André de Toth (1913-2002)

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés avant 1980.

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Kevin95
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Post by Kevin95 »

Jeremy Fox wrote:
Kevin95 wrote: Je reviens sur ce film, que je viens de découvrir, pour le conseiller à ceux qui ont cinéclassic (bizarre que JFox ne l'ait pas choisit dans sa sélection TV), car c'est un excellent western.
Je ne l'ai jamais vu.
Dommage ! :wink:
Les deux fléaux qui menacent l'humanité sont le désordre et l'ordre. La corruption me dégoûte, la vertu me donne le frisson. (Michel Audiard)
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Kevin95
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Post by Kevin95 »

Fatalitas wrote:perso, je me suis fait chier :?
:shock:

Pourquoi ?
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Fatalitas
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Post by Fatalitas »

Kevin95 wrote:
Fatalitas wrote:perso, je me suis fait chier :?
:shock:

Pourquoi ?
vu en VF (ça n'arrange rien :? ), j'ai trouvé la mise en scene mollassonne et puis voila tout, bref je me suis emmerdé :wink:
Lord Henry
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Post by Lord Henry »

En vf? Pourtant le film est diffusé en version multilingue.
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L'étranger...
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Post by L'étranger... »

Kevin95 wrote: Je reviens sur ce film, que je viens de découvrir, pour le conseiller à ceux qui ont cinéclassic (bizarre que JFox ne l'ait pas choisit dans sa sélection TV), car c'est un excellent western.

De Toth, en utilisant des personnages que tout oppose et une diligence poursuivit par des indiens, comme Ford pour La Chevauchée Fantastique, réalise un film à la fois passionnant (car avec une diversité de personnages très différents) et beau (magnifique utilisation du paysage et du technicolor, donnant des scènes absolument sublimes) qui ne justifie pas le fait que le film soit totalement inconnu parmi les réussites du genre western.

Peut être pas un chef d’œuvre (un scénario qui comporte quelques clichés), mais un très très bon western ! :D
Oui, enfin, même si je l'ai beaucoup apprécié aussi (c'est trés bien filmé, paysage, technicolor, etc...), je rajouterais deux petits bémols. Et d'un, il manque un acteur charismatique en tête d'affiche. Et de deux, c'est le remake flagrant du film Sahara avec Humphrey Bogart, ce qui gache un peu le plaisir d'un aficionado qui découvre ce western "inédit".
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Kevin95
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Post by Kevin95 »

L'étranger... wrote: il manque un acteur charismatique en tête d'affiche.
Je trouve l'acteur Broderick Crawford assez charismatique dans son rôle du sergent têtu et colérique.
L'étranger... wrote:c'est le remake flagrant du film Sahara avec Humphrey Bogart, ce qui gache un peu le plaisir d'un aficionado qui découvre ce western "inédit".
C'est plus une certaine forme de remake (ou de référence) à La Chevauchée fantastique, reprenant les formes narratives, la diligence, l'intrigue et les mêmes personnages stéréotypé du film de Ford.
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L'étranger...
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Post by L'étranger... »

Kevin95 wrote:
L'étranger... wrote:c'est le remake flagrant du film Sahara avec Humphrey Bogart, ce qui gache un peu le plaisir d'un aficionado qui découvre ce western "inédit".
C'est plus une certaine forme de remake (ou de référence) à La Chevauchée fantastique, reprenant les formes narratives, la diligence, l'intrigue et les mêmes personnages stéréotypé du film de Ford.
Toi, ça se voit que tu n'as pas vu Sahara ! :lol:
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Kevin95
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Post by Kevin95 »

L'étranger... wrote:Toi, ça se voit que tu n'as pas vu Sahara ! :lol:
Si en plus ! :wink:

C'est juste que j'ai plus pensé au Ford lors du visionnage du film, plutôt qu'a Sahara (quoiqu'en y repensant...). Toutefois, je pense qu'en tant que western, le film se rapproche très nettement de l'histoire de Stagecoach et du style de Ford, plutôt qu'un film de guerre (Sahara donc ...) où des personnages ayant plus de points communs (ce sont des soldats) que dans le film de De Toth, évoluent dans un no man's land tiraillé entre 2 feux (déserteurs aux yeux des américains, ennemis aux yeux des allemands). Or chez De Toth, les personnages sont de milieux différents et leurs seuls ennemis sont les indiens (du moins en apparence).
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Vic Vega
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Post by Vic Vega »

