Dino Risi (1916-2008)

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés avant 1980.

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Sabsena
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Re: Dino Risi

Post by Sabsena »

Dernier amour , une scene extraordinaire chez lz coiffeur, bien dans la grande tradition du cinema humoristique italien.

Le coiffeur fair remarquer à Tognazzi qu'il a quelque chose qui depasse et que la pudeur fait que l'on ne doit pas faire voir. Tognazzi prend les ciseaux et coupe, le coiffeur s'evanouit, Tognazzi avait seulement fait semblant à l'aide d'un gadget de faire croire qu'il avait oublié de ne pas montrer ce que l'on ne montre pas.
Vous conviendrez qu'il vaut mieux arroser quelqu'un que de l'assassiner. Fernando Rey : Cet obscur objet du désir.
joe-ernst
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Re: Dino Risi

Post by joe-ernst »

Cher Papa (Caro Papà, 1979).

L'Italie des années de plomb. Un richissime industriel (Vittorio Gassman) entretient des relations conflictuelles avec son fils aîné, dues surtout à un manque d'attention et d'affection. Ce dernier se rapproche d'un groupuscule d'extrême-gauche terroriste...

Film tout en demi-teinte porté comme toujours par un grand Gassman, tour à tour odieux et émouvant. On balance sans arrêt entre la comédie et le drame, jusqu'à la tragédie finale, mais laissant tout de même la porte ouverte à l'espoir... Un bon Risi.
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We are all in the gutter, but some of us are looking at the stars. Oscar Wilde.
L'hyperréalisme à la Kechiche, ce n'est pas du tout mon truc. Alain Guiraudie
Alligator
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Re: Dino Risi

Post by Alligator »

Anima persa (Ames perdues) (Dino Risi, 1977) :

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Film au charme d'un vieux magicien malicieux, au bord du Rialto, comme au bord de l'étrange, à la lisière de deux mondes, entre baroque et bizarre, entre poésie et folie.

Plus que cette énigme qui nimbe toute l'histoire et l'évolution fantomatique des personnages, ce qui charme avant tout c'est l'extraordinaire présence des deux grands comédiens que sont Catherine Deneuve et Vittorio Gassman.

La première joue à contre-emploi des rôles habituels, de femme explosive et épanouie, hystérique et dynamique. Ici, elle est une hypocondriaque, en retenue, malmenée par son passé et son mari, et qui retient beaucoup. Les non-dits pèsent. Toutefois, elle laisse passer une juste dose de tendresse et de douceur. Un rôle délicat à interprêter et qu'elle maitrise parfaitement dans ses aspérités.

Vittorio Gassman lui, obtient un rôle démesuré, à son échelle, grandiose, où le grotesque est à portée de mimiques et dont il parvient à éviter avec maestria tous les pièges.
En toréador, il tore le rôle mastodonte que lui offrent Arpino (romancier) et Risi. Pendant la centaine de minutes que dure le film, on assiste à la lente montée des périls et on se délecte de le voir esquiver avec une classe, une élégance génialissime. Plus je découvre cet acteur, plus je prends des claques. En voilà une autre, une belle!
Grazie mille, signore

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Un film sur le fil, prêt à tomber dans le ridicule, la lourdeur du pathos mal digéré et qui au final échappe à ces périls, avec une magie et une grâce incroyable. Très joli film.
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Kevin95
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Re: Notez les films naphtas de décembre 2008

Post by Kevin95 »

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Il Vedovo (Dino Risi)

Il n'y avait que les italiens pour imaginer une comédie reposant sur une intrigue aussi noire, celle d'un homme aussi prétentieux que con, souhaitant la mort de sa riche femme.
Ce n'est pas tant de rire de la mort, mais du fait que l'on montre des personnages TOUS ridicules et sans moral s'adonnant à un petit jeu de massacre pour le plaisir du spectateur. Là où l'on retrouve Dino Risi, c'est son gout particulier (spécifiquement durant cette période de la fin des années 50 et des années 60) à mettre en scène des "monstres", sans recours à une morale ou un message et prenant un malin plaisir à enfoncer ses créations dans la médiocrité, quel que soit leurs rangs sociales. Pour jouer cet idiot magnifique, le choix d'Alberto Sordi était tout trouvé (Gassman est trop beau) et celui-ci comme à son habitude en fait des caisses sans être à coté de la plaque.
Excellent comédie, avec une fin toute Dino Risienne !
Les deux fléaux qui menacent l'humanité sont le désordre et l'ordre. La corruption me dégoûte, la vertu me donne le frisson. (Michel Audiard)
paul_mtl
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Re: Dino Risi

