René Clément (1913-1996)

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés avant 1980.

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Commissaire Juve
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Re: René Clément (1913-1996)

Post by Commissaire Juve »

bruce randylan wrote:...

La château de verre (1950)
Beaucoup aimé ce film à l'ambiance romantique porté par un style volontairement artificiel que certains ont pu rapprocher à Cocteau (renforcé par la présence de Jean Marais). Il y a un lyrisme très étrange à la fois littéraire, sensuel, poétique, tendre avec un regard qui tient par moment de l'étude de mœurs. L'histoire en elle-même n'est pas forcément crédible mais les acteurs et la réalisation inspirée de Clément font que j'ai marché sans problème.
Et puis la fin est tout de même sublime avec ce flash-forward incroyable qui est une idée vraiment poignante et tragique. Une fulgurance émotionnelle qui m'a laissé KO. :D ...
Oui, la fin est "gloups !" Mais depuis que tu as parlé de "flash forward", je n'arrive plus à visualiser (le "flash forward", hein). Va falloir que je re-sorte le DVD. :mrgreen:
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bruce randylan
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Re: René Clément (1913-1996)

Post by bruce randylan »

:wink:
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Frances
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Re: René Clément (1913-1996)

Post by Frances »

LA BATAILLE DU RAIL (1945) de René Clément avec Charles Boyer (Le narrateur), Jean Clarieux, Jean Daurand, Robert Leray, les cheminots de France.

« Ce film retrace les actions de la Résistance ferroviaire : passage de la ligne de démarcation, sabotages multiples, déraillement d'un convoi. »

René Clément réalisera six films sur la seconde guerre mondiale : Le père Tranquille (1946), Les maudits (1947), Jeux interdits (1951), Le jour et l’heure (1962), Paris brûle-t-il ? (1967). Au sortir de la guerre la France pleure ses morts, panse ses plaies et Clément alors âgé de 32 ans se lance dans « La bataille du rail », un projet de court métrage qui se transformera en long. D’essence documentaire et aux méthodes néo-réalistes le film est un hommage aux résistants du rail.

Pas question de montrer les hésitants, les pleutres et ceux qui se désolidarisent du mouvement. L’heure n’est pas aux règlements de compte mais à la célébration des héros.
Ici pas de destin individuel mais des hommes portés par des idéaux et formant en seul corps face à l’ennemi.
Le tour de force de Clément c’est de nous montrer des héros ordinaires (dépouillés de l’aura qu’aurait eu un acteur connu), le temps de quelques plans, d’une scène et de les rendre à l’anonymat.

Je pense au futur fusillé en gros plan qui attend son tour et dont la vie vaudra moins, bientôt, que celle de l’araignée qu’il observe sur le mur.

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Je pense au maquisard blessé rampant dans l’eau, dans la végétation pour échapper aux balles et mourir finalement sans un cri, écrasé par les chenilles d’un char.

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Je pense au conducteur de train qui prend les commandes de sa machine avant le déraillement du convoi allemand, persuadé de ne pas en réchapper.

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Sur la forme malgré le parti pris réaliste et quasi documentaire, Clément soigne ses plans, ses cadrages, ses lumières (qui apportent une touche d’onirisme alors que la mort se tient en embuscade).
Il parvient a insuffler une dimension poétique : - aux scènes de combat allemands/maquisards grâce a une utilisation de la lumière naturelle,
- Au jeune maquisard émerveillé de voir pour la première fois un vers luisant,

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- à l’accordéon qui dévale la ravine après le déraillement du train,

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- au jeune berger, là par hasard,

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- aux locomotives, bêtes vivantes et hurlantes dans la nuit.

