Le Cinéma muet

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés avant 1980.

Moderators: cinephage, Karras, Rockatansky

User avatar
Ann Harding
Régisseur
Posts: 3048
Joined: 7 Jun 06, 10:46
Location: Paname

Re: Le cinéma muet

Post by Ann Harding »

Image
The Conquering Power (Eugénie Grandet, 1921) de Rex Ingram avec Ralph Lewis, Alice Terry et Rudolph Valentino

Le Père Grandet (R. Lewis) reçoit son neveu Charles (R. Valentino) dont le père vient de se suicider suite à une banqueroute. Le vieil avare cherche à se débarrasser de son neveu qui semble être attirée par sa cousine Eugénie (A. Terry)...

Suite au succès de The Four Horsemen of the Apocalypse (1921), Ingram reprend son couple vedette, Alice Terry et Rudolph Valentino. Cette adaptation modernisée du roman d'Honoré de Balzac est malheureusement particulièrement édulcorée. En donnant la vedette à ces deux acteurs, la cruelle vérité de Balzac en prend pour son grade. Eugénie Grandet n'est plus la jeune fille sans grâce et sans beauté du roman, mais la lumineuse Alice Terry. Face à elle, son cousin vaniteux et égoïste devient un Rudolph Valentino vulnérable et désintéressé. Heureusement, le Père Grandet du roman, sous les traits de Ralph Lewis conserve sa cruauté et son avarice maladive. Ce sont d'ailleurs les scènes où figure ce dernier qui restent en mémoire. Le vieil avare se retrouve enfermé dans sa chambre forte avec son or. Soudain, tel un alcoolique en proie au delirium tremens, il croit voir son or s'animer et se retourner contre lui.
Les murs de la pièce se mettent à bouger et s'apprêtent à l'écraser. Il mourra écrasé par ce même or qu'il chérissait plus que tout au monde. La scène utilise habilement une citation de Griffith où nous voyons le Père Grandet, sous un rai de lumière, qui berce son or dans un berceau d'enfant telle la Lillian Gish d'Intolerance (1916). Si Ingram n'avait pas trouvé bon d'ajouter cette histoire d'amour sentimentale entre Eugénie et son cousin ainsi qu'une fin heureuse déconnectée du roman, le film serait une grande réussite. En tous cas, visuellement, la reconstitution de la France de l'époque est superbe avec le village et les intérieurs de la maison Grandet. Comme toujours les éclairages font merveille avec des ombres et des lumières qui sculptent les visages comme des gravures anciennes. Un film qui n'est donc pas une réussite totale, mais qui contient plusieurs scènes impressionnantes.
ImageImage
allen john
Accessoiriste
Posts: 1970
Joined: 17 May 06, 19:00
Location: Une maison bleue

Re: Le cinéma muet

Post by allen john »

Ann Harding wrote:Image
The Conquering Power (Eugénie Grandet, 1921) de Rex Ingram avec Ralph Lewis, Alice Terry et Rudolph Valentino

Le Père Grandet (R. Lewis) reçoit son neveu Charles (R. Valentino) dont le père vient de se suicider suite à une banqueroute. Le vieil avare cherche à se débarrasser de son neveu qui semble être attirée par sa cousine Eugénie (A. Terry)...