Post by paul_mtl »

"Mes films ont raconté l’Italie et son évolution"
Comment êtes-vous entré dans le cinéma ?

Je suis devenu metteur en scène par hasard. J’avais fait des études de médecine. J’ai failli devenir psychiatre et puis j’ai compris, après avoir passé six mois dans un asile de fous, que ce n’était pas pour moi. Je suis certes resté dans un asile de fous, mais celui-ci est plus amusant : le cinéma.
:mrgreen:

Pour bien commencer l'année 2009, j'ai recopié cet entretien intéressant paru dans le Monde en 2005.
http://paul2canada.wordpress.com/2009/0 ... dino-risi/

Coïncidence j'ai inauguré mon blog sur la comédie italienne avec un hommage a Dino Risi qui venait de nous quitter
http://paul2canada.wordpress.com/2008/0 ... -a-quitte/
Best
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Re: Dino Risi

Post by Best »

A voir ce topic, je ne peux que m'y arrêter le temps de dire que Le fanfaron est bouleversant, terriblement humain et en même temps d'une profondeur très appréciable. Du bonheur !
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Profondo Rosso
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Re: Notez les films Naphtas-Mars 2009

Post by Profondo Rosso »

Une Vie Difficile de Dino Risi (1961)

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Pendant la deuxième guerre mondiale Silvio Magnozzi est résistant et participe à la rédaction d'un journal clandestin. Alors qu'il cherche refuge dans un hôtel il est découvert par un allemand qui veut le fusiller. Il est sauvé de justesse par Elena, la fille de la patronne de l'hôtel. Celle-ci le cache et ils tombent amoureux. Quelques mois plus tard Silvio reprend le maquis. La guerre finie il travaille comme journaliste et à l'occasion d'un déplacement professionnel décide de la retrouver. Elena le suit à Rome où ils se marient. Mais les prises de positions radicales de Silvio ne rapportent pas d'argent et ils n'ont pas toujours de quoi manger. Suite à sa participation spontanée à une tentative d'insurrection Silvio est incarcéré, il débute la rédaction d'un roman "une vie difficile".


Très beau film, parfaitement équilibré entre le récit intimiste, la farce et une facette plus noire et politisée. Quand doit on renoncer à ses rêves et ambitions pour se résigner et se ranger dans une vie normale et rangée ? Tel est la question que ce posera tout le film le héros incarné par Alberto Sordi, un intellectuel de gauche aux rêve de grandeur qui se voit régulièrement confronté à la dure réalité, constamment victime de son tempérament grande gueule et de son intégrité le plaçant dans des situations difficiles. Un personnage jusqu'au boutiste ne renonçant jamais à ses principes, quitte à s'autodétruire et à perdre progressivement tout ceux qu'il aime. Un personnage formidablement incarné par Alberto Sordi passant avec de l'orgueil démesuré à la bouffonerie pure en passant par le pathétique avec brio. Le film analyse très bien l'évolution de la société italienne, du tout politique de la fin de la 2e guerre mondiale au matérialisme naissant du début des 60's qui va broyer le héros. On voi peu à peu les espoirs de gauche nés de la libération s'ffondrer à l'image de la vie du héros. Quelques grands évènements politiques du pays sont passées en revues et le film exprime certaines notions comme l'opposition entre les riches du nord et les paysans pauvres du sud, l'opposition étant encore vivace alors. Ca n'en oublie pas pour autant d'être très drôle lorsque Sodi ne peut s'empêcher de ruer dans les brancards quoiqu'il advienne. Une scène très drôle dans le genre est celle où le couple de héros affamés et fauchés parvient à s'incruster à dîner chez des royalistes un soir d'élections et que Sordi ne peut s'empêcher de se réjouir ouvertement (après avoir fait bien des efforts pour se contenir) de la victoire de son camp face au convive effondrés. d'autres moments bien cruels aussi comme lorsque ivre, déverse sa frustration et sa rancoeur à sa femme (magnifique Lea Massari). La dernière partie où il finit par abandonner à ses principes et se rabaisser aurait pu faire basculer le film dans un bien triste renoncement mais la cinglante et réjouissante dernière scène montre que les idéaux demeure intacts. 5/6
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Re: Notez les films Naphtas-Mars 2009