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Supfiction
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MONSIEUR RIPOIS (1954)

Post by Supfiction »

Nestor Almendros wrote:
nobody smith wrote: Enchaîner la découverte des félins avec celle de ce MONSIEUR RIPOIS n’a pas été une mauvaise idée. René Clément m’a en effet donné l’impression qu’il livrait ici le pendant comédie dramatique des félins. Les deux films semblent avoir pour objectif de mettre à mal la virilité de leur personnage principal joué paradoxalement par des acteurs habitués à apparaître comme des icônes de masculinité. André Ripois est donc un Don Juan d’opérette, un homme qui se prend pour un cador alors qu’il est quelconque (l’idée du tournage en pleine rue caméra cachée n’apparaît ainsi pas que comme une fantaisie pré-nouvelle vague), un manipulateur fort maladroit. La réussite de ses stratagèmes romantiques tient moins dans l’efficacité de leurs exécutions que dans le bon vouloir des demoiselles abordées guère dupes de ses manœuvres. Le personnage tente de masquer son côté pathétique dans la voix-off mais l’illusion ne prend pas. Pourtant, on s’attache à ce personnage qui flirte avec le détestable. Car derrière ses astuces puériles, il laisse toujours filtrer une véritable sincérité. L’interprétation de Gérard Philippe est tout à fait brillante à cet effet en trouvant un équilibre entre un jeu guignol et une émotion plus profonde. Cela dit, je ne reste que légèrement emballé par le film. Clément signe toujours une mise en scène simple, précise et ponctuée de pics de génie mais l’ensemble est un peu fade après l’étourdissante expérience des félins. ça méritait quand même bien que Brion sorte le film de son purgatoire.
J'en sors globalement du même avis que Nobody. Impression personnelle, je n'ai pas tellement réussi à être captivé par cette histoire bien qu'elle reste intéressante et pertinente à plus d'un titre. Et notamment par cette audace scénaristique de donner un rôle principal à un personnage ambigu, douteux, presque antipathique. Il fallait bien le charisme et le jeu empathique de Gérard Philipe pour faire participer le spectateur à ces aventures amorales. Car finalement MONSIEUR RIPOIS est une sorte de fable très morale où l'abus de confiance, et quelque part le vice, sont finalement condamnés à la fin. Il y a une justice, le héros est pris à son propre jeu, succombe à son penchant de séduction chronique (une sorte de TOC visiblement). Et en effet, les femmes ne sont pas dupes et n'ont pas ici l'image de créatures fragiles et abusées. C'est même plus subtil: elles rejettent l'inexorable défaut tout en ressentant une forte attirance pour le jeune homme. Globalement, je trouve le film finalement assez audacieux pour l'époque: on parle à demi-mot de sexualité (Ripois fait tout ce qu'il peut pour inviter les femmes chez lui) et certaines scènes de baiser (notamment une sous la pluie) sont d'une sensualité très moderne (les bouches qui se frôlent) dans un style encore plus suggéré que dans LES ENCHAINES d'Hitchcock.
Très bien vu également, nobody, quant à l'anonymat de ce personnage, perdu dans une foule désintéressée. Le tournage en extérieur, au milieu des gens et du quotidien, anticipe sensiblement le style de la Nouvelle Vague d'une quasi-demie décennie. Etonnant, rappelons-le, que Truffaut et consors aient craché sur un cinéaste qui semble avoir eu, finalement, beaucoup plus de points communs que prévu.
Je viens de le voir et je rejoins Nestor Almendros et nobody smith. Le film fait beaucoup penser à deux futurs films de ses détracteurs : en premier lieu A bout de souffle pour sa liberté de mise en scène et son personnage errant sans le sou dans les rues de Londres tel Belmondo à Paris devant la caméra de Godard quelques années plus tard. Néanmoins le rythme n'est pas le même et là, Monsieur Ripois souffre la comparaison.

Mais il y a aussi quelque-chose de L'homme qui aimait les femmes. La voix-off et la façon de filmer les femmes don tombe amoureux et/ou courtise Ripois fait penser à Truffaut, je trouve.

Mais en dépit du talent de Gérard Philippe devant la caméra et de René Clement derrière, je me suis ennuyé. L'humour fait défaut et on ne se passionne pas vraiment pour les aventures de ce Dom Juan pathétique. Néanmoins, la fin grinçante fait sourire tellement elle rappelle Les félins.

