Martin Scorsese : Les débuts (60's-70's)

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés avant 1980.

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Solaris
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Post by Solaris »

Johnny Doe wrote:
Mean Streets

Après une première vision décevante, la seconde se révèle nettement plus concluante. Si la fin n'a pas l'effet escompté sur moi, le reste me touche beaucoup par sa spontanéité, ses conversations et situations ultra-réalistes. La dernière engueulade entre Keitel et De Niro m'a foutu un sacré coup et, comme souvent chez Scorsese, un certains nombre de scènes ce vive de manière très très douloureuse pour le spectateur. Grosse réevaluation donc.

Des personnages désespérés et attachants, "une fureur de filmer", de l'éxpérimentation, et une fin tellement simple qu'elle en est émouvante. J'aime profondément ce film. Ah, ce jump-cut du début, la voix off, la musique des Ronettes... On n'en fait plus des films comme ça :cry:
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Philip Marlowe
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Post by Philip Marlowe »

Solaris wrote:
Johnny Doe wrote:
Mean Streets

Après une première vision décevante, la seconde se révèle nettement plus concluante. Si la fin n'a pas l'effet escompté sur moi, le reste me touche beaucoup par sa spontanéité, ses conversations et situations ultra-réalistes. La dernière engueulade entre Keitel et De Niro m'a foutu un sacré coup et, comme souvent chez Scorsese, un certains nombre de scènes ce vive de manière très très douloureuse pour le spectateur. Grosse réevaluation donc.

Des personnages désespérés et attachants, "une fureur de filmer", de l'éxpérimentation, et une fin tellement simple qu'elle en est émouvante. J'aime profondément ce film. Ah, ce jump-cut du début, la voix off, la musique des Ronettes... On n'en fait plus des films comme ça :cry:
Pareil.
Je trouve l'exposition plutot ratée mais à partir de la scène de chambre entre Keitel et la soeur de De Niro g été scotché du début à la fin et je me suis pris une vraie claque
J'ai peur de le revoir car je ne sais pas si cette brutalité persiste à la 2nde vision.
Jake Scully
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Post by Jake Scully »

Philip Marlowe wrote:
Solaris wrote:
Pareil.
Je trouve l'exposition plutot ratée mais à partir de la scène de chambre entre Keitel et la soeur de De Niro g été scotché du début à la fin et je me suis pris une vraie claque
J'ai peur de le revoir car je ne sais pas si cette brutalité persiste à la 2nde vision.


Des personnages désespérés et attachants, "une fureur de filmer", de l'éxpérimentation, et une fin tellement simple qu'elle en est émouvante. J'aime profondément ce film. Ah, ce jump-cut du début, la voix off, la musique des Ronettes... On n'en fait plus des films comme ça :cry:
Très bon film, je l'ai regardé plusieurs fois d'affilée après la première vision. La scène culte pour moi : De Niro arrivant avec les files au bar, au ralenti sur "Jumpin' Jack Flash" des Stones. :P Un grand moment.
takezo
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NOTONS LES FILMS (Septembre 2004)

Post by takezo »

Hop c'est reparti...

Who's that Knocking at my door ? - Martin Scorcese

Une curiosité. le film ne se tient pas tout seul, mais fonctionne par séquences. On a parfois l'impression de voir une succession de courts-metrages. Le découpage est chaotique, et le tout manque d'une réelle structure narrative, mais on trouve pleins de bonnes choses dans ce capharnaüm : Keitel d'abord, parfait, qui crève déjà l'écran, ensuite la partie qui concerne l'amour de ce galérien et de cette fille douce est très réussie (Cassavetes n'est pas loin), et puis on retrouve une bonne partie des thèmes qui vont nourrir tous ses films suivants : le poids de la tradition et de la religion dans la vie quotidienne, le rôle crucial des amis et du clan, la violence aussi déjà, mais stylisé dans ce film alors qu'elle apparaîtra brut et sans détour dans la plupart de son oeuvre à venir. C'est d'ailleurs sympa de voir Scorcese expérimenter diverses techniques de prise de vue, joué sur les ralentis, les arrêts sur image, élaborer plusieurs types de montage complexes dans le même métrage, bref de voir un futur grand cinéaste tâtonner et se chercher.[/b]
Ambroise

Re: NOTONS LES FILMS (Septembre 2004)

Post by Ambroise »

takezo wrote:Hop c'est reparti...