Jeremy Fox wrote: Le Cavalier de la mort (Man in the saddle) 1951
Très bonne série B.
Ca résume à peu près ce que j'en pense. Pas la grosse claque espérée pour le premier De Toth que je découvrais. Car si les passages hors action sont effectivement bien écrits c'est principalement la réalisation hautement efficace des scènes d'action qui m'a impressionné ici.
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Nestor Almendros
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Post by Nestor Almendros »

LA RIVIERE DE NOS AMOURS d'André de Toth

Sympathique western qui nous montre une civilisation blanche plutôt dangereuse par rapport aux indiens qui, eux, respectent l'Ouest (quelques répliques écolos appuient le discours). Kirk Douglas joue un peu trop les beaux gosses souriants à mon goût. Et la toute fin est assez vite expédiée.

Reste la superbe photographie du film, tourné en Oregon, magnifiée par un master sublime et quasi parfait. A part une colorimétrie instable sur certains plans (qui tirent un peu sur le jaune) et 2-3 points blans, c'est parfait. Pour une fois, bravo MGM, même si un dvd5 c'est tout juste!
Fatalitas
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Post by Fatalitas »

La Chevauchée des bannis en fevrier sur Cinéclassic :wink:
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Jeremy Fox
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Post by Jeremy Fox »

Après avoir écrit pour le site sur deux des six films du duo Randolph Scott / André De Toth, j'ai voulu me faire un cycle maison et revoir l'ensemble de ce sextuor. Il va sans dire que pour un fan de série B, ce fut un régal même si l'on y trouve aucun chef-d'oeuvre et malgré que l'un des 6 soit sans grand intérêt et pour tout dire baclé. Un style reconnaissable en tout cas à travers ces longs travellings latéraux lors des chevauchées et poursuites et les morts souvent assez violentes qui parsèment ces films pour cause de 'Bad Guy' souvent très 'méchants'. A propos des acteurs, James Millican, avec sa trogne patibulaire et inquiétante est le plus remarquable méchant de service de cette série de westerns et Randolph Scott prouve que, sans atteindre des sommets, était bel et bien un acteur tout à fait à sa place dans le genre, monolithique mais souvent très bon, incarnant à la perfection le mythe de l'Homme de l'Ouest tel que nous le déclinait le Hollywood des années 50, pas nécessairement manichéen mais dur et obstiné et malgré tout humain.

Par ordre chronologique donc :

Le Cavalier de la mort (Man in the Saddle) est celui dont les personnages sont les plus fouillés et les plus attachants et où les rôles féminins possèdent une certaine importance. Le film bénéficie aussi d'un méchant de belle envergure en la personne de Alexander Knox et de quelques séquences pour le moins originale telles un gunfight dans l'obscurité ou un duel final dans les rues balayées par une tempête de poussière. J'en parle plus longuement dans ma chronique.

Les Conquérants de Carson City (Carson City) est le plus conventionnel du lot même si Randolph Scott interprète non pas un cow-boy mais un ingénieur travaillant dans la construction de voies ferrées, empêché de faire son travail par une bande de pilleurs de diligences ayant peur de perdre leur gagne pain avec le remplacement de la diligence par le train. C'est dans ce film que le personnage qu'interprète Randolph Scott est le moins ambigu, le plus lisse, le moins intéressant. Ceci dit, le film est très correctement réalisé et le scénario, même s'il ne ménage aucune surprise est assez solide. Une belle séquence d'éboulement de la montagne suivi de l'enfermement des ouvriers dans un tunnel et un duel final encore une fois très efficace. Sympathique même si plutôt fade.

Les Masacreurs du Kansas (The Stranger wore a gun) est le seul mauvais film de cette 'série'. Tourné pour la 3D, on a l'impression que tout le monde ne s'est concentré que sur cette nouvelle technique au détriment de l'écriture et de la mise en scène. Bref, ça démarrait très bien mais malgré l'action incessante, on se désinteresse rapidement de l'intrigue et des personnages.

