Mario Bava (1914-1980)

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés avant 1980.

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julien
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Re: Notez les films naphtalinés - août 2009

Post by julien »

Profondo Rosso wrote:ça charcle pour notre plus grand plaisir
Quel pervers ce Profondo. :mrgreen:

Et je suis sûr que tu as dû apprécier cette scène, vers le début du film, où l'on voit une flèche transperçant de part et d'autre une mère avec son enfant porté dans ses bras.

Moi j'aime bien cette affiche aussi. Avec les deux filles dos à dos. Ça a de l'allure. C'est celle là que j'ai sur ma vieille VHS.

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Profondo Rosso
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Re: Notez les films naphtalinés - août 2009

Post by Profondo Rosso »

julien wrote:
Profondo Rosso wrote:ça charcle pour notre plus grand plaisir
Quel pervers ce Profondo. :mrgreen:

Et je suis sûr que tu as dû apprécier cette scène, vers le début du film, où l'on voit une flèche transperçant de part et d'autre une mère avec son enfant porté dans ses bras.

Tu m'étonnes surtout dès la première bataille là on se dit :shock: très jolie la jaquette vhs !
julien
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Re: Notez les films naphtalinés - août 2009

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hellrick wrote:Image
Bon ben voilà enfin vu ce classique fondateur du giallo, assez bizarre de voir le premier film d'un genre après beaucoup d'autres venus plus tard mais dans l'ensemble ça tient encore très bien la route même si l'énigme n'est pas très compliquée et reste encore très terre à terre comparée aux délirantes motivations psycho-sexuelles fétichistes des 70's.
Et oui, quand on a fait 150 films sur le même modèle, après pour se renouveler, il faut bien faire dans la surenchère. Donc plus de sexe et plus de violence. Sinon, dans son film précédent, La Fille qui en savait trop - même s'il s'agissait d'un film de commande un peu passable - il me semble que l'on trouvait déjà assez fortement l'esthétique du giallo.
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hellrick
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Re: Notez les films naphtalinés - août 2009

Post by hellrick »

julien wrote:
hellrick wrote:Bon ben voilà enfin vu ce classique fondateur du giallo, assez bizarre de voir le premier film d'un genre après beaucoup d'autres venus plus tard mais dans l'ensemble ça tient encore très bien la route même si l'énigme n'est pas très compliquée et reste encore très terre à terre comparée aux délirantes motivations psycho-sexuelles fétichistes des 70's.
Et oui, quand on a fait 150 films sur le même modèle, après pour se renouveler, il faut bien faire dans la surenchère. Donc plus de sexe et plus de violence. Sinon, dans son film précédent, La Fille qui en savait trop - même s'il s'agissait d'un film de commande un peu passable - il me semble que l'on trouvait déjà assez fortement l'esthétique du giallo.
Je me souviens pas trop de la Fille qui en savait trop, juste que j'avais été fort déçu...ça a franchement mal vieilli à mon sens (surtout tous les passages liés à la drogue) et ça manquait vraiment d'intérêt...j'ai le dvd, faut peut-être que je lui redonne une chance en sachant plus à quoi m'attendre. Chez Bava je crois que mon film favori reste toujours le relativement méconnu Opération Peur, juste devant Le Masque du démon... mais je me referais bien les deux pour être certain. :wink:
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julien
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Re: Notez les films naphtalinés - août 2009

Post by julien »

Oui Operation Peur il est nickel. C'est peut-être mon préféré aussi. Cette scène où la fille dort avec du fil de fer barbelé autour de sa poitrine pour chasser les mauvais démons... Y'a que lui pour avoir des idées pareilles. :mrgreen: Dans La Fille qui en savait trop j'aime bien toutes les prises de vues nocturnes dans la ville de Rome qui mettent bien en valeur l'architecture. Et ça donne aussi au film un certain look "gothique". Bava est très fort je trouve pour tirer le meilleur parti du décor. Sinon, le film reste assez mineur c'est vrai, si ce n'est justement qu'il contient en germe les principaux ingrédients du giallo. A la base d'ailleurs ça devait être une comédie. Mais Bava qui n'aimait pas le script de base, a essayé d'orienter le film davantage vers le thriller. Il a eu quelques problèmes durant le tournage d'ailleurs à cause de ça, ce qui explique en parti que le film ne soit pas totalement abouti.
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hellrick
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Re: Notez les films naphtas - Octobre 2009

