Mario Bava (1914-1980)

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés avant 1980.

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halford66
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Re: Mario Bava (1914-1980)

Post by halford66 »

Rick Blaine wrote: 21 Jul 21, 09:26
halford66 wrote: 21 Jul 21, 00:33

J'ai vu presque tous ses films à l'exception de ses 3 westerns (largement dispensables)et une nuit mouvementée.
Tu ne les as pas vus mais ils sont dispensables ?
(Je n'en sais rien, je ne les ai pas vu non plus mais du coup pas facile de se faire un avis...)

Enfin si j'en ai vu un mais je ne sais plus lequel,Arizona Bill je crois que j'ai trouvé quelconque,les 2 autres sont du même acabit à ce qu'il paraît,je ne me suis donc pas penché dessus.
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Rick Blaine
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Re: Mario Bava (1914-1980)

Post by Rick Blaine »

Par curiosité, je ne serai pas contre les voir un jour tout de même. Chez Bava, il y a toujours la possibilité de quelques fulgurances visuelles, même sur un terrain désertique du point de vue du script et de l'interprétation.
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Alba
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Re: Mario Bava (1914-1980)

Post by Alba »

Je parlais plus haut d'Arizona Bill, que j'avais trouvé très sympathique, bien que ce ne soit effectivement pas un sommet du genre ou de son auteur. Et j'ai même passé un meilleur moment que devant Duel au couteau et surtout Les Mille et une Nuits, que j'avais trouvé foutraque et rendu incroyablement lourdingue par les clowneries de Donald O'Connor. :?

J'ai pas vu encore Roy Colt par contre, mais L'Or du Nebraska se regarde plutôt bien également. En fait, ses westerns valent surtout le coup pour voir le style visuel de Bava appliqué à un genre qui s'y prête en apparence moins que le fantastique ou le gothique.
The Eye Of Doom
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Re: Mario Bava (1914-1980)

Post by The Eye Of Doom »

Je poursuis une visite du cinema de Bava par Hercule contre les vampires.
Honnêtement j’ai pas accroché. Il y a pourtant de beaux moments, une belle intro, une interprétation sommes toutes correcte,…
Deux ou trois plans expérimentaux et « psychédéliques «  sont assez surprenants. Mais je trouve que la sauce ne prends pas bien entre les passages en decors « naturels » et/ou plein air et/ou studio « normal », et ceux en decors artificiels, trucages a la Melies,….
Finalement entre le peplum classique et l’experimental.
Sans compter les penibles scenes comiques porté par un acteur la juste pour ca.
Tout le long je me suis demandé pourquoi ca fonctionne pas/mal. On a l’impression d’une forme de batard hybride de Caligari et Jason et les argonautes.
Ce n’est pas que les deux aspects du films soient mauvais en soi. C’est bien fait, cadré, presque elegant sur deux ou trois plans, mais la greffe ne passe pas bien. Dumoins cela m’a empêché de rentrer dans l’histoire.
J’ai repensé aussi au Vagabon de Tokyo de Suzuki, qui souffre un peu du meme defaut.
Voila, voila,…
Bava, c’est pas gagné….
Je devrai essayé un truc moins « baroque » peut etre.
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cinephage
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Re: Mario Bava (1914-1980)

Post by cinephage »

The Eye Of Doom wrote: 2 Sep 21, 23:18 Je poursuis une visite du cinema de Bava par Hercule contre les vampires.
(...)
Je devrais essayer un truc moins « baroque » peut etre.
Par curiosité, est-ce que tu as vu le Ulysse de Mario Camerini, ou est-ce que tu n'es pas trop habitué à ce style de peplum italien un peu cheap ? Je ne l'ai pas encore vu, je me demande à quoi m'attendre... :mrgreen:
I love movies from the creation of cinema—from single-shot silent films, to serialized films in the teens, Fritz Lang, and a million others through the twenties—basically, I have a love for cinema through all the decades, from all over the world, from the highbrow to the lowbrow. - David Robert Mitchell
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Re: Mario Bava (1914-1980)

Post by The Eye Of Doom »

Je ne suis pas coutumier du genre peplum, et pas plus des peplums italiens « fauchés « .
Pas vu le film en question
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Thesix
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Re: Mario Bava (1914-1980)

Post by Thesix »

Le Ulysse de Mario Camerini est formidable !
Il faut peut-être savoir retrouver son âme d'enfant pour le regarder, mais, enfant, c'était sans doute un de mes films préférés.
Je le comparerais davantage à Jason et les argonautes qu'à Hercule contre les vampires.

