Budd Boetticher (1916-2001)

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés avant 1980.

Moderators: cinephage, Karras, Rockatansky

Julien Léonard
Duke forever
Posts: 11844
Joined: 29 Nov 03, 21:18
Location: Hollywood

Re: Budd Boetticher (1916-2001)

Post by Julien Léonard »

Westbound est le seul Boetticher / Scott que je n'ai pas vu. Quel dommage que Warner ne le sorte qu'en Archives... :cry:
Image
User avatar
Sybille
Assistant opérateur
Posts: 2091
Joined: 23 Jun 05, 14:06

Re: Budd Boetticher (1916-2001)

Post by Sybille »

J'espère que ma médiathèque finira par les acquérir, que je puisse découvrir ces fameux westerns (mais j'ai confiance, il y a déjà pas mal de dvds sidonis). :P

(J'aimerais bien acheter le coffret mais le Z1 me pose problème).
User avatar
Père Jules
Quizz à nos dépendances
Posts: 16732
Joined: 30 Mar 09, 20:11
Location: Avec mes chats sur l'Atalante

Re: Budd Boetticher (1916-2001)

Post by Père Jules »

Julien Léonard wrote:Westbound est le seul Boetticher / Scott que je n'ai pas vu. Quel dommage que Warner ne le sorte qu'en Archives... :cry:
Il est diffusé en ce moment sur Cinécinéma Classic.
C'est d'ailleurs à cette occasion que j'ai pu le voir. Pas le film majeur de la série, mais pas mal du tout.
Gil Westrum
Assistant(e) machine à café
Posts: 134
Joined: 4 Nov 10, 07:44
Location: Somewhere, in the West

Re: Budd Boetticher (1916-2001)

Post by Gil Westrum »

Décision à Sundown (1958)

Changement de décors. Après deux aventures en extérieurs, l'action reste ici centrée dans un petite ville, puis autour d'une seule bicoque pour la majeure partie de l'histoire. Mais même si l'environnement se resserre de plus en plus et que les dialogues prennent le dessus sur l'action brute, le film n'en reste pas moins des plus palpitant.

Une nouvelle fois, Budd Boetticher prend un malin plaisir à transgresser les règles du western de série B. Si il est d'habitude aisé d'identifier au premier coup d'oeil les bons et les méchant dans ce genre de productions, ici place à l'ambiguité totale.

Ca commence donc fort avec cette première séquence, où nous voyons apparaître un Randolph Scott mal rasé, la mine sévère, qui ordonne à un conducteur de dilligence de s'arrêter en le menaçant de son arme. Un cavalier approche. Oh my god ! Randy va-t-il dévaliser la dilligence et abattre tous ses passagers ? C'est ce qu'on pourrait lire sur son visage, mais ouf, ce n'était qu'une fausse alerte. Néanmoins, le ton est immédiatement donné. C'est dans un registre complètement éloigné de son image de justicier sans tache et sans faux plis, que nous allons voir évoluer notre cher Randy. Si déjà dans les deux films précédents signés Boetticher, le personnage de Scott laissait transparaître des zones sombres, ce n'était encore rien par rapport à ce que nous allons découvrir là.

Je n'ai pas pu m'empêcher à tous ces futurs rôles interprétés par Clint Eastwood bien plus tard et qui seront très en vogue dans le western italien. Je parle là du rôle de cavalier solitaire et mystérieux, qui débarque en ville et ne tarde pas à y semer le désordre. Avare en mots, nous comprenons sur le tard que sa seule motivation est la vengeance. On peut le percevoir comme un "bon", car il vient généralement se débarasser d'une grosse crapule qui règne sur la petite ville, à l'aide de sa fortune et d'une poignée d'hommes en armes. Par là même, son geste égoïste et immoral (se faire justice soit-même, sans aucune forme de procès), peut alors passer pour positif auprès de la communauté, qui verra alors en lui un sauveur (même si en général, le héros s'en fiche pas mal et quittera très vite la bourgade une fois sa tâche effectuée).

Mais tout reste ambigu. La grosse crapule a effectivement la tête de l'emploi. On sent immédiatement qu'il a fait main basse sur la ville en manipulant la populace grâce à ses belles paroles, mais surtout grâce à sa fortune. Mais tandis que l'intrigue avance, les doutes surgissent. Est-il vraiment le mauvais dans cette histoire ? Cette petite ville avait-elle vraiment besoin d'être "libérée" ? Le motif de vengeance du héros vaut-il réellement la peine de faire couler le sang ?

