Fred Zinnemann (1907-1997)

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés avant 1980.

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Watkinssien
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Re: Fred Zinnemann (1907-1997)

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Et même un chef-d'oeuvre... :D
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Mother, I miss you :(
someone1600
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Re: Fred Zinnemann (1907-1997)

Post by someone1600 »

En effet. :wink:
allen john
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Re: Fred Zinnemann (1907-1997)

Post by allen john »

someone1600 wrote:
allen john wrote:
Haldeyville, New Mexico. Le jour de son mariage avec une jolie Quaker (Grace Kelly, 1929-1955), le marshall Will Kane (Gary Cooper) apprend que le bandit qu'il a envoyé au bagne 5 ans auparavant est sorti de prison, et revient pour se venger. il sera à la gare à midi pile... Il lui faut donc rester en ville (Alors qu'il partait pour de bon) afin de se défendre et par le même coup de défendre une dernière fois la ville contre un tueur et ses copains, particulièrement dangereux. Mais Amy Kane, qui désapprouve la violence sous toutes ses formes, les citoyens de la ville qui pensent que kane attire sur eux le danger en restant, les adjoints qui ont tous une bonne raison, tous refusent d'aider le shériff...
Pourquoi tu as mis ces dates ? Elle est mort en 1982... a moins que tu ne veules dire qu'elle ne s'appelait plus Grace Kelly a partir de 1955.... mais Princesse Grace de Monaco... :?
Non, c'est une façon de dire qu'elle est morte en 1955, mais qu'on n'a retrouvé le corps qu'en 1982.
someone1600
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Re: Fred Zinnemann (1907-1997)

Post by someone1600 »

lol. :wink:
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Ann Harding
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Re: Fred Zinnemann (1907-1997)

Post by Ann Harding »

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The Seventh Cross (la septième croix, 1944) de Fred Zinnemann avec Spencer Tracy, Hume Cronyn, Jessica Tandy, Signe Hasso et Agnes Moorehead

Allemagne, 1936, George Heisler s'évade d'un camp de concentration avec six autres détenus. Il réussit à atteindre la ville de Mayence où il recherche un ami pour l'aider à fuir...

Le désir de voir ce film est né d'une grande frustration. Il y a bien 25 ans, le film était passé au Cinéma de Minuit. J'avais commencé à le regarder, puis un orage violent avait perturbé les ondes hertziennes. Je m'étais retrouvée devant un brouillard à peu près au milieu du film... J'ai enfin pu entancher ma soif et voir la fin du film. Ce film de Zinnemann propose une vue de l'Allemagne nazie avant la guerre. Les opposants politiques y sont pourchassés comme des criminels. Le film mentionne également le sort des juifs, mais sans appuyer, restant fidèle au système MGM qui ne voulait pas trop se mouiller. Un médecin juif qui soigne Tracy blessé lui annonce sa judéité, comme il se doit selon la loi, lui dit-il. De même, un des évadés est juif. Il faut bien l'admettre, les décors et les personnages n'ont pas l'air du tout allemands. On a plutôt l'impression de voir de bonnes familles américaines dans un décor propret. Si on regarde le North Star (1943, L. Milestone) on se trouve également devant une vision de l'Ukraine terriblement américaine. Mais, The Seventh Cross bénéficie d'un scénario très efficace et d'un suspense haletant qui rappelle un thriller ou un film noir. Le héros traqué joué par Spencer Tracy est perdu dans un univers menaçant qui ne semble peuplé que de personnes afiliées au régime en place. Il ne peut se fier à quasiment personne. En chemin, il va reprendre néanmoins confiance en les hommes car certains vont lui tendre la main, au péril de leur vie. J'ai particulièrement apprécié le couple formé par Hume Cronyn et Jessica Tandy (mariés aussi à la ville). Il n'est qu'un simple ouvrier qui se désintéresse de la politique. Il retient néanmoins que le régime nazi lui fournit des allocations généreuses pour ses trois enfants. Cet homme neutre va prendre conscience que son attitude a été une profonde erreur. Il ne doit pas accepter sans mot dire les diktats des nazis. Il va donc aider son ami au péril de sa vie et de sa famille. La courte romance finale avec Signe Hasso n'est pas très crédible. On y sent une concession au système hollywoodien en vigueur. Tracy est sobre et juste en homme traqué. Dans l'ensemble un bon film.
Nestor Almendros
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Re: Fred Zinnemann (1907-1997)

Post by Nestor Almendros »

