Mario Bava (1914-1980)

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés avant 1980.

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mannhunter
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Re: Mario Bava (1914-1980)

Post by mannhunter »

bruce randylan wrote:Une vraie restauration serait bien nécessaire. :cry:
Evidemment pas de blu ray ou dvd corrects, j'imagine? :(
bruce randylan
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Re: Mario Bava (1914-1980)

Post by bruce randylan »

mannhunter wrote:
bruce randylan wrote:Une vraie restauration serait bien nécessaire. :cry:
Evidemment pas de blu ray ou dvd corrects, j'imagine? :(
15 jours après....

Même pas sur que ça soit sorti en vidéo.
Mais ça se trouve sur dailymotion en VOSTF (et la copie diffusée à la cinémathèque était du même tonneau)
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Alba
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Re: Mario Bava (1914-1980)

Post by Alba »

Découverte du jour, le sympathique Arizona Bill (La strada per Fort Alamo) réalisé en 1964. Joies du Bis et de ses traductions de titre facétieuses : le film se déroule au Texas et le héros s'appelle Bud.

On y suit donc Bud et son pote Slim qui rejoignent une bande de bandits pour dévaliser une banque en se faisant passer pour des soldats nordistes grâces à des uniformes volés. Evidemment, ils se font rouler par le chef des bandits qui les assomment et les abandonnent au bord de la route. Bud et Slim vont alors être retrouvés par un convoi militaire qui les prends pour de vrais soldats.

J'avais un peu d'appréhension avant de lancer le film, tant les westerns de Bava ont mauvaise réputation. Ce n'est certes pas un chef d'oeuvre, on est loin de Leone ou Corbucci ou des meilleurs films fantastiques de Bava, mais ça reste un film honnête qui se suit sans déplaisir, bien aidé par la brièveté de la copie que j'ai visionnée. (1h15) Rien de transcendant mais une histoire bien ficelés et quelques bonnes idées, comme cette scène où les indiens font flotter des billets de banque sur une rivière pour attirer les soldats et les tuer plus facilement. Amusant... Côté interprétation, Ken Clark (Bud) se débrouille pas trop mal dans le premier rôle, dans la moyenne des acteurs purement Bis de l'époque et Alberto Cevenini (Slim), rôle "comique", livre une prestation relativement sobre, bien moins insupportable que Franco Giacobini dans Hercule contre les vampires ou Donald O'Connor, infâme dans les Milles et une Nuits...

C'est surtout, et sans surprise, sur le plan visuel qu'Arizona Bill se démarque, avec ces couleurs et ces éclairages si particulières et propres au style de Bava. On retrouve vraiment le style visuel et le goût pour l'artifice qu'on pouvait voir dans La Ruée des Vikings ou Hercule, ce qui détonne avec l'image qu'on peut se faire du western, plus terre à terre. C'est très plaisant et étonnant à regarder et sort le film du tout venant du Western Spaghetti Bis, en portant véritablement la marque de son réalisateur. Evidemment, le film reste extrêmement fauché et les extérieurs ressemblent autant au Texas qu'à n'importe quelle coin de montagne italien, où ils ont de toute façon été tournés. Un matte painting de canyon à l'incrustation bancale essaye d'ailleurs de faire illusion, avec beaucoup de charme.

Bref, un sympathique petit film, sans grande ambition, qui occupera agréablement un morceau d'après-midi confiné et témoigne du talent visuel incontestable de Bava. Dommage qu'il soit si mal diffusé puisqu'aucun éditeur ne le propose en France et pas grand chose non plus en import. Ça mériterait au moins un petit DVD.
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Addis-Abeba
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Re: Mario Bava (1914-1980)

Post by Addis-Abeba »

Calé entre le fadasse Baron vampire et le génial Les chiens enragés, j'étais réticent à regarder son Une nuit mouvementée. Et autant le dire de suite, si ce n'était pas réalisé par Bava, cette petite "comédie" légèrement polissonne, n'aurait strictement aucun intérêt...
Ca reprend le principe de Rashomon, un supposé viol, raconté par quatre personnages différents, la femme, l'homme, le gardien d'immeuble pervers et un spécialiste (psychanalyste ?) qui essaye d’analyser cette histoire, cette dernière partie d’ailleurs est complètement stupide.
Si on a beaucoup de plaisir à voir la ravissante Daniela Giordano qui est à croquer, c'est le travail ahurissant de bava sur les décors qui donne du charme à ce petit film, on ne dira jamais assez à quel point il était un formaliste de génie.
On est parfois proche de Danger Diabolik,couleurs pétantes, décors géniaux, il faut voir l'appartement de Brett Hasley, c'est une tuerie, et le bureau d'une étonnante Pascale Petit , c'est kitsch à souhait, mais magnifique :D
Avec un tel esthétisme le film de Bava est plus qu'un film anodin,il transcende complètement son sujet, même si bien sûr on est loin de ses grands films.
C'est une curiosité que tout amateur de son style coloré, pop doit voir.
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Thaddeus
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Re: Mario Bava (1914-1980)

