Mario Bava (1914-1980)

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés avant 1980.

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noar13
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Post by noar13 »

Tarkus1975 wrote:
Dorian Gray wrote: Effectivement, une malheureuse erreur de copier/coller. C'est réparé, merci.

Pour information, je compte bientôt également comparer la toute récente édition Anchor Bay à cette édition italienne.
Génial :D Tiens nous informés alors.
pareil
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Ben Castellano
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Post by Ben Castellano »

Malgré sa bonne reputation, très déçu par La Baie Sanglante.. Cet ancètre quasi officiel du slasher est un jeu de massacre particulièrement cynique... mais aussi vraiment poussif. Comme si celà necessitait plus de vivacité, là ou le metteur en scène etire au possible un exercice bien limité. L'accumulation de "pano / zooms avant/ arrière" est aussi extrèmement pénible, qui gache une photo comme souvent sublime, et quelques plans percutants.
Dorian Gray
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Post by Dorian Gray »

Je viens de compléter le comparatif de Chiens enragés.
Attention, la page est maintenant très lourde, étant donné le nombre de captures. Je déconseille d'y accéder sans connexion haut débit.
Dorian Gray
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Post by Dorian Gray »

Mise à jour du comparatif du Masque du démon.
johell
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Post by johell »

DANGER : DIABOLIK! de Mario Bava (1968)

Film de Bava sur lequel je fantasmais depuis de nombreuses années sans l'avoir vu. Bavant énormément sur des extraits, des images. Tel une icône pop se présentant à moi, DANGER : DIABOLIK est un film assez incroyable. Enorme claque visuelle où le style des bandes dessinées "fumetti" éclatent totalement aux quatre coins de l'écran dans un déluge de couleurs flashys, de décors complètement fous et une musique tout simplement géniale d'Ennio Morricone. Un héros "diabolik" auquel John Philip Law apporte sa silhouette de félin et son regard hypnotisant, marquant chacun de ses méfaits par un gros rire sardonique. Marisa Mell est la compagne de ce vilain coquin, séduisante manipulatrice qui a tous les atouts pour faire rougir et rugir le spectateur de plaisir. On y retrouve même Michel Piccoli dans le rôle du flic à la poursuite du méchant ainsi que Adolfo Celi (Largo dans OPERATION TONNERRE) et l'amusant Terry-Thomas de LA GRANDE VADROUILLE! Cette grosse bande dessinée live est pétrie d'idées complètement folles de bout en bout, un bon gros délire méga jouissif où toutes les extravagances prennent vie face à ce géant du crime. Un personnage haut en couleurs qui permet à Bava d'offrir un film mémorable. C'est le bonheur assuré et voilà un gros fantasme de cinéphile qui prend enfin vie devant mes yeux.

C'est mon FILM DU MOIS! :D
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Profondo Rosso
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Post by Profondo Rosso »

Hercule contre les Vampires de Mario Bava (1961)

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Pietro Franscisci ayant été écarté par les producteurs et Steve Reeves par solidarité avec le réalisateur qui l'a fait star refuse de reprendre le rôle ce qui entraîne des bouleversement considérable sur le ton de la série (le précédent "La vengeance d'hercule" sera réalisé par Vittorio Cottafavi pas vu sympa parait il). Mario Bava à la photo des deux épisodes de Francisci est intronisé réalisateur et Reg Park un des principaux rival de Steve Reeves dans les concours culturiste.
Parmis les grosses faiblesses un scénario moins riche et interessant que les 2 premiers volets (le rapport à la mythologie est bien plus superfiviel), une interprétation dans l'ensemble assez fade dont un Reg Park Hercule très balourd et mono expressif qui peine à faire oublier Steve Reeves et un Mario Bava vraiment pas à l'aise dans les scènes de peplum classique (le début fait un peu peine à voir comparé au beau classicisme de Francisci) heureusement peu nombreuses.
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Par contre une fois que le récit est lancé, c'est un spectacle flamboyant qui nous est offert pour une réussite essentiellement visuelle. Peu interessé par le genre peplum Bava réoriente le film vers l'épouvante gothique. Doté d'un budget bien inférieur aux volets précédent, le tournage se fait essentiellement en studio où Bava par sa maitrise des éclairages, le système D (décors réutilisés masqués par la fumée, sous une lumière différente, décors déssinés en arrière plan) et son sens du cadrage parvient à créer un environnement foisonnant et onirique. Les grands moments expressionnistes et débordants de couleurs ne manquent pas comme l'arrivée en bateau dans le jardin des Hespérides sous une lumière rougeoyante et avec un ciel se modifiant à coup de filtre ou la la traversée d'un lac de lave. Si le tout nous apparait évidemment factice, mais certainement pas cheap, renforçant l'aspect irréel et la tonalité fantastique du film. Certains décors demeurent sacrément impressionnant aujourd'hui encore comme l'arbre abritant la pomme d'or.
Mieux encore, Bava orchestre certains moment semblant directment issu du cinéma d'horreur, encouragé par la présence de Christopher Lee qui offre une facette du vampire bien éloigné de ces rôle à la Hammer. On peut citer d début où Dejanira se redresse d'une tombe, les apparitions furtives de Christopher Lee dans les pièces du palais tel un certains dracula et surtout le formidable affrontement final qui voit Hercule faire face à une horde de spectres sortant de leurs tombes et du sol, grznd moment de terreur se concluant à coup de rochers balancés en pleine face :mrgreen: . Les entrevues surréalistes avec la Sybille entretiennent largement aussi l'ambiance qui à de rares exeption est essentiellement nocturnes.
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Bava prouve une nouvelle fois son grand talent en s'appropriant un genre bien éloigné de ses prédilections et en lui conférant une classe et une identité visuelle inespérée vu les moyens à dispositions. Peplum atypique et un des meilleurs Bava. 5/6
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Profondo Rosso
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Re: Notez les films de mars 2008