Who's that Knocking at my door ? - Martin Scorcese

Une curiosité. le film ne se tient pas tout seul, mais fonctionne par séquences. On a parfois l'impression de voir une succession de courts-metrages. Le découpage est chaotique, et le tout manque d'une réelle structure narrative, mais on trouve pleins de bonnes choses dans ce capharnaüm : Keitel d'abord, parfait, qui crève déjà l'écran, ensuite la partie qui concerne l'amour de ce galérien et de cette fille douce est très réussie (Cassavetes n'est pas loin), et puis on retrouve une bonne partie des thèmes qui vont nourrir tous ses films suivants : le poids de la tradition et de la religion dans la vie quotidienne, le rôle crucial des amis et du clan, la violence aussi déjà, mais stylisé dans ce film alors qu'elle apparaîtra brut et sans détour dans la plupart de son oeuvre à venir. C'est d'ailleurs sympa de voir Scorcese expérimenter diverses techniques de prise de vue, joué sur les ralentis, les arrêts sur image, élaborer plusieurs types de montage complexes dans le même métrage, bref de voir un futur grand cinéaste tâtonner et se chercher.[/b]
je me souviens de plan-séquences déja impresionnants dans ce film (naphtaliné).

Et puis déja une B.o d'enfer.
il y a notamment une scène d'amour sur fond de The End des Doors assez hallucinée et hallucinante.
takezo
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Re: NOTONS LES FILMS (Septembre 2004)

Post by takezo »

phylute wrote: Maîtrise incroyable et grand chant d'amour pour le cinéma... j'adore !
"Chant d'amour", je veux bien, surtout la partie ou Keitel se rememore ses aventures sexuelles passées (superbe) mais "matrise incroyable", tu pousses un peu je trouve. Le film est très bordelique dans son deroulement, et ne tient pas trop la route sur 1H45, même si certaines sequences sont fabuleuses.
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Re: NOTONS LES FILMS (Septembre 2004)

Post by phylute »

takezo wrote: "Chant d'amour", je veux bien, surtout la partie ou Keitel se rememore ses aventures sexuelles passées (superbe) mais "matrise incroyable", tu pousses un peu je trouve. Le film est très bordelique dans son deroulement, et ne tient pas trop la route sur 1H45, même si certaines sequences sont fabuleuses.
Scorsese brasse tellement d'éléments disparates (nouvelle vague, cinéma expérimental, intimisme à la Cassavettes) ! Mais je trouve qu'il donne une cohérence à son film malgré ce trop plein. Franchement j'ai passé 1h45 de plaisir total et je trouve le film à la fois frais et stimulant. Et pour un premier film, j'ai rarement vu quelquechose d'aussi abouti.
Les films sont à notre civilisation ce que les rêves sont à nos vies individuelles : ils en expriment le mystère et aident à définir la nature de ce que nous sommes et de ce que nous devenons. (Frank Pierson)
Ambroise

Re: NOTONS LES FILMS (Septembre 2004)

Post by Ambroise »

phylute wrote: Et pour un premier film, j'ai rarement vu quelquechose d'aussi abouti.
Complètement d'accord avec Takezo.
si les scènes avec la fille sont enthousiasmantes, les scènes avec les potes ne racontent vraiment rien.
meme s'il y a quelque fulgurances qui annoncent un futur grand, ça reste un film d'étudiant assez bordélique.
c'est pas Citizen Kane ou La nuit du chasseur non plus... (deux premiers films :lol: )
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Spongebob
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Post by Spongebob »

Alice Doesn't Live Here Anymore de Martin Scorsese (1974)

Un film touchant et plutôt marginal dans la filmographie de Scorsese.
Nous y suivons une femme au foyer (fabuleuse Ellen Burstyn) dont le mari vient de décéder et qui se retrouve donc obligée de partir sur les routes avec son fils à la recherche d'un travail et d'un rêve lointain : redevenir chanteuse en Californie, là où elle a passé toute son enfance. Mais elle a aussi un autre rêve, certainement plus essentiel, celui de reconstruire une vie familiale stable. Le résultat est une sorte de road-movie passionnant et attachant (les enjeux sont tout de même énormes) qui met en scène des acteurs trés talenteux (notemment Keitel, Kristofferson et la toute jeune mais déjà trés bonne Jodie Foster). Même si elle explose à certains moments la violence est pour une fois un peu mise de côté car l'essentiel du film tourne autour d'une femme, une mère qui fait de son mieux pour élever son insupportable, mais trés drôle, guamin et qui cherche à lui offrir la meilleure vie possible. C'est un peu "combat de femme" en mieux.

La mise en scène est comme toujours chez Scorsese fabuleuse à l'image dans cette ouverture en forme d'hommage à l'âge d'or hollywoodien (le générique à l'ancienne et Burstyn enfant filmée dans une sorte de 1.37 Technicolor presque parodique). Je suis heureux de découvrir un peu de la face cachée du cinéma de Scorsese, celle encore capable de nous émouvoir, de nous attendir en toute simplicité.