PS : Et puis entre Kirk Douglas et Reg Park, il n'y a pas photo... :mrgreen:
Amazon, c'est le mal (avec l'augmentation des débits). 8)
The Eye Of Doom
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Re: Mario Bava (1914-1980)

Post by The Eye Of Doom »

Six femmes pour l’assasin
Les mannequins d’une maison de haute couture sont assassinées sauvagement les unes après les autres.

Le moins que l’on puisse dire est que la 1ere demi heure est tres enthousiasmante.
Ca démarre avec un magnifique generique, où on voit chaque personnage du film a venir, immobile ou presque au millieu de mannequin en rotin ou de rouge vif.
Suit une mise en place avec force effets « à la Bava » des plus sympathiques.

Puis…. On commence à s’ennuyer devant cette extermination programmée, où la surenchère, bien sage vu d’aujourd’hui, et les trouvailles de mise en scene ne suffissent pas à maintenir un intérêt.

C’était déjà le probleme devant « la planete des vampires » où apres la stupefaction devant la forme incroyable, la faiblesse ou les limites du scénario ne succite in fine qu’un ennui poli.

Je suis quand meme allé jusqu’au bout, pour ensuite regarder les bonus.
A la fin de soirée, j’ai trouvé le commentaire de Bruno Gans particulièrement interessant, beaucoup plus que le film lui même !
Il decortique le film et les raisons de son oubli en Italie, alors même qu’il est la matrice initiale d’un des genres roi du cinema italien.

Mon bilan Bava n’est donc pas top pour le moment.
La planete des vampires : indispensable pour sa forme plastique stupéfiante
Hercule contre les vampires : à la rigueur pour 2 ou 3 trucages rigolos
Le corps et le fouet : why not
Six femmes pour l’assassins: s’arrêter au 3ieme meurtres
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Jeremy Fox
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Re: Mario Bava (1914-1980)

Post by Jeremy Fox »

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Re: Mario Bava (1914-1980)

Post by Grant Boyer »

Great ! Super critique pour un super film.
Donc l'édition blu-ray de Sidonis présente bien la version avec la BO de Cipriani ?
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Profondo Rosso
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Re: Mario Bava (1914-1980)

Post by Profondo Rosso »

Grant Boyer wrote: 23 Jun 22, 18:54 Great ! Super critique pour un super film.
Donc l'édition blu-ray de Sidonis présente bien la version avec la BO de Cipriani ?
Merci pour la critique et oui c'est la version avec la BO de Cipriani. Ceci dit l'autre version retouchée est aussi présente sur le BR pour les curieux.
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Re: Mario Bava (1914-1980)

Post by tchi-tcha »

Puisqu'on en parle :

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Profondo Rosso
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Re: Mario Bava (1914-1980)

Post by Profondo Rosso »

L'Espion qui venait du surgelé (1967)

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Le Dr Goldfoot, un savant fou (Vincent Price), veut tuer les principaux dirigeants militaires de l'Est et de l'Ouest, de manière à diriger ensuite le monde avec les Chinois. Pour arriver à ses fins, il crée dans son laboratoire secret un grand nombre de bombes ayant l'apparence de très belles filles, qui explosent quand on les embrasse.

