Mario Bava (1914-1980)

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés avant 1980.

Moderators: cinephage, Karras, Rockatansky

User avatar
AtCloseRange
Mémé Lenchon
Posts: 23403
Joined: 21 Nov 05, 00:41

Re: Mario Bava (1914-1980)

Post by AtCloseRange »

yaplusdsaisons wrote:
AtCloseRange wrote: Bah voilà, tu as si bien décrit en quoi ça ne m'intéresse pas. Même ado, je trouvais ça bas du front et ça le reste aujourd'hui. Tu dis que Bond a inventé le cnéma d'action moderne. Effectivement, pas de quoi en être super fier. Le cinéma de la frime et de la surenchère qu'on subit aujourd'hui doit effectivement beaucoup à l'héritage Bondien.
Misère de misère, Demi-Lune t'a fait mordre le goudron et voilà que tu te drapes dans ta barbiche de cinéphile luthérien...
En effet, je ne jure que par Béla Tarr et Haneke! :mrgreen:
User avatar
AtCloseRange
Mémé Lenchon
Posts: 23403
Joined: 21 Nov 05, 00:41

Re: Mario Bava (1914-1980)

Post by AtCloseRange »

Demi-Lune wrote:Danger : Diabolik ! (1968)

Pour faire court, j'ai trouvé ça bien nanardesque. C'est pas forcément une surprise eu égard à la réputation du film, mais ce dernier s'est enrobé d'un renom de "beau" nanar lui ayant conféré du coup une certaine popularité. Certains parviennent à s'en délecter avec suffisamment de recul et je les envie, car même prévenu du statut du film j'aurais voulu savourer le spectacle au énième degré. Hélas, ce film de Bava a pour moi la même tenue que les Fantomas de Hunebelle, à ceci près que De Funès est bien plus drôle que Michel Piccoli. Mise en scène pratiquement inexistante, transparences catastrophiques (peut-être les plus ridicules que j'aie jamais vues), acteurs de seconde zone, budget pas toujours très visible à l'écran, Diabolik a tous les atours du bis italien de derrière les fagots, avec casting international et tout. Pourtant, il s'agissait d'un projet suffisamment bankable pour convaincre dans un premier temps Catherine Deneuve de jouer la petite amie de Diabolik. Elle claquera vite la porte non par craintes quant au résultat mais par mésententes avec le réalisateur. Ennio Morricone à la musique, le bellâtre John Philip Law que les producteurs essaient de transformer en néo-Eastwood, un ex méchant bondien, un Piccoli qui se demande ce qu'il fout là, Big Moustache de La Grande Vadrouille, la plantureuse Autrichienne Marisa Mell connue des adeptes de giallos (je ne saurais dire si elle est jolie ou vulgaire, en tout cas elle a un visage très atypique), bref voilà un pack bien hétéroclite qui patauge dans la semoule d'une intrigue d'une inanité confondante. Est-ce assumé ? J'en doute fortement. Par contre, ça reste un sacré document sur l'esprit de la fin des années 1960, avec la musique mi-psychédélique mi-flower power de Morricone, les fringues (encore une fois, la garde-robe de Marisa Mell retient l'attention), les décors pop, les couleurs pétaradantes. L'excentricité stylée du film lui donne la silhouette d'un trip réalisé sous LSD (la scène dans le night-club peuplé de jeunes à moitié à poil et fumant de l'herbe vaut son pesant de cacahuètes). La direction artistique est même assez impressionnante lorsqu'elle concerne la caverne secrète de Diabolik, sorte de super-structure high-tech à mi-chemin entre la science-fiction et les décors invraisemblables en carton-pâte d'On ne vit que deux fois. Dans son design, Diabolik ne se départit donc jamais d'un certain paradoxe, à la fois très ancré dans son époque et toutes ses extravagances (l'érotisme suggestif, le lit rotatif noyé sous des liasses de billets...) et pourtant immanquablement cheap et ringard à cause de ses excès.
Bon, je l'ai revu. C'est définitivement une merveille.
On se fout de l'intrigue (et Mario Bava aussi - comment peux-tu en douter une seconde? seul l'apsect visuel l'intéresse ici, c'est évident), le rythme est parfois un peu chaotique mais quelle splendeur visuelle!
Je maintiens qu'il y a 100 fois plus d'idées visuelles (cadrage, couleur) ici que dans le moindre James Bond. D'ailleurs, l'inspiration Bondienne est dans les 2 sens puisque l'idée du crématorium sera reprise dans Les Diamants sont Eternels.
chef d'oeuvre et puis un simili-James Bond mis en musique par Morricone, ça a vraiment de la gueule.
Dunn
Producteur Exécutif
Posts: 7983
Joined: 20 Aug 09, 12:10
Location: Au pays des merveilles

