Richard Brooks (1912-1992)

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés avant 1980.

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Alexandre Angel
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Re: Richard Brooks (1912-1992)

Post by Alexandre Angel »

Oui, je comprends mieux, merci à toi 8) !
Ça me donne évidemment envie d'y revenir. C'est une œuvre qui incite à la reconsidération de par son sujet risqué et même casse gueule. Et c'est vrai que la personnalité de Brooks fait que je ne me suis jamais résolu à suivre Tavernier et Coursodon sur leur " Bien pire est Looking for Mr. Goodbar dont la technique racoleuse essaie désespérément d'être à la mode, de se mettre au diapason des nouveaux cinéastes" . On verra dans 100 ans de cinéma américain si ils ont bougé.
Je précise que la dernière fois que j'ai vu le film remonte à loin.
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Jeremy Fox
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Re: Richard Brooks (1912-1992)

Post by Jeremy Fox »

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The Catered Affair (Le Repas de noce) - 1956

Dans la filmo de Brooks, coincé entre Graine de violence puis La dernière chasse et Le Carnaval des dieux puis La Chatte sur un toit brulant (rien qu'à lire ces titres, on se dit que ce fut une décennie bénie pour le cinéaste), il est évident que cette modeste comédie dramatique a malheureusement fait les frais de la proximité de ces films plus ambitieux et plus prestigieux. Il s'avère pour autant tout aussi réussi.

Sorte de version 'prolétarienne' du Père de la mariée de Minnelli, il narre donc les préparatifs de mariage d'une jeune fille dont le père est un simple chauffeur de taxi et dont la mère est femme au foyer. La jeune fille (Debbie Reynolds) aurait voulu un mariage rapide entre deux témoins mais sa mère (Bette Davis), bouleversée par le prochain départ de sa fille, regrettant de ne s'en être jamais bien occupé auparavant, décide de lui offrir le plus beau des mariages malgré des moyens plus que modestes. Ce qui envenime les relations familiales puisque le père (Ernest Borgnine) voit 20 ans de travail fastidieux partir en fumée en une seule journée alors qu'il avait enfin l'occasion de se mettre à son propre compte. Nous assistons donc aux relations entre ce vieux couple qui n'a jamais eu le temps de vivre pour lui et n'a même jamais eu le temps de se dire 'je t'aime', entre ce tout jeune couple aux idées plus modernes et qui ne se formalise pas de toutes ces coutumes, s'obligeant à accepter cette fête pour faire plaisir, ou encore entre un couple de personnes âgées qui se forme aussi à l'occasion et dont l'homme n'est autre que l'oncle qui a toujours auparavant vécu aux crochets de la famille (Barry Fitzgerald).

C'est parfois drôle (ce n'est d'ailleurs pas franchement une comédie) mais c'est surtout d'une justesse confondante (on pense parfois au Lys de Brooklyn de Kazan au travers la description de cette famille et de ce quartier) et souvent extrêmement touchant. J'ai rarement vu Bette Davis, Ernest Borgnine et Debbie Reynolds aussi émouvants ; ils m'ont tous trois à quelques reprises fait venir les larmes aux yeux. Quant aux seconds rôles, de Barry Fitzgerald à Rod Taylor, ils sont tous parfaits. Rien à redire non plus niveau dialogue ou mise en scène. Une petite merveille de délicatesse tout simplement.


L'avis de Ann Harding qui rejoint tout à fait le mien
Revu hier soir avec toujours le même plaisir et toujours aussi étonné devant la performance de Bette Davis dans un rôle où je ne l'attendais pas. Tous ses partenaires sont au diapason et pour certains eux aussi dans des rôles à contre-emploi, Debbie Reynolds en tête. Une petite pépite toujours bien trop méconnue à mon avis. Le DVD ci-dessous s'avère tout à fait honorable pour pouvoir le découvrir.

Image


Après avoir revu aussi ces jours-ci les formidables Graine de violence et La Chatte sur un toit brûlant, Brooks continue à faire partie de mes chouchous hollywoodiens.
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Major Dundee
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Re: Richard Brooks (1912-1992)

Post by Major Dundee »

Jeremy Fox wrote:
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The Catered Affair (Le Repas de noce) - 1956

Dans la filmo de Brooks, coincé entre Graine de violence puis La dernière chasse et Le Carnaval des dieux puis La Chatte sur un toit brulant (rien qu'à lire ces titres, on se dit que ce fut une décennie bénie pour le cinéaste), il est évident que cette modeste comédie dramatique a malheureusement fait les frais de la proximité de ces films plus ambitieux et plus prestigieux. Il s'avère pour autant tout aussi réussi.

Sorte de version 'prolétarienne' du Père de la mariée de Minnelli, il narre donc les préparatifs de mariage d'une jeune fille dont le père est un simple chauffeur de taxi et dont la mère est femme au foyer. La jeune fille (Debbie Reynolds) aurait voulu un mariage rapide entre deux témoins mais sa mère (Bette Davis), bouleversée par le prochain départ de sa fille, regrettant de ne s'en être jamais bien occupé auparavant, décide de lui offrir le plus beau des mariages malgré des moyens plus que modestes. Ce qui envenime les relations familiales puisque le père (Ernest Borgnine) voit 20 ans de travail fastidieux partir en fumée en une seule journée alors qu'il avait enfin l'occasion de se mettre à son propre compte. Nous assistons donc aux relations entre ce vieux couple qui n'a jamais eu le temps de vivre pour lui et n'a même jamais eu le temps de se dire 'je t'aime', entre ce tout jeune couple aux idées plus modernes et qui ne se formalise pas de toutes ces coutumes, s'obligeant à accepter cette fête pour faire plaisir, ou encore entre un couple de personnes âgées qui se forme aussi à l'occasion et dont l'homme n'est autre que l'oncle qui a toujours auparavant vécu aux crochets de la famille (Barry Fitzgerald).

C'est parfois drôle (ce n'est d'ailleurs pas franchement une comédie) mais c'est surtout d'une justesse confondante (on pense parfois au Lys de Brooklyn de Kazan au travers la description de cette famille et de ce quartier) et souvent extrêmement touchant. J'ai rarement vu Bette Davis, Ernest Borgnine et Debbie Reynolds aussi émouvants ; ils m'ont tous trois à quelques reprises fait venir les larmes aux yeux. Quant aux seconds rôles, de Barry Fitzgerald à Rod Taylor, ils sont tous parfaits. Rien à redire non plus niveau dialogue ou mise en scène. Une petite merveille de délicatesse tout simplement.


L'avis de Ann Harding qui rejoint tout à fait le mien
Revu hier soir avec toujours le même plaisir et toujours aussi étonné devant la performance de Bette Davis dans un rôle où je ne l'attendais pas. Tous ses partenaires sont au diapason et pour certains eux aussi dans des rôles à contre-emploi, Debbie Reynolds en tête. Une petite pépite toujours bien trop méconnue à mon avis. Le DVD ci-dessous s'avère tout à fait honorable pour pouvoir le découvrir.

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Après avoir revu aussi ces jours-ci les formidables Graine de violence et La Chatte sur un toit brûlant, Brooks continue à faire partie de mes chouchous hollywoodiens.
:D :D :D
Charles Boyer (faisant la cour) à Michèle Morgan dans Maxime.

- Ah, si j'avais trente ans de moins !
- J'aurais cinq ans... Ce serait du joli !


Henri Jeanson