John Ford (1894-1973)

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés avant 1980.

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Profondo Rosso
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Re: John Ford (1894-1973)

Post by Profondo Rosso »

Oui c'est incroyable ce qu'elle fait passer à ce moment là, la culpabilité et le désir en un regard. Le début de la séquence en forêt le scrute en attente d'une réaction est assez fort aussi même si plus sobre. La rumeur qu'il se soit passé des choses entre Grace Kelly et Gable ça peut expliquer l'érotisme appuyé de leur moment communs alors que c'est plus du registre de la tendresse dans les scènes avec Ava Gardner. On peut comprendre ce qui a fasciné Hitchcock avec Grace Kelly, ce côté très distingué et élégant qui n'en est que plus "hot" lorsqu'il s'enflamme et s'abandonne.
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Kevin95
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Re: John Ford (1894-1973)

Post by Kevin95 »

Cette scène reprend d'une certaine manière le dispositif de l'autre fameuse scène erotico-lyrique du cinéma de Ford à savoir le baiser sous la tempête de The Quiet Man (tourné un an avant Mogambo). J'adore l'air offusqué et en même temps extrêmement désireuse de Grace Kelly tiraillée entre l'image liée à sa classe sociale et ses pulsions intimes et sexuelles.
Les deux fléaux qui menacent l'humanité sont le désordre et l'ordre. La corruption me dégoûte, la vertu me donne le frisson. (Michel Audiard)
allen john
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Re: John Ford (1894-1973)

Post by allen john »

Four men and a prayer (John Ford, 1938)

Lorsqu'en 1939, Stagecoach est sorti, le public a pu avoir le sentiment que Ford était en quelque sorte de retour chez lui, après avoir quitté le western en 1926 avec Three bad men.. Du reste, à la Fox entre 1920 et 1926, seul un autre western de Ford, vendu comme un film de prestige plutôt que sous le patronage de ce genre mal considéré, était sorti: The iron horse (1924). Donc, entre 1926 et 1939, Ford a tout fait ou presque: seuls trois genres ont échappé à son savoir-faire, le western donc, le musical et le film fantastique. Pour le reste, films d'aventure en tous genres (The black watch, The lost patrol, Air mail), évocations de l'après-guerre (Four sons, Pilgrimage), films dramatiques et historiques (Arrowsmith, The prisoner of Shark Island, Mary stuart), chroniques et drames Irlandais (The informer, The plough and the stars), films d'aventures exotiques (The hurricane), comédies (Judge priest, Steamboat round the bend), films de gangsters (Reckless, Up the river) et films de guerre (Seas beneath, Submarine patrol)... Mais si le réalisateur est surtout à l'aise dans le western, son savoir-faire est souvent intact, et certains de ces films, aussi mineurs soient-ils, valent la peine d'être vus, sans parler de ceux qui ont été établis à l'égal de ses chef d'oeuvres de l'ouest, notamment les trois films avec Will Rogers.

Four men and a prayer fait partie de la veine la plus légère de Ford; on y est loin de l'ouest et de la cavalerie, voire de l'Irlande. Cette histoire de famille unie qui cherche à laver l'honneur d'un homme mort trop tôt, en distribuant des baffes au passage, ne lui ressemble pas beaucoup, et le film a mauvaise réputation. C'est pourtant un spectacle souvent plaisant: quatre frères d'une noble famille Anglaise souhaitent laver l'affront fait à leur père, qui a été conduit à démissionner de l'armée suite à une manipulation. L'homme est mort, mais ses quatre fils ne croient pas à son suicide, et flanqués de la fiancée de l'un d'eux, les quatre fils enquêtent: George Sanders, Richard Greene, David Niven et William henry, assistés de Loretta Young: celle-ci se greffe sur l'équipée, mais se révèlera finalement intimement liée au drame, sans qu'elle en ait eu l'idée auparavant. Le scénario, prétexte à montrer les quatre frères aux prises avec le monde entier, ressemble souvent à un rève, dans lequel il ne faut chercher ni logique ni vraisemblance. Trois acteurs Fordiens récurrents ont des rôles plus ou moins importants: Barry Fitzgerald, qui déclenche une homérique bagarre dont je suis sur qu'elle n'était pas dans le script, John Carradine et Berton Churchill. Et les quatre frères sont des chamailleurs invétérés, les trois plus grands s'en prenant sans cesse au plus jeune pour un bizutage permanent que n'auraient renié ni Victor McLaglen, pour l'ensemble de son oeuvre, ni John Wayne en Ethan Edwards... Plaisant, donc, et terriblement distrayant.

