Voyage au bout de l'enfer (Michael Cimino - 1978)

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés avant 1980.

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angel with dirty face
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Re: Voyage au bout de l'enfer (Michael Cimino)

Post by angel with dirty face »

Boubakar wrote:Wikipédia dit le contraire ;
Alors compagne de John Cazale, elle accepta un rôle secondaire dans le film de Michael Cimino pour être aux côtés de l'acteur, malade d'un cancer des os
Wikipédia, c'est souvent un ramassis de n'importe quoi... Avant The Deer Hunter, c'est vrai que Meryl Streep accumulait les premiers rôles... Faut toujours vérifier la filmo d'une actrice avant d'écrire de telles inepties.

Sinon concernant le film, je l'ai revu au mois de Janvier 2008: Je le trouve toujours aussi bouleversant. C'est un des mes films préférés des années 70. Robert De Niro et Christopher Walken sont sublimes. Et comme l'a noté Boubakar, c'est le dernier rôle de John Cazale après avoir joué dans quatre grands films!
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Watkinssien
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Re: Voyage au bout de l'enfer (Michael Cimino)

Post by Watkinssien »

Colqhoun wrote:De Niro a tué Bambi.

Ce film m'a toujours ennuyé.
Revois-le, bon sang !
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Colqhoun
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Re: Voyage au bout de l'enfer (Michael Cimino)

Post by Colqhoun »

Watkinssien wrote:Revois-le, bon sang !
Déjà vu en tout cas 3 fois.
Je lui reconnais des qualités techniques indéniables, de très bons jeux d'acteurs, mais le film me laisse totalement indifférent.
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Watkinssien
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Re: Voyage au bout de l'enfer (Michael Cimino)

Post by Watkinssien »

Colqhoun wrote:
Watkinssien wrote:Revois-le, bon sang !
Déjà vu en tout cas 3 fois.
Je lui reconnais des qualités techniques indéniables, de très bons jeux d'acteurs, mais le film me laisse totalement indifférent.
Non je veux pas !

Mao !

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Re: Voyage au bout de l'enfer (Michael Cimino)

Post by someone1600 »

Je l'ai vu en HD il y a pas longtemps et j'ai adoré. Un 8.5 / 10 pour ma part, le film est bouleversant. Quant aux acteurs, quand on a affaire a un tel casting, on s'attend a quelque chose et personnelement je n'ai pas été décu. :wink:
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Truffaut Chocolat
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Re: Voyage au bout de l'enfer (Michael Cimino)

Post by Truffaut Chocolat »

Pareil que Colqhoun. C’est triste à dire parce que tu sens que c’est un grand film mais ça passe pas.
Pourtant y’a tout pour me plaire avec cette bande de potes déchirée par la guerre, qui essaie de se reconstruire tant bien que mal… Un sujet universel mais, je trouve, cannibalisé par toutes les considérations liées à la crise de conscience américaine. J’ai par exemple beaucoup de mal avec le final même si je pense comprendre son sens.
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Re: Voyage au bout de l'enfer (Michael Cimino)

Post by tijay »

Idem, pourtant j'adore De Niro et surtout Walken, mais y'a quelque chose que je n'arrive pas à accrocher ...
Pourtant tout est là, l'ambiance, la performance d'acteur, le scénar ...

Je le reverrais sans déplaisir mais toujours avec une certaine contenance ... Peut etre me met il mal à l'aise (pourtant il m'en faut plus que cela ...) ...

Reste la séquence de la roulette russe :shock:
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makaveli
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Re: Voyage au bout de l'enfer (Michael Cimino, 1978)

Post by makaveli »

un chef d'oeuvre tout simplement 8) le scene de la roulette russe :shock:
concernant les films de guerre c'est mon prefere devant apocalypse now ,full metal jacket et platoon
Alligator
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Re: Voyage au bout de l'enfer - The Deer hunter

Post by Alligator »

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Voilà un film qui renvoie à la nuit de mes temps cinéphiliques. Je l'ai vu pour la première fois quand j'estois marmot, de 10 à 12 printemps. Je m'en souviens bien. Mon père venait d'acheter un magnétoscope VHS et n'avait que deux cassettes, "Class 84" et celui-là. Grand écart qui laisse songeur. Je me les passais en boucle, aussi effrayé et fasciné par l'un que par l'autre, mais bien entendu pas pour les mêmes raisons.