Même si la copie n'était pas parfaite : merci TCM.
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Profondo Rosso
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Post by Profondo Rosso »

Alice n'est plus ici de Martin Scorcese
Un beau portrait d'émancipation, simple et touchant porté par une formidable prestation de Ellen Burstyn. ça aurait pu donner un drame austère et plombant et en on a une vraie leçon de vie réaliste et drole magnifiquement filmé par Scorcese et à la photo splendide. Une relation mère/fils drole et tendre qui coule de source tout comme Kris Kristoferson excellent en fermier amoureux dans un de ses premiers rôle. De belle idées (comme le début évoquant le Magicien d'Oz) des seconds rôle parfait (la serveuse qui jure comme un charettier) et un belle bande son 70's (T-Rex, Mott the Hoople que du bon) acheve d'en faire une belle perle assez atypique dans l'oeuvre de Scorsese. 6/6
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Jack Griffin
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Post by Jack Griffin »

scorSese
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Profondo Rosso
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Post by Profondo Rosso »

je fait toujours la faute :oops: (je suis pas le seul) edit :)
2501
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Post by 2501 »

Boxcar Bertha : 8/10

Quelle surprise ! :shock: :D
Le dernier Scorsese qu'il me restait à découvrir. Je pensais qu'il s'agissait d'une oeuvre mineure, commande de Roger Corman pour profiter du succès de Bonnie & Clyde. S'il y a bien sûr des similitudes entre les deux films, on reconnaît vraiment le style de Scorsese. La mise en scène et le montage sont déjà extrêmemnt brillants et inventifs (fondus enchaînés, étranges travellings dans la sanglante scène finale, rythme trépidant, très bonne utilisation d'une musique d'époque). La reconstitution est impeccable pour un si petit budget et pour une fois un personnage féminin fort dans un film de Scorsese, magnifique Barbara Hershey. Mais il n'est pas moins intéressé par le personnage de syndicaliste joué par David "Bill" Carradine, avec fin explicitement christique à la clé. La totale. Un vrai plaisir.
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MJ
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Re: Le Scorsese des débuts : 60's-70's

Post by MJ »

Revu New York New York hier soir à la tv. Il est un peu zarb' ce film...
J'ai eu le sentiment d'assister à une œuvre schizophrène (ça nous changera des grands films malades) où la greffe entre hommage à un genre adulé et précis sur la destruction d'un couple, de leur art, ne prenait malheureusement pas vraiment. Minnelli revu par Cassavetes selon Wilson, c'est je trouve très bien dit. Aussi eu la désagréable impression que la direction artistique (hors paire) prenait souvent le pas sur la mise en scène. Cela est peut-être dû aux difficultés de tournage. On voit dans tous les cas bien ce qu'il y a d'ardu a à expérimenter une nouvelle forme artistique dans une structure passée (le studio semble parfois "ankyloser" Scorsese). Les changements qu'il vivait personnellement durant ce tournant de sa carrière donnent aussi au film, sous des allures apaisées, un caractère acide auquel j'avais parfois de la peine à adhérer. Les plus belles scènes sont finalement celles qu'il devait rêver de réaliser étant enfant: It Ends Happily, New York New York, la danse sur le quai de gare... Liza Minnelli à chaque fois.

J'en viens à penser que Scorsese, l'un des cinéastes que j'admire le plus et que je pense le mieux comprendre, n'est finalement pas à, proprement parler, un maniériste.
"Personne ici ne prend MJ ou GTO par exemple pour des spectateurs de blockbusters moyennement cultivés." Strum
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Watkinssien
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Re: Martin Scorsese : Les débuts (60's-70's)

Post by Watkinssien »

C'est bien ce mélange de styles, cette imbrication de Scorsese (cinéaste de la rue, à cette époque) dans des décors de studio parfois complètement irréalistes, qui font le charme, voire même la puissante singularité de ce film.

La mise en scène est beaucoup plus virtuose qu'on pourrait le penser à mon sens. Chaque plan témoigne d'une recherche dans le découpage technique et dans la narration.

Et même si le tournage a été difficile, il n'en reste pas moins que le film réussit de bout en bout à mêler densité psychologique (les affrontements conjugaux des deux personnages principaux) et idéalisation d'un genre révolu (la comédie musicale).

De plus, New York, New York bénéficie d'une utilisation vraiment scorsésienne de la musique et de son rapport à l'image.
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Mother, I miss you :(