Jean Gabin (1904-1976)

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés avant 1980.

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Ikebukuro
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Re: Jean Gabin (1904-1976)

Post by Ikebukuro »

Karras wrote: 22 Nov 20, 14:46
Sybille wrote: 22 Nov 20, 14:17 Dans La belle équipe, il insulte et balance une gifle (petite) à Viviane Romance parce qu'elle l'a énervé. Circonstance aggravante, elle a l'air d'aimer ça et d'être soulagée parce que ça prouve "qu'il est un homme".
Autre anecdote rigolote :
https://www.vanityfair.fr/culture/ecran ... abin/13409
C'est "rigolo" cet article car je croyais que les comédiens simulaient toujours les gifles.
Par exemple, dans "Mon nom est Personne", le tueur au crane chauve doit se prendre de fausses baffes et, si je me souviens bien d'un des rares bonus que j'ai vus, Terrence Hill lui en met une vraie lors de la première prise; parait-il que l'ambiance fut glaciale!
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Supfiction
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Re: Jean Gabin (1904-1976)

Post by Supfiction »

Cinéma de minuit
Wens12 wrote: 8 Dec 20, 13:32 Suite du cycle "patrimoine français":

dates à préciser:
La Belle Marinière (Harry Lachman, 1932)
https://www.leparisien.fr/val-d-oise-95 ... 283007.php
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Re: Jean Gabin (1904-1976)

Post by batfunk »

Le cas du Docteur Laurent(1957)

Diffusé sur Arte. Film très attachant que celui-là,
playdoyer sincère et humaniste pour l'accouchement sans douleur. L'arrivée de Jean Gabin(parfait) va remettre en question les certitude et prejugés de ce petit village, portrait en miniature d'une France patriarcale, tenue par une élite condescendante. Le Docteur Laurent, à l'image du réalisateur, pose un regard lucide mais aussi tendre et bienveillant sur ses compatriotes,qui ne demandent qu'à s'éveiller.
La mise en scène est assez fonctionnelle, mais il fait preuve d'une étonnante audace en montrant avec élégance une vraie scène d'accouchement, pleine d'espoir. A comparer avec l'immonde scène d'accouchement de MR73 d'Olivier Marchal, d'un glauque et pessimism absolu... :roll:
Les personnages sont assez truculents, les dialogues alertes et droles, le rythme plutôt vif, le ton humaniste fait clairement penser à du Capra. Certains trouveront le film naïf et pleins de bons sentiments, le sujet dépassé, mais c'est un bon reflet je pense de la société de l'époque.
Je trouve même le film en avance notamment sur l'égalité des droits entre hommes et femmes et sur la critique d'un corps médical passéiste et figé dans ses certitudes. Une critique que d'autres cinéastes comme Boisset ou Rouffio developperont de manière plus violente dans les années 70.
L'accouchement sans douleur est devenu banal aujourd'hui, mais cette premiere lutte préfigure le long chemin de croix de ces dames pour leurs droits... La suppression de la souffrance des malades, mal considéré comme nécessaire alors, reste toujours une question d'actualité.

7/10
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Supfiction
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Re: Jean Gabin (1904-1976)

Post by Supfiction »

Rue des prairies
https://www.arte.tv/fr/videos/100186-00 ... -prairies/
Dispo jusqu’au 20 juin
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Jeremy Fox
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Re: Jean Gabin (1904-1976)

Post by Jeremy Fox »

Film éminemment sympathique.
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Rick Blaine
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Re: Jean Gabin (1904-1976)

Post by Rick Blaine »

Voire même très bon.
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Jeremy Fox
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Re: Jean Gabin (1904-1976)

Post by Jeremy Fox »

Oui en plus.
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Re: Jean Gabin (1904-1976)

Post by Supfiction »

Souvenir d’un film sympathique effectivement, avec une Marie-josé Nat très mimi, mais d’un film peu marquant. On verra à la revision.
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Re: Jean Gabin (1904-1976)

Post by Supfiction »

Revu et c’est effectivement un bon Gabin, voire très bon, principalement grâce aux dialogues sur mesure d’Audiard dont les meilleures saillies sont réservées au patron, en particulier pour des scènes de colère (la plus fameuse étant celle durant laquelle il va chercher Marie-Jose Nat jusque chez son amant). Et le casting de jeunes l’entourant est formidable, en particulier Roger Dumas.
Gabin reprendra un peu le même genre de rôle cinq ans plus tard dans L'Âge ingrat avec moins de réussite et sans les dialogues d’Audiard.

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Frances
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Re: Jean Gabin (1904-1976)

Post by Frances »

Rue des prairies de Denys de La Patellière (1959) – Jean Gabin, Pierre Brasseur, Marie-Josée Nat, Roger Dumas.

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Henri Neveu, prisonnier de guerre rentre d’Allemagne en 1942, veuf, il se retrouve avec un enfant illégitime sur les bras. Il l’élèvera, en bon père de famille avec son fils et sa fille. Devenus jeunes adultes, ils représentent une nouvelle jeunesse, en rupture avec le monde d’avant.