C'est aussi je crois le premier film que j'ai vu avec tous ces comédiens. Robert De Niro, Meryl Streep et Christopher Walken (dans une moindre mesure John Savage) entraient dans ma cinéphilie pour y rester durablement ancrés.

Même si la photographie de Vilmos Zsigmond est parfois magnifique grâce à de nombreux plans de contemplation dans les majestueuses montagnes (les Cascades de l'État de Washington), froides et bleues, mais également à la superbe recherche d'harmonies entre les bleus, les rouges et les noirs de la nuit industrielle et urbaine, ce film est avant tout une œuvre de comédiens.

De nombreuses scènes sont bâties par un gros travail d'acteurs, une incroyable maitrise dans les silences et les regards. C'est peut-être Meryl Streep qui m'a le plus ébloui avec ce jeu tout en retenue, d'une telle vérité, si simple, vraiment un boulot d'orfèvre. Christopher Walken impressionne également, pas uniquement grâce à son physique hors norme. Il n'est pas juste ses yeux globuleux et sa face anguleuse, il est vraiment doué. De Niro a un rôle peut-être un peu moins exigeant que ces deux-là, incarnant la mâle assurance, une sorte de héros, sage et intègre, dont le courage et la force servent de tuteurs à tout le groupe. Savage use de son corps et sa pâleur, blonde et fragile pour jouer le petit papier qui se déchire.

De déchirements, de destructions, il n'est question que de celà dans ce film, parfaite illustration du gâchis de la guerre. Peu importe la victoire ou la défaite finale. Tous les hommes reviennent de la guerre meurtris dans leur chair ou dans leur âme, mâchés, écrasés, inaptes à vivre comme avant.

La séparation entre les deux périodes, d'avant et d'après guerre, est très nette. Pas de césure. Avec ces scènes où l'amitié virile, communautaire s'étale dans l'exubérance d'une partie de chasse, au pub, dans la grâce ou la liesse populaire d'un mariage (a-t-on jamais vu aussi véritable fête de mariage?), la bande de copains exprime toute l'innocence et l'inconscience d'une Amérique en paix, livrée à ses tracas familiaux, ses embarras privés, aux aléas d'un simple quotidien.

Soudain, le vert de la jungle et le marron de la boue éclaboussent les personnages, les ensevelissent, les transforment en animaux. L'outrance émotionnelle que la guerre excite, oblige les hommes à trouver dans la folie ou la sauvagerie des espaces de survie, mais à quel prix? Ils s'amputent, se mutilent et ne reviennent jamais tout à fait. Au sourire et à la parole facile se substituent le mutisme et l'évitement, quand ce n'est pas la mémoire qui s'échappe.

Cette deuxième partie du film est tout aussi astucieusement mise en scène que la première. Je ne suis pas particulièrement un inconditionnel de Michael Cimino, mais difficile de lui retirer la paternité de ce petit miracle, dans la construction et la mise en forme d'une histoire assez périlleuse à raconter.

Je suis juste un peu perplexe par rapport à la toute dernière scène, quand on retrouve les survivants du groupe attablé qui chantent un hymne patriotique. Je ne comprend pas que de tels personnages ne soient pas portés par les évènements traumatisants qu'ils ont subi à une remise en question de leur nationalisme. Le dernier plan sur la bannière "Serving god and country proudly" est peut-être ironique, mais rien n'est moins certain. A la gravité des souffrances endurées, il est encore plus triste que les personnages n'expriment aucune espèce de début de révolte. Sont-ils finalement moins inconscients, moins inertes? Pas sûr. Le film se termine sur cette note d'amertume, d'autant plus que les intentions du scénaristes et du réalisateur paraissent un peu floues.