Post by homerwell »

Profondo Rosso wrote:Une Vie Difficile de Dino Risi (1961)
J'ai aimé le film aussi mais j'aurais aimé pour ma part que les personnages "méchants" soient un peu plus nuancés, ce qui aurait évité au film d'alterner les scènes brillantes et de temps en temps une comédie caricaturiste.
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Profondo Rosso
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Re: Notez les films Naphtas-Mars 2009

Post by Profondo Rosso »

homerwell wrote:
Profondo Rosso wrote:Une Vie Difficile de Dino Risi (1961)
J'ai aimé le film aussi mais j'aurais aimé pour ma part que les personnages "méchants" soient un peu plus nuancés, ce qui aurait évité au film d'alterner les scènes brillantes et de temps en temps une comédie caricaturiste.
Oui c'est vrai que le patron véreux est assez grossier (la scène de tentative de corruption de Sordi reste tout de même très drôle, mais d'un autre côté ça rend la réaction finale d'autant plus percutante.
Alligator
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Re: Dino Risi

Post by Alligator »

I Mostri (Les monstres) (Dino Risi, 1963) :

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Les monstres portent si bien leur titre, les deux comédiens portent littéralement tout le film sur les épaules. Par leur stature et leur capacité caméléone à incarner une fabuleuse galerie de connards, du machisme bête au cynisme méchant, Vittorio Gassman et Ugo Tognazzi mènent leur entreprise à la perfection. Ils sont tout simplement bluffants d'aisance, irrésistibles. En dehors du dernier scketch, très noir, très amer, presque tragique (pourquoi presque?), les deux colosses font deux clowns d'une cruauté ahurissante.

Ils assistent ici un texte, un scénario, des dialogues d'une puissance hors du commun. L'humour y est très corrosif. La société humaine, et surtout mâle il faut bien le reconnaître, en prend pour son grade, rabaissée à ses plus vils penchants : égocentrisme, lacheté, corruption, ineptie, bêtise. L'armée de scénaristes dans les rangs desquels on retrouve de sacrés loulous (permettez l'expression : Scola, Petri, Risi, Scarpelli, Maccari et Incrocci), les fines lames de la comédien italienne, s'en donne à coeur joie.
L'amalgame entre la jubilation des acteurs à cabotiner, à caricaturer, à caractériser à outrance ces vilains monstres et la liesse, l'empressement des scénaristes à mettre en bouche des dialogues savoureux et piquants, donne un portrait passionnant de la masculinité des années 60 d'abord mais sûrement universelle et intemporelle à y regarder de plus près, un grand bol d'air frais, un coup de poing magnifique, une satire sociale d'une rigueur extraordinaire, que dis-je, sire, une révolution!
Portrait moral ou tableau social, peu importe, ce film marque son époque et le cinéma, une telle maitrise de l'écrit, du jeu des acteurs ne laisse pas de m'ébaubir, merde! Quelle hargne, quel enthousiasme, quelle beauté, quel comique, quelle portée!

Stupéfiant! J'adule!
Carnaval de portraits! Cliquez dessus pour les avoir en taille originelle
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Profondo Rosso
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Re: Dino Risi (1916-2008)

Post by Profondo Rosso »

Encore un topic que je n'avais pas vu j'ai maté pas mal de Risi ces derniers temps je remet mes avis ici. Sinon "Le Fanfaron" ressort en salle le 24 juin et "Parfum de Femme" bénéficiera d'une nouvelle édition dvd le 7 mai bonnes nouvelles tout ça !