Post by Profondo Rosso »

Danger Diabolik de Mario Bava (1967)

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Depuis le temps que je voulais le voir, 1h40 de jubilation. Du pur bonheur pour l'amateur de métrage psyché estampillé swinging 60's. Bava doté d'un budget plus conséquent qui nous gratifie de décors extravagant et bariolé (magnifique repaire de Diabolik sous haute influence Bond), d'effets bricolé et classieux toujours aussi inventif et la photo est à tomber (le dvd lui rend bien justice). C'est bourré d'inventions et Bava retranscrit à la perfection le dynamisme bd avec ses cadrages toujours surprenant, son montage alerte et une réalisation constamment en mouvement. Même s'il semble que la bd ai été édulcoré, le ton anarchiste et hédoniste apporté par ce Arsène Lupin 60's fait toujours son effet. John Philip Law déborde de charisme et d'allure, particulièrement impressionnant dans sa manière de se mouvoir, d'utiliser son corps, son regard pour traduire un Diabolik toujours véloce et alerte. Alchimie parfaite avec la sublimissime Marisa Mell avec des scènes chargé de sensualité entre les deux avec un petit érotisme chic qui fait bien plaisir. Les moments cultes ne manque pas, la fameuse scène d'amour dans le matelas de billet, la résurrection de Diabolik où Bava retrouve ses réflexes de cinéma gothique, le final... Malgré le ton décalé le fait que tout le monde garde son sérieux (surtout le charismatique couple vedette) est bien appréciable aussi, Michel Piccoli ou Adolfo Celli (dans un rôle à la "Thunderball") en tête. Seul tout petit reproche une intrigue principale bouclée 20 minutes avant la fin donnant au jouissif dernier acte un côté rajout artificiel mais rien de grave. 5,5/6
Last edited by Profondo Rosso on 10 Mar 08, 03:19, edited 1 time in total.
Anorya
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Re: Notez les films de mai 2008

Post by Anorya »

Le masque du démon (1960)

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Oh tiens, mon premier Bava. Le monsieur a été directeur photo avant de passer à la réalisation et ça se sent, l'esthétique clair-obscur donne un noir et blanc somptueux et sa réalisation même est assez bonne. De sympathiques trucages aussi (hum, la sorcière avec ses ptits trous sur le visage, le coup des yeux qui reviennent, la lampe fantôme...) et puis une Barbara Steele à croquer font qu'on passe un agréable moment. Après, j'ai trouvé que l'histoire bien qu'intéressante était un peu plate et que certains acteurs étaient des plus mous, mais bon...
Allez, mes prochains Bava : La fille qui en savait trop et les 3 visages de la peur qui lui, me fait sacrément baver. :mrgreen:

3/6
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Lord Henry
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Re: Notez les films naphtalinés de Novembre 2008

Post by Lord Henry »

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L'expression "bombe sexuelle" n'a sans doute jamais été eu plus de sens qu'ici.