Post by hellrick »

LA PLANETE DES VAMPIRES

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Un gros classique apparemment mais moi ça m'a pas intéressé plus que ça...je l'ai trouvé très longuet, très cheap, très prévisible aussi (la fin téléphonée qui met 10 minutes pour arriver à la chute que tout le monde a deviné)...sinon c'est assez joli visuellement mais c'est vraiment pas mon Bava préféré...loin de là! (cela dit si on mélange ce film avec IT, TERROR FROM BEYOND THE SPACE on a pile poil le scénario de ALIEN et même des séquences entières pompées avec une belle vigueur :fiou: )

Allez 3,5/6 mais sans plus...

(et euh...désolé :oops: )
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Re: Mario Bava (1914-1980)

Post by Alligator »

5 bambole per la luna d'agosto (L'île de l'épouvante) (Mario Bava, 1970) :

http://alligatographe.blogspot.com/2010 ... gosto.html

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Mario Bava a cachetonné. Le maitre du cinéma bis italien nous a pondu quelques films fades. Hé oui, ce polar est bien mollasson. Alors si rapidement on se rend compte que l'intrigue emprunte largement aux Dix petits nègres de Christie, il n'en demeure pas moins que le scénario nous perd un peu par moments. Au final, je doute d'avoir bien tout compris. Je n'ai pourtant pas le sentiment que les sous-titres anglais aient posé le moindre problème. J'imagine que c'est bien ma méconnaissance du cinéma de Bava qui est responsable de cet état : le connaissant très peu, j'ai eu du mal à accepter le fait qu'il n'a pas réalisé que des films fantastiques. Cherchant en vain une part d'horrifique, j'ai dû nourrir une sorte de frustration que la vue d'Edwige Fenech n'a pas comblé, une Edwige toute jeune, encore replète, le visage rond, les formes généreuses et la chevelure en crinière (la même que celle qu'elle arbore dans "Samoa, regina della giungla" vu récemment).

Mais soyons francs, ce qui déçoit le plus c'est bien la réalisation de Bava ainsi que sa photographie presque banale. Souvent le cinéaste se contente de mouvements circulaires, de travellings sages et de zooms assez agressifs. Voilà l'essentiel.

Quelques plans fixes cependant donnent beaucoup de profondeur à certaines scènes.

Et le film contient un très bon plan-séquence : deux hommes luttent à l'étage d'une villa, leur rixe fait rouler de grosses billes de verre sur le sol, on suit les boules dévaler les escaliers pour finir dans la salle de bain du rez-de-chaussée où l'on découvre un cadavre sanguinolent dans la baignoire. Malin et fluide. Seule pépite du film à se mettre sous la rétine.
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Re: Mario Bava (1914-1980)

Post by Alligator »

I tre volti della paura (Les trois visages de la peur) (Mario Bava & Salvatore Billitteri, 1963) :

http://alligatographe.blogspot.com/2010 ... paura.html

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J'aime beaucoup ce film malgré un deuxième sketch que je trouve un petit peu trop lent. Tiens, là, tout de suite, je n'ai pas envie de dépenser de l'espace et des efforts à bavasser du clicheton sur la structure du film à sketchs et son hétérogénéité, blablabla... Concentrons-nous sur les films individuellement.

