Raoul Walsh (1887-1980)

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés avant 1980.

Moderators: cinephage, Karras, Rockatansky

User avatar
Ann Harding
Régisseur
Posts: 3027
Joined: 7 Jun 06, 10:46
Location: Paname

Re: Raoul Walsh (1887-1980)

Post by Ann Harding »

The Strawberry Blonde (1941) avec James Cagney, O. de Havilland, Rita Hayworth et Jack Carson

Vers 1900, Biff Grimes (J. Cagney), qui espère devenir dentiste, est amoureux de la rousse Virginia Brush (R. Hayworth). Mais, elle préfère épouser le riche Hugo Barnstead (J. Carson)...

Cette comédie signée Raoul Walsh est une agréable surprise, mais en deçà de ses meilleurs films. James Cagney y est un dentiste irlandais bagarreur qui passe une partie du film avec l'oeil au beurre noir. Olivia de Havilland joue avec talent son rôle de jeune fille émancipée avant de devenir une épouse parfaite. Le film est un morceau d'Americana assez réussi avec l'utilisation de chansons d'époque (y compris l'inusable Meet Me in St Louis). Mais, j'espérais peut-être un peu plus dans le développement des personnages, particulièrement celui de Cagney qui est moins intéressant que celui d'Havilland. Les rôles secondaires sont tenus la crème des seconds rôles d'époque : Alan Hale, George Tobias et Una O'Connor. En somme, j'ai passé un bon moment; mais, le film ne fait partie de mes Walsh préférés (Colorado Territory, White Heat, Pursued).
Julien Léonard
Duke forever
Posts: 11844
Joined: 29 Nov 03, 21:18
Location: Hollywood

Re: Raoul Walsh (1887-1980)

Post by Julien Léonard »

J'ai vraiment envie de le découvrir celui-là... Je rêve à un DVD avec des sous-titres (même anglais). :(
Image
Cathy
Producteur Exécutif
Posts: 7258
Joined: 10 Aug 04, 13:48

Re: Raoul Walsh (1887-1980)

Post by Cathy »

Julien Léonard wrote:J'ai vraiment envie de le découvrir celui-là... Je rêve à un DVD avec des sous-titres (même anglais). :(
Je pense que c'est raté pour la sortie d'une belle édition, il est sorti dans les Warner Archive, mais je ne sais pas s'il y a des close captions ! En tous les cas pas de stf
Julien Léonard
Duke forever
Posts: 11844
Joined: 29 Nov 03, 21:18
Location: Hollywood

Re: Raoul Walsh (1887-1980)

Post by Julien Léonard »

Cathy wrote:
Julien Léonard wrote:J'ai vraiment envie de le découvrir celui-là... Je rêve à un DVD avec des sous-titres (même anglais). :(
Je pense que c'est raté pour la sortie d'une belle édition, il est sorti dans les Warner Archive, mais je ne sais pas s'il y a des close captions ! En tous les cas pas de stf
Je l'ai vu dans cette collection. Ah, ça me fend le cœur... Je hais cette initiative de Warner Archive. Qu'ils fassent cela pour des films méconnus, voire des tout petits trucs réalisés par des oubliés, je trouve cela déjà un peu limite. Mais qu'en plus ils le fassent avec du Walsh, de surcroit avec Cagney et De Havilland... ça me fend le cœur. Mais bon, ce ne sont pas des humanistes, ils font du business, et comme le marché n'est pas franchement porteur et que tout le monde croit en cette bêtise de dématérialisation (avec des copies davantage compressées et totalement inférieures en qualité -mais je me suis déjà exprimé dessus il y a peu-), et bien on va se taire et accepter... :(

Je ne suis pas prêt de le voir celui-là, quel dommage !
Image
M le maudit
Stagiaire
Posts: 98
Joined: 18 Dec 08, 19:40

Re: Raoul Walsh (1887-1980)

Post by M le maudit »

Je viens de regarder Les fantastiques années 20 que j'ai adoré. J'ai aimé encore davantage que L'enfer est à lui et La grande évasion. Excellente réalisation, discrète et stylisée à la fois. Le côté "rise and fall" à l'américaine m'a beaucoup plu et j'ai trouvé la peinture d'époque plutôt réussie. James Cagney y est définitivement au sommet de sa forme. Bogart s'acquitte quant à lui de son second rôle sans trop se démarquer. Très jolie finale (sur le plan de la direction photo). Mon troisième film de Walsh et un troisième achat prochain. Un réalisateur à explorer encore davantage!
Julien Léonard
Duke forever
Posts: 11844
Joined: 29 Nov 03, 21:18
Location: Hollywood