Je vais paraitre tatillon, mais pour un film de cette importance, je pense ne pas trop exagérer en disant que je suis un peu déçu par le blu-ray sur quelques séquences très granuleuses, notamment quand la caméra filme des endroits un peu sombres dans la jungle ou bien quand de la fumée vient à obscurcir le plan. Cela dit, dans l'ensemble, l'apport du blu-ray reste indéniable sur de nombreuses scènes, bien plus nettes, évidemment, que sur les anciennes éditions dvd ou a fortiori vhs.
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Re: Voyage au bout de l'enfer (Michael Cimino - 1978)

Post by Nestor Almendros »

Petite parenthèse pour signaler que le film sera projeté mercredi à 20h au Centre des arts d'Enghien, à 15mn de Paris (par la ligne H). La projection cloturera le cycle Ciné 70's entamé en début de saison.

C'est de nouveau Jean-Baptiste Thoret qui viendra présenter le film.

Pour info, vous pouvez visionner ici l'ensemble des présentations de Thoret dans le cadre de ce cycle (Taxi driver, Apportez-moi la tête d'Alfredo Garcia, Phantom of Paradise, etc.)
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Re: Voyage au bout de l'enfer (Michael Cimino - 1978)

Post by Federico »

Cimino reviendra faire un tour au Festival Lumière à partir du 17/10 pour présenter la copie restaurée de Voyage au bout de l'enfer. :D
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Frances
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Re: Voyage au bout de l'enfer - The Deer hunter

Post by Frances »

VOYAGE AU BOUT DE L’ENFER (1978) de Michael Cimino avec Robert De Niro, Christopher Walken, John Cazale, John Savage, Meryl Streep, George Dzundza, Chuck Aspegren, Shirley Stoler, Rutanya Alda.

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Dans la foulée du Canardeur et grâce à ma récente acquisition j’ai enchaîné sur The deer hunter pas revu depuis plus de 15 ans. L’impact du film est toujours aussi puissant ! Ce monument de 1978 qui s’inscrit au crépuscule du nouvel Hollywood demeure incontournable et inépuisable.
Il propose l’expérience rare (due à la dilatation notamment de la première partie) de nous faire partager l’intimité des protagonistes pour mieux ressentir l’intensité du drame, la profondeur des blessures, les dégâts irrémédiables causés à cette communauté fracassée comme tant d’autres par la violence de la guerre du Vietnam.
Le film est tellement fort que 24 heures après il me hante encore.
Last edited by Frances on 12 Jan 15, 20:56, edited 2 times in total.
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Demi-Lune
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Re: Voyage au bout de l'enfer (Michael Cimino - 1978)

Post by Demi-Lune »

Revu sur grand écran hier soir (l'occasion était immanquable)... la beauté terrassante de ce Graal, qui concentre tout ce qui me donne foi et me fait vibrer au cinéma, est insensible au temps qui passe ainsi qu'au nombre de révisions et donne proprement le vertige. Qu'un tel film existe m'emplit de reconnaissance et de larmes. Jamais je ne trouverai les mots pour lui rendre justice. Mike, Nick, Steven, Linda, Stan, John, Axel, Angela, je vous aime pour toujours.
Accessoirement, je suis maintenant de plus en plus convaincu qu'il s'agit là de la plus grande prestation de De Niro. Toutes les nuances et les complexités d'un personnage peu accessible, il arrive à les faire passer avec une telle économie, avec une telle force dans sa présence, son regard, c'est insensé.
Federico
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Re: Voyage au bout de l'enfer (Michael Cimino - 1978)

Post by Federico »

Encore disponible quelques jours en replay : le scandale de sa projection à la Berlinale vu (en animation) par l'équipe de Personne ne bouge! sur Arte.

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Re: Voyage au bout de l'enfer (Michael Cimino - 1978)

Post by Bogus »

Quel film! Ça faisait longtemps que je voulais le voir mais je ne m'attendais pas à ça, rarement j'ai "vécu" un film de manière aussi intense.
La première heure avec cet esprit de camaraderie et ces petites histoires qui se jouent pendant le mariage (c'est la vie qui déborde de l'écran, on a l'impression d'y être!)... que c'est beau.