Une nouvelle fois, les personnages sont très riches et leur psychologie ne cesse d'évoluer au cours du film. Sauf Randolph Scott, qui reste tel un bloc de granit, insensible aux bouleversements qui surviennent dans l'histoire. L'acteur n'hésite pas à casser son image habituelle, au point de prendre un gros risque que peu de grands acteurs hollywoodiens de l'époque auraient accepter de prendre.
Spoiler (cliquez pour afficher)
Nous avons finalement sous les yeux un pauvre mari cocu, dont la femme apparemment multipliait les conquètes à l'envie. Scott refusera néanmoins jusqu'au bout d'accepter cette vérité, aveuglé par sa seule volonté de vengeance. En fin de compte, son personnage n'est pas un héros, ni même un anti-héros pourrait-on dire. Juste un pauvre type borné, qui entrainera son meilleur ami dans la mort et tout ça pour rien ! Nous n'assisterons donc pas à un retournement final à la John Wayne comme dans La prisonnière du désert, même si le "vilain" sera également épargné à la fin. Car si Wayne trouve en lui-même la capacité de renoncer, la voix de la raison qui arrêtera Scott viendra de l'extérieur, en l'occurance de la part de la fiancée dudit "vilain". Complètement dévasté intérieurement, notre "héros" n'aura plus qu'à prendre son cheval et à s'éloigner lentement, retournant dans les territoires arides d'où il était apparu.
Magistral, une fois de plus.
I'm a poor lonsome cowboy ...
Gil Westrum
Assistant(e) machine à café
Posts: 134
Joined: 4 Nov 10, 07:44
Location: Somewhere, in the West

Re: Budd Boetticher (1916-2001)

Post by Gil Westrum »

L'aventurier du Texas (1958)

Un Boetticher mineur, par rapport aux précédents, mais absolument pas dénué d'intérêt. Première surprise, le thème musical du générique est le même que celui de 10 hommes à abattre, une autre production Scott-Brown sortie quelques années plus tôt. Ce n'est certes qu'un détail, mais c'est la première fois que je me rend compte que nous avons bel et bien affaire à de la série B, avec des économies de moyens parfois poussés à l'extrême. Pour le reste, Boetticher nous démontre une nouvelle fois qu'avec le strict minimum, il peut nous pondre un agréable divertissement.

Deuxième surprise, Randolph Scott campe ici un personnage décontracté, qui n'est pas rongé par son passé ou aveuglé par un motif de vengeance. Comme dans Décision à Sundown, il va se retrouver dans le rôle du trublion qui va semer la pagaille dans une petite ville d'apparence tranquille, mais de manière totalement involontaire cette fois. Le ton du film est donc radicalement différent par rapports aux autres opus que nous ont offert le tandem. Malgré quelques accès de violence pure et dure ici ou là, l'atmosphère est beaucoup plus légère et lorgne avant tout vers la comédie. C'est bien simple, avec cette histoire de famille qui s'entre-déchire pour le contrôle de la ville et un gros paquet de dollars, entraînant diverses situations tragi-comiques, on se croirait devant un western imprégné par les frères Coen et Gérard Oury réunis.

Avec une trame où l'on tourne passablement en rond, j'ai trouvé sur le moment que certaines séquences s'étiraient en longueur. Mais cela ne m'a pas empêché, une nouvelle fois, de passer un excellent moment.
I'm a poor lonsome cowboy ...
User avatar
Jeremy Fox
Shérif adjoint
Posts: 92957
Joined: 12 Apr 03, 22:22
Location: Contrebandier à Moonfleet

Re: Budd Boetticher (1916-2001)

Post by Jeremy Fox »

Gil Westrum wrote:L'aventurier du Texas (1958)

Première surprise, le thème musical du générique est le même que celui de 10 hommes à abattre, une autre production Scott-Brown sortie quelques années plus tôt.
Il y eut une grève des compositeurs en 1958 et de nombreux films de ces années 58/59 reprennent des thèmes musicaux déjà écrits précédemment.