Re: Mario Bava (1914-1980)

Post by Dunn »

Ton éloge me donne très envie moi qui adore Bava, il faut que je vois celui-ci !
User avatar
AtCloseRange
Mémé Lenchon
Posts: 23403
Joined: 21 Nov 05, 00:41

Re: Mario Bava (1914-1980)

Post by AtCloseRange »

Bizarrement, je ne suis pas plus amateur de Bava que ça même si les autres que j'ai vu, ça commence à dater.
Je vais essayer de me refaire un petit cycle avec quelques révisions (Le Masque du Démon, les 3 Visages de la Peur) et des découvertes (la Planète des Vampires).

Sinon pour Danger: Diabolik, ce qui est assez compliqué, c'est de savoir en quelle langue le regarder. Je l'avais vu en VF sur Canal (là, on a la voix de Piccoli) et je l'ai revu cette fois en anglais. Si je me base sur le mouvement des lèvres, c'est la langue du tournage même si tout ça est de toute façon post-synchronisé (ce n'est pas la voix de Piccoli par exemple).
C'est un peu le problème de beaucoup de co-productions italiennes de l'époque.
User avatar
Demi-Lune
Bronco Boulet
Posts: 14680
Joined: 20 Aug 09, 16:50
Location: Retraité de DvdClassik.

Re: Mario Bava (1914-1980)

Post by Demi-Lune »

AtCloseRange wrote:chef d'oeuvre
Allons bon ! :mrgreen:
User avatar
AtCloseRange
Mémé Lenchon
Posts: 23403
Joined: 21 Nov 05, 00:41

Re: Mario Bava (1914-1980)

Post by AtCloseRange »

Bah, à côté de ces énormités, je suis plutôt dans la retenue :mrgreen:
Demi-Lune wrote:Mise en scène pratiquement inexistante, transparences catastrophiques (peut-être les plus ridicules que j'aie jamais vues), acteurs de seconde zone, budget pas toujours très visible à l'écran.
Sincèrement se plaindre des transparences du film, c'est n'importe quoi. A aucun moment, elles ne sont justement sensées être "invisibles". Elles participent pour moi à l'esthétique pop du film (il suffit de voir celle outrée de la cabine téléphonique, toutes les scènes à l'intérieur de la voiture avec paysage en accéléré).
Pour le jeu des acteurs, Law a un charisme d'enfer et je me fiche de savoir qu'il joue bien ou pas (d'ailleurs, il "incarne" Diabolik physiquement à merveille et c'est tout ce qu'on lui demande), pareil pour Adolfo Celli ou Piccoli.
Il me semble que tu as pris le film complètement du mauvais bout en te focalisant uniquement sur les aspects les plus accessoires du film. Un peu comme parler d'une comédie musicale en s'intéressant uniquement au livret. Diabolik, c'est de la BD, un objet pop où la forme EST le fond. Le sujet idéal donc pour un formaliste comme Bava.
Quant à la mise en scène (inexistante? :shock: ), elle est virtuose (toute la découverte de la cave de Diabolik, l'escalade du Donjon).
blaisdell
Assistant opérateur
Posts: 2285
Joined: 2 May 05, 16:19

Re: Mario Bava (1914-1980)

Post by blaisdell »

Dans mon souvenir le film déploie une inventivité de tous les instants, avec des idées qui ont été pas mal pompées par la suite, et en premier lieu dans Le Magnifique de De Broca.

