Ernst Lubitsch (1892-1947)

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés avant 1980.

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Strum
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Re: Ernst Lubitsch (1892-1947)

Post by Strum »

C'est normal. La règle veut que le premier mot qui suit l'article d'un titre prenne une majuscule. Ici, Folle, même si je ne l'ai pas écrit ainsi plus haut. Nonobstant, le substantif reste ici le mot ingénu.
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Watkinssien
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Re: Ernst Lubitsch (1892-1947)

Post by Watkinssien »

scottspeed wrote:Oui je suis d'accord avec vous, ce serait plus logique que ce soit une ingénue qu'une folle, mais on trouve les deux typographies (plus que pour d'autres titres). Et j'ai eu un doute car sur wikipedia, où généralement les auteurs font attention et connaissent cette règle typographique, ingénue est uniquement en majuscule pour le titre de la page, mais ensuite dans la page et celles de Lubitsch, Charles Boyer ou Jennifer Jones, c'est toujours La Folle ingénue ; donc dans ce cas une folle (idiote) qualifiée d'ingénue --- ce qui est bizarre --- plutôt une ingénue qui est folle (extravagante) --- ce qui serait déjà plus logique.
Idem dans le livre Dictionnaire du cinéma américain édité par Encyclopaedia Universalis dont des extraits sont disponibles en ligne, c'est La Folle ingénue, avec pourtant les autres titres de films sans aucune erreur.
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scottspeed
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Re: Ernst Lubitsch (1892-1947)

Post by scottspeed »

Strum wrote:C'est normal. La règle veut que le premier mot qui suit l'article d'un titre prenne une majuscule. Ici, Folle, même si je ne l'ai pas écrit ainsi plus haut. Nonobstant, le substantif reste ici le mot ingénu.
Si le substantif est ingénue, la règle veut qu'on mette une majuscule. C'est justement le truc, sinon il n'y a pas de question à se poser. Lorsque le premier article est défini, on met des majuscule jusqu'au substantif, ainsi qu'à l'éventuel adjectif le précédant.
scottspeed
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Re: Ernst Lubitsch (1892-1947)

Post by scottspeed »

Strum
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Re: Ernst Lubitsch (1892-1947)

Post by Strum »

Sauf que tout le monde n'est pas aussi à cheval sur cette autre règle que toi car n'est pas toujours respectée en pratique - Le Dictionnaire du cinéma américain aura mal écrit le titre voilà tout. :) Je pense qu'il ne faut pas chercher midi à 14h ici. Le titre n'a pas de sens avec Folle comme substantif.
Last edited by Strum on 3 Aug 17, 18:23, edited 1 time in total.
scottspeed
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Re: Ernst Lubitsch (1892-1947)

Post by scottspeed »

Watkinssien wrote:
scottspeed wrote:Oui je suis d'accord avec vous, ce serait plus logique que ce soit une ingénue qu'une folle, mais on trouve les deux typographies (plus que pour d'autres titres). Et j'ai eu un doute car sur wikipedia, où généralement les auteurs font attention et connaissent cette règle typographique, ingénue est uniquement en majuscule pour le titre de la page, mais ensuite dans la page et celles de Lubitsch, Charles Boyer ou Jennifer Jones, c'est toujours La Folle ingénue ; donc dans ce cas une folle (idiote) qualifiée d'ingénue --- ce qui est bizarre --- plutôt une ingénue qui est folle (extravagante) --- ce qui serait déjà plus logique.
Idem dans le livre Dictionnaire du cinéma américain édité par Encyclopaedia Universalis dont des extraits sont disponibles en ligne, c'est La Folle ingénue, avec pourtant les autres titres de films sans aucune erreur.
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:lol:
C'est vrai, en relisant une heure après j'ai même du mal à me suivre
scottspeed
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Re: Ernst Lubitsch (1892-1947)

Post by scottspeed »