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hansolo
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Re: John Ford (1894-1973)

Post by hansolo »

allen john wrote:The prisoner of Shark Island (John Ford, 1936)

Film assez emblématique de la position paradoxale de John Ford à la Fox dans les années 30, The prisoner of Shark Island est pourtant atypique sur un certain nombre de points. De par sa quête du grand sujet, il sent l'oeuvre de commande, tant Ford était plus à l'aise déja dans la miniature et l'intime, plutôt que dans les fresques. De plus, on y lit une critique à peine voilée du comportement limite fasciste de l'armée Nordiste à la sortie du conflit de la guerre civile, à la suite de l'assassinat de Lincoln. Mais le traitement de l'histoire permet à Ford de dresser quelques portraits, mais aussi de montrer une communauté humaine en proie à une dérive figurée, à travers une épidémie de fièvre jaune qui décime une prison... Un film ambitieux, pour lequel le studio a dépêché le plus grand de ses metteurs en scène, même si celui-ci est en pleine indépendance et ne travaille plus exclusivement pour la Twentieth Century Fox (Au passage, en 1936, cette nouvelle appellation est toute récente...).
+1000

Découvert ce week end
Au passage, l'editeur français aurait voulu que le Dvd ne se vende pas (même si malheureusement le public potentiel est sans doute restreint ...) qu'il ne se serait pas pris autrement : pas de mention du titre original (nettement plus "vendeur" imho) sur le recto; visuel moche (pour rester poli) et absolument pas de mise en valeur de la qualité de la copie proposée (vraiment remarquable ) ...
Spoiler (cliquez pour afficher)
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Les editions Z1 et Z2 UK sont nettement plus 'vendeuses' ...
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Film remarquable a plus d'un titre qui a été admirablement chroniqué ici:
http://www.dvdclassik.com/Critiques/arc ... ln-dvd.htm
aussi je n'aurais pas grand chose à ajouter ...
Ford réussit à faire de cette commande une oeuvre plus ambiguë qu'il n'y parait au premier abord, absolument pas hagiographique comme on pourrait le croire initialement et avec une lecture subtile de la fracture de l’Amérique post-sécessionniste - qui semble se prolonger d'ailleurs encore aujourd'hui - avec une acuité et une justesse impressionnante!

Bref; un vrai chef d'oeuvre - bizarrement peu connu - et à voir autant pour la forme cinématographique
(Lincoln dans la scène d'ouverture :!: , la scène du médecin terrassé par la fièvre jaune, remarquable aussi bien dans le jeu que dans la mise en scène :idea:, certains plans evoquent Murnau et l'expertise de Ford dans le muet (même si je n'ai encore vu aucun film de Ford de cette periode ...))
- que pour le fond (l'ordre et la morale; pour reprendre une expression "à la mode") ...
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Re: John Ford (1894-1973)

Post by Rick Blaine »

hansolo wrote:
Bref; un vrai chef d'oeuvre - bizarrement peu connu - et à voir autant pour la forme cinématographique
(Lincoln dans la scène d'ouverture :!: , la scène du médecin terrassé par la fièvre jaune, remarquable aussi bien dans le jeu que dans la mise en scène :idea:, certains plans evoquent Murnau et l'expertise de Ford dans le muet (même si je n'ai encore vu au film de Ford de cette periode ...))
- que pour le fond (l'ordre et la morale; pour reprendre une expression "à la mode") ...
Effectivement, un vrai chef d’œuvre, un de mes Ford favoris.

Quelqu'un sait si la qualité de cette édition est encore supérieure à celle déjà très bonne de la première édition opening?
Celle là:
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Jeremy Fox
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Re: John Ford (1894-1973)

Post by Jeremy Fox »

Rick Blaine wrote: Quelqu'un sait si la qualité de cette édition est encore supérieure à celle déjà très bonne de la première édition opening?
Celle là:
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Il s'agit de la même chose ; d'ailleurs on trouve les Ford Opening chez Noz cette semaine
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Rick Blaine
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Re: John Ford (1894-1973)

Post by Rick Blaine »

Jeremy Fox wrote:
Rick Blaine wrote: Quelqu'un sait si la qualité de cette édition est encore supérieure à celle déjà très bonne de la première édition opening?
Celle là:
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Il s'agit de la même chose ; d'ailleurs on trouve les Ford Opening chez Noz cette semaine

Parfait, je peux garder mon argent alors, merci Jeremy. :wink:
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hansolo
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Re: John Ford (1894-1973)

Post by hansolo »

Jeremy Fox wrote:
Rick Blaine wrote: Quelqu'un sait si la qualité de cette édition est encore supérieure à celle déjà très bonne de la première édition opening?

