Le Cinéma muet

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés avant 1980.

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allen john
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Re: Le cinéma muet

Post by allen john »

Ann Harding wrote:Quo Vadis? (1923-24, G. Jacoby & G. d'Annunzio) avec Emil Jannings, Rina de Liguoro et Lilian Hall-Davis

Cette version de Quo Vadis? tournée en Italie par un réalisteur allemand (avec un co-réalisateur italien) est une grosse machine mal ficelée.
Pas mieux. A la vision de Lillian Hall-Davies ( l'actrice Britannique qui sera tant pleurée à sa mort quelques années plus tard, et qui tournera entre autres pour Hitchcock) avec une perruque blonde, à jouer les utilités dans ce machin, ça fait mal.
Cela dit, j'ai du m'endormir aussi, et tu as piqué ma curiosité....
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Ann Harding
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Re: Le cinéma muet

Post by Ann Harding »

allen john wrote:Cela dit, j'ai du m'endormir aussi, et tu as piqué ma curiosité....
Il n'y a guère que cette petite séquence de quelques minutes qui a retenue mon attention....le reste est vraiment soporifique.
1kult
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Re: Le cinéma muet

Post by 1kult »

Le très bien nommé Bruce Randylan en ces lieux nous offre une critique de Cauchemars et Superstitions de Vicror Fleming avec Douglas Fairbanks, qu'on a pu voir à la séance Retour de Flamme de l'Etrange Festival De Paris 2010 dans une copie DVD :

http://www.1kult.com/2010/12/17/cauchem ... or-fleming

Je suis d'accord avec lui pour ma part : drôle et bien rythmé, original... :wink:
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Ann Harding
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Re: Le cinéma muet

Post by Ann Harding »

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The Mating Call (1928, James Cruze) avec Thomas Meighan, Evelyn Brent, Alan Roscoe et Renée Adorée

Leslie Hatton (T. Meighan) vient d'être démobilisé et il retourne dans sa ferme en Amérique. Mais en arrivant, il découvre que Rose (E. Brent), son épouse, a fait annuler leur mariage et qu'elle est maintenant mariée au riche Lon Henderson (A. Roscoe). Dans la petite ville, un ordre mystérieux et masqué pratique une justice parallèle. Leslie devient rapidement une cible lorsque Rose revient flirter chez lui. Il décide de se marier pour faire taire les racontars...

Ce film muet produit par Howard Hughes et distribué par Paramount n'a été restauré qu'en 2004 après avoir été invisible pendant près de 80 ans. James Cruze, qui est l'auteur de plusieurs grands films épiques tels que Old Ironsides et The Covered Wagon, réalise là un film aux thématiques fort intéressantes. On y croise un Ku Klux Klan local -sans que le nom soit mentionné- qui pratique une justice sommaire sur les hommes infidèles et autres alcooliques locaux. Il ne fait guère de doute que nous avons affaire au KKK avec leur costumes noirs et blancs et les croix enflammées (même s'il n'y a pas trace de violences contre les noirs qui sont absents du film). Le film oppose en même temps deux femmes fort différentes toutes deux amoureuses du même homme. Evelyn Brent, qui est alors la sulfureuse héroïne des films de Sternberg, est ici une vamp qui tente de reconquérir l'homme qu'elle a laissé tomber. Il faut la voir enlacer lacivement Thomas Meighan pour comprendre son potentiel de séduction. De l'autre, il y a la douce Renée Adorée, l'héroïne de The Big Parade, qui est une jeune immigrante russe que Meighan va chercher à Ellis Island. Si la deuxième paraît chaste et travailleuse, elle se révèle malgré tout fort sensuelle. Dans une scène qui aurait pu être censurée, on la voit se baigner nue dans une rivière. Thomas Meighan, qui fut un des interprètes favoris de DeMille dans les années 10 et 20, conserve son phelgme face à ses deux créatures au charme ravageur. Le film brasse beaucoup de thèmes: KKK, l'immigration aux USA et le sexe. Il n'arrive pas vraiment avec sa courte durée (72 min) à être totalement satisfaisant. On a l'impression qu'il faudrait un peu plus de métrage pour donner plus de consistance aux personnages. C'est néanmoins une bonne surprise grâce à ses interprètes et à son script plus qu'intéressant.