Suite au succès de The Four Horsemen of the Apocalypse (1921), Ingram reprend son couple vedette, Alice Terry et Rudolph Valentino. Cette adaptation modernisée du roman d'Honoré de Balzac est malheureusement particulièrement édulcorée. En donnant la vedette à ces deux acteurs, la cruelle vérité de Balzac en prend pour son grade. Eugénie Grandet n'est plus la jeune fille sans grâce et sans beauté du roman, mais la lumineuse Alice Terry. Face à elle, son cousin vaniteux et égoïste devient un Rudolph Valentino vulnérable et désintéressé. Heureusement, le Père Grandet du roman, sous les traits de Ralph Lewis conserve sa cruauté et son avarice maladive. Ce sont d'ailleurs les scènes où figure ce dernier qui restent en mémoire. Le vieil avare se retrouve enfermé dans sa chambre forte avec son or. Soudain, tel un alcoolique en proie au delirium tremens, il croit voir son or s'animer et se retourner contre lui.
Les murs de la pièce se mettent à bouger et s'apprêtent à l'écraser. Il mourra écrasé par ce même or qu'il chérissait plus que tout au monde. La scène utilise habilement une citation de Griffith où nous voyons le Père Grandet, sous un rai de lumière, qui berce son or dans un berceau d'enfant telle la Lillian Gish d'Intolerance (1916). Si Ingram n'avait pas trouvé bon d'ajouter cette histoire d'amour sentimentale entre Eugénie et son cousin ainsi qu'une fin heureuse déconnectée du roman, le film serait une grande réussite. En tous cas, visuellement, la reconstitution de la France de l'époque est superbe avec le village et les intérieurs de la maison Grandet. Comme toujours les éclairages font merveille avec des ombres et des lumières qui sculptent les visages comme des gravures anciennes. Un film qui n'est donc pas une réussite totale, mais qui contient plusieurs scènes impressionnantes.
ImageImage
C'est un film étrange, si mes souvenirs sont bons. je suis d'accord avec toi, d'une part, le traitement très conventiollywoodien de l'histoire abâtardit et alourdit inutilement la sauce, et d'autre part, c'est l'un de ces films d'Ingram dans lesquels on peine à trouver le bon équilibre entre les recherches formelles d'une grande qualité, et un scénario au bord du ridicule: dans un autre genre, The magician se pose un peu là... d'ailleurs, le film est parfois considéré à tort comme un précurseur du film d'horreur sur la foi des photos de la scène de folie de Ralph Lewis, un peu à la façon dont de nombreux films avec Lon Chaney sont rangés dans cette même catégorie.
bruce randylan
Mogul
Posts: 11575
Joined: 21 Sep 04, 16:57
Location: lost in time and lost in space

Re: Le cinéma muet

Post by bruce randylan »

Retour sur deux films muets du cycle Japan Horror vus à la MCJP

Le tour de passe-passe (Shigeyoshi Suzuki - 1927)

Le fils d'une famille d'une famille démuni croise lors d'une nuit pluvieuse un homme mystérieux qui lui confie pour la nuit un paquet comprenant les liasses de billets. Doit-il y toucher ou non ?

Bien qu'inclus dans ce cycle J-Horror, ce petit film (25 minutes) n'a pas grand chose de fantastique même si son ambiance peut s'y rattacher : séquence nocturne balayée par une forte pluie, apparition fantomatique du voleur, flash-forward à la Dickens... C'est en fait un conte morale (et moralisateur) sur un petit enfant pris entre la nécessité de dire la vérité et le besoin de détourner l'argent pour aider sa famille.
L'histoire, sans être édifiante, est ainsi très naïf et schématique mais la mise en scène possède plein de bonne idées avant-gardistes avec un montage multipliant les fonds enchainés, les images kaléidoscopiques, les surimpressions avec quelques court-travelling très nerveux et surtout une très belle photo qui joue beaucoup sur la lumière/obscurité pour un résultat influencé par l'expressionnisme. Ca donne quelque plans somptueux et sensationnels comme l'enfant avec son parapluie attendant sous un réverbère mais éclairée par une lumière diagonale très forte venant hors-champ.
Bien qu'il s'agisse de l'un de ses premiers travaux, la mise en scène de Shigeyoshi Suzuki n'a cependant pas la force et la puissance d'un autre film que j'avais pu voir de lui : le geste inexpliquée de Sumiko (1930) qui est l'un de mes muets préférés et un authentique chef d'œuvre.



Le renard et le raton (Jiro Yoshino - 1929)

Un brigand retourne chez sa fiancée après avoir volé de l'argent. Traqué par la police, il lui propose un double-suicide pour ne pas être séparer. Mais sa promise a quelques réticences à passer à l'acte.

Cet autre court-métrage (30 minutes) n'est pas forcément plus fantastiques que le précédent mais les tours que se jouent le couple font intervenir de faux fantômes et revenants. Car en effet, le titre fait référence aux renards et aux Tanukis (les créatures proches des ratons qu'on voit dans Pom-poko d'Isao Takahata) qui passent leur temps à se faire des mauvais tours.