L’Espion qui venait du surgelé est une tentative de comédie pop assez poussive de la part de Mario Bava, avant la vraie réussite qu’il signera dans le genre avec Danger Diabolik (1967). Le cinéma de divertissement des années 60 est plongé en plein Bondmania avec le succès des aventures de l’agent 007, notamment le triomphe de Goldfinger (1964) et Opération Tonnerre (1965). Les décalques et les parodies se multiplient alors avec Coplan et autres OSS 117 en Europe, de grosses comédies prétexte au kitsch et mise en valeur de la plastique de starlettes aux Etats-Unis. Justement en 1965 les producteurs Samuel Z. Arkoff et James H. Nicholson produisent pour leur compagnie American International Pictures le film Dr. Goldfoot and the Bikini Machine, parodie bondienne qui rencontrera un certain succès et dans laquelle brille la star maison Vincent Price en méchant mégalo. Ce premier film mélangeait film d’espionnage et film de plage (prétexte à avoir le plus souvent ses actrices en maillot de bain), sous-genre destiné au public adolescent et réalisé par Norman Taurog qui s’était illustré dans ce registre durant les années 60. Les producteurs décident d’en produire une suite qui se déroulerait en Europe et plus précisément en Italie.

Pour partager les dépenses, ils décident de s’associer au producteur italien Fulvio Lucisano qui vient de produire La Planète des Vampires (1965) de Mario Bava qu’il va proposer à la réalisation. Fulvio Lucisano a rencontré aussi récemment le succès avec sa propre parodie de James Bond, Deux Mafiosi contre Goldginger (1965) porté par le duo comique Franco Franchi/ Ciccio Ingrassia. Il est sollicité par les Américains alors que lui-même s’apprêtait à produire une suite sa comédie bondienne. Le film ayant bien marché aux Etats-Unis, il est alors décidé de faire du film à la fois la suite de Dr. Goldfoot and the Bikini Machine et une continuité de Deux Mafiosi contre Goldginger en engageant aussi le duo comique. Autant dire que le malheureux Mario Bava n’a pas une très grande marge de manœuvre dans ce contexte et le résultat s’en ressent malheureusement. Les meilleurs détournements de James Bond brillent soit par leur folie pop comme la première version de Casino Royale (1967, Val Guest, Kenneth Hughes, John Huston, Joseph McGrath et Robert Parrish) et/ou alors par une vraie rigueur narrative en faisant un spectacle réussi qui n’a pas à rougir face à son modèle comme l’excellent Plus féroce que les mâles de Ralph Thomas (1967). Le film pèche sur ces deux points. Malgré quelques fulgurances, l’humour est totalement inconsistant entre les pitreries paillardes et triviales de Franco Franchi/ Ciccio Ingrassia, l’approche gentiment sexy voulue par les producteurs américains et les velléités plus subtiles recherchées par Mario Bava comme la scène parodiant le cinéma muet.

Sans ligne directrice et en courant plusieurs lièvres à la fois, rien ne fonctionne vraiment même si l’on ne passe pas un mauvais moment. Le film démarre sans remise en contexte comme si tout le monde avait vu le premier volet, Vincent Price semble bien s’amuser et brise plusieurs fois le quatrième mur pour s’adresser au spectateur, et les jeunes filles courtes vêtues défilent sans discontinuer. Les ruptures de ton empêchent de s’intéresser un minimum à l’ébauche de scénario tournant autour de complot à l’OTAN et les personnages sont des caricatures plus qu’autre chose. Formellement c’est très décevant également puisque Mario Bava génie formel capable de faire paraitre le triple de son budget à la production la plus fauchée a dû déléguer les effets spéciaux et le production design à un tiers. Le résultat sera si cheap qu’il devra finalement mettre la main à la patte mais bien trop tard, et donc le film ne remplit pas non plus le contrat du spectaculaire (une poursuite en ballon très laide). On sourira au mieux de temps en temps notamment sur les éléments plus italiens de comédie (ce forain gueulard qui poursuit les héros de sa véhémence même mort) et du charme et charisme déjà palpable de la belle Laura Antonelli dont c’est le quasi premier rôle. Pas une franche réussite donc, mais Mario Bava se rattrapera dans ce registre avec l’autrement plus plaisant Danger Diabolik. 3/6