Strum wrote:Sauf que tout le monde n'est pas aussi à cheval sur cette règle que toi - Le Dictionnaire du cinéma américain l'aura mal écrit. :) Je pense qu'il ne faut pas chercher midi à 14h ici. Le titre n'a pas de sens avec Folle comme substantif.
La question n'était pas nécessairement d'être à cheval ou pas sur la règle. Quand tu la connais, tu te rends certes compte que tout le monde ne la suit pas, ce qui n'est pas un problème en soit, par contre sur certaines sources elles sont suivies (très peu d'erreurs sur wikipedia en tout cas sur les pages non confidentielles, et certains livres respectent la règle à la lettre). Sur une liste alphabétique (voir ci-dessous) cette orthographe m'a interpelée, et donc je me suis dit que dans ce cas le sens même du titre changeait. En regardant des sources où la règle est respectée, La Folle ingénue reste la typographie dominante, alors que le sens tel qu'on le comprend voudrait La Folle Ingénue.

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Re: Ernst Lubitsch (1892-1947)

Post by Strum »

scottspeed wrote:La question n'était pas nécessairement d'être à cheval ou pas sur la règle. Quand tu la connais, tu te rends certes compte que tout le monde ne la suit pas, ce qui n'est pas un problème en soit, par contre sur certaines sources elles sont suivies (très peu d'erreurs sur wikipedia en tout cas sur les pages non confidentielles, et certains livres respectent la règle à la lettre). Sur une liste alphabétique (voir ci-dessous) cette orthographe m'a interpelée, et donc je me suis dit que dans ce cas le sens même du titre changeait. En regardant des sources où la règle est respectée, La Folle ingénue reste la typographie dominante, alors que le sens tel qu'on le comprend voudrait La Folle Ingénue.

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Et bien cette typographie dominante est une erreur.
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Alexandre Angel
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Re: Ernst Lubitsch (1892-1947)

Post by Alexandre Angel »

Mettons-nous d'accord : si la règle rappelée plus haut est respectée, il faut écrire La Folle Ingénue, ce que j'aurais fait d'instinct, finalement, sans être sûr d'avoir raison.
Mais il n'y a pas de doute qu'"ingénue" est, dans ce cas, le substantif. Dans ce cas, La Folle ingénue est une erreur.
Allez, au r'oir :D !
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Re: Ernst Lubitsch (1892-1947)

Post by Strum »

Alexandre Angel wrote:Mettons-nous d'accord : si la règle rappelée plus haut est respectée, il faut écrire La Folle Ingénue, ce que j'aurais fait d'instinct, finalement, sans être sûr d'avoir raison.
Mais il n'y a pas de doute qu'"ingénue" est, dans ce cas, le substantif. Dans ce cas, La Folle ingénue est une erreur.
Allez, au r'oir :D !
A dire avec la voix et les mimiques de Charles Boyer dans Cluny Brown.
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Re: Ernst Lubitsch (1892-1947)

Post by The Eye Of Doom »

J'attaque le coffret Criterion Lubitsch's Musicals ramené des US recement.
J'ai longtemps lorgné ce coffret car 3 Lubitch à decouvrir, comment résister.