Il s'agit de la même chose ; d'ailleurs on trouve les Ford Opening chez Noz cette semaine
voila ...
il y avait d'autres Ford à Noz :?: ... je n'ai trouvé que celui ci :(

la copie est vraiment REMARQUABLE; on doit avoir une copie très proche de celle présentée ici : http://www.dvdbeaver.com/film/dvdreview ... review.htm
Last edited by hansolo on 21 May 12, 14:14, edited 1 time in total.
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Re: John Ford (1894-1973)

Post by Jeremy Fox »

hansolo wrote:il y avait d'autres Ford à Noz :?: ... je n'ai trouvé que celui ci :(
Vers sa destinée : 1.95 euros
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hansolo
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Re: John Ford (1894-1973)

Post by hansolo »

Jeremy Fox wrote:
hansolo wrote:il y avait d'autres Ford à Noz :?: ... je n'ai trouvé que celui ci :(
Vers sa destinée : 1.95 euros
Ok, je vais encore aller y faire un tour alors ...
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Re: John Ford (1894-1973)

Post by Jeremy Fox »

hansolo wrote:
Jeremy Fox wrote:
Vers sa destinée : 1.95 euros
Ok, je vais encore aller y faire un tour alors ...
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Re: John Ford (1894-1973)

Post by allen john »

Four sons (John Ford, 1928) Un petit village, en Allemagne, qui vit au rythme de ses habitants. on voit le postier, un monsieur d'un certain age, tout fier de son nouvel uniforme. on voit l'instituteur, un homme bien et tout simple qui a le respect des livres et l'affection de la population. Et puis il y a des gens, des braves gens, des petites gens, des gens normaux, dont la petite Frau Bernle, et ses quatre fils. Le plus vieux, Joseph, rêve d'aller aux Etats-Unis, le plus jeune est encore étudiant... Un beau jour, Frau Bernle offre à son fils la possibilité d'acomplir son rêve et de partir s'installer à New York. Durant ces tranquilles journées de bonheur, c'est à peine si on remarque la garnison locale qui s'installe... C'est que le temps de la guerre est venu, et aucun des quatre frères n'y échappera... Seulement l'un d'entre eux ne combattra pas du même coté, c'est tout.

Le très beau film de John Ford est l'une des preuves les plus tangibles de l'influence de Murnau non seulement sur Ford, mais d'une manière générale sur la Fox, en cette superbe année 1928. Ford réutilise le décor du marais de Sunrise, pour obtenir une superbe scène de soldats qui marchent dans la brume, et une macabre découverte qui se transforme en tragédie familiale... La guerre, filmée du point de vue d'une famille dont les membres meurent les uns après les autres, est un mal symbolique qui sépare les gens, et dont mine de rien, l'un des rescapés est Américain... Mais il n'y a pas de mesage cocardier pour Ford ici, juste un récit poignant et tendre, sur une famille d'êtres humains. Si on n'est pas toujours loin de la caricature (Mais sous influence Allemande, puisque la vision du postier avec son bel unifprme tout penaud à l'idée de propager des mauvaises nouvelles avec ses lettres officieles bordées de noir, renvoie directement au Dernier des hommes de Murnau...), c'est parce que le film bénéficie d'une tendance visuelle à l'allégorie, et se situe dans un décor (Européen) réinventé, une sorte de paradis perdu, un village reconstitué en studio, qui permet à la caméra étrangement mobile de Ford (par opposition à Three bad men, par exemple) de s'approprier l'espace d'une manière très efficace, sous l'influence décisive de son collègue Allemand. Mais s'il ne choisit pas délibérément de privilégier les USA (Plus réalistes) sur l'Allemagne, il montre quand même des circonstances différentes: on voit les trains de l'extérieur, en Allemagne, mais on a droit à visiter un wagon de métro aux Etats-unis...

Et puis dans ce film qui s'intitule Four sons, comment faire l'impasse sur la mère? Après Mother Machree, avant Pilgrimage, avant The grapes of wrath, cette mère Fordienne jouée par Margaret Mann est un personnage qui a toute la tendresse de Ford, et qui lui donne le rôle central, dans le film, mais aussi dans deux scènes composées autour d'elle: elle fête son anniversaire en compagnie de ses quatre fils, tous autour de la table. c'est un moment sacré. Au début du dernier acte, elle est seule, et les imagine tous autour d'elle, par la magie de la surimpression... Le dernier acte du film nous conte comment Joseph la fait enfin venir chez lui, et ce qui n'aurait du être qu'un simple happy ending devient une anecdote riche, celle d'une vieille dame accidentée par la vie qui est perdue dans une grande ville, ne parlant pas la même langue que les habitants...