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Re: MONSIEUR RIPOIS (1954)

Post by Federico »

Supfiction wrote:
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Nestor Almendros wrote: J'en sors globalement du même avis que Nobody. Impression personnelle, je n'ai pas tellement réussi à être captivé par cette histoire bien qu'elle reste intéressante et pertinente à plus d'un titre. Et notamment par cette audace scénaristique de donner un rôle principal à un personnage ambigu, douteux, presque antipathique. Il fallait bien le charisme et le jeu empathique de Gérard Philipe pour faire participer le spectateur à ces aventures amorales. Car finalement MONSIEUR RIPOIS est une sorte de fable très morale où l'abus de confiance, et quelque part le vice, sont finalement condamnés à la fin. Il y a une justice, le héros est pris à son propre jeu, succombe à son penchant de séduction chronique (une sorte de TOC visiblement). Et en effet, les femmes ne sont pas dupes et n'ont pas ici l'image de créatures fragiles et abusées. C'est même plus subtil: elles rejettent l'inexorable défaut tout en ressentant une forte attirance pour le jeune homme. Globalement, je trouve le film finalement assez audacieux pour l'époque: on parle à demi-mot de sexualité (Ripois fait tout ce qu'il peut pour inviter les femmes chez lui) et certaines scènes de baiser (notamment une sous la pluie) sont d'une sensualité très moderne (les bouches qui se frôlent) dans un style encore plus suggéré que dans LES ENCHAINES d'Hitchcock.
Très bien vu également, nobody, quant à l'anonymat de ce personnage, perdu dans une foule désintéressée. Le tournage en extérieur, au milieu des gens et du quotidien, anticipe sensiblement le style de la Nouvelle Vague d'une quasi-demie décennie. Etonnant, rappelons-le, que Truffaut et consors aient craché sur un cinéaste qui semble avoir eu, finalement, beaucoup plus de points communs que prévu.
Je viens de le voir et je rejoins Nestor Almendros et nobody smith. Le film fait beaucoup penser à deux futurs films de ses détracteurs : en premier lieu A bout de souffle pour sa liberté de mise en scène et son personnage errant sans le sou dans les rues de Londres tel Belmondo à Paris devant la caméra de Godard quelques années plus tard. Néanmoins le rythme n'est pas le même et là, Monsieur Ripois souffre la comparaison.

Mais il y a aussi quelque-chose de L'homme qui aimait les femmes. La voix-off et la façon de filmer les femmes don tombe amoureux et/ou courtise Ripois fait penser à Truffaut, je trouve.

Mais en dépit du talent de Gérard Philipe devant la caméra et de René Clement derrière, je me suis ennuyé. L'humour fait défaut et on ne se passionne pas vraiment pour les aventures de ce Dom Juan pathétique. Néanmoins, la fin grinçante fait sourire tellement elle rappelle Les félins.
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Je ne l'ai pas revu depuis des années mais alors que je ne suis ni un inconditionnel de Clément ni de Gérard Philipe, le film m'avait beaucoup touché. Je suis d'accord sur le ton qui peut annoncer certains Truffaut mais j'avais encore plus pensé au rapprochement du personnage joué par Philipe avec ceux qu'interprétera Maurice Ronet à la décennie suivante (Le feu follet, Raphaël, ou le débauché...). Une fois de plus, je trouve que Philipe n'aura jamais été meilleur que dans des rôles sombres, ambigus ou désespérés et son Mr Ripois est pour moi sa plus grande interprétation au cinéma, avec son Octave Mouret de Pot-Bouille. Et ne pas oublier la frémissante Joan Greenwood dont la voix et le charme à la Geneviève Page me donne des frissons. :oops:
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Demi-Lune
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Re: René Clément (1913-1996)

Post by Demi-Lune »

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Les félins (1964)