L'excellent Good Day for a Hanging reprend la musique de 3.10 pour Yuma par exemple
Gil Westrum
Assistant(e) machine à café
Posts: 134
Joined: 4 Nov 10, 07:44
Location: Somewhere, in the West

Re: Budd Boetticher (1916-2001)

Post by Gil Westrum »

Jeremy Fox, le Wikipédia du far-west, qui vous dégaine une info plus vite que son ombre. 8)

Ce n'est donc pas une économie facile, comme j'ai pu le croire sur le moment. Un bon point pour Boetticher en plus.
I'm a poor lonsome cowboy ...
jacques 2
Régisseur
Posts: 3172
Joined: 17 May 10, 17:25
Location: Liège (en Wallonie)

Re: Budd Boetticher (1916-2001)

Post by jacques 2 »

Ai vu ce soir mon premier western de Boetticher : "7 hommes à abattre".

j'ai beaucoup aimé : la concision, la simplicité bien comprise, le hiératisme de Randolph Scott.

Curieusement, m'a un peu fait penser à "Vera Cruz" : Lee Marvin dans un composition similaire à celle de Lancaster (cabotinage réjouissant qui tire la couverture à lui ) face à un Scott comparable à Cooper par sa sobriété à tous niveaux
De même, les rapports entre les deux hommes sont ambigus car empreints d'une certaine estime mutuelle : après le duel final, Scott et Cooper ont des attitudes similaires càd empreintes d'un certain regret ...

Oui, vraiment, il y ades connexions au niveau des rapports entre personnages entre ces 2 films : cela m'a semblé évident ...
Mais, comme chacun sait, rien ne naît de rien alors ...

Ceci dit, je vais bientôt m'attaquer au coffret après cette - très bonne - entrée en matière. :wink:
Gil Westrum
Assistant(e) machine à café
Posts: 134
Joined: 4 Nov 10, 07:44
Location: Somewhere, in the West

Re: Budd Boetticher (1916-2001)

Post by Gil Westrum »

Intéressant, ce rapprochement avec Vera Cruz. Je ne l'avais jamais fait, mais c'est vrai qu'il y a quelque chose.
jacques 2 wrote:Ceci dit, je vais bientôt m'attaquer au coffret après cette - très bonne - entrée en matière. :wink:
Tu peux y aller les yeux fermés. Les autres sont du même accabit, voire même un bon cran au-dessus pour certains.

La chevauchée de la vengeance (1959)

On passe au Cinemascope et on retourne dans les immenses décorts arides et rocailleux de Lone Pine, après deux films plutôt urbains. Boetticher peut se permettre alors de nous concocter des plans fabuleux en utilisant à merveille tout l'espace que peut procurer le grand format. L'un des plus beaux est certainement ce fameux plan-séquence où l'on voit un groupe d'Indiens se dessiner au loin, observant la petite troupe qui chevauche tranquillement à découvert, puis leur fonçant dessus à vive allure.

Comme d'habitude, les 75 minutes du film nous donnent l'impression d' avoir duré près du double, tant l'intrigue est complexe, tout comme ses personnages. Boetticher va droit à l'essentiel, sans jamais donner l'impression d'expédier ses séquences à la vitesse grand V ou de tourner à la va-vite. Tout est savamment orchestré et les rebondissements ne manquent pas.

La vengeance est à nouveau le leitmotiv de Randolph Scott, mais si ce n'était le titre français qui nous l'apprend dès le départ, celle-ci met très longtemps avant de se dessiner. Avant cela, nous avons droit à une formidable aventure, où un petit groupe de cavaliers doit escorter un prisonnier en affrontant mille dangers. Les Indiens sont de la partie et les complices du prisonniers sont à leurs trousses, mais les dangers peuvent également survenir à l'intérieur même du groupe, où des dissensions ne tardent pas à apparaître.

Niveau casting, ça fait plaisir de voir apparaître les deux futurs vedettes que sont Lee Van Cleef et James Coburn. Si le premier était alors un grand habitué des petits rôles de bad guy qui ne survit en général pas à la première bobine, le second en est encore à ses galons d'essai mais laisse déjà transparaître son charisme de tous les diables.