L'Homme à la Ferrari de Dino Risi (1967)

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Francesco Vincenzini est grand-père pour la première fois mais le couple que forment son fils et sa belle-fille, Carolina, bat de l'aile. Quand la charmante femme décide de quitter son fils, Francesco n'a qu'une idée en tête : essayer de leur faire entendre raison et de les rabibocher. Mais voilà, lorsqu'il débarque chez Carolina, il oublie presque tout et se laisse séduire par les charmes de la belle, le réconfortant dans sa peur grandissante de devenir vieux.

Ce qui n'aurait pu être qu'une énième histoire de démon de midi et d'adultère devient une réjouissante comédie à l'écran grâce au talent de Risi et à l'abattage d'un Vittorio Gassman en grande forme. Le début est des plus amusant avec un Vittorio Gassman en chef d'entreprise omnipotent, mari parfait et très rigoureux et traditionaliste sur les bords. Tellement droit d'ailleurs qu'il faudra plusieurs tentatives à Ann Margret pour enfin lui mettre le grappin dessus. La trame est bien connue mais Dino Risi apporte une foule d'idée ludiques et inventives à sa narration, sa réalisation, qui rendent le film des plus agréables à suivre.
Des petits apartés en noir et blanc illustrant les rêves ou les souvenirs fantasmés de Gassman entrecoupent ainsi certains moment clés du film.

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Parmis les plus amusant un où Gassman se bat avec son fils pour lui raccourcir sa coiffure de hippie, qui tire dans le dos de Ann Margret quand il pense qu'elle le trompe ou quelques flashback audacieux. La forme est soignée avec un technicolor éclatant magnifiant une Rome touristique, quelques belles astuces de montages comme cette scène où sa femme lui propose des vacances pour se ressourcer, la séquence suivante enchainant sur les dites vacances, mais avec sa maîtresse... Risi inscrit le film dans la tonalité pop 60's du moment pour montrer le décalage entre Gassman et la jeune génération avec un festival de couleurs, de coupes à frange et de mini jupes, un zeste d'érotisme et interludes musicaux bien placés (dont un avec Gassman déguisés en simili Beatles).

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On retrouve également l'irrévérence habituelle de Risi envers la religion lors de ce moment où Gassman va se confesser chez un prêtre, le tout montré comme une vulgaire consultation chez un psy (prescription de ave maria comprise) avec une salle d'attente bondée.

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Toutes ces idées transcendent bien les scènes de vaudeville plus classique et attendue qu'on s'attend à trouver dans ce type de récit.
Vittorio Gassman livre un grand numéro, incarnant la lâcheté masculine dans toute sa splendeur, perdant la tête et incapable de faire son choix jusque dans les derniers instants (d'où un astucieux The End ? pour conclure) et la charmante Ann Margret lui offre une répartie parfaite entre manipulation et amour sincère. Très bonne Eleonor Parker (qui vieillissait très bien) en femme anxieuse et compréhensive. 4,5/6

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Re: Dino Risi (1916-2008)

Post by Profondo Rosso »

Au Nom Du Peuple Italien

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Opposition entre deux idéologies, la droiture morale contre l'opportunisme et la corruption dans ce qu'elle a de plus abject. Gassman campe une des plus belle pourriture vu à l'écran, rétrograde, menteur, pourri jusqu'à la moelle et Risi nous manoeuvre juste ce qu'il faut pour que l'on partage la tenacité de Tognazzi à le faire tomber. La conclusion terrible de cynisme fait froid dans le dos et témoigne du peu d'espoir de Risi sur la situation de l'Italie à l'époque, au niveau social, intellectuel (avec le final et les spectateurs abrutis par un résultats de football) et familial avec la scène où Gassman envoie son père à l'asile effectivement, mais aussi celle encore plus terrible mais tourné en dérision des parents de la fille assassinée qui la poussait à se prostituer pour subvenir à leurs besoin. Tellement amer qu'on a du mal à en rire réellement. Et interprétation magistrale Gassman énorme et Ugo Tognazzi que je ne connais que dans ces rôles bouffons m'a scotché sur place. 6/6

Moi, la femme de Dino Risi (1971)

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Un film à sketch dans la lignée de "Sept fois femme" de Vittorio De Sica, qui offre divers portrait de femmes toutes interprétées par Monica Vitti. Sauf qu'à la place du glamour quasi hollywodien de De Sica, c'est à la méchanceté et au cynisme de Risi en grande forme auquel on a droit, avec une Monica Vitti (qui ne doit pas autant avoir l'occasion de se lâcher chez Antonioni) offrant une prestation survoltée.