Donc Love Parade 1929.
Honnêtement, apres le "plaisir" de retrouver "l'acteur" Maurice Chevallier, ce film n'ajoute rien à la gloire de Lubitsch.
C'est invraisemblable, leger, chantant,... mais aussi statique, artificiel,... et ne laisse pas grand chose comme souvenir.
Le seul interet in fine est le couple formé par Maurice Chevalier et Jeanette MacDonald, qui fonctionne bien.
Cette derniere d'ailleurs, que je ne connaissais pas, a un charme certain, bien mis en valeur par Lubitsch ce qui donne un erotisme simple et troublant. Elle ne ressemble pas aux "canons' de la beauté cinematographique de l'epoque mais evoque plus ces personnages feminin pre-code plus nature. Dans une certaine mesure tout de meme car dans le film, c'est la reine donc elle est dans ses meilleurs atours. Un passage sur Wikipedia m'apprend que c'etait avant tout une chanteuse de Broadway et que c'est Lubitsch qui lui proposa de faire son premier film.
Chevalier fait du Chevalier, au dela du cabot, ca passe ou ca casse selon les cas.
Il faut probablement voir ce film uniquement comme document historique, le premier parlant du maitre, coincé entre les chefs d’œuvres de la fin du muet, comedies comme L'eventail ou Le prince etudiant (pas de DVD il me semble?) ou melo comme Eternal Love, et les chefs d’œuvres à venir, L'homme qui m'a tué, Haute pegre, et surtout Serenade à trois qui suivront immédiatement cette parenthèse musicale
La vision recente de Chantons sous la pluie m'a permis de resituer le film : c'est un musical, genre incontournable de ce debut du parlant, les contraintes de prises de son imposent des scenes statiques, donc tout s'explique.
Lubitsch, qui n'a plus rien a démontré, s'essaye au genre, de circonstance, car finalement, le registre lui convient bien. Il y met son art au service d'une intrique de deux lignes, s'appuie sur ses acteurs et trousse des scenes de comedie musicale plutot bien menées vu les contraintes (avoir deux vrais chanteurs ca aide!)
Il faudrait un spécialiste pour dire si le style Lubitsch a apporté quelque chose au genre, ou a eu une influence, avec cet opus et les suivants.
Dans l'etat et vu d'aujourd'hui, ce film qui a eu un grand succes (?!) est quand meme plutot à reserver aux inconditionnels .

A suivre avec Monte Carlo.
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Re: Ernst Lubitsch (1892-1947)

Post by The Eye Of Doom »

Suite du cycle Lubitsch's Musicals avec
Monte Carlo (1931)
Pour faire rapide, plus pêchu et agréable que le précédent.
On voit se mettre en place la grammaire de la Lubitsch's touch.
Les scènes sont plus dynamiques et enlevées. L'introduction du film sur le mariage est à ce titre exemplaire.
Spoiler (cliquez pour afficher)
Le cérémonial se met en place mais la météo vient en montrer le ridicule. L'absence de la mariée est finement orchestrée ( on ne voit que ses pieds qui courrent pour prendre le train.). La charade des contrôleurs de wagon lits est à double détente.
L'intrigue demeure insignifiante mais on s'en fout évidement. Elle n'est que prétexte a un jeu de séduction oú Lubitsch excelle bien sûr. Il déploie de façon plus libre ( en raison des progrès techniques probablement) son approche de l'espace.
Le commentaire de la jaquette Criterion souligne à juste titre que l'absence de Maurice Chevalier permet à Jeanette McDonald d'être au premier plan. C'est peu dire qu'elle rayonne: charmeuse, sensuelle, particulièrement sexy dans ses "négligés" et ses robes art-déco. C'est un festival d'apparitions mutines démontrant pour ceux qui l'aurait oublier qu'une chute de cheveux sur des épaules dénudées vaut tous les étalages de chairs siliconées.
Il y a aussi un ou deux passages où l'attention du spectateur est mise à rude épreuve par la danse de mamelons en liberté sous un léger tissu de soie. :oops:
On est surpris par les allusions sexuelles complètement transparentes: bien sûr il y a l'incontournable plan sur le lit mais le clou est la séance de shampoing et massage : ca mousse sévère au dessus de l'évier puis Jeannette atteint l'orgasme sous les doigts de fée de son coiffeur.
Le désir physique est vraiment au cœur du film, comme rarement dans l'œuvre de Lubitsch pourtant spécialiste du sujet. On lutte comme on peu (l'épisode des clés) mais rien n'y fait.
On chante deci delà mais j'ai rien compris aux couplets la plupart du temps(vo sans STF), dommage.
En conclusion, c'est tres léger et tres recommandable.
The Eye Of Doom
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Re: Ernst Lubitsch (1892-1947)

Post by The Eye Of Doom »

The smilling lieutenant (1931)

Lors de la parade d'accueil pour une délégation étrangère, un lieutenant au garde à vous fait des oeuillades et sourires à sa petite amie de l'autre côté de la rue. La princesse étrangère le prend pour elle et s'offusque de ce manque de respect. Le lieutenant est convoqué pour être châtié. En fait il sera contraint d'épouser la princesse...