Quand le patriarcat titube sous la poussée des années 60.
Le recul aidant, on ausculte mieux une période révolue. On observe les métamorphoses qu’elle a subies. Et ici, on assiste à la friction de deux mondes. En 1959, les jeunes turcs avaient tiré leur première slave - Les cousins et Le beau Serge de Chabrol, Les 400 coups de Truffaut, Ascenseur pour l’échafaud de Louis Malle. Godard, lui, dégoupillerait sous peu son A bout de souffle. Les films d’une nouvelle génération de cinéastes vent debout contre le conformisme du cinéma français. Cette révolte qui secoue la société de l’époque, Denys de La Patellière, la reprend à son compte et l’écrit dans son style.

Critique sociale, examen du milieu ouvrier.
Jean Gabin, riche d’un passé prolétaire sur l’écran, enfile sans peine, les habits du contremaître du bâtiment. Travailleur, attaché aux valeurs de la famille, honnête homme et père protecteur, il mène une vie simple et sans histoire. Bien élever ses gamins et boire un coup au bistrot du coin avec les copains, c’est son idée du bonheur.

La jeunesse en quête d’argent facile, de statut social, de gloire rapide.
La nouvelle génération cherche à s’émanciper de ce modèle. Louis (Claude Brasseur) entame une carrière de coureur cycliste, en acceptant compromis et magouilles de son entraîneur pour atteindre son but. Odette (Marie-Josée Nat) plaque son emploi de vendeuse de chaussures, pose pour des photos de mode et devient la maîtresse d’un riche quinquagénaire marié.

Radioscopie d’un Paris bouleversé / Emergence des cités-dortoir
Le cinéaste soigne aussi la toile de fond. Aux petits commerçants de la rue des Prairies, à ses riverains qui se connaissent tous, il oppose la construction des premiers HLM de Sarcelles, la restructuration à la verticale d’une vie de quartier qui va distendre le tissu social et raréfier les relations. En s’inscrivant dans la tradition d’un cinéma populaire, De la Patellière jette un regard nostalgique sur un monde en train de disparaître.

Bon sang saurait mentir.
C’est Fernand, l’enfant illégitime qui va contrebalancer cette effervescence par son mutisme, sa pudeur à exprimer ses sentiments, sa loyauté et son sens moral. Contre toute attente, il incarne l’héritier des valeurs d’Henri Neveu contrairement à ses enfants qui répugnent à marcher dans ses pas.

Un film de son temps.
Au final, le cinéaste aura su saisir avec une certaine justesse, l’air du temps et en restituer une photographie non dénuée d’intérêt. Ajoutons à cela des dialogues aux petits oignons et une distribution « au poil » et on obtient une recette efficace pour apprécier pleinement Rue des Prairies.
Last edited by Frances on 16 Jun 21, 17:57, edited 2 times in total.
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" - De mon temps, on pouvait cracher où on voulait. On n'avait pas encore inventé les microbes." Goupi
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Jeremy Fox
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Re: Jean Gabin (1904-1976)

Post by Jeremy Fox »

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Re: Jean Gabin (1904-1976)

Post by Supfiction »

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Marie-Josée Nat n’est pas Bardot mais incarne quand même un personnage en route vers la liberté sexuelle.
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Re: Jean Gabin (1904-1976)

Post by Thesix »

Frances wrote: 16 Jun 21, 14:01 Radioscopie d’un Paris bouleversé / Emergence des cités-dortoir
Le cinéaste soigne aussi la toile de fond. Aux petits commerçants de la rue des Prairies, à ses riverains qui se connaissent tous, il oppose la construction des premiers HLM de Sarcelles, la restructuration à la verticale d’une vie de quartier qui va distendre le tissu social et raréfier les relations. En s’inscrivant dans la tradition d’un cinéma populaire, De la Patellière jette un regard nostalgique sur un monde en train de disparaître.
Et je ne voulais pas croire que la rue des prairies du film était bien celle du XXème près de chez moi. J'y suis repassé cette semaine pour vérifier et c'est devenue une véritable rue dortoir sans aucune activité (bien qu'il reste quand même quelques bâtiment d'époque).
Mais j'ai l'impression que les vues du films montrant marchands de 4 saisons, troquets et trottoirs avec des arbres étaient plutôt situées sur la rue des Pyrénées, à l'extrémité de la rue des prairies, parce que les photos de la rue des prairies du début du siècle montrent déjà une rue très calme.
Sinon d'accord sur ton analyse.
Gabin, un peu bourré, se demandant pourquoi Fernand n'est pas rentré à la maison alors qu'il n'a jamais levé la main sur lui est bouleversante.
Amazon, c'est le mal (avec l'augmentation des débits). 8)
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Re: Jean Gabin (1904-1976)

Post by Karras »

Le nouveau concept de FTV fait revivre Gabin interviewé par Ardisson :?: :fiou:
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Re: Jean Gabin (1904-1976)

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Ça va être super gênant.