Re: Raoul Walsh (1887-1980)

Post by Julien Léonard »

M le maudit wrote:Je viens de regarder Les fantastiques années 20 que j'ai adoré. J'ai aimé encore davantage que L'enfer est à lui et La grande évasion. Excellente réalisation, discrète et stylisée à la fois. Le côté "rise and fall" à l'américaine m'a beaucoup plu et j'ai trouvé la peinture d'époque plutôt réussie. James Cagney y est définitivement au sommet de sa forme. Bogart s'acquitte quant à lui de son second rôle sans trop se démarquer. Très jolie finale (sur le plan de la direction photo). Mon troisième film de Walsh et un troisième achat prochain. Un réalisateur à explorer encore davantage!
Ce réalisateur étant l'un de mes préférés (dans mon top 10 même), je ne peux qu'être ravi de te lire ! Les fantastiques années 20 est, lâchons le mot, un chef-d'oeuvre, terme absolument pas galvaudé par ce film là. Je remets mon avis posté il y a quelques temps sur un autre topic :


Les fantastiques années 20 (The roaring twenties) - Réalisé par Raoul Walsh / 1939 :

Image

Voir un film de Walsh, c'est très souvent l'assurance de passer un grand moment de cinéma, et d'en prendre plein les yeux et les oreilles. Une fois encore, le cinéaste signe un chef-d'oeuvre, sans aucun doute. Film charnière, bouclant la boucle, terminant définitivement l'époque classique des films de gangsters à Hollywood, Les fantastiques années 20 est une compilation absolument remarquable de tous les codes du genre, mais avec beaucoup plus d'humour, d'action, d'émotion, de style, bref, de bagout ! Walsh tire le portrait des années 20 avec fracas, offrant à James Cagney un rôle encore une fois renouvelé. Dynamique et indispensable à son écrin, Cagney peut faire pleurer, peut faire rire, peut faire peur, peut charmer, peut enthousiasmer, peut tout faire, et emmener le public avec lui où bon lui semble. La marque des très grands, assurément. Gladys George incarne, pour sa part, une femme assez complexe, sûrement le plus beau rôle féminin du film. S'ouvrant sur une scène d'attaque durant la première guerre mondiale, et où se rencontrent les trois personnages principaux, et terminant par la chute tragique et belle d'un Cagney au visage creusé par le temps et les désillusions, ce pur produit de l'âge d'or hollywoodien en met effectivement plein la vue : le montage est percutant (Qui d'autre que Walsh aurait pu faire cela avec ces techniques-là à cette époque précise ? Personne), l'action est intrépide, la photographie est éblouissante, les idées visuelles concernant le passage du temps sont lumineuses. L'ennui n'existe pas ici, jamais, et le spectateur ne s'attristera que de la fin d'un tel spectacle, se disant qu'après une telle claque, c'est dur de ne pas vouloir que tout cela dure un peu plus longtemps. Mais en fin de compte, la rapidité est aussi l'une des qualités les plus indiscutables du film. Humphrey Bogart, prêt à percer au grand jour l'année suivante, offre sa prestance et son charisme, même s'il lui est difficile de rivaliser avec James Cagney. Il aurait fallu que les deux stars se retrouvent plus tard, tous deux au sommet de leur gloire, pour une autre aventure, afin d'en juger et, à coup sûr, de s'en réjouir à 100%. La figure du gangster ne refera surface que vers la fin des années 40, mais pour des Films Noirs audacieux dans lesquels leur existence sera bafouée par une époque inadéquate : Robinson jouera un Johnny Rocco totalement hors de son temps dans l'excellent Key Largo de Huston, et Cagney incarnera un Cody Jarett transcendental s'offrant une sortie mémorable dans L'enfer est à lui, pur chef-d'oeuvre de Walsh (l'un des sommets de sa carrière, disons-le), peut-être le meilleur film de gangster (mais pas seulement) du cinéma hollywoodien. Ces deux films renouvelleront l'image des gangsters au cinéma, les présentant comme des personnages qui n'ont finalement plus tellement leur place dans les USA d'après-guerre. Fascinant et passionnant.
Image
Julien Léonard
Duke forever
Posts: 11844
Joined: 29 Nov 03, 21:18
Location: Hollywood