Les admirateurs de Mario Bava ne sont eux-mêmes guère tendres envers cette pochade qui met en scène pour la seconde fois le personnage du Dr Goldfoot. Initialement conçu comme une simple comédie au service du duo Franco et Ciccio, le projet a changé de nature avec l’entrée en lisse de l’American International Pictures, désireux de tirer parti du succès de son Dr Goldfoot and the Bikini Machine.
Le réalisateur italien a, semble-t’il, chercher en vain à se désengager de ses obligations contractuelles, mais, en désespoir de cause, s’est finalement résigné à tenter de sauver ce qui pouvait l’être.
Alors, bien sûr, l’humour est poussif, les gags indigents et Vincent Price cabotine sans enthousiasme ; pourtant, on en vient à constater que dans cinq minutes du plus faible des films de Mario Bava, il y aura toujours plus de style que dans tous les James Bond réunis.
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johell
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Re: Notez les films Naphtas- Février 2009

Post by johell »

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HERCULE CONTRE LES VAMPIRES (Ercole Al Centro Della Terra) de Mario Bava (1961)

De retour de guerre, Hercule trouve sa bien aimée, Diane, inconsciente. D'après l'oracle Médée, la seule façon pour Hercule de la ramener à la vie est de trouver une pierre sacrée enfoui au plus profond de la Terre, dans le royaume d'Hadès. Il part donc à sa recherche, accompagné de Télémaque et de Thésé, après avoir confié Diane au roi Lyco. Mais il ignore que c'est ce même Lyco qui a empoisonné Diane, et projette de la garder pour lui...


Après LE MASQUE DU DEMON et son beau noir/blanc atmosphèrique, Mario Bava réalise son premier film en couleurs. Et c'est époustouflant de voir la maestria de Bava qui arrive à composer des images ultracolorées avec un budget minimum. C'est peut-être bien la première vraie expérience psychédélique au cinéma. Visuellement, c'est une sacrée claque, Mario Bava multipliant les idées de mises en scènes et arrivant à produire des séquences réellement fantastiques avec des accessoires et bout de décors tirés d'autres films.

Pour cette aventure d'Hercule, ça ne sera plus Steve Reeve mais Reg Park, plus connu pour ses titres de Mr. Universe (en 1951 et 1958 et plus tard en 1965), dans le rôle-titre tandis que Christopher Lee s'échappe de rôle de Dracula pour jouer ici le vilain Lyco.

Le titre français n'a pas grand chose à voir avec des vampires si ce n'est qu'à un moment du film le "Seigneur des Ténèbres" indique au personnage de Christopher Lee qu'il possèdera le Pouvoir et l'Immortalité si il boit le sang de la Princesse Diane durant une éclipse lunaire...

HERCULE CONTRE LES VAMPIRES suit donc les aventures d'un gros musclé à travers diverses épreuves pour pouvoir sauver sa bien-aimée. Hercule se bat contre de multiples périples venant du monde d'Hadès, allant d'un monstre fait de pierres, en passant par une tempête en mer pour finir par se retrouver à affronter à des morts-vivants... Balançant des remorques géantes ou des gros rochers sur ses ennemis... Le film regorge d'actions, et se suit sans temps mort, Bava ne laissant que très peu de répit au héros durant sa quête.

Et même si le film aura pu se passer de son sidekick rigolo qui ne fait que des bêtises, que ses comédiens ne sont pas les plus expressifs du monde (il me semble que c'est une constante dans le monde d'Hercule) et que de nombreuses répliques sont niaises au possible, HERCULE CONTRE LES VAMPIRES reste une oeuvre très agréable à regarder, un bon plaisir au charme désuet et surtout un esthétisme fabuleux où Mario Bava montre bien qu'il est le Maître des ambiances visuels. Ses images sont simplement inoubliables! :D

blaisdell
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Re: Mario Bava

Post by blaisdell »

La planète des vampires
Six femmes pour l'assassin visionnés à quelques semaines d'écart.

Le premier des deux films m'a beaucoup déçu. Je n'y ai vu qu'un spectacle bien kitsch, plombé par des décors minimalistes et des costumes hilarants qui ressemblent plus à des tenues d'hommes grenouilles des années 50 qu'à des combinaisons spatiales dignes de ce nom. Le scénario annonce certes "Alien" mais il pompe aussi pas mal "l'invasion des profanateurs de sépultures" de Don Siegel. Le film contient évidemment des fulgurances, comme le plan du squelette géant, et l'atmosphère brumeuse tour à tour verte, bleue puis rouge fonctionne. C'est déjà beaucoup, compte tenu du budget ridicule alloué au réalisateur.
Mais le film m'a quand même souvent ennuyé. Est-ce la faute des acteurs ? du scénario ? Pas forcément car la direction des comédiens et la construction des intrigues n'ont jamais constitué les points forts de l'oeuvre de Bava. Mais dans Danger Diabolik, Bava montrera son habileté à transcender les productions les plus kitschs et à faire preuve d'un souffle et d'un inventivité autrement plus bluffantes.