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ballantrae
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Re: Le cinéma muet

Post by ballantrae »

Top 20 muet :
1-Sunrise Murnau
2-Le vent Sjostrom
3-Greed E V stroheim
4-Le mécano de la Général B Keaton
5-City lights Chaplin
6-La ligne générale eisenstein
7-Le dernier des hommes Murnau
8-La terre Dovjenko
9-La chute de la maison Usher J Epstein
10-The kid Chaplin
11-La roue A Gance
12-La passion de Jeanne d'arc Dreyer
13-Le cuirassé Potemkine Eisenstein
14-Haxan- B Christensen
15-Métropolis Lang
16-La fin de Saint Pétersbourg Poudovkine
17-Au bord de la mer bleue B Barnet
18-L'homme à la caméra de D Vertov
19-Foolish wives E Von Stroheim
20-Steamboat bill Jr Keaton
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Ann Harding
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Re: Le cinéma muet

Post by Ann Harding »

ballantrae wrote:Top 20 muet :
1-Sunrise Murnau
2-Le vent Sjostrom
3-Greed E V stroheim
4-Le mécano de la Général B Keaton
5-City lights Chaplin
6-La ligne générale eisenstein
7-Le dernier des hommes Murnau
8-La terre Dovjenko
9-La chute de la maison Usher J Epstein
10-The kid Chaplin
11-La roue A Gance
12-La passion de Jeanne d'arc Dreyer
13-Le cuirassé Potemkine Eisenstein
14-Haxan- B Christensen
15-Métropolis Lang
16-La fin de Saint Pétersbourg Poudovkine
17-Au bord de la mer bleue B Barnet
18-L'homme à la caméra de D Vertov
19-Foolish wives E Von Stroheim
20-Steamboat bill Jr Keaton
S'il-te-plaît Ballantrae, peux-tu poster ton 'top' dans le topic qui lui est dédié:
:arrow: http://www.dvdclassik.com/forum/viewtop ... s#p1923949
Merci!
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feb
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Re: Le cinéma muet

Post by feb »

Ann Harding wrote:The Mating Call (1928, James Cruze) avec Thomas Meighan, Evelyn Brent, Alan Roscoe et Renée Adorée
Ann (même si je me doute de ta réponse) comment as-tu vu ce film ?
ed wrote:Portrait de la jeune fille en feu
L'un des films les plus rigoureux, scénaristiquement et formellement, qu'il m'ait été donné de voir depuis longtemps (...)
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Ann Harding
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Re: Le cinéma muet

Post by Ann Harding »

feb wrote:
Ann Harding wrote:The Mating Call (1928, James Cruze) avec Thomas Meighan, Evelyn Brent, Alan Roscoe et Renée Adorée
Ann (même si je me doute de ta réponse) comment as-tu vu ce film ?
C'est un enregistrement réalisé sur TCM US. :wink:
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feb
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Re: Le cinéma muet

Post by feb »

Gagné :mrgreen: Merci pour l'info, j'espère que notre TCM national y pensera un jour parce que ton avis a éveillé ma curiosité sur ce film.
ed wrote:Portrait de la jeune fille en feu
L'un des films les plus rigoureux, scénaristiquement et formellement, qu'il m'ait été donné de voir depuis longtemps (...)
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Ann Harding
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Re: Le cinéma muet

Post by Ann Harding »

Je viens d'ajouter un portrait d'Ivor Novello sur mon blog. J'espère qu'il éveillera quelque intérêt pour cette acteur britannique souvent décrié et oublié. Bonne lecture. :wink:
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allen john
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Re: Le cinéma muet

Post by allen john »

Ann Harding wrote:Je viens d'ajouter un portrait d'Ivor Novello sur mon blog. J'espère qu'il éveillera quelque intérêt pour cette acteur britannique souvent décrié et oublié. Bonne lecture. :wink:
:D Excellente initiative. j'ai habité en 1993 à Cardiff dans le quartier ou il est né (une rue perpendiculaire à la mienne, en fait), et j'ai assisté à un certain nombre de festivités (Avec une conférence d'un historien Gallois, décédé depuis), notamment la projection de l'inévitable The lodger, mais aussi de The rat (1926), de Graham Cutts (un film à l'énergie communicative qui m'avait beaucoup emballé, et puis il y avait Mae Marsh!!!).

...Nous étions à chaque fois une douzaine dans la salle. :cry:
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Ann Harding
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Re: Le cinéma muet

Post by Ann Harding »

Contente de voir que je ne suis pas la seule à m'intéresser à Novello. :) C'est une récente projection de The Lodger qui m'a poussée à regarder d'autres films en particulier The Rat et ses deux suites, en tous points intéressants. 8)
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Ann Harding
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Re: Le cinéma muet

Post by Ann Harding »

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Napoleon auf St. Helena (Napoléon à Ste Hélène, 1929) de Lupu Pick avec Werner Krauss, Albert Bassermann et Philippe Hériat

L'empereur (W. Krauss) déchu est envoyé sur l'Ile de Ste Hélène en compagnie de ses derniers fidèles. Un nouveau gouverneur est nommé, Hudson Lowe (A. Bassermann) qui va lui rendre la vie difficile...