"Le téléphone" est un sketch très intense. Huis-clos palpitant qui met en vedette la plastique ravissante d'une brune Michèle Mercier bien plus tentante que la fade blondinette Angélique. Ici encore une fois, elle subit la situation, fait montre d'une grande faiblesse et Mario Bava s'active à la filmer de plus en plus perlante de sueur froide. Jouet d'une machination machiavélique qui se retourne sur la fin, elle apparait ballotée par les désirs d'affection ou de vengeance des autres. Bava condense l'action sans abuser de gros plans, ni d'une photographie exubérante, même si par-ci, par-là on note la vivacité et la profusion des couleurs. Il réussit à rester assez sobre sur ce point là. De même le jeu des comédiens est encore assez mesuré. Un sketch simple, élégant et d'une plaisante efficacité.

"Les Wurdulaks", dans la veine classique du film vampirique, permet à Bava de rendre un hommage appuyé à l'histoire cinématographique du genre. S'appuyant sur une époque ancienne et des extérieurs totalement façonnés en intérieur par des décors grandioses et un habillage visuel habituel chez lui (brumes, jeux d'ombres et de couleurs violacées),le cinéaste crée un monde de cauchemars pas vraiment réaliste. Il fait appel à la figure légendaire du cinéma fantastique, Boris Karloff himself, qu'on retrouve également en préambule et en conclusion pour des petits sketchs négligeables qui rappellent le travail de présentation des annonceurs dans les salles de cinéma d'antan, celui que les moins de 70 ans ne peuvent pas connaître. Grimé étrangement et de manière quelque peu sommaire (le maquillage bleuté n'est pas étalé sur tout le visage laissant apparaitre la couleur de peau originelle de Karloff), le comédien construit un personnage dont il a le secret, très ambigu, mais finalement d'une effroyable expression. Pour le reste, les autres acteurs sont un brin figés, partent facilement dans un ton mélodramatique et des outrances finalement lassantes. Il est vrai qu'ils ne sont pas vraiment aidés par le rythme un poil trop lent à mon avis. Au final, il se dégage de ce sketch une impression trop factice à mon goût, quelque chose qui m'avait déjà contrarié quand j'avais vu "Le masque du démon" et qui m'avait stoppé dans mon élan baviste.

Par contre, le troisième épisode, "La goutte d'eau", me séduit beaucoup plus. Là encore, on retrouve comme dans le premier sketch des intérieurs sombres et colorés. L'orage à l'extérieur souligne avec force les lignes et les couleurs rouges et bleues.
Les deux actrices principales proposent un jeu correct et qui laisse le spectateur entrer doucement dans l'histoire.
Le maquillage de la défunte est en soi une petite réussite : trouille garantie, malgré sa plastique un peu rigide et abusivement ridée. Justement, cette esthétique exagérée donne à la "créature" une aura affreuse. Mes poils se sont hérissés illico quand je l'ai vue se lever de son lit. Effroi instantané.

Deux sketchs sur trois me plaisent beaucoup, un seul me fait tiquer. Etant donné mon piètre engouement pour les rares films de Mario Bava que j'ai vus, je prends ce film comme un encouragement à persister.
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Re: Mario Bava (1914-1980)

Post by Dunn »

J'aime bien ce bava aussi...au fait où en est carlotta des suites de sorties dvd? ils devaient pas y en avoir d'autres.?
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Demi-Lune
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Re: Mario Bava (1914-1980)

Post by Demi-Lune »