Quant à John-Philip Law, il est parfaitement à sa place ici, chose qui ne sera pas le cas dans le Docteur Justice de Christian-Jacque.
manuma
Assistant opérateur
Posts: 2102
Joined: 31 Dec 07, 21:01

Re: Mario Bava (1914-1980)

Post by manuma »

Un de mes Bava préféré. Totalement jubilatoire. De mon côté je l'avais découvert sur la Cinq, à une époque où leurs programmateurs balançaient des "oldies" à la chaîne les nuits du dimanche au lundi. Il me semble d'ailleurs qu'ils avaient diffusé dans la foulée le nettement moins emballant Vicomte règle ses comptes.
User avatar
hellrick
David O. Selznick
Posts: 13828
Joined: 14 May 08, 16:24
Liste DVD
Location: Sweet Transylvania, Galaxie Transexuelle

Re: Mario Bava (1914-1980)

Post by hellrick »

AtCloseRange wrote:Bizarrement, je ne suis pas plus amateur de Bava que ça même si les autres que j'ai vu, ça commence à dater.
Je vais essayer de me refaire un petit cycle avec quelques révisions (Le Masque du Démon, les 3 Visages de la Peur) et des découvertes (la Planète des Vampires).
Tu as déjà vu Operation Peur? C'est très bien, ça devrait te plaire, du très beau fantastique gothique.
Malgré une réputation plus mitigée tu peux essayer aussi son dernier film, Schock, avec quelques idées très efficaces
Critiques ciné bis http://bis.cinemaland.net et asiatiques http://asia.cinemaland.net

Image
User avatar
AtCloseRange
Mémé Lenchon
Posts: 23403
Joined: 21 Nov 05, 00:41

Re: Mario Bava (1914-1980)

Post by AtCloseRange »

hellrick wrote:
AtCloseRange wrote:Bizarrement, je ne suis pas plus amateur de Bava que ça même si les autres que j'ai vu, ça commence à dater.
Je vais essayer de me refaire un petit cycle avec quelques révisions (Le Masque du Démon, les 3 Visages de la Peur) et des découvertes (la Planète des Vampires).
Tu as déjà vu Operation Peur? C'est très bien, ça devrait te plaire, du très beau fantastique gothique.
Malgré une réputation plus mitigée tu peux essayer aussi son dernier film, Schock, avec quelques idées très efficaces
Je ne sais plus si jai vu Operation Peur ou pas (je ne crois pas).
Dans ceux que j'avais vu (mais un peu oublié) il y a aussi 6 femmes pour l'Assassin que je compte aussi revoir.
J'espère bien revoir tous ces films à la hausse par rapport à mon souvenir tant je trouve ce Diabolik emballant.
User avatar
hellrick
David O. Selznick
Posts: 13828
Joined: 14 May 08, 16:24
Liste DVD
Location: Sweet Transylvania, Galaxie Transexuelle

Re: Mario Bava (1914-1980)

Post by hellrick »

AtCloseRange wrote: Dans ceux que j'avais vu (mais un peu oublié) il y a aussi 6 femmes pour l'Assassin que je compte aussi revoir.
J'espère bien revoir tous ces films à la hausse par rapport à mon souvenir tant je trouve ce Diabolik emballant.
Superbe 6 femmes pour l'assassin! Des couleurs à tomber par terre, un visuel magnifique! Pareil pour Hercule contre les vampires, là aussi trop facilement qualifié de nanar en raison de ses décors et sfx mais c'est une belle bande dessinée de fantasy et un téléscopage du fantastique / horreur (avec Christopher Lee) et du péplum le plus décomplexé.