La Trahison du Capitaine Porter (Thunder over the plains) : Après la guerre de Sécession, les texans se voient taxés plus que de coutume et spoliés de leurs terrains pour une bouchée de pain par des hommes d'affaires sans scrupules, les Carpetbaggers. Les Tuniques Bleues sont chargés de faire respecter la loi mais le Capitaine Porter (Randolph Scott) accomplit sa mission sans enthousiasme, furieux de voir les vaincus maltraités de la sorte. Il ne fait donc aucun effort pour traquer une bande de renégats qui se révolte contre les sales manières des fonctionnaires véreux. Il arrivera cependant à rétablir une justice plus équitable en faisant des infidélités à son uniforme et le le Texas pourra alors rentrer dans les rangs de l'Union... Comme on peut le constater, une excellente idée de scénario pour un western qui se révèle pourtant un peu trop routinier mais néanmoins très plaisant. Plastiquement parlant, ce film comporte les plus beaux plans de la série.

Le Cavalier traqué (Riding Shotgun) : Un homme à la recherche d'un autre qu'il souhaite tuer par vengeance. Le second fera tout pour qu'on soupçonne le premier de faire partie de son gang ; résultat, Randolph Scott arrivant dans une petite ville, sera traité comme l'ennemi public numéro un, soupçonné du meurtre d'un conducteur de diligence, et sera traqué comme un chien à l'intérieur de cette même ville. Seul contre tous, contre la bêtise de la foule excitée, contre les notables et les bandits... Le plus épuré, le plus court, l'intrigue la plus simple et linéaire et au final, un petit bijou assez jouissif même si la fin est une nouvelle fois trop vite expédiée. James Millican se révèle ici un beau salaud de cinéma, à l'égal d'un Lee Marvin ou Ersnt Borgnine.

Terreur à l'Ouest (The Bounty Hunter) : Un chasseur de primes est engagé par l'agence de détective Pinkerton cette dernière ayant été incapable de retrouver trois meurtriers. Il arrive dans la ville où il pense les dénicher mais ne disant rien à personne de sa mission. 5 ans avant le célèbre Une Balle signée X, sa seule apparition rend nerveux tous les habitants chacun d'eux ayant quelquechose à se reprocher et tous pensant que cette terreur du Far West, froid et sans une once de sensibilité, est venue pour eux. Les "punchlines" fusent de la bouche d'un Randolph Scott qui a rarement été aussi bon. Il ne se démonte jamais et fonce bille en tête n'ayant qu'une chose à l'esprit, la réussite de sa mission et l'âppat du gain. Bien sûr, ce n'est pas une brûte sanguinaire et il possède en fait une autre raison moins pragmatique mais il n'en fait presque jamais rien ressortir. Scénario très malin puisque je défie quiconque de repérer les 3 meurtriers à l'avance, dialogues absolument délicieux manaint l'ironie à la perfection et aucune baisse de rythme dans la mise en scène. Le meilleur film du cycle avec Randolph Scott et le meilleur de ses westerns avec le bucolique et pro indien La Rivière de nos amours et le hiératique et étonnant La Chevauchée des bannis , ce dernier se déroulant quasi intégralement aux milieux de paysages enneigés.

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La Mission du Commandant Lex (Springfield Rifles, 1952) de André De Toth
WARNER


Avec Gary Cooper, Phyllis Thaxter, David Brian, Paul Kelly, James Millican, Lon Chaney Jr, Guinn 'Big Boy' William, Alan Hale Jr
Scénario : Charles Marquis Warren et Frank Davis d’après une histoire de Sloan Nibley
Photographie : Edwin B. DuPar (Warnercolor)
Musique : Max Steiner
Une production : Louis F. Edelman pour la Warner Bros