Une nouvelle fois, ce film est une réussite complète, de la première à la dernière image (fantastique d'ailleurs, ce dernier plan). Boetticher atteint la perfection en matière de western, voire même de cinéma tout court. Comme le dit très bien Tavernier dans sa présentation, les réalisateurs d'aujourd'hui qui se voient contraints de nous pondre des films de plus de 2h30 mais dont l'on pourrait allègrement en retirer 40 minutes sans que cela nuise à l'ensemble, devraient en prendre de la graine.
I'm a poor lonsome cowboy ...
Gil Westrum
Assistant(e) machine à café
Posts: 134
Joined: 4 Nov 10, 07:44
Location: Somewhere, in the West

Re: Budd Boetticher (1916-2001)

Post by Gil Westrum »

Comanche station (1960)

Dernier film de la fournée Sidonis qu'il me restait à découvrir et, sans surprise, c'est à nouveau un joyau sans la moindre eraflure. Boetticher et Randolph Scott achèvent leur collaboration en apothéose, avec une oeuvre qui semble être une véritable synthèse des films précédents. Divers dialogues et situations se retrouvent un peu tel quel dans ce film (par exemple la petite histoire que raconte Claude Atkins au coin du feu, m'a immédiatement fait pensé à une situation similaire dans 7 hommes à abattre). Mais le réalisateur ne se contente pas de faire de la redite, réussissant une nouvelle fois à nous offrir une bonne dose de fraîcheur bienvenue dans le domaine du western. Un peu comme Hayao Miyazaki et son Château ambulant, Boetticher récupère certains éléments de ses films précédents pour nous pondre un authentique chef-d'oeuvre, une fois de plus.

Randolph Scott interprète là sans doute son rôle le plus poignant. Une nouvelle fois, il incarne un de ces personnages de cavalier solitaire, bourru, taciturne, sans peur et sans reproche, mais toujours droit dans ses bottes et fidèles à ses valeurs et à sa morale. La quète de vengeance laisse sa place cette fois à des motifs bien plus profonds.
Spoiler (cliquez pour afficher)
Parcequ'il n'a pas su tirer la femme qu'il aimait des griffes des Indiens, le personnage de Randolph Scott ère continuellement dans le désert, à la recherche de captives à secourir.
Comme d'habitude chez Boetticher, même les personnages de second plans sont mis en valeur. Chacun a droit à son temps de parole pour exprimer sa façon de penser et expliciter sa conduite. Malgré une durée minime, le temps est pris de nous exposer la psychologie de chaque personnage. Ainsi, le long dialogue nocturne entre les deux hommes de mains au service de Claude Atkins est l'un de ces éléments pas banals du tout qui confère à Boetticher son statut de pur génie. Comme toujours, la construction de l'histoire et ses découpages sont réglés tel un travail d'orfèvre. Les plans en Cinemascope sont toujours aussi sublimes, malgré la sécheresse des décors et la sensation de voir sans arrêt les mêmes cailloux à l'écran. L'intrigue est passionnante, avec ce petit groupe prêt à imploser à tout instant, malgré une menace indienne permanente. Les instants de calme permettent de se remettre de tous ces brefs mais ô combien intenses instant de violence brutale savamment distillés.

Voilà, il ne me reste plus désormais que Le courrier de l'or à dénicher. J'avais tant attendu la sortie de ces DVD, que je redoutais un peu d'en ressortir déçu. Mais au final, c'est tout l'inverse qui s'est produit. Chacun des 6 films est un véritable concentré de bonheur et de magie, voire de petits chef-d'oeuvres. Budd Boetticher figure désormais au panthéon de mes réalisateurs favoris.
I'm a poor lonsome cowboy ...
User avatar
Jeremy Fox
Shérif adjoint
Posts: 92957
Joined: 12 Apr 03, 22:22
Location: Contrebandier à Moonfleet

Re: Budd Boetticher (1916-2001)

Post by Jeremy Fox »

Gil Westrum wrote: J'avais tant attendu la sortie de ces DVD, que je redoutais un peu d'en ressortir déçu. Mais au final, c'est tout l'inverse qui s'est produit. Chacun des 6 films est un véritable concentré de bonheur et de magie, voire de petits chef-d'oeuvres. Budd Boetticher figure désormais au panthéon de mes réalisateurs favoris.
8)
Gil Westrum
Assistant(e) machine à café
Posts: 134
Joined: 4 Nov 10, 07:44
Location: Somewhere, in the West

Re: Budd Boetticher (1916-2001)

Post by Gil Westrum »

Maintenant que j'ai vu les 6 principaux films du tandem, je veux bien m'amuser également à un petit top.