Lorsqu'Abel Gance s'était lancé dans l'écriture du scénario de Napoléon, il avait préparé six parties qui couvrait la vie de l'empereur de son enfance à sa mort. Mais, après avoir englouti un budget conséquent, le tournage se limita à la première partie. En 1928, il vendit au réalisateur et acteur Lupu Pick le scénario de la sixième et dernière partie. Ironiquement, Lupu Pick avait tourné un bout d'essai pour Gance pour le rôle de Napoléon (voir photo ci-dessus), mais n'avait pas été retenu. Mais, ici, le rôle de l'empereur vieilli et malade est tenu par Werner Krauss. Il serait vain de comparer le chef d'oeuvre lyrique de Gance avec ce film nettement plus conventionnel. le réalisateur nous offre ici une sorte de théâtre filmé qui nous fait découvrir le petit monde de Longwood House, l'ancienne ferme où Napoléon et ses proches résident. Dans ce huis-clos, il règne une atmosphère parfois de cour en minuscule entre les deux seules dames de Longwood. Tous les soirs, pour le dîner, tout le monde met sur son plus bel habit et les femmes se parent de leurs plus beaux bijoux, comme si ils étaient encore au Palais des Tuileries. Ce désir de faire comme avant est évidemment compréhensible dans cette île battue par les vents, perdue au milieu de l'Atlantique Sud. Mais, on peut voir, derrière cet apparat de façade, des rats qui courrent sous les meubles. La situation se tend avec l'arrivée d'Hudson Lowe. C'est un gouverneur intransigeant, on pourrait même dire paranoïaque. Il confine Napoléon à l'intérieur de Longwood House avec des soldats devant sa fenêtre. Il lui refuse toute correspondance et lui enlève même le médecin qui le soignait, alors qu'il est gravement malade. Albert Bassermann est un excellent Hudson Lowe. Il secoue frénétiquement un buste du Roi du Rome qu'il suspecte de contenir un message. Face à lui, Werner Krauss est également un Napoléon convaincant. Il est allourdi, malade et mélancolique. Il contemple et étreint le buste de son fils qu'il ne reverra plus. Il essaie de rester digne face aux différentes humiliations concoctées par Hudson Lowe. Philippe Hériat joue avec talent le Général Bertrand qui fait partie du dernier carré des fidèles. (Il faut noter qu'il jouait le rôle de Salicetti, un ennemi mortel de Bonaparte dans Napoléon.) Werner Krauss réussit à rendre émouvante l'agonie de Napoléon entouré de ses derniers fidèles. Cinématographiquement parlant, ce film est terriblement statique et décoré d'une multitude de cartons avec des citations historiques. Il bénéficie de quelques extérieurs tournés sur l'Ile de Ste Hélène; mais presque tout le film a été tourné en studio. Somme toute, on prend un certain plaisir à cette reconstitution historique grâce au jeu des acteurs.
Xavier
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Re: Le cinéma muet

Post by Xavier »

Dimanche matin au Balzac à Paris, un film très sympa avec Harold Lloyd: Vive le sport.
Accompagné par votre serviteur au piano. :)
http://www.cinemabalzac.com/public/musi ... ncerts.php
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Ann Harding
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Re: Le cinéma muet

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Fine Manners (1926, Richard Rosson) avec Gloria Swanson, Helen Dunbar et George O'Brien

Orchid Murphy (G. Swanson) est chorus girl à Broadway. Elle est chaperonnée par un frère envahissant. Mais, un soir de réveillon, elle rencontre Brian Alden (G. O'Brien) qui est issu de la bonne société de Park Avenue. Il décide de l'épouser, mais, il la confie d'abord à sa tante Agatha (H. Dunbar) pour lui apprendre les bonnes manières...

Dans cette comédie pétillante, Gloria Swanson est une irlandaise pétulante à l'instar de son rôle dans Manhandled (1924, A. Dwan) où elle était une petite vendeuse dans un magasin new-yorkais. Il y a plusieurs Swanson à l'écran: la grande dame parée de costumes exotiques dans les films de DeMille ou la fille du peuple avec son franc parler comme dans Sadie Thompson (1928, R. Walsh). J'ai toujours préféré la deuxième. Le look de Swanson dans ce film est très moderne avec ses cheveux coupés au carré et ses robes de flapper. Et c'est son exubérance qui attire Brian Alden qui ne supporte plus la société guindée qu'il fréquente. Orchid exprime son bonheur en faisant la roue dans sa chambre et n'aime rien mieux que d'aller passer la soirée dans un 'penny arcade' pour voir le cirque de puces. Tout va changer avec les leçons de Tante Agatha qui va faire d'elle une Lady pleine d'assurance et sans expression. Ce snob de Brian en vient à regretter l'ancienne Orchid qui est devenue une fleur blanche et fade. Il s'agit, certes, d'un film centré sur la star Swanson et le réalisateur Richard Rosson (un frère de l'opérateur Harold Rosson) réalise là une comédie de série. Néanmoins, le film contient quelques travellings ébouriffants lors d'un bal masqué. Une charmante comédie grâce à Gloria Swanson.