HORIZONS SANS FRONTIERE (THE SUNDOWNERS) - 1960 - TCM

On sent le réalisateur amoureux de ses personnages et intéressé à la fois par un western au sens large, situé en Australie vers la fin du 19e, et par la description d'une vie nomade ancrée dans un mode culturel. Zinnemann observe d'abord les mille et un détails du pays, de l'époque, de ces parcours, comme le convoi de moutons où kangourous et koalas traversent subitement les cadres. Il y a ce regard pour des personnages qui évoluent entre le pittoresque et l'attachant, avec cette virilité sympathique qu'on retrouve chez Ford par exemple (la fraternité des bagarres et des beuveries). Il y a la communauté de la ferme, ces ouvriers tondeurs, amis d'une saison, qui tous ont des rêves plein les yeux, profitent de cet argent gagné pour espérer ouvrir boutique ou acheter une maison. Si le film est parfois très ancré dans les bons sentiments, façon PETITE MAISON DANS LA PRAIRIE, le scénario garde une vraie cohérence par rapport aux personnages et à la description du milieu. Il manque cependant une intrigue suffisamment forte pour que le simple stade de la sympathie (ce qui n'est déjà pas si mal) soit dépassé. Ce sera au moins l'occasion de retrouver Peter Ustinov dans un rôle secondaire, Robert Mitchum en père et mari qui guide sa famille selon ses propores convictions, et surtout Deborah Kerr, dans une maturité épanouie et une beauté discrète et ma foi troublante...
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Jeremy Fox
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Re: Fred Zinnemann (1907-1997)

Post by Jeremy Fox »

C'étaient des hommes

Et un ratage de plus de la part de Zinnemann mais surtout de la part de Dimitri Tiomkin dont on voudrait pendant tout le film qu'il arrête deux secondes de nous casser les oreilles. Il nous refera le coup malheureusement assez souvent à commencer avec High Noon. Quant au scénario de Foreman, il n'est guère captivant. Reste de bons acteurs et de bonnes intentions mais l'ensemble, pas mauvais pour autant, est assez ennuyeux.
hansolo
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Re: Fred Zinnemann (1907-1997)

Post by hansolo »

Je ne partage pas ton avis sur la partition de High Noon (mais il est vrai que tu touches là a un de mes tout premiers "coup de coeur" cinématographique bien que découvert lors d'une diffusion TV; avec de surcroît une TV au format "timbre poste" ...)
Last edited by hansolo on 28 Jul 12, 18:01, edited 1 time in total.
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Le grand saut - Joel & Ethan Coen (1994)
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Jeremy Fox
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Re: Fred Zinnemann (1907-1997)

Post by Jeremy Fox »

hansolo wrote:Je ne partage pas ton avis sur la partition de High Noon (mais il est vrai que c'est un de mes tout premiers "coup de coeur" cinématographique bien que découvert lors d'une diffusion TV; avec une TV au format "timbre poste" ...)
Pour High Noon, je n'aime pas du tout non plus le film :oops:

Mais franchement, j'aurais peut-être pu apprécier The Men sans cette musique constante et insupportable. D'ailleurs, je viens de lire que Tavernier la trouvait aussi pénible.
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Rick Blaine
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Re: Fred Zinnemann (1907-1997)

Post by Rick Blaine »

:(
Nous ne sommes donc pas dans les bons Zinnemann...
Tant pis, de toute façon, je n'en attendais pas grand chose, je ne l'ai acheté que pour Brando! :D
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Jeremy Fox
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Re: Fred Zinnemann (1907-1997)

Post by Jeremy Fox »

Critique du film Oklahoma
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Re: Fred Zinnemann (1907-1997)

Post by Roilo Pintu »

Chacal (Fred Zinneman - 1973)

Film qui conserve une certaine efficacité alors que l'issue reste connu, que le film évolue dans un genre assez balisé, avec des figures du genre qui sont des classiques, et qu'il ne cède pas à la facilité d'aller sur le terrain du spectaculaire ou du tout action.
Reconstitution minutieuse, on est proche du documentaire parfois, le suspense est nourrie en permanence dans la préparation du "coup" et de l'enquête devant le stopper. Chacune des parties en action aura son lot d'imprévus et de rebondissements (j'aime bien la scène de préparation / peinture de la voiture et qui aura une issue inattendue) menant à un climax parfait dans sa reconstitution. Le montage est tout simplement bon pour maintenir l'illusion de la scène. Les deux acteurs principaux (Fox "Pas reconnu tout de suite!" :oops: et Lonsdale) de cette traque sont parfait, derrière belle galerie d'acteurs.
Un très bon film d'espionnage sans temps morts.
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Supfiction
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Re: Fred Zinnemann (1907-1997)

Post by Supfiction »

Jeremy Fox wrote:C'étaient des hommes

Et un ratage de plus de la part de Zinnemann mais surtout de la part de Dimitri Tiomkin dont on voudrait pendant tout le film qu'il arrête deux secondes de nous casser les oreilles. Il nous refera le coup malheureusement assez souvent à commencer avec High Noon. Quant au scénario de Foreman, il n'est guère captivant. Reste de bons acteurs et de bonnes intentions mais l'ensemble, pas mauvais pour autant, est assez ennuyeux.
Mince. Je viens de découvrir l’existence de ce dvd sorti il y a quelques mois et actuellement en promo fnac.
Le film bénéficie de la présence de la formidable Teresa Wright donc je l’ai mis illico dans mon panier..