En revanche, revoir "Six femmes pour l'assassin" fut un bonheur de chaque instant. A revoir ce film, on peut se dire que Bava est l'un des plus grands stylistes du septième art. La démesure et la flamboyance de la mise en scènes laissent pantois. Le film reste stupéfiant par sa cruauté, sa violence graphique et même son érotisme politiquement incorrectes (les victimes toutes féminines sont toutes déshabillées lors des scènes de meurtre).
Malgré un scénario banal de fauxwhodunit car
Spoiler (cliquez pour afficher)
on devine vite quand même que Cameron Mitchell, homme costaud au visage inquiétant, est le tueur masqué
, on est ne s'ennuie pas une seconde tant le climat pervers maintient l'attention.
La musique de Carlo Rustichelli est sans doute la meilleure jamais entendue dans un film de Bava; elle contribue grandement à la réussite de ce film.
Voici donc l'un des plus beaux poèmes macabres de Bava, dont chaque détail de mise en scène frappe.A commencer par le générique où les acteurs apparaissent tous figés au côté de mannequins d'osier qui reviennent de façon récurrente dans le film.
Ce long-métrage se déroule dans l'univers de la mode; on pouvait donc craindre qu'il apparaisse démodé quarante-cinq ans après sa conception à l'image de "la planète des Vampires". Il n'en est rien: voici un film imoxydable, souvent imité mais jamais égalé.

Au niveau dvd, je suis heureux d'avoir le dvd studiocanal devenu rare de "la planète des vampires"; en revanche toujours pas de dvd français de "six femmes pour l'assassin" hélàs. Le dvd "toutes zones" de VCI entertainement propose un piste française mais la copie est très moyenne, à l'image des dvd français de "Lisa et le diable" et de "Baron Blood".
julien
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Re: Mario Bava

Post by julien »

blaisdell wrote:Le premier des deux films m'a beaucoup déçu. Je n'y ai vu qu'un spectacle bien kitsch, plombé par des décors minimalistes et des costumes hilarants qui ressemblent plus à des tenues d'hommes grenouilles des années 50 qu'à des combinaisons spatiales dignes de ce nom.
Vu le maigre budget je trouve qu'il s'en est quand même bien sortit et les éclairages sont superbes. la fin du film est absolument géniale et la musique électro acoustique de Gino Marinuzzi jr très intéressante. Moi j'ai vraiment apprécié.
blaisdell wrote:La musique de Carlo Rustichelli est sans doute la meilleure jamais entendue dans un film de Bava; elle contribue grandement à la réussite de ce film.
Celle qu'il a composé pour Opération Peur est à mon sens bien meilleure.
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"Toutes les raisons évoquées qui t'ont paru peu convaincantes sont, pour ma part, les parties d'une remarquable richesse." Watki.
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Re: Mario Bava (1914-1980)

Post by Nestor Almendros »

Posté par nobody smith le 30 mars 2008

LES TROIS VISAGES DE LA PEUR de Mario Bava
Troisième film de Bava que je découvre après l’intéressant masque du démon (c’est beau mais un peu chiant sur bord) et le charcuté maison de l’exorcisme (juste très chiant et très con). Des trois essais, ces trois visages de la peur est le plus concluant.

Le téléphone est un huis clos ouvrant habilement le bal. Le pitch est basique (une donzelle est harcelé au téléphone) mais le film épate grâce à sa structure brillante diluant ses informations au compte-goutte. La qualité de la réalisation (décor, mise en scène et photographie sont nickel) rend ce premier segment très attrayant même si à l’instar du masque du démon, le rythme lent est assez ennuyeux.

D’ennui par contre, il n’y en a pas dans le sketch suivant. les wurdalaks met toute suite dans la bain avec son intro muette dégageant un saisissant parfum de mystère. La suite est à la mesure de ces premières minutes. Plutôt que de servir une énième histoire de vampire, Bava construit un étonnant récit sur l’enfermement et l’autodestruction de la cellule familiale. Simplement brillant et c’est la partie que j’ai préféré du lot.

la goutte d’eau arrive néanmoins à tenir la mesure par rapport à ce plat de résistance. Si le pitch est aussi limité que le téléphone (une autre donzelle va apprendre que c’est pas bien de voler les objets des morts), cet ultime segment est plus dynamique que ce dernier. L’ambiance est mortifiante et l’absence d’explication rend d’autant plus effrayant ce petit moment de bizarrerie.