Je suis en train de regarder Six femmes pour l'assassin (1964)... je ne comprends pas grand-chose à l'intrigue (c'est en V.O. italienne non sous-titrée :mrgreen: ), enfin je devine plus ou moins quoi. D'ailleurs la façon de mettre en scène m'évoque pour l'instant Hitchcock : beaucoup d'informations visuelles sur lesquelles on peut facilement se raccrocher. Et accessoirement des compositions qui mettent pleinement en valeur la beauté et la classe des actrices, noyées dans un feu d'artifices de couleurs pastel et fauves, que cela soit dans les éclairages, les décors/tapisseries du manoir et les tenues chic. Car l'essentiel est là : c'est une véritable orgie esthétique ! Martin Scorsese n'exagérait pas quand il rangeait ce film parmi les plus beaux Technicolor qu'il ait vus. Le mariage des couleurs est sensationnel et incite vraiment à relativiser le génie d'un Argento qui a manifestement pompé allègrement sur Six femmes pour l'assassin pour Suspiria. J'ai la chance de visionner une copie qui rend pleinement justice au travail formel du film, c'est un régal. Je citais Hitchcock... c'est La main au collet à la puissance 10 niveau photographie. Vivement un blu-ray restauré qui lui rende définitivement toute sa splendeur !
Bon, j'y retourne, je veux savoir qui est le meurtrier ! :mrgreen:
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Re: Mario Bava (1914-1980)

Post by Lord Henry »

Alligator wrote: Image
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hellrick
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Re: Mario Bava (1914-1980)

Post by hellrick »

Demi-Lune wrote:Je suis en train de regarder Six femmes pour l'assassin (1964)... je ne comprends pas grand-chose à l'intrigue (c'est en V.O. italienne non sous-titrée :mrgreen: ), enfin je devine plus ou moins quoi.
Bon, j'y retourne, je veux savoir qui est le meurtrier ! :mrgreen:
Je l'ai revu dernièrement, ça reste visuellement superbe. Le premier giallo reste quand même un des meilleurs (critique bientot dans le topic approprié)...quand tu sauras l'assassin tu auras encore 20 minutes de film à savourer :wink:
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Demi-Lune
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Re: Mario Bava (1914-1980)

Post by Demi-Lune »

Danger : Diabolik ! (1968)

Pour faire court, j'ai trouvé ça bien nanardesque. C'est pas forcément une surprise eu égard à la réputation du film, mais ce dernier s'est enrobé d'un renom de "beau" nanar lui ayant conféré du coup une certaine popularité. Certains parviennent à s'en délecter avec suffisamment de recul et je les envie, car même prévenu du statut du film j'aurais voulu savourer le spectacle au énième degré. Hélas, ce film de Bava a pour moi la même tenue que les Fantomas de Hunebelle, à ceci près que De Funès est bien plus drôle que Michel Piccoli. Mise en scène pratiquement inexistante, transparences catastrophiques (peut-être les plus ridicules que j'aie jamais vues), acteurs de seconde zone, budget pas toujours très visible à l'écran, Diabolik a tous les atours du bis italien de derrière les fagots, avec casting international et tout. Pourtant, il s'agissait d'un projet suffisamment bankable pour convaincre dans un premier temps Catherine Deneuve de jouer la petite amie de Diabolik. Elle claquera vite la porte non par craintes quant au résultat mais par mésententes avec le réalisateur. Ennio Morricone à la musique, le bellâtre John Philip Law que les producteurs essaient de transformer en néo-Eastwood, un ex méchant bondien, un Piccoli qui se demande ce qu'il fout là, Big Moustache de La Grande Vadrouille, la plantureuse Autrichienne Marisa Mell connue des adeptes de giallos (je ne saurais dire si elle est jolie ou vulgaire, en tout cas elle a un visage très atypique), bref voilà un pack bien hétéroclite qui patauge dans la semoule d'une intrigue d'une inanité confondante. Est-ce assumé ? J'en doute fortement. Par contre, ça reste un sacré document sur l'esprit de la fin des années 1960, avec la musique mi-psychédélique mi-flower power de Morricone, les fringues (encore une fois, la garde-robe de Marisa Mell retient l'attention), les décors pop, les couleurs pétaradantes. L'excentricité stylée du film lui donne la silhouette d'un trip réalisé sous LSD (la scène dans le night-club peuplé de jeunes à moitié à poil et fumant de l'herbe vaut son pesant de cacahuètes). La direction artistique est même assez impressionnante lorsqu'elle concerne la caverne secrète de Diabolik, sorte de super-structure high-tech à mi-chemin entre la science-fiction et les décors invraisemblables en carton-pâte d'On ne vit que deux fois. Dans son design, Diabolik ne se départit donc jamais d'un certain paradoxe, à la fois très ancré dans son époque et toutes ses extravagances (l'érotisme suggestif, le lit rotatif noyé sous des liasses de billets...) et pourtant immanquablement cheap et ringard à cause de ses excès.
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Re: Mario Bava (1914-1980)