D'un intérêt secondaire, mais il faut passer le début assez laborieux car le meilleur est dans le seconde moitié. Il faut dire aussi que le cabotinage de Chevalier n'aide pas à s'intéresser à cette histoire bien creuse.
Moins chanté que les opus précédents, le film laisse plus de place au montage et à la mise en scène. Lubitsch aiguise les armes qu'ils déploiera ultérieurement au service d'intrigues et personnages plus consistant ( et personnels).
Encore plus que dans les films précédents, le lit est le centre du film. La meilleure scène du film est la préparation protocolaire de la chambre nuptiale , la représentante de la mariee puis celui du marié vont s'assurer de la conformité du lieu.
Spoiler (cliquez pour afficher)
L'enjeu étant la position des deux oreillers
Du lubitsch pur.
On a aussi une belle scène de confrontation entre Myriam Hopkins qui joue la princesse et Claudette Colbert , la petite amie. Après claques, pleurs et réconciliation, les belles se mettent au piano pour un "Jazz Up your lingerie!", prélude à la transformation de l'oie blanche et blonde en créature érotique.

Il y a aussi dans ce film comme une suite involontaire (?) au Prince Etudiant. On se souvient du plan final magnifique sur le visage du prince, dans le carrosse nuptiale. Le désespoir de l'homme contraint au mariage qui voit sa vie se refermer a jamais. Le génie de Lubitsch avait consisté à laisser la mariée hors champs, non incarnée.
Ici c'est ce même défilé nuptiale qui nous ai raconté par Claudette Colbert, qui dit avoir vu le visage si triste de Chevalier durant la cérémonie. On a le récit de l'aprés, sous un mode plutôt léger bien sûr.
Il paraît que les deux actrices, forcément en rivalité, auraient harceler Lubitsch pour qu'il les filme sous leur meilleurs profils. Lubitsch aurait plus volontiers accepter pour Hopkins que pour Colbert ce qui aurait accentuer les tensions.

À noter une très belle copie.

Tout de même, quand on pense aux décennies de pudibonderie stupide qui suivront, on est toujours stupéfait par la liberté avec laquelle l'acte sexuel constitue de façon explicite l'unique sujet des films de Lubitsch de l'epoque.

En ces temps de questionnement sur les stéréotypes Sur le positionnement homme/femme, le cas Lubitsch sur cette série de film precode est intéressant. Bien sûr, l'axe social est absent mais il dépeint des femmes libres, autonomes, maîtresses de leur actions et décision. On se demande juste pourquoi elles s'entichent de ce grand couillon de Chevalier. Ce dernier a la personnalité et la profondeur d'un ado atardé... et n'est en faitque le jouet des femmes avec lesquelles il couche. J'ai failli écrire qu'il croit posséder mais en fait il n'y a pas d'attitude de possession juste celui d'une jouissance partagée. D'ailleurs Chevalier s'il insiste, n'est jamais dans un rapport de contrainte mais dans celui de la séduction.


Probablement par une réaction bien naturelle, suite à cette série de marivaudages erotiques, charmante mais superficielle, Lubitsch va revenir une ultime fois au style dramatique avec "L'homme que j'ai tué".
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Re: Ernst Lubitsch (1892-1947)

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Re: Ernst Lubitsch (1892-1947)

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Et maintenant les BR :

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