Sortie USA : 22 octobre 1952

En 1952, nous aurons eu droit à deux excellents films de Budd Boetticher et, à peine plus de six mois après Les Conquérants de Carson City, voici également un deuxième western signé André De Toth. Pour le plus grand bonheur des amateurs de série B, les deux réalisateurs les plus doués dans ce domaine s’avéraient alors tout aussi prolifiques. Cependant, les deux films du ‘4ème borgne d’Hollywood’ ont pour cette année bénéficié d’un budget de série A, la Warner n’ayant pas craché sur les dépenses à ces deux occasions. Malheureusement, dans la filmographie de Gary Cooper, Springfield Rifle eut le malheur de suivre immédiatement Le Train sifflera trois fois (High Noon) et de pâtir de la comparaison. Comparaison qui n’avait pas vraiment lieu d’être, ces deux westerns n’ayant absolument rien en commun si ce n’est leur acteur principal, le second n’étant, de par son intrigue et son traitement, qu’une simple série B dont le but était de divertir alors que High Noon se voulait beaucoup plus adulte et sérieux. Depuis lors, on sait très bien que les qualités d’un western ne se jugent pas uniquement aux messages qu’il veut bien véhiculer ou à ses intentions et que bon nombre de séries B ont bien mieux vieillies que certains de leurs homologues plus ‘prestigieux’. Ce n’est évidemment pas une règle absolue (loin de là même) mais on peut déplorer que Sprinfield Rifle ait financièrement et auprès de la critique souffert de la présence encore sur les écrans de son illustre prédécesseur.

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1864 au Colorado. Depuis quelques temps, les troupeaux de chevaux nordistes, essentiels à la progression des armées durant la Guerre de Sécession, sont régulièrement pillés. Un nouveau cheptel conduit par le major Lex Kearney (Gary Cooper) est abandonné sans combattre pour éviter des pertes humains inutiles. Dénoncé par son second, le Capitaine Tennick (Philip Carey), Keaney passe pourtant en cour martiale pour lâcheté devant l'ennemi et, en dépit de ses états de service, est chassé de l'armée après qu'on lui ai peint une bande de peinture jaune sur sa chemise blanche, marque de l'infamie. Il n’a plus le droit de franchir une enceinte militaire sous peine de mort. D’autre part, un détective est engagé pour découvrir qui peut bien renseigner les voleurs sur les itinéraires empruntés par les convois. Alors que Lex est retourné à la vie civile au grand soulagement de son épouse (Phyllis taxter), Tennick le provoque jusqu'à le faire pénétrer dans l'enceinte d’un fort. Il est fait prisonnier et se retrouve en compagnie de deux soldats confédérés avec qui il réussit à s'évader. Il se fait embaucher par leur patron, Austin McCool (David Brian), qui se révèle être le chef de la bande des pillards de chevaux, composée de brigands, de déserteurs et de Sudistes. Sa couverture : il vend aussi des chevaux à l'armée Nordiste, les mêmes qu'ils volera plus tard pour les revendre au camp adverse. Alors que Lex revient en ville, le lieutenant colonel Hudson (Paul Kelly), un grand ami de la famille, lui apprend que son fils a fugué de l’école, honteux d'avoir appris que son père s’était révélé être un couard et un traître…

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Pauvre Gary Cooper ! Et nous sommes loin d’être au bout de nos étonnements. Ne pouvant pas dire grand chose de plus de l’intrigue sans en déflorer d’importants éléments, nous signalerons juste l’intelligence qu’ont eu les producteurs américains d’avoir choisi un titre passe-partout, les fameux Springfield Rifle (fusils à répétition adoptés par l’armée américaine après cette guerre civile) n’apparaissant dans le courant du film que lors de la bataille finale alors que le titre français aurait tendance à être bien trop explicite. Mais j’ai peur d’en avoir déjà trop dit et avoir fait deviner que tout ceci pourrait n'être qu'une mascarade. "J'ai toujours en mémoire la scène -et même les cadrages, la musique de Max Steiner- où l'on chasse Gary Cooper de l'armée pour cause de lâcheté. J'éprouve d'ailleurs toujours le même choc quand on le marque dans le dos, ultime infamie, d'un grand trait de peinture jaune qui abîme sa chemise blanche. J'avais douze ans. J'étais atterré et en même temps je savais que cela ne pouvait être 'vrai' en terme de fiction, que Gary Cooper, mon idole à l'époque (et qui l'est resté) ne pouvais pas se comporter ainsi. Malgré tout, je devais lui garder ma confiance et mon amitié." Ainsi Bertrand Tavernier évoque ce souvenir d’enfance dans le prologue à son interview du cinéaste dans son ouvrage ‘Amis américains’. J’avais 16 ans lors de ma découverte du film passé à ‘La Dernière séance