Post by Thaddeus »

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Le masque du démon
La terre qui se soulève sur la tombe du cimetière, le cercueil qui éclate quand la morte se réveille, le carrosse qui glisse dans les effluves de brume : tout ici est fait pour l’image, baroque, poétique, pleine d’impressions immédiates. Les trois données essentielles de ce conte gothique sont l’apparition (la reine exsudée des ténèbres), l’évènement (qui ne doit rien au mécanisme de l’histoire mais s’impose par le seul pouvoir de la forme) et l’objet (le masque de bronze à pointes intérieures, l’icône du tombeau, l’emblème du griffon héraldique, la croix rituelle). Et lorsque la sorcière prend la vie de la princesse par un attouchement qui conduit sur le visage de celle-ci ses propres rides noires, lorsque le vent siffle dans les tuyaux de l’orgue déchu, prend figure de quelque chose qu’il est loisible d’appeler la beauté. 4/6

Les trois visages de la peur
Bava reprend avec ce triptyque les trames d’un fantastique très traditionnel. L’ordre même des sketches témoigne d’une évolution du trop vide (contenu visuel ascétique) au trop-plein (plans en fluorescence), comme s’il s’agissait de colorier progressivement la surface de l’image. La sècheresse du premier segment cède à l’univers merveilleux d’un second qui emprunte aux thèmes oniriques de la littérature slave, et le troisième opère la synthèse d’un cadre réaliste et des artifices de l’épouvante avec la franchise des pochoirs de Méliès. D’une crypte hugolienne sous la lune, évoquant un décor romantique à la Daguerre, à un appartement qui dispose ses poupées comme le Palais des mirages se couvre de glaces ombreuses, le film exaspère ainsi une esthétique compensant en partie la minceur des sujets. 4/6

Le corps et le fouet
Le cinéaste donne un autre bel aperçu de ses talents d’atmosphériste et reste fidèle à ses climats saturés de couleurs franches. La lutte entre morale et désir, celle toute intérieure consumant une femme aliénée par les préceptes rigides de la société élisabéthaine, constitue le sujet profond de ce poème sensuel où la narration traditionnelle cède le pas à la symphonie chromatique. Le piment d’un sadisme intelligent s’y ajoute aux habituels plaisirs distillés par les grandes frénésies macabres et romantiques. Et les quelques banalités décoratives ajoutent encore à l’attraction et au mystère des images : poignard planté dans une rose, cadavre frémissant dans le brasier, volutes hallucinatoires d’une crypte biscornue, séquences de flagellation qui voient Daliah Lavi gémir de plaisir sous le fouet de Christopher Lee. 4/6

Six femmes pour l’assassin
Dix petits nègres dans un salon de couture. Habité, fiévreux, orageux, le film se fonde sur une imagerie extravagante, délirante, une orgie d’éclairages déments : halos violacés, taches mauves et orangées sur les visages et les murs, signaux verts et rouges dans des living-rooms aux atmosphères tamisées, arbres redessinés en jaune d’or, voitures caressées d’un pinceau azuréen, le tout dans des décors (lourdes draperies, mannequins d’osier) comme meublés par un antiquaire pris de panique, et où sont malmenées quelques jolies femmes glacées d’épouvante. Sous ces délices de fumetti grand luxe, ces crimes pourpres et ces assassinats violines, un thriller nocturne (l’unique scène de jour paraît aussi déplacée qu’une marguerite dans un bouquet d’orchidées) qui exerce un véritable pouvoir de fascination. 5/6


Mon top :

1. Six femmes pour l’assassin (1964)
2. Le corps et le fouet (1963)
3. Le masque du démon (1960)
4. Les trois visages de la peur (1963)

Comment beaucoup d’auteurs de fantastique et d’épouvante, Mario Bava a ses thuriféraires passionnés et ses détracteurs méprisants. La vérité ne se situe pas entre les deux : on est sensible ou hostile aux fantasmes de l’auteur, au caractère brut de leur dimension visuelle. Nul doute en tout cas que ce raffinement de l’image, ce goût des thèmes et des symboles psychanalytiques, cet érotisme savant et compliqué, ce penchant pour le sadisme et la morbidité aient donné une impulsion déterminante au courant européen du genre.
halford66
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Re: Mario Bava (1914-1980)

Post by halford66 »

J ai vu quasiment tous ces films hormis ses 3 westerns et une nuit mouvementée, les préférés

Le masque du démon
Six femmes pour l assassin
Duel au couteau
Opération peur
Danger Diabolik
La baie sanglante
Chiens enragés
Les mille et une nuits (co-réalisation )

Le pire et de loin:l espion qui venait du surgelé!

J ai découvert le réalisateur grâce à ce livre,le meilleur que j ai pu lire mais désormais totalement introuvable.

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mannhunter
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Re: Mario Bava (1914-1980)

Post by mannhunter »

Du Bava et du Argento en reprise au Reflet Médicis de Paris:

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Jeremy Fox
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Re: Mario Bava (1914-1980)

Post by Jeremy Fox »

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Re: Mario Bava (1914-1980)

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