Re: Raoul Walsh (1887-1980)

Post by Julien Léonard »

Les implacables (The tall men) - Réalisé par Raoul Walsh / 1955 :

Image

Ce qu'il y a de formidable avec Raoul Walsh (je l'ai dit plusieurs fois et je ne cesserais de le dire), c'est que l'on est jamais déçu. Du moins si l'on prend sa filmographie à partir de 1939 (les années 30 antérieures ayant été difficiles pour lui, artistiquement parlant). Ces Implacables ne dérogent pas à la rêgle. Que dire, sinon que les paysages sont sublimes, que Walsh soigne son cadre et réserve une photographie à couper le souffle, que le rythme et le montage font merveille, que la plupart des acteurs sont excellents... Le magnifique titre original trouve une résonance particulière vers la fin du film, en forme d'apothéose morale, sans moralisme douteux. Clark Gable est très séduisant, toujours classe, même si je le préfère largement dans Le roi et quatre reines, car le rôle de dandy aventurier-arnaqueur lui va mieux que celui d'aventurier sans peur et sans reproche. Mais c'est une broutille, tant l'ensemble fonctionne génialement. Et puis, il y a Robert Ryan, en mode un peu mineur, mais toujours bon. Le scénario est épuré, proposant un fil conducteur simple et efficace. Les images, pleines de vie et de couleurs, feront le gros du travail. Un seul regret pour ma part : Jane Russell. Je suis désolé, mais elle m'a toujours hérissé le poil, je ne l'ai jamais trouvé convaincante, dans aucun de ses films. Ici, comme souvent, elle surjoue la femme fatale en colère, l'aventurière au bagout mi-vulgaire mi-provoquant... Sa prestation entache considérablement le film et dessert un rôle pourtant assez bien écrit. Et puis, physiquement, je l'ai toujours trouvé horrible également, du coup il est difficile de chercher de quoi se raccrocher. J'aurais adoré voir Eleanor Parker dans ce rôle, elle aurait transcendé les dialogues avec sa fougue et son charme volcaniques, et cela sans en rajouter dix tonnes et en restant crédible. Ici, Gable doit redoubler d'effort pour paraitre à sa place, car sa partenaire n'aide pas foncièrement le déroulement du film. Leur couple n'est d'ailleurs pas franchement crédible non plus, excepté sur deux ou trois scènes assez comiques. Que cela n'empêche en rien d'admirer le film qui, malgré ces erreurs de parcours, se savoure sans modération, surtout avec un scope aussi maitrisé, made in 20th Century Fox.
Image
User avatar
cinephage
C'est du harfang
Posts: 22352
Joined: 13 Oct 05, 17:50

Re: Notez les films naphtas - Juillet 2010

Post by cinephage »

The Strawberry Blonde, de Raoul Walsh (1941)

Il peut sembler inattendu qu'un réalisateur connu pour sa truculence, ses films d'action et ses récits militaires, soit aussi à l'aise dans ce délicat récit de vie. Car, avant d'être une histoire d'amour ou une comédie, The Strawberry Blonde est avant tout un récit vital, nous y suivons la jeunesse et l'évolution de Biff, attachant et sanguin héros incarné par James Cagney, ses échecs répétés, à force d'avoir les yeux plus gros que le ventre, ses aspirations contrariées, notamment amoureuses, et ses modestes succès. A force, il nous devient de plus en plus sympathique, ce Biff. Il faut dire qu'au bout d'un moment, le film épouse le point de vue de gens qui l'aiment : son père, son vieil ami Nick, sa femme Amy... Et, tandis que ce glissement de point de vue nous le rend progressivement aimable, nous en venons, comme lui, à relativiser ses anciennes ambitions, à réexaminer ses acquis. Et c'est peu dire que le film est convaincant lorsqu'il nous met à ses cotés, à la fin, dans la peau d'un homme heureux.

Bien que de structure fort différente, c'est à It's a wonderful Life, au final, que me fait penser cette blonde vénitienne.
Et, si James Cagney est ici impeccable, comme toujours, c'est surtout Olivia de Havilland qui porte le film, avec discrétion, mais aussi un indiscutable charme.

8,5/10

A noter que, si j'ai vu le film en warner archive, la copie est néanmoins absolument impeccable. De quoi espérer un jour un dvd avec des sous-titres ??
Obviously the world is not a wish-granting factory (The fault in our stars, Josh Boone, 2014)
Pour caler mes bennos
User avatar
Jeremy Fox
Shérif adjoint
Posts: 89992
Joined: 12 Apr 03, 22:22
Location: Contrebandier à Moonfleet

Re: Notez les films naphtas - Juillet 2010

Post by Jeremy Fox »

cinephage wrote:The Strawberry Blonde, de Raoul Walsh (1941)



A noter que, si j'ai vu le film en warner archive, la copie est néanmoins absolument impeccable. De quoi espérer un jour un dvd avec des sous-titres ??
Je l'espère de tout coeur car j'aimerais énormément découvrir ce film et encore plus après avoir lu vos avis. Il se peut que je l'ai déjà vu mais ça doit sacrément remonter. Le nouvel avatar de Julien Leonard serait donc tiré de ce film ?
User avatar
cinephage
C'est du harfang
Posts: 22352
Joined: 13 Oct 05, 17:50

Re: Notez les films naphtas - Juillet 2010

Post by cinephage »

Jeremy Fox wrote:
cinephage wrote:The Strawberry Blonde, de Raoul Walsh (1941)



A noter que, si j'ai vu le film en warner archive, la copie est néanmoins absolument impeccable. De quoi espérer un jour un dvd avec des sous-titres ??
Je l'espère de tout coeur car j'aimerais énormément découvrir ce film et encore plus après avoir lu vos avis. Il se peut que je l'ai déjà vu mais ça doit sacrément remonter. Le nouvel avatar de Julien Leonard serait donc tiré de ce film ?
Je l'avais pour ma part déja vu, mais je serais incapable de dire où et quand... Je l'avais aimé, et la révision fut des plus plaisantes. On est un peu dans la veine de The Bowery, mais avec plus d'ampleur et de maitrise.
Obviously the world is not a wish-granting factory (The fault in our stars, Josh Boone, 2014)
Pour caler mes bennos
User avatar
Jack Carter
Certains l'aiment (So)chaud
Posts: 22701
Joined: 31 Dec 04, 14:17
Location: Dans le cerveau de Dale Cooper

Re: Notez les films naphtas - Juillet 2010

Post by Jack Carter »

je me demande, au final, si ce n'est pas mon Walsh préféré :)

sinon, oui, l'avatar de Julien vient bien du film :wink:
User avatar
Jeremy Fox
Shérif adjoint
Posts: 89992
Joined: 12 Apr 03, 22:22
Location: Contrebandier à Moonfleet

Re: Notez les films naphtas - Juillet 2010

Post by Jeremy Fox »

Jack Carter wrote:je me demande, au final, si ce n'est pas mon Walsh préféré :)
Ah oui carrément :o Alors là, vous m'avez fait encore plus saliver.
User avatar
Jack Carter
Certains l'aiment (So)chaud
Posts: 22701
Joined: 31 Dec 04, 14:17
Location: Dans le cerveau de Dale Cooper

Re: Notez les films naphtas - Juillet 2010

Post by Jack Carter »

Jeremy Fox wrote:
Jack Carter wrote:je me demande, au final, si ce n'est pas mon Walsh préféré :)
Ah oui carrément :o Alors là, vous m'avez fait encore plus saliver.
Disons qu'il est dans mon top 3 avec Gentleman Jim et L'Enfer est à lui, ça se tient dans un mouchoir de poche :wink:
User avatar
Jeremy Fox
Shérif adjoint
Posts: 89992
Joined: 12 Apr 03, 22:22
Location: Contrebandier à Moonfleet

Re: Notez les films naphtas - Juillet 2010

Post by Jeremy Fox »

Jack Carter wrote: avec Gentleman Jim et L'Enfer est à lui
Il a de sacrés compagnons de chambrée en tout cas !
User avatar
Jack Carter
Certains l'aiment (So)chaud
Posts: 22701
Joined: 31 Dec 04, 14:17
Location: Dans le cerveau de Dale Cooper

Re: Notez les films naphtas - Juillet 2010

Post by Jack Carter »

Jeremy Fox wrote:
Jack Carter wrote: avec Gentleman Jim et L'Enfer est à lui
Il a de sacrés compagnons de chambrée en tout cas !
8)