Mouais ben c'est une belle déception même si le film ne se balaie pas complètement du revers de la main.
Déjà, bon point, la cinégénie de la Riviera fait toujours mouche. Henri Decaë s'en donne à cœur joie avec sa photo contrastée, et Clément réussit son ouverture avec une course-poursuite haletante qui ment paradoxalement sur la marchandise, les ambitions comme le rythme du film allant vite montrer un autre visage. Je n'ai pas trop de mal à comprendre pourquoi Major Tom aime bien ce film, tant les thèmes du huis-clos avec emprises féminines ou du voyeurisme rappellent ses cinéastes favoris. Sur le papier, il faut reconnaître que la mosaïque de genres est intrigante. L'atmosphère générale dans la villa est pesante dans son étrangeté (les transitions sont d'ailleurs très abruptes, souvent avec une musique dissonante de Schifrin).
Mais Clément galère dès que les personnages ouvrent la bouche. La pseudo tension amoureuse à trois ne fonctionne pas malgré les efforts du cinéaste pour recréer l'ambiance minérale et ambiguë de Plein soleil, et de capitaliser sur l'image insolente du jeune Delon. La faute à une écriture vraiment mal ficelée, qui vend mal ses effets (la machination, la révélation à mi-parcours), caractérise ses deux héroïnes à la serpe ou accumule des détails risibles (des trucs tout cons comme Fonda qui lit Guerre et Paix en voiture, ou l'insistance sur la menace de la tête coupée avec des têtes empaillées dans le bureau de Barbara ou le tableau de Judith et Holopherne). Sans parler de l'énormité gonflante qui fait qu'à chaque fois, Delon retombe sur ses pourchasseurs. Le film promet beaucoup mais échoue finalement sur quasiment tous les plans. Il faut dire qu'on a bien du mal à comprendre comment Delon pourrait résister aux charmes de la jeune Jane Fonda ; c'est bien le problème de la chute, qui ne crée pas vraiment de vertige ni ne sonne comme une condamnation.
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Re: René Clément (1913-1996)

Post by Supfiction »

Demi-Lune wrote:
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Les félins (1964)

Mouais ben c'est une belle déception même si le film ne se balaie pas complètement du revers de la main.
Déjà, bon point, la cinégénie de la Riviera fait toujours mouche. Henri Decaë s'en donne à cœur joie avec sa photo contrastée, et Clément réussit son ouverture avec une course-poursuite haletante qui ment paradoxalement sur la marchandise, les ambitions comme le rythme du film allant vite montrer un autre visage. Je n'ai pas trop de mal à comprendre pourquoi Major Tom aime bien ce film, tant les thèmes du huis-clos avec emprises féminines ou du voyeurisme rappellent ses cinéastes favoris. Sur le papier, il faut reconnaître que la mosaïque de genres est intrigante. L'atmosphère générale dans la villa est pesante dans son étrangeté (les transitions sont d'ailleurs très abruptes, souvent avec une musique dissonante de Schifrin).
Mais Clément galère dès que les personnages ouvrent la bouche. La pseudo tension amoureuse à trois ne fonctionne pas malgré les efforts du cinéaste pour recréer l'ambiance minérale et ambiguë de Plein soleil, et de capitaliser sur l'image insolente du jeune Delon. La faute à une écriture vraiment mal ficelée, qui vend mal ses effets (la machination, la révélation à mi-parcours), caractérise ses deux héroïnes à la serpe ou accumule des détails risibles (des trucs tout cons comme Fonda qui lit Guerre et Paix en voiture, ou l'insistance sur la menace de la tête coupée avec des têtes empaillées dans le bureau de Barbara ou le tableau de Judith et Holopherne). Sans parler de l'énormité gonflante qui fait qu'à chaque fois, Delon retombe sur ses pourchasseurs. Le film promet beaucoup mais échoue finalement sur quasiment tous les plans. Il faut dire qu'on a bien du mal à comprendre comment Delon pourrait résister aux charmes de la jeune Jane Fonda ; c'est bien le problème de la chute, qui ne crée pas vraiment de vertige ni ne sonne comme une condamnation.
Certains éléments sont effectivement pas très crédibles, voire frôlent la parodie, et le rythme est un peu mou mais cela ne m'empêche pas de très très loin de préférer LES FELINS à PLEIN SOLEIL. Le charme fou de Jane Fonda, l'animalité d'Alain Delon, ainsi que Lola Albright et l'ambiance côte d'azur classieuse font oublier tous les défauts de cette très grande réussite du film noir à la française.
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Re: René Clément (1913-1996)

Post by Demi-Lune »

Comme tu peux t'en douter, je suis bien loin de partager ton enthousiasme.
Plein soleil a ses défauts mais son architecture et son exécution me semblent imparables. On n'a pas l'impression de voir une parodie, comme tu le dis très justement pour Les félins, qui essaie de se la jouer à l'américaine avec une maladresse qui va croissante. Il se crée vraiment quelque chose sur les images de Plein soleil, une fascination, une moiteur, une économie qui font toujours leur effet 60 ans plus tard. Et puis, c'est la naissance du mythe Delon, il imprègne complètement le film. Sa composition dans Les félins est déjà moins intéressante.
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Boubakar
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Re: René Clément (1913-1996)