L'ensemble des sketch est de très bonne tenue malgré un petit coup de mou dans la dernière partie du film. Le début est par contre excellent et toutes les situations possible sont passées au vitriol, la femme romantique, victime, nymphomane, libérée, chacuns des sketch portant le prénom de l'héroïne.

Parmis les plus mémorables


Zoé

Monica Vitti brisée par une rupture douloureuse se fait exploiter par le premier sale type faussement bienveillant qui passe. On devine la chute assez vite mais le pathétique de la situation est génialement mis en scène par Risi


Annonziata

Une équipe télé vient filmer une famille nombreuses d'un quartier pauvre de Rome. Ca anticiperais presque le "Affreux, Sales et Méchant" (Scola est d'ailleurs au scénario ici) avec cette famille horrible de beaufitude crasse, Monica Vitti campant une affreuse mégère mère de 22(!) enfants et encore enceinte qui attend ses allocations et profite de la vie. Le trait un bien forcé et mais moins mal à l'aise qu'un "Affreux, Sales et méchants" mais tout est déjà là et on rit franchement.

Alberta

Là c'est les bourgeois au moeurs libérés qui sont tournés en ridicules avec un couple se vantant auprès de leurs amis de leurs multiples expériences mais pourtant la jalousie bien réelle ne va pas tarder à resurgir.

Fulvia

Sans doute le plus drôle du film, une femme témoigne à la radio du viol qu'elle à subi par trois ignoble individus, mais pas pour les raisons qu'on croit. Monica Vitti est fabuleuse et nous mène bien en bateau jusqu'à la chute imprévisible mais géniale tellement elle est tordue.

Un des meilleurs films à sketch que j'ai pu voir très drôle et bénéficiant de la crème des auteurs comique de l'époque avec Age et Scarpelli, Scola ou encore Vincenzoni qui a écrit pour Leone également. 5/6

Et un petit extrait avec Monica Vitti en nonne folkeuse déjantée :mrgreen:
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Re: Dino Risi (1916-2008)

Post by Profondo Rosso »

Pain, Amour, Ainsi soit il de Dino Risi (1955)

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Le "maréchal" Carotenuto revient à Sorrente pour s'engager dans la police municipale. Mais la maison de ses parents est occupée par une affriolante veuve, Sophia, qui est loin de le laisser insensible. Ce qui oblige Carotenuto, sur les conseils de son frère Don Mattéo, curé de la paroisse, à etre hébergée par une paroissienne austère.