C'est d'ailleurs ce que fait le réalisateur avec le spectateur dans un scénario imprévisible : le film commence par une scène de combat dynamique et mouvementée aux long-plans où les acteurs courent d'un bout à l'autre du cadre (suivi dans des pano très rapides), repoussent des dizaines d'assaillant, évitent des bâtons et distribuent des coups par dizaine. Vraiment fun. :)

Ensuite l'histoire se calme quand le couple est réuni pour glisser vers une comédie proche de la satire. Une fois que le voleur veut faire croire à sa fiancée qu'il est mort le film devient par contre vraiment excellent et délirant où les twist enchainement à une vitesse folle (parfois plusieurs par minutes - à chaque cartons en fait). C'est totalement jubilatoire et irresistible.
vraiment frais et bien mené. La réalisation est plus traditionnelle que Suzuki mais demeure enlevée grâce à son rythme trépidant et aux cabotinages de ses acteurs.
Dans l'esprit ca m'a beaucoup fait pensé au délirant Le coffre de Tolède de Louis Feuillade
"celui qui n'est pas occupé à naître est occupé à mourir"
B.
Electro
Posts: 931
Joined: 19 Jan 04, 16:24

Re: Le cinéma muet

Post by B. »

Pour les spécialistes, une petite question parenthèse au milieu de ce superbe topic : hormis " Le Dernier des hommes", y a t-il d'autres moyens ou longs métrages de l'ère du muet complètement dépourvus de cartons ?... C'est une question que je me pose sans avoir encore vraiment trouvé de réponse...
feb
I want to be alone with Garbo
Posts: 8856
Joined: 4 Nov 10, 07:47
Location: San Galgano

Re: Le cinéma muet

Post by feb »

Die Hintertreppe (Backstairs) de Leopold Jessner - Allemagne, 1921
http://www.silentera.com/video/backstairsHV.html
Sylvesterabend de Lupu Pick - Allemagne, 1923
http://www.silentera.com/PSFL/data/S/Sy ... d1923.html
Je laisse la place aux 2 spécialistes des films muets car maintenant je sèche :mrgreen:
allen john
Accessoiriste
Posts: 1970
Joined: 17 May 06, 19:00
Location: Une maison bleue

Re: Le cinéma muet

Post by allen john »

B. wrote:Pour les spécialistes, une petite question parenthèse au milieu de ce superbe topic : hormis " Le Dernier des hommes", y a t-il d'autres moyens ou longs métrages de l'ère du muet complètement dépourvus de cartons ?... C'est une question que je me pose sans avoir encore vraiment trouvé de réponse...
Scherben (le rail) 1922, de Lupu Pick: il formait justement avec Le dernier des hommes et La nuit de la St-Sylvestre une trilogie, dite du "Kammerspiel" (Théâtre de chambre)...
Ménilmontant, de Kirsanoff (1926)
D'autres films "expérimentaux" ou avant-gardistes, certainement aussi...
B.
Electro
Posts: 931
Joined: 19 Jan 04, 16:24

Re: Le cinéma muet

Post by B. »

Merci ! Me reste plus qu'à trouver ces films !
allen john
Accessoiriste
Posts: 1970
Joined: 17 May 06, 19:00
Location: Une maison bleue

Re: Le cinéma muet

Post by allen john »

B. wrote:Merci ! Me reste plus qu'à trouver ces films !
Ménilmontant (extrait du coffret avant-garde de Kino)
et la suite: Scherben
Music Man
Assistant opérateur
Posts: 2289
Joined: 16 Feb 06, 21:23

Re: Le cinéma muet

Post by Music Man »

Image
LA CHASTE SUZANNE (die keusche Susanne) de Richard EICHBERG -1926- ALLEMAGNE
Avec Willy FRITSCH, Lilian HARVEY et Ruth WYEHER

Adaptation muette de l’opérette de Jean Gilbert.
M. Des Aubrais , membre important l'académie des Sciences Morales, est en réalité un vieux noceur qui fréquente assidument le Moulin-Rouge avec sa maîtresse. Il fait un scandale quand il découvre que le fiancé de sa fille est en fait un ex de la « chaste Suzanne » a laquelle il vient de remettre un prix de vertu


Cette comédie trépidante est vraiment une réussite. On rit de bon cœur en suivant les mésaventures coquines de tous ces personnages libertins qui affectent une morale de pacotille ; les gags s’enchaînent à vitesse grand V et certains étonnent vraiment par leur audace et leur fantaisie débridée (notamment, le passage où Willy Fritsch tente tant bien que mal de cacher à sa fiancée, son ex-maîtresse ivre morte qui git sous le lit et dont les pieds dépassent). Le repas de fiançailles qui tourne à la catastrophe m’a fait même penser à la party de Blake Edwards.. La « chaste » Suzanne est fort bien campée par la très belle Ruth Wyeher qui possède un abattage extraordinaire, et Hans Junckermann en « chaste » Josef a l’œil qui frise de Chester Cocklin et une force comique digne des acteurs de burlesque. L’action qui se déroule à Paris (la place de l’opéra et sa bouche de métro n’ont d’ailleurs pas du tout changé) défile rapidement sous la direction alerte de Eichberg.
La toute jeune Lilian Harvey est adorable, même après avoir reçu un sceau d’eau sur la tête : elle danse aussi à deux reprises, alors que des paroles apparaissent sur l’écran.. ; Décidément le cinéma ne demandait plus qu’à savoir parler (et Harvey allait devenir la grande star du parlant en Europe).
Une belle réussite du cinéma comique allemand.