1. Comanche station
2. La chevauchée de la vengeance
3. 7 hommes à abattre
4. L'homme de l'Arizona
5. Décision à Sundown
6. L'aventurier du Texas
I'm a poor lonsome cowboy ...
feb
I want to be alone with Garbo
Posts: 8869
Joined: 4 Nov 10, 07:47
Location: San Galgano

Re: Budd Boetticher (1916-2001)

Post by feb »

Image
Comanche Station, Budd Boetticher (1960)

Après La chevauchée de la vengeance que j'ai trouvé très bon et un Décision à Sundown qui m'a un peu plus déstabilisé par son histoire, je viens de me faire vraiment plaisir en regardant Comanche Station qui est un western qui surpasse largement le second et qui s'inspire du premier tout en apportant un petit plus qui fait la différence. Malgré un histoire simple mais toujours aussi efficace, Boeticher propose 73 min de pur plaisir pendant lesquelles on s'ennuie jamais.
Randolph Scott incarne encore cet homme solitaire, qui ère dans une zone sans vie, entre indiens et relais, dans un but bien précis même si on sait qu'il ne pourra (jamais ?) l'atteindre. En peu de temps, nous comprenons qui sont et que veulent chacun des personnages, nous savons très rapidement qu'un affrontement est obligatoire entre Jefferson Cody et Ben Lane, nous devinons le sort de chacun d'eux et malgré cela, Boetticher nous étonne encore et toujours avec cette "révélation finale" (je ne m'y attendais pas et quand j'ai vu l'homme je me suis dit "Boetticher t'es bon" :mrgreen:), avec ses scènes calmes autour du feu (je suis du même avis que Gol Westrum concernant ce long dialogue nocturne :wink: ) où les langues se délient, où nous apprenons qui sont ces hommes et surtout avec cette tension palpable causée par les indiens qui peuvent attaquer à tout moment.

On retrouve les décors superbes de La chevauchée de la vengeance avec ce clin d'œil à l'arbre au centre de l'étang asséché dans la scène finale que l'on retrouve ici dans l'eau, ces énormes rochers dans lesquels les hommes se cachent au point que les 2 scènes d'ouverture sont très semblables : Scott sur son cheval vient chercher l'homme pour le faire juger dans la ville la plus proche / Scott sur son cheval vient chercher la fille pour la ramener dans la ville la plus proche.
On retrouve le 2.35 de La chevauchée de la vengeance qui permet de placer tous les protagonistes dans le cadre lorsqu'ils se déplacent, de voir la menace directe ou indirecte des Indiens dans le fond, de faire ressortir l'étendue des zones traversées et qui donne ce style, cette image si particulière aux westerns.
En résumé, on retrouve tous les éléments qui font de La chevauchée de la vengeance un très beau western et qui font de Comanche Station une petite pépite. Si j'ai mis 8/10 au premier, je donne 9/10 à celui-ci et je pense que j'ai trouvé mon film du mois 8)

En attendant de pouvoir regarder les autres films du duo Boetticher/Scott...
1. Comanche station 9/10
2. La chevauchée de la vengeance 8/10
3. Décision à Sundown 6,5/10
jacques 2
Régisseur
Posts: 3172
Joined: 17 May 10, 17:25
Location: Liège (en Wallonie)

Re: Budd Boetticher (1916-2001)

Post by jacques 2 »

Avec retard (j'avais reçu le fameux coffret depuis novembre ... :oops: ), j'ai enfin entamé le cycle Boetticher - Scott

Autant dire que je n'ai pas été déçu, bien au contraire ...
"the tall T" et "décision à Sundown" partagent concision, ascèse et sens de la tragédie ...

Randolph Scott est parfait et moins monolithique que certains se plaisent à dire (voir le final très ambigu de "Sundown") et Richard Boone est parfait en bad guy, ambigu lui aussi, dans "the tall T" ( à la violence étonnante pour l'époque : même si c'est hors champ, un enfant s'y fait tout de même assassiner ...)
Le rôle de Boone m'a par ailleurs remis en mémoire une composition assez analogue dans l'excellent "Hombre" de Martin Ritt ...

Je vais savourer les 3 autres films du coffret par petites doses (comme il convient de faire avec les plaisirs rares)

:wink:
Last edited by jacques 2 on 5 Jan 11, 00:06, edited 1 time in total.
User avatar
Jeremy Fox
Shérif adjoint
Posts: 92957
Joined: 12 Apr 03, 22:22
Location: Contrebandier à Moonfleet

Re: Budd Boetticher (1916-2001)

Post by Jeremy Fox »

jacques 2 wrote: Je vais savourer les 3 autres films du coffret par petites doses (comme il convient de faire avec les plaisirs rares)

:wink:
Un convaincu de plus :D