Posté par nobody smith le 17 juin 2008

UNE HACHE POUR LA LUNE DE MIEL de Mario Bava
Également une très bonne surprise de la part d’un réalisateur qui ne m’avait pas encore complètement emballé malgré la qualité de ses trois visages de la peur. L’histoire est simple (un type tue des mariées pour réussir à se souvenir du meurtrier de sa mère) mais trouve tout son intérêt dans la caractérisation de son personnage principal. Si la révélation finale autour de ce dernier est visible comme le nez au milieu du visage, le portrait que tisse Bava tout le long du film est passionnant (notamment cette introduction en voix-off à la american psycho). J’ai eu néanmoins du mal avec le revirement fantastique du récit malgré l’intérêt dramaturgique de ce dernier et les multiples idées de mises en scène qui en découlent. Le film en est d’ailleurs truffé jusqu’au trognon, ce qui le rend d'autant plus fascinant. Dommage que l’enthousiasme que transmet Bava dans sa réalisation ne se communique pas forcément au reste de l’équipe (l’accessoiriste nous a sorti un merveilleux journal bricolé où on apprend qu’une éponse est morte). Tout à fait recommandable cela dit...
"Un film n'est pas une envie de faire pipi" (Cinéphage, août 2021)
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Re: Notez les films naphtalinés - août 2009

Post by Profondo Rosso »

La Ruée des Vikings de Mario Bava (1961)

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En 786, à Portland, le Baron Rutford ordonne à ses troupes d'anéantir une colonie Viking installée sur les côtes écossaises. Il tue ensuite le roi venu lui reprocher son manque de diplomatie. La reine recueille un orphelin viking, Erik. Il deviendra commandant de la flotte du royaume, tandis que son frère en prépare une nouvelle attaque...


Le succès du chef d'oeuvre de Richard Fleischer "Les Vikings" ne pouvait laisser indifférent ce grand recycleur de formule qu'était le cinéma de genre italien à l'époque. Sans égaler son illustre modèle, le film de Mario Bava constitue néanmoins son avatar le plus réussis avec le petit côté excessif typiquement transalpins où le film sera plus violent, érotique et outré que le Fleischer.

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Doté de moyens plus conséquents qu'à l'accoutumée, Bava offre un spectacle des plus flamboyant où le visuel oscille entre son penchant pour le tournage en studio et l'imagerie plus typique du cinéma d'aventures associée à des extérieurs spectaculaire. Ainsi tout les passages chez les vikings offrent des intérieur très travaillés où Bava pour illustrer l'atmosphère païenne des rites nordiques usent d'éclairages et de filtres bariolés rouges, violets, le tout accompagné des décors fantaisistes et imposants. A l'opposé, chez les anglais à la fois chrétienne pieuse, le tout se fait plus sobre et c'est par les intrigue de palais et les manigances fourbes du méchant incarné par Andrea Checchi que se traduit l'atmosphère viciée.

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L'interprétation est inégale mais relativement solide dans l'ensemble. Le scénario reprend la trame des deux frères ennemis ignorant leurs parenté et Cameron Mitchell campe un Eron débordant de charisme et de noblesse sous la barbarie tandis que Georges Ardisson en Erik malgré un physique imposant est tout de même assez fade. Andrea Checchi campe un méchant fourbe à souhait et les jumelles Alice et Ellen Kessler sont tout à fait convaincantes en fiancée des héros.

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Les scènes de batailles sont toutes très réussies même si un peu trop brève dans l'ensemble. Celles qui ouvre le film donne le ton avec un massacre de vikings sanglant où femmes et enfants sont décimés de manières impitoyables. Le combat en pleine mer même si trahissant le manque de moyens (et la disposition étrange du pont des drakkars vikings) fait preuve d'une belle énergie mais c'est la bataille finale qui emporte l'adhésion. Précédé par un mano à mano hargneux entre Erik et Eron, la conclusion offre des vues impressionnantes du décor du château, manie bien le suspense et l'émotion (avec la fin du personnage de Eron en montages alterné poignant) et offre une dantesque opposition entre anglais et vikings. Huiles bouillante balancées du haut des remparts, fléches dans la gorge, hache et épée faisant des ravages, ça charcle pour notre plus grand plaisir tandis que le décor s'effondre de toute part. Malgré le scénario léger et quelques raccourcis hasardeux, c'est donc très divertissant et la dernière scène est de toute beauté. 4,5/6