L'ouvrette inspirera encore un remake en france en 1937 de Berthomieu avec Meg Lemonnier et en 1963 avec Marujita Diaz et Noel Rocquevert.
Music Man
Assistant opérateur
Posts: 2289
Joined: 16 Feb 06, 21:23

Re: Le cinéma muet

Post by Music Man »

Image
ASPHALTE (Asphalt) de Joe MAY- ALLEMAGNE - 1929
Avec Gustav FROEHLICH, Betty AMANN, Hans ALBERS, Paul HORBIGER

Un policier est séduit par une voleuse. L’amant de celle-ci les surprend et rentre dans une colère folle. Pour se défendre, le jeune policier lui donne un coup mortel ..

En dépit d’un scénario qui n’a finalement rien d’original ni de très développé, Asphalte fascine par la fluidité de sa réalisation (notamment les premières scènes dans un Berlin très animé qui surprennent par leur virtuosité avec une caméra étonnement mobile ) une impeccable photographie , une interprétation particulièrement brillante (notamment Else Heller dans le rôle de la maman) et avant tout la présence inouïe de Betty Amann dans un rôle de vamp prédatrice comme seul le ciné muet allemand de la fin des années 20 savait les inventer.
Dans la droite lignée de ses consœurs Pola Negri, Lya de Putti ou encore davantage Louise Brooks, elle incarne avec justesse, humour et sensualité une femme vénale et dépravée qui séduit un policier pour échapper à une condamnation avec une ardeur absolue : en fait, elle le viole littéralement, il n’y a pas d’autre mot ! Avec un sens du détail, de l’éclairage des plus habiles, Joe May nous livre un film qui figure parmi les dernières réussites du muet expressionniste avec une belle étude de personnages, dont l’âme est fouillée par la caméra, une utilisation optimale de l’image (superbes close up) avec des inter-titres réduits au minimum. On regrette seulement au final, le coté convenu et artificiel de la conclusion, avec la vamp qui se rachète une conduite par amour et va purger sa peine.

Le réalisateur Joe May et l’étonnante actrice Betty Amann ont respectivement poursuivi leur carrière aux USA après l’avènement du nazisme, mais dans des films de moindre valeur.
Dans des rôles minuscules on remarque déjà Hans Albers et Paul Hörbiger qu’on va souvent voir à l’écran les 30 années suivantes.

Sur le DVD, l’accompagnement musical jazzy est parfait de même que la qualité d’image
User avatar
Ann Harding
Régisseur
Posts: 3048
Joined: 7 Jun 06, 10:46
Location: Paname

Re: Le cinéma muet

Post by Ann Harding »

Moi, j'ai adoré Asphalt. Betty Amann est une 'flapper' formidable. J'adore la manière dont elle dérobe les diamants avec son parapluie. :mrgreen:
User avatar
Supfiction
Howard Hughes
Posts: 18873
Joined: 2 Aug 06, 15:02
Location: Have you seen the bridge?

Re:

Post by Supfiction »

Alligator wrote:Image

Die Nibelungen: Siegfried Les Nibelungen: la mort de Siegfried (Fritz Lang, 1924) :
_______________

De cette légende germanique des Nibelungen, je dois avouer tout d'abord que je n'ai toujours pas trouvé matière à savourer, ni à m'indisposer réellement non plus et je parle bien de l'histoire. C'est bien plus grace au traitement cinématographique de Lang que j'ai pu apprécier quelques moments de plaisir.

Pour commencer, Lang prend bien soin à nous en mettre plein la vue à plusieurs reprises. Son oeuvre se doit d'être aussi grandiose que l'adaptation musicale wagnérienne.
On est alors surpris, c'est bien le mot, par l'ingéniosité technique et les moyens mis en oeuvre pour produire pareil spectacle au début des années 20.
Les premières images, les décors, les costumes, la mise en image est sublime, étonnante de puissance, d'imagination, elle force le respect. Indéniablement Lang maîtrise parfaitement tous ses éléments formels.
La séquence du dragon est stupéfiante à ce propos. Les mouvements oculaires et ceux du cou de la bête sont d'un réalisme saisissant. Tout cela à la main! Le génie des premiers temps cinématographiques ne cesse de m'épater.
Les placements et les mouvements de caméra sont si bien pensés et effectués qu'on reconnait d'ores et déjà en Lang le maître cinéaste.