Post by hellrick »

Demi-Lune wrote:Danger : Diabolik ! (1968)

Pour faire court, j'ai trouvé ça bien nanardesque.
Je préfère le KRIMINAL d'Umbero Lenzi dans le même style (si!) mais le Bava reste très sympa, il est ancré dans son époque à mort, on peut trouver ça viellot, je trouve ça assez stylé et charmant :wink:
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Re: Mario Bava (1914-1980)

Post by AtCloseRange »

Demi-Lune wrote:Danger : Diabolik ! (1968)

Pour faire court, j'ai trouvé ça bien nanardesque. C'est pas forcément une surprise eu égard à la réputation du film, mais ce dernier s'est enrobé d'un renom de "beau" nanar lui ayant conféré du coup une certaine popularité. Certains parviennent à s'en délecter avec suffisamment de recul et je les envie, car même prévenu du statut du film j'aurais voulu savourer le spectacle au énième degré. Hélas, ce film de Bava a pour moi la même tenue que les Fantomas de Hunebelle, à ceci près que De Funès est bien plus drôle que Michel Piccoli. Mise en scène pratiquement inexistante, transparences catastrophiques (peut-être les plus ridicules que j'aie jamais vues), acteurs de seconde zone, budget pas toujours très visible à l'écran, Diabolik a tous les atours du bis italien de derrière les fagots, avec casting international et tout. Pourtant, il s'agissait d'un projet suffisamment bankable pour convaincre dans un premier temps Catherine Deneuve de jouer la petite amie de Diabolik. Elle claquera vite la porte non par craintes quant au résultat mais par mésententes avec le réalisateur. Ennio Morricone à la musique, le bellâtre John Philip Law que les producteurs essaient de transformer en néo-Eastwood, un ex méchant bondien, un Piccoli qui se demande ce qu'il fout là, Big Moustache de La Grande Vadrouille, la plantureuse Autrichienne Marisa Mell connue des adeptes de giallos (je ne saurais dire si elle est jolie ou vulgaire, en tout cas elle a un visage très atypique), bref voilà un pack bien hétéroclite qui patauge dans la semoule d'une intrigue d'une inanité confondante. Est-ce assumé ? J'en doute fortement. Par contre, ça reste un sacré document sur l'esprit de la fin des années 1960, avec la musique mi-psychédélique mi-flower power de Morricone, les fringues (encore une fois, la garde-robe de Marisa Mell retient l'attention), les décors pop, les couleurs pétaradantes. L'excentricité stylée du film lui donne la silhouette d'un trip réalisé sous LSD (la scène dans le night-club peuplé de jeunes à moitié à poil et fumant de l'herbe vaut son pesant de cacahuètes). La direction artistique est même assez impressionnante lorsqu'elle concerne la caverne secrète de Diabolik, sorte de super-structure high-tech à mi-chemin entre la science-fiction et les décors invraisemblables en carton-pâte d'On ne vit que deux fois. Dans son design, Diabolik ne se départit donc jamais d'un certain paradoxe, à la fois très ancré dans son époque et toutes ses extravagances (l'érotisme suggestif, le lit rotatif noyé sous des liasses de billets...) et pourtant immanquablement cheap et ringard à cause de ses excès.
Je n'échangerais pas 10 barils de James Bond contre un baril de Danger Diabolik.
Le ringard, je sais de quel côté il est.