Film essentiel, de Ford bien sur, mais aussi de la Fox (Au même titre que Sunrise, Seventh Heaven, Street Angel et A Girl in every port), Four sons est aussi l'un des grands films Américains de 1928, une année exceptionnelle... La perfection du muet!

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Re: John Ford (1894-1973)

Post by allen john »

Upstream (John Ford, 1927)

Tourné entre The blue eagle (1926) et le très étonnant Hangman's house (1928), Upstream a beaucoup fait parler de lui depuis 2009 et la découverte d'une copie dans une archive de Nouvelle-Zélande. Un Ford qui reparait, c'est bien sur un évènement, même si ce film n'est pas de l'importance de The iron horse, de Three bad men ou de Four sons, pour s'en tenir au muet. Il provient d'une mériode fabuleuse non seulement pour le metteur en scène, mais aussi et surtout pour le studio, qui avait ainsi en ses rangs les metteurs en scène Raoul Walsh, Howard Hawks, Friedrich W. Murnau et Frank Borzage en plus de Ford, et qui sous l'impulsion de William Fox avait décidé de réaliser des films de prestige, artistiquement novateurs et aux moyens luxueux (Seventh Heaven, Sunrise...). Du coup, un certain nombre de commentateurs se sont laisser aller à des spéculations sur ce film, et beaucoup se sont hasardé à dire des bêtises. On a pu ainsi lire (Télérama, bien sur) que ce film était la seule incursion de Ford dans un style sous l'influence de Murnau, alors que c'est en réalité l'un des derniers films qui n'en ait pas énormément bénéficié: dès Hangman's house, Ford explorera des techniques largement inspirées du grand metteur en scène, auquel il continuera de rendre hommage des années durant, dans des films de tout genre (The searchers, The long voyage home, Four sons... tous les styles explorés par Ford seront pour lui l'occasion d'utiliser sa technique héritée de Murnau, et pas seuelemnt dans un contexte, hum, "expressioniste"...). Donc, en attendant, Ford réalise une petite comédie, dans laquelle il se livre de façon discrète à de petites recherches photographiques et des essais de diffusion de la lumière...

Dans une pension d'artistes, les uns et les autres cohabitent tant bien que mal. Les fins de mois sont difficiles, mais il règne dans l'ensemble une certaine camaraderie. Un agent vient pourtant engager le pire des artistes du lieu: le dernier descendant, infâme acteur, d'une famille d'histrions célèbres, l'idée étant tout simplement d'utiliser la notoriété de son nom pour faire une grande publicité sur une production de Hamlet. Il part, et grâce à quelques conseils cprodigués à la va-vite par l'un de ses voisins, va triompher... Et attraper la grosse tête. Lorsqu'il revient dans la pension, il va revenir en triomphateur, du moins le croit-il...

Il y a peu à dire sur ce film, une fois qu'on se sera réjoui qu'un film perdu ait pu être retrouvé... C'est une très charmante comédie qui se voit comme un rien, ne durant pas une heure (dans le tirage diffusé par le Cinéma de Minuit, effectué d'après la copie telle qu'elle était). On y retrouve une certaine tendresse de Ford pour ses personnages, avec ses types (Le charlatan interprété par un Francis Ford apparaissant plus jeune que le soiffard incorrigible que l'on voit habituellement), son humour ethnique (Les deux 'Callahan', qui répètent leur numéro de claquettes en permanence, sont en fait un Irlandais et un Juif, extrêmement complices) et son petit groupe humain en pleine dérive, dans lequel l'entr'aide finit, comme dans d'autres films plus prestigieux (Iron Horse, Three bad men, Stagecoach, Wagon Master), par aller de soi...

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Re: John Ford (1894-1973)

Post by riqueuniee »

Effectivement, le film n'est pas une oeuvre majeure, mais il est très plaisant, notamment dans sa description chaleureuse d'une petite communauté (ici les habitants de la pension pour artistes).
En ce qui concerne l'éventuelle influence de Murnau, télérama reporte surtout des "on-dit", faisant confiance aux "rares privilégiés qui ont pu le voir lors de projections spéciales". Les privilégiés en question se sont plutôt plantés (quoique la mauvaise qualité de la copie ne permette pas de vraiment juger la photo).
Bonne découverte en tout cas.
IL paraît qu'on aurait retrouvé (avec ce film) 75 films : il y a peut-être d'autres perles tirées des oubliettes à redécouvrir.
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Re: John Ford (1894-1973)

Post by Jack Carter »

Jeremy Fox wrote:
hansolo wrote:
Ok, je vais encore aller y faire un tour alors ...
Un de mes préférés
dans mon top 3 Ford 8)
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