Ce qui m' a cependant fait lacher prise à plusieurs reprises lors de ce long spectacle (autour des 2h30, si mes souvenirs sont bons), c'est la grandiloquence des acteurs. Quelque chose qu'on soupçonne souvent a priori pour l'époque du muet et qui quelque fois, bien plus souvent qu'on ne se l'imagine n'a rien à voir avec la réalité et le jeu par moments très moderne et juste de ces acteurs, c'est une mise en scène ampoulée des comédiens, à force de grands gestes, de yeux exorbités, de pauses avec mains sur la poitrine etc. Et il m'a semblé que certains comédiens à commencer par Margaret Schön, versent un peu dans cette emphase, une consommation déraisonnable de la gesticulation comme mode d'expression.
Il n'y a guère que Theodor Loos qui m'a au contraire impressionné pour sa sobriété, sa mesure, sa parcimonie.

Reste que le film reste fort agréable à suivre. Les deux heures trente passent relativement vite, sans déplaisir, bien au contraire.

-----------------
-----------------

Die Nibelungen: Kriemhilds Rache Les Nibelungen, la vengeance de Kriemhild (Fritz Lang, 1924) :
_______________

Autant le premier film regorge de ces grands moments de cinéma spectaculaire, autant celui-là fait une plus grande part à la tragédie et sa démonstration de pathos. Et la reine Krimhild est en première ligne, sa vengeance prenant toute la place en son coeur et âme comme sur l'écran.
Ce deuxième opus m'a paru bien plus long. Et je doute qu'il le soit vraiment.
Il faut attendre la toute dernière partie pour se surprendre à être encore une fois subjugué par la grandeur des moyens mis en branle pour créer ce monstre de spectacle.
Spoiler (cliquez pour afficher)
L'incendie du palais d'Attila (au maquillage cela dit en passant inquiétant dans la pénombre et plutôt grossier en pleine lumière) est le moment fort du film.
Les méandres de la vengeance de la reine m'ont perdu bien avant malheureusement. La position obstinée de ses frères, d'elle même (tout le monde passe son temps à camper sur ses principes) m'ont éreinté plus que tout.
J'en ai vraiment plus rien à faire pour être poli de cette histoire.
Somme toute, un divertissement de poids, une masse de figurants, des décors impostants, tout cela superbement cadré et mis en lumière et ombre, mais une histoire qui m'a totalement laissé impassible dans le meilleur des cas.



Les Nibelungen en version restaurée sur ARTE ce soir jusque .. 1h15..
Bon courage à ceux qui regardent !
tenia wrote: rien de bien nouveau
Excelsior Supfiction - Excelsior Dvdclassik
Image
ergoproxad
Assistant(e) machine à café
Posts: 191
Joined: 18 Feb 07, 12:14

Re: Le cinéma muet

Post by ergoproxad »

ils y sont allés fort sur la teinte des Nibelungen, ca crame limite les mirettes, par moments on se demande s'il ne s'agit pas aussi d'attenuer la perception des differences entres les peloches qui beneficient a plein du traitement HD et quelques parties de ci de là clairement en dessous...

Petit echantillon (cliquez sur chaque vignette pour les versions full hd) :
ImageImageImageImage
ImageImageImageImage
ImageImageImageImage
ImageImageImageImage
Image
User avatar
Ann Harding
Régisseur
Posts: 3048
Joined: 7 Jun 06, 10:46
Location: Paname

Re: Le cinéma muet

Post by Ann Harding »

Personnellement, je trouve que le teintage ambré est très réussi. Ils ont réussi à conserver un bon contraste tout en ensoleillant la pellicule.
Last edited by Ann Harding on 4 Oct 11, 14:49, edited 1 time in total.
pak
Electro
Posts: 990
Joined: 23 Mar 08, 00:25
Location: Dans une salle, ou sur mon canapé, à mater un film.

Re: Le cinéma muet

Post by pak »

Pareil, trouvé le procédé pas mal appliqué.

Bon, je n'ai regardé que la première partie, et enregistré la suite parce que bon, ça faisait un peu tard la fin...
Le cinéma : "Il est probable que cette marotte disparaîtra dans les prochaines années."

Extrait d'un article paru dans The Independent (1910)

http://www.notrecinema.com/