments où le corps et l’esprit se délitent (aussi étrange que cela paraisse, on n’est pas si loin de La Mouche) offrent des scènes parmi les plus belles de la filmographie hanekienne. Sans détourner le regard mais avec une réelle compassion, le cinéaste offre un aperçu saisissant de notre devenir à tous, fixe l’inexorable sans jamais sombrer dans la complaisance, et puise chez ses deux admirables acteurs une humanité souffrante et digne. 5/6


Mon top :

1. Le ruban blanc (2009)
2. Caché (2005)
3. Amour (2012)
4. Funny games U.S. (2007)
5. Le septième continent (1989)

Une personnalité aussi admirée que controversée, dont la maîtrise implacable et l’intelligence affichée paralysent parfois la sensibilité. Je suis assez mitigé quant à la réception de ce cinéma : d’un côté je le trouve très stimulant dans la pensée qu’il délivre, d’une autre côté j’aimerais qu’Haneke se montre un peu moins sûr de lui. Reste que je suis souvent saisi, bousculé, paradoxalement ému devant lui, et que ses deux derniers films ont opéré un pivotement bienvenu vers une expression moins hermétique, plus frémissante. Ah, et Michael arrête d’appeler tes personnages Anne et Georges Laurent, stp.
Last edited by Thaddeus on 17 Jan 19, 22:09, edited 1 time in total.
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Truffaut Chocolat
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Re: Michael Haneke

Post by Truffaut Chocolat »

Cycle fun et plaisir après la sortie d’un Happy End sans grand intérêt. :o

Le septième continent
Ou comment un rite peut en cacher un autre… Contrairement à la première fois, je suis rentré à fond dedans. Dans les bonus, Haneke raconte que la scène qui a le plus choqué est la fameuse scène des billets, alors qu’on parle d’un couple qui, dans sa chute, ôte la vie de sa propre fille (ce qui en dit long sur la façon dont on appréhende un film, sentimentalement/subjectivement parlant). J’ai adoré le passage de la voix off sur les dessins de la petite, justement, qui pour le coup, m’a totalement atteint. Certains parlent de film-manifeste et y’a de ça.

Benny’s video
Pas grand-chose à retirer de celui-là et même un peu d’ennui, puisque le meurtre de Benny s’avère le point de départ d’une tentative réconciliation entre des parents et leur fils. La partie en Egypte ne permet pas d’en savoir davantage, tant Benny se livre peu et les différentes scènes en disent peu également. Le reproche que je fais à ce film est qu’on nous met sur la piste d’un mystère à éclaircir (les motivations et la personnalité de Benny) qui découche sur une impasse.

71 Fragments d'une chronologie du hasard
Tout est dans le titre ou presque : comment des trajectoires à priori diamétralement opposées vont finir par se rejoindre dans un cadre unique. Le côté fragmenté  :o du récit s’inscrit dans la continuité des 2 films précédents, dans le sens où les personnages se caractérisent par des actes à priori sans importance. Je serais curieux de savoir comment il a fait la bascule entre l’écriture et la réalisation, car j’ai souvent eu le sentiment de regarder des idées qui fonctionneraient à l’écrit mais handicapées par leur passage à l’écran.

Happy end
Sans grand intérêt donc tant il synthétise à peu près tous les sujets déjà abordés dans sa filmo, mais en moins bien.
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Truffaut Chocolat
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Re: Michael Haneke

Post by Truffaut Chocolat »

Le Château

J’ai adoré. Une fois n’est pas coutume, j’ai été épaté par le côté « concret » de son film plutôt que son côté cérébral : la neige, la tempête, les décors, les costumes, m’ont mis dedans dès la première scène. Dans mes souvenirs, le roman abordait la paranoïa alors qu’ici, elle m’a paru reléguée en arrière-plan, presque anecdotique. Il n’y a pas vraiment de drame qui se joue, il ne reste plus qu’une absurdité parfois plutôt marrante. Une belle surprise.
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Truffaut Chocolat
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Re: Michael Haneke

Post by Truffaut Chocolat »

Funny Games

Je comprends maintenant pourquoi il a eu un tel impact en son temps. Un peu comme Scarface, son potentiel culte va de pair avec la mauvaise interprétation qu’on peut en faire (pour des raisons différentes ceci dit). On se retrouve face à un film qui fonctionne en théorie, avec d’un côté le ton d’un pamphlet ou d’un essai et de l’autre, un objet de mise en scène intégral. L’un comme l’autre, j’avoue n’avoir pas été emballé même si je reconnais la rigueur de la démarche. Je préfère quand Haneke s’intéresse aux sentiments humains et à leurs mécaniques plutôt qu’aux grands maux de notre civilisation moderne bla bla bla. C’est la force de son sujet mais aussi sa faiblesse, pour moi.