Post by Boubakar »

Je n'ai trouvé que peu de critiques sur Le père tranquille ; des avis ?
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Re: René Clément (1913-1996)

Post by Commissaire Juve »

Boubakar wrote:Je n'ai trouvé que peu de critiques sur Le père tranquille ; des avis ?
Boarh ! Je ne suis pas sûr d'être de très bon conseil. D'une manière générale, les films de résistants me gonflent, mais -- pour l'avoir revu récemment -- celui-là est tout à fait regardable. Ce n'est pas un film de résistance avec un "R" majuscule, on n'y voit ni demi-dieux, ni martyrs (on n'est pas dans "la Bataille du rail"), ni Occupants nous-z'afons-les-moyens-de-fous-faire-barler ! Ce n'est pas non plus "Captain Charente-Maritime" contre la Gestapo. Avec Noël-Noël, le ton est toujours débonnaire, bon enfant. Faussement bon enfant, mais bon enfant quand même. Je n'ai pas eu le sentiment d'être devant une œuvre résistancialiste. Bref : le titre du film résume tout.
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Re: René Clément (1913-1996)

Post by Nestor Almendros »

Un bon (mais lointain) souvenir, pour ma part
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Re: René Clément (1913-1996)

Post by Jeremy Fox »

Nestor Almendros wrote:Un bon (mais lointain) souvenir, pour ma part

Idem. Un film coréalisé par Noël-Noël.
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Père Jules
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Re: René Clément (1913-1996)

Post by Père Jules »

bruce randylan wrote:La course du lièvre à travers les champs (1971)
Le genre de film casse-gueule et atypique qu'on a envie de défendre mais dont l'inégalité et les gros problèmes de rythme finissent pas rendre trop bancal. 2h20 pour une telle histoire, il y a de quoi se lasser sur la longue par l'approche décalée, presque poétique, et par moment irréelle voulu par Clément. Ca marche très bien durant 30-40 minutes (dont une introduction qui reproduit celle de Il était une fois dans l'ouest) avant de faire régulièrement du sur place. Clément parvient à relancer tout de même plusieurs fois sa machine par quelques séquences réussies qui peuvent faire penser à du Kitano Light avec ses gangsters à la fois inquiétants et immatures. Attachant quoiqu'il en soit.
C'est exactement ça. Un film que je fantasmais depuis longtemps mais qui m'a finalement déçu.
Les longueurs finissent par avoir raison du film malgré l'intérêt que l'on peut avoir pour les personnages, tous plus attachants les uns que les autres (Lea Massari et Robert Ryan sont superbes).
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Re: René Clément (1913-1996)

Post by Dale Cooper »

Pas dépassé la demi-heure pour celui-là, il faudrait que je retente.
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Re: René Clément (1913-1996)

Post by Commissaire Juve »

Remarque super passionnante, mais quand on parle du loup...

Hier soir, je me suis refait Le passager de la pluie (1970). J'avoue avoir décroché au bout d'une heure, mais je ne devais pas être in the mood. En fait, j'ai passé un bon moment à regarder l'imperméable blanc et les robes blanches de Marlène et à me dire : " 'tain, si ça sortait en BLU, ils seraient fichus de mettre du jaune partout !" :lol:

Dans les pages précédentes, un collègue évoque "Alice au pays des merveilles" (et, de fait, le film commence par une citation de Lewis Caroll), mais je n'ai pas bien vu le rapport, j'ai tout pris au premier degré. Au point de d'écarquiller les yeux quand j'ai entendu Corinne Marchand lancer un "coupez lui la tête !"

Dans la rubrique supplément, il y a une interview de Marlène en septembre 1978... comme elle était belle !

EDIT :
Dans les pages précédentes, un collègue évoque "Alice au pays des merveilles"...
C'était nobody smith : http://www.dvdclassik.com/forum/viewtop ... 0#p2003788
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