Troisième et dernier volet des mésaventures amoureuses du Maréchal, sans doute le moins intéressant des trois aussi car ne se contentant désormais que d'appliquer la formule bien rôdée. Un petit pincement au début en quittant le village et les personnages des deux premiers films, mais l'apport de la couleurs et le format scope change déjà beaucoup l'imagerie des premiers volet et ce n'est pas un mal de changer de cadre. Le noir et blanc et les pausages montagnards laissent donc la place aux couleurs flamboyantes et à l'ambiance méditerranéenne du Sud de l'Italie (une chose et sûre ces films donnent sacrément envie d'y aller)avec un Dino Risi ayant pris le relai de Comencini. Hormis la servante Caramella (beaucoup moins présente) et évidemment le Maréchal peu de liens dramatique avec les précédents mais l'intrigue offre un quasi remake du premier film avec quelques variantes. Gina Lollobrigida devenue superstar ayant refusé de rempiler, place à Sofia Loren dans un rôle voisin mais plus mature, un méridionale séductrice et roublarde en lieu et place de la paysanne volcanique incarnée par Lollobrigida. Même si Loren est sans doute une bien meilleure actrice son personnage n'est pas aussi vrai et touchant et on ressent moins de complicité avec De Sica. Ce dernier vient de nouveau s'intercler bien malgré lui dans l'histoire d'amour orageuse de deux tourtereaux mais là aussi la jolie innocence du premier film est atténuée par le couple peu intéressant de Sofia Loren et son amant. De même, malgré quelques moments amusant, la seconde intrigue avec la bigote (en remplacement de la sage femme jouée par Maria Merlini dans le 1er ressemblance physique volontaire en plus) peine à suciter l'intérêt malgré une jolie scène à la fin lorsqu'elle apparait en séductrice. Malgré tout ça se suit sans ennui grâce à l'abattage de De Sica toujours aussi drôle et charmeur, Risi même si peu concerné (au point que De Sica dirigera certaines scène quand il aura passé des nuits en bonne compagnie et incapable de se présenter sur le plateau) emballe bien le tout avec un film très beau plastiquement mais qui ne porte pas sa patte thématique. En gros assez routinier mais assez agréable tout de même, il était temps d'arrêter en tout cas le filon semble épuisé. 3,5/6
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Re: Notez les films naphtas - Mai 2009

Post by blaisdell »

Au nom du peuple italien de Dino Risi.

Le duo entre un Vittorio Gassman extraverti et un Ugo Tognazzi impassible est fabuleux.
Nous assistons à une satyre décapante de la société italienne où tout s'écroule y compris la statue du palais de justice, où l'injustice est partout, à gauche comme à droite..
Ce film remarquablement écrit enchaîne les scènes stupéfiantes: la scène sur la plage entre les deux stars par exemple. Ou un dénouement d'une grande actualité (les tifosis en folie) qui réhausse encore la valeur de ce long-métrage.
Le manichéisme apparent vole progressivement en éclats. Le caractère outrancier des personnages s'estompe.

Voici un grand Risi très sombre et qui n'est pas vraiment la comédie désopilante attendue. On est plus près de "Cadavres exquis" que du 'pigeon".
Dommage simplement qu'il y ait 10 minutes/ un quart d'heure de trop- je fais assez souvent ce constat à propos des films que je visionne.
Un bon 8,5/10.
homerwell
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Re: Notez les films naphtas - Mai 2009

Post by homerwell »

blaisdell wrote:Au nom du peuple italien de Dino Risi.

Le duo entre un Vittorio Gassman extraverti et un Ugo Tognazzi impassible est fabuleux.
Nous assistons à une satyre décapante de la société italienne où tout s'écroule y compris la statue du palais de justice, où l'injustice est partout, à gauche comme à droite..
Ce film remarquablement écrit enchaîne les scènes stupéfiantes: la scène sur la plage entre les deux stars par exemple. Ou un dénouement d'une grande actualité (les tifosis en folie) qui réhausse encore la valeur de ce long-métrage.
Le manichéisme apparent vole progressivement en éclats. Le caractère outrancier des personnages s'estompe.
:) Je suis assez d'accord avec toi, cependant certaines scènes restent définitivement lourdes comme autour de la piscine avec Gassman en général romain par exemple.
Voici un grand Risi très sombre et qui n'est pas vraiment la comédie désopilante attendue. On est plus près de "Cadavres exquis" que du 'pigeon".
Dommage simplement qu'il y ait 10 minutes/ un quart d'heure de trop- je fais assez souvent ce constat à propos des films que je visionne.
Un bon 8,5/10.
J'ai pour ma part envie de le qualifier de comédie désopilante au service d'une satyre profonde et pessimiste pour te paraphraser un peu ; et je le rapproche de "Une vie difficile" d'ailleurs édité dans la même collection. Mais je trouve que ce grand écart si il est un exercice brillant reste un peu dans la posture. Avec Dino Risi, je n'arrive pas à naviguer totalement à l'aise entre tous ces extrêmes. Je vais cité un contre exemple que je ne connais pas très bien mais dans Amarcord, Felini y arrive bien mieux.
Et le film tire un peu en longueur effectivement. :wink: