Raoul Walsh (1887-1980)

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés avant 1980.

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bruce randylan
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Re: Raoul Walsh (1887-1980)

Post by bruce randylan »

Me and my gal (1932)

Une bonne comédie comme Walsh en a fait quelques unes dans les années 30.

L'histoire se déroule dans ces quartiers populaires et bons-vivants que le cinéaste affectionne tant avec des personnages proche de ceux de The Bowery, de Gentleman Jim ou de Strawberry Blond (dont il constitue un peu un brouillon lointain). Place donc aux blagues potaches, aux personnages fort de caractère, aux intrigues amoureuses chaleureuses, aux personnages féminins avec du tempérament, ses seconds rôles grandes gueules etc...

On trouve donc tous les éléments de l'univers Walshien mais la sauce ne prend pas toujours à cause de running gags qui s'éternisent (l'alcoolique de service), d'une direction artistique pas toujours au top et d'une interprétation qui reste marquée de son époque.

Mais on trouve aussi un couple des plus attachant, un ton très frais et chaleureux pour un vrai sentiment de convivialité et de bonne humeur communicative.

Sans être aussi la mise en scène la plus enlevée de Walsh, il y a un dynamisme, une légèreté et une insouciance qui possède un charme fou. Walsh se permet aussi des références à la culture populaire assez audacieuse comme la citation à un film qui avait fait sensation (Strange Interlude-1932) et dont le procédé de voix-off vient se greffer sur les sentiments du couple de Me and my gal le temps d'une séquence.

Bref on pourrait presque dire qu'on est devant une œuvre de jeunesse avec ses maladresses si Walsh n'avait pas déjà eut plusieurs coup d'éclats brillants à l'époque du muet.
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Jeremy Fox
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Re: Raoul Walsh (1887-1980)

Post by Jeremy Fox »

Je pense qu'un petit lien à partir d'ici ne serait pas de trop, Le coffret Errol Flynn chroniqué par Julien Leonard contenant pas moins de 4 films signés Raoul Walsh.
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Profondo Rosso
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Re: Raoul Walsh (1887-1980)

Post by Profondo Rosso »

Sabotage à Berlin (1942)

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Lors de la deuxième guerre mondiale, l'équipage d'un bombardier de la RAF est abattu au-dessus de l'Allemagne, les 5 rescapés s'organisent et se mettent à la recherche d'un avion pour rentrer en Angleterre, mais sur leur route ils multiplient les sabotages des installations ennemies qu'ils rencontrent...

Consacré figure de proue de l'héroïsme à la Warner autant dans le film d'aventures historiques que le westerns, Errol Flynn la deuxième guerre mondiale entamée allait transposer cette image dans les films de guerre patriotique en vogue une fois les Etats-Unis engagés dans le conflit. Desperate Journey est un des premiers qu'il tourne sous la houlette de celui qui su si bien le mettre en valeur l'année précédente dans La Charge Fantastique. On est d'ailleurs pas bien loin des grand films d'aventures d'antan avec un pitch excitant en diable où les rescapés de l'équipage d'un bombardier de la RAF abattu leur mission effectué doivent traverser la moitié de l'Allemagne nazie pour regagner leur terres.

Tout est donc fait pour rendre l'ensemble le plus palpitant possible. Il y a pratiquement un rebondissement, une scène d'action où un coup de théâtre toutes les dix minutes sur un rythme échevelé ne laissant pas une minute de repos. C'est spectaculaire de bout en bout avec une Warner qui semble avoir déployé les grands moyens. La première partie aérienne est vraiment très impressionnante avec un impressionnant duel d'avion et le bombardier anglais pilonné par les obus allemands le tout filmé avec maestria par Walsh épaulé par de remarquable effets spéciaux (transparences, maquettes impeccable). Les membres du commando sont caractérisé avec bonhomie et tendresse, leur complicité et amitié faisant bloc sous un même esprit courageux et héroïque (notamment un très amusant Alan Hale en soldat amateur de crachats de noix...). C'est donc à un divertissement de haute volée et sans tant mort auquel on assiste, fort plaisant.

Et finalement c'est un peu le problème du film. La formule à la Errol Flynn est transposée dans un cadre de guerre mais s'avère sans aspérité et prévisible, pas forcément à cause du contexte politique d'ailleurs puisqu'un Aventure en Birmanie bien plus ouvertement propagandiste s'avère autrement plus intéressant que Sabotage à Berlin. Hormis une péripéties finale surprenante à Munich le spectacle n'offre aucune surprise jusque dans ses morts que la caractérisation marquée permet d'anticiper tandis que les méchants allemands sont transparent (Raymond Massey d'habitude fabuleux dans ce registre fait une bien piètre opposition).. La décontraction manifeste est vraiment plaisante par instants (les gags lorsque les héros sont fait prisonnier dans l'état major allemands) mais perd un peu l'attention lorsque le ton doit se faire plus dramatique le tout semblant très forcé comme la rencontre avec la résistance allemande. Malgré les morceaux de bravoure époustouflant (dont une course poursuite en voiture finale assez extraordinaire) ça se suit finalement assez distraitement même si c'est réellement très bien fait. On pouvait peut être attendre un peu plus de Walsh que cet ancêtre de Quand les aigles attaquent, ce dernier allant tellement dans la surenchère et sans bons sentiments mécaniques qu'il est finalement plus plaisant à suivre. Heureusement Flynn et Walsh feront bien mieux par la suite durant leur longue association. 3,5/6
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Roy Neary
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Re: Raoul Walsh (1887-1980)

Post by Roy Neary »

Aujourd'hui, mise en ligne de La Blonde et le shérif de Raoul Walsh. :)
La chronique du DVD Opening est signée Julien Léonard.

:arrow: La Blonde et le shérif
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Jeremy Fox
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Re: Raoul Walsh (1887-1980)

Post by Jeremy Fox »

Roy Neary wrote:Aujourd'hui, mise en ligne de La Blonde et le shérif de Raoul Walsh. :)
Super agréable à lire d'autant que j'en pense la même chose quasiment mot pour mot. Une des rares bonnes comédies westernienne mais le plus faible des trois westerns de Walsh pour la Fox durant ces années 50, moi aussi ayant un faible pour Un roi et 4 reines (il faut dire que les 4 reines...)
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feb
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Re: Raoul Walsh (1887-1980)

Post by feb »

Bravo M. Léonard pour cette chronique riche et très agréable à lire :wink:
Jeremy Fox wrote:...moi aussi ayant un faible pour Un roi et 4 reines (il faut dire que les 4 reines...)
Coquin, c'est Eleanor Parker qui te fait de l'effet :mrgreen:
ed wrote:Portrait de la jeune fille en feu
L'un des films les plus rigoureux, scénaristiquement et formellement, qu'il m'ait été donné de voir depuis longtemps (...)
Julien Léonard
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Re: Raoul Walsh (1887-1980)

Post by Julien Léonard »

Jeremy Fox wrote:
Roy Neary wrote:Aujourd'hui, mise en ligne de La Blonde et le shérif de Raoul Walsh. :)
Super agréable à lire d'autant que j'en pense la même chose quasiment mot pour mot. Une des rares bonnes comédies westernienne mais le plus faible des trois westerns de Walsh pour la Fox durant ces années 50, moi aussi ayant un faible pour Un roi et 4 reines (il faut dire que les 4 reines...)
... sont vraiment belles ! Et Eleanor Parker, wahou... ! :fiou:

Les implacables est très bien, mais moins riche sur le fond (disons qu'il est surtout très classique sur ce qu'il raconte, même s'il le raconte bien). Et Jane Russell, c'est pas la peine... j'y arrive pas.

Très belle mise en page, je le répète souvent (mais en même temps c'est tellement vrai). :wink: Et merci feb.
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Federico
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Re: Raoul Walsh (1887-1980)

Post by Federico »

Julien Léonard wrote:
Jeremy Fox wrote: Super agréable à lire d'autant que j'en pense la même chose quasiment mot pour mot. Une des rares bonnes comédies westernienne mais le plus faible des trois westerns de Walsh pour la Fox durant ces années 50, moi aussi ayant un faible pour Un roi et 4 reines (il faut dire que les 4 reines...)
... sont vraiment belles ! Et Eleanor Parker, wahou... ! :fiou:

Les implacables est très bien, mais moins riche sur le fond (disons qu'il est surtout très classique sur ce qu'il raconte, même s'il le raconte bien). Et Jane Russell, c'est pas la peine... j'y arrive pas.
On sera deux. De même que pour le wahou à l'encontre de la sublime Eleanor. :wink:
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Roy Neary
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Re: Raoul Walsh (1887-1980)

Post by Roy Neary »

La semaine Walsh continue et en plus d'un film, DVDClassik vous propose dans la même chronique une analyse du style du grand Raoul ! :D
Merci à notre collaborateur Paul Fléchère pour sa chronique du Roi et quatre reine.

:arrow: Le Roi et quatre reines
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Jeremy Fox
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Re: Raoul Walsh (1887-1980)

Post by Jeremy Fox »

Roy Neary wrote:La semaine Walsh continue et en plus d'un film, DVDClassik vous propose dans la même chronique une analyse du style du grand Raoul ! :D
Merci à notre collaborateur Paul Fléchère pour sa chronique du Roi et quatre reine.

:arrow: Le Roi et quatre reines
:o Je vais imprimer tout ça et me prendre une journée de RTT pour le lire :mrgreen:

Sérieusement, impressionnant de prime abord ; bravo pour le travail accompli :wink:
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Père Jules
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Re: Raoul Walsh (1887-1980)

Post by Père Jules »

Ça va devenir le mètre-étalon de la chronique sur Classik ! :shock:

Je n'ai fait que le parcourir mais ça promet...
daniel gregg
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Re: Raoul Walsh (1887-1980)

Post by daniel gregg »

:D
Epoustouflant ! Quel travail d'orfêvre !
Il faut absolument que je revois ce Walsh, découvert il a quelques années avec un Clark Gable que j'avais beaucoup apprécié dans Band of angels.
C'est vrai qu'au vu des captures, la qualité du transfert a l'air somptueuse.
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Jeremy Fox
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Re: Raoul Walsh (1887-1980)

Post by Jeremy Fox »

Juste pour chipoter d'emblée :oops:
Le Roi et quatre reines est sans doute un peu trop nonchalant pour être un très grand film.
Ah mon avis, la nonchalance n'est pas un élément qui peut empêcher un film d'être un très grand film, pourquoi pas même un chef-d'oeuvre. Je ne prendrais pour exemple que 3 titres : Wagonmaster de John Ford, Big Sky de Howard Hawks et surtout le top du top en la matière Au-delà du Missouri (Across the Wide Missouri) de William Wellman. Mais ça peut s'appliquer aussi dans d'autres domaines que le western : Le sport favori de l'homme, Hatari, The Trouble with Harry ...
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Rick Blaine
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Re: Raoul Walsh (1887-1980)

Post by Rick Blaine »

J'ai juste parcouru la chronique, ça a déjà l'air impressionnant.
Un tel texte, a propos de l'un de mes réalisateurs préférés, sur un film si intéressant, ça promet, reste a trouver le temps de le lire. :D
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Phnom&Penh
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Re: Raoul Walsh (1887-1980)

Post by Phnom&Penh »

Jeremy Fox wrote:Ah mon avis, la nonchalance n'est pas un élément qui peut empêcher un film d'être un très grand film, pourquoi pas même un chef-d'oeuvre. Je ne prendrais pour exemple que 3 titres : Wagonmaster de John Ford, Big Sky de Howard Hawks et surtout le top du top en la matière Au-delà du Missouri (Across the Wide Missouri) de William Wellman. Mais ça peut s'appliquer aussi dans d'autres domaines que le western : Le sport favori de l'homme, Hatari, The Trouble with Harry ...
C'est une question d'appréciation du terme. Pour moi, nonchalant a une nuance négative, au sens de désinvolte, traité un peu par dessus la jambe, avec un certain manque de constance. D'ailleurs, défini ainsi, le terme est même trop dur pour qualifier ce film (mais j'en dis assez de bien pour qu'on ne s'arrête pas sur un terme peut-être mal choisi).
Les films que tu cites ne me paraissent pas "nonchalants" et je ne saurai trop comment les qualifier comme ça, d'un terme, même si je vois ce que tu veux dire. Ce sont des films au "rythme décontracté", qui ne traitent pas de sujets majeurs (encore que pour The Big Sky).
Par nonchalance, je ne voulais pas qualifier le sujet du film, ni son rythme décontracté. Un manque d'implication totale, d'ambition, peut-être? Mais ce n'est pas bien grave, ce n'est qu'un mot :wink:

Sinon, merci à vous tous et avant tout à Roy pour son superbe boulot! :)
"pour cet enfant devenu grand, le cinéma et la femme sont restés deux notions absolument inséparables", Chris Marker

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