Par contre évite absolument La maison de l'exorcisme, remonté par les producteurs pour devenir quasi irregardable :(
Critiques ciné bis http://bis.cinemaland.net et asiatiques http://asia.cinemaland.net

Image
Julien Léonard
Duke forever
Posts: 11844
Joined: 29 Nov 03, 21:18
Location: Hollywood

Re: Mario Bava (1914-1980)

Post by Julien Léonard »

Je n'apprécie pas particulièrement Bava (en général, je ne m'y retrouve pas trop, ou à moitié seulement), mais j'ai beaucoup aimé Hercule contre les vampires. Ce n'est pas un nanar, c'est une transposition façon BD colorée de l’univers de la mythologie, et très réussie il faut l'avouer. On y sourit souvent, bien sûr, mais davantage parce que l'ensemble est doucement naïf et plaisamment enfantin. Reg Park est sans doute mon Hercule préféré d'ailleurs, par sa bonhommie et la force tranquille qu'il dégage. Ce n'est pas un très bon acteur, mais il incarne parfaitement Hercule (et aussi dans Hercule à la conquête de l'Atlantide de Vittorio Cottafavi). Sur ce coup-là, Bava a fait un boulot sensationnel, avec cette photographie inoubliable (les éclairages sont très soignés), ces décors d'un autre temps et cette atmosphère si particulière. Le mélange mythologie/aventure/horreur est d'ailleurs très réussi, notamment dans cette dernière séquence avec les squelettes sortant de leurs tombes. C'est un film à prendre pour ce qu'il est, ni plus ni moins, c'est à dire un divertissement fantasmé d'une histoire elle-même fantasmée. Les femmes sont belles, les hommes musculeux, le courage élevé au pinacle, les épreuves invraisemblables... C'est un très beau film comptant quelques maladresses, certes, mais souvent envoutant, et parfois magnifique. :wink:
Image
blaisdell
Assistant opérateur
Posts: 2285
Joined: 2 May 05, 16:19

Re: Mario Bava (1914-1980)

Post by blaisdell »

Hercule contre les Vampires est un très beau péplum aux images remarquables.
Un bon nombre des réussites du péplum italien sont des rencontres entre fantastique et péplum classique: Hercule contre les vampires et Hercule à la conquête de l'Atlantide, Maciste aux Enfers de Freda ou le moins connu Rome contre Rome de Giuseppe Vari où les légions romaines affrontent des armées de zombies..
Mr-Orange
Assistant(e) machine à café
Posts: 142
Joined: 22 Jan 13, 17:10

Re: Mario Bava (1914-1980)

Post by Mr-Orange »

Vu mon premier Bava ce matin, Opération Peur.

C'est excellent, le film a peut-être un peu vieilli par ses effets mais Bava reste un maitre de la mise en scène du genre et parvient à éviter que le film devienne une vulgaire série B.

Puis le film m'a foutu des frissons, vraiment.
Je pense que je vais me faire un petit cycle Bava aussi.
Nouveau sur ce site.
User avatar
hellrick
David O. Selznick
Posts: 13828
Joined: 14 May 08, 16:24
Liste DVD
Location: Sweet Transylvania, Galaxie Transexuelle

Re: Mario Bava (1914-1980)

Post by hellrick »

Mr-Orange wrote:Vu mon premier Bava ce matin, Opération Peur.

C'est excellent, le film a peut-être un peu vieilli par ses effets mais Bava reste un maitre de la mise en scène du genre et parvient à éviter que le film devienne une vulgaire série B.
Un de ses meilleurs, Fellini lui a honteusement piqué l'idée de la petite fille pour ses Histoires extraordinaires
Mr-Orange wrote:Puis le film m'a foutu des frissons, vraiment.
Je pense que je vais me faire un petit cycle Bava aussi.
Tu fais bien, il y a de bonnes choses...et aussi du très mauvais mais bon c'est comme chez tous les cinéastes... :wink:
Critiques ciné bis http://bis.cinemaland.net et asiatiques http://asia.cinemaland.net

Image