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Thaddeus
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Re: Fred Zinnemann (1907-1997)

Post by Thaddeus »

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Le train sifflera trois fois
Unité de temps et de lieu, narration dense, sévère et laconique, resserrée autour d’affrontements psychologiques intenses, situations tendant à l’épure : ce western admirable rompt avec les stéréotypes du genre en renouvelant son folklore. Minute par minute, le long d’un imparable crescendo dramatique, on y suit le périple d’un héros angoissé, faillible, vulnérable, mais dont l’intégrité, la bravoure et le sens du devoir s’opposent à l’opportunisme et à la veulerie d’une population chauffée à blanc, prête à un déchaînement cathartique. Car derrière les bonnes paroles et les francs sourires apparaissent l’égoïsme, la peur, l’envie, le calcul, et car l’abandon général réduit toute justice à un contrat social qu’en dernière analyse personne ne souhaite vraiment défendre. La parabole est puissante, servie par un Gary Cooper remarquable. 5/6
Top 10 Année 1952

Tant qu’il y aura des hommes
Burt Lancaster, Montgomery Clift, Deborah Kerr, Frank Sinatra : carré d’acteurs royal pour un drame psychologique et antimilitariste dont bien des scènes sont entrées dans le folklore cinéphilique. Il ne serait qu’un produit romanesque à intrigues conventionnelles s’il ne portait la marque d’un cinéaste intransigeant et rigoureux. Au-delà de la description du quotidien d’une garnison américaine à Honolulu en 1941, bouleversé par l’attaque de Pearl Harbor, l’œuvre dresse une métaphore historique, porteuse d’une philosophie à la fois généreuse et désabusée : jusqu’à l’éternité, tant qu’il y aura des hommes, il sera toujours ainsi de la bassesse, des égoïsmes, de la violence et de l’injustice, mais aussi des valeurs universelles du sacrifice, de l’amour et de l’amitié. Un classique populaire qui tient encore bien la route. 4/6

Un homme pour l’éternité
Peut-être la grogne à l’encontre de l’engagement au Vietnam fut-elle un adjuvant au succès public de ce film et à son triomphe aux Oscars, tant les choix opérés dans l’orchestration d’un genre enclin à l’académisme semblent ici dénués de personnalité. Adaptation historique comme Hollywood les aime, lourde de sens, opulente, solennelle, il a pour lui d’exposer avec une certaine éloquence le débat moral entre la conscience d’un individu et le pouvoir civil (en l’occurrence entre Thomas More et Henry VIII, à l’origine de la rupture de l’Angleterre avec l’autorité pontificale), et de ne pas ajouter trop de cors hagiographiques au portrait flatteur d’une personnalité dont la rigueur et l’intégrité intellectuelles appellent l’admiration. Rien de honteux ni d’exaltant dans cette démonstration de savoir-faire. 4/6

Chacal
Après l’attentat manqué du Petit-Clamart, l’OAS embaucha un tueur professionnel pour assassiner De Gaulle. Le film raconte la préparation de son coup et comment la police française le déjoua de justesse. Fred Zinnemann apporte ainsi sa contribution à une mouvance de thrillers politiques à laquelle des réalisateurs comme Costa-Gavras, Boisset ou Verneuil apportèrent sous nos latitudes leur métier. Sa vision très américaine des réalités policières et des mœurs institutionnelles françaises est portée plus souvent sur la dimension folklorique que sur de véritables composantes historiques. Mais la minutie avec laquelle il reconstitue les préparatifs de l’attentat, son élaboration d’un suspense prenant qui s’appuie sur des acteurs éprouvés et une intrigue solide garantissent l’efficacité de l’ensemble. 4/6

Julia
Tiré d’une nouvelle autobiographique de Lilian Hellman, le film se présente comme une élégie tranquille à la gloire de l’amitié liant deux femmes courageuses, engagées chacune à sa manière contre la barbarie fasciste. Pour quelque peu convenue qu’elle soit, la mise en scène en réfère tour à tour aux prestiges de l’impressionnisme, aux charmes rétro du suspense hitchcockien (la longue séquence du train) ou au romanesque généreux d’un cinéma d’aventures fertile en péripéties. Autant de directions qui apparentent le tout à un grand repas d’apparat, culminant avec la rencontre tant attendue des héroïnes dans un bistrot berlinois, où se cristallise le meilleur d’une sensibilité à mi-voix franchement émotionnelle, prémunie de toute surenchère spectaculaire. Et que dire de Jane Fonda, forcément magnifique... 4/6


Mon top :

1. Le train sifflera trois fois (1952)
2. Julia (1977)
3. Tant qu’il y aura des hommes (1953)
4. Un homme pour l’éternité (1966)
5. Chacal (1973)

Je n’ai pas vu grand-chose de la filmographie de Fred Zinnemann, à peine ses œuvres les plus célèbres. Ce réalisateur m’apparaît toutefois comme un artisan humble, solide, ayant mis son métier éprouvé au service d’une conception prestigieuse du spectacle hollywoodien et livré une poignée de réussites plus qu’estimables.
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Watkinssien
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Re: Fred Zinnemann (1907-1997)

Post by Watkinssien »

Je te conseille The Search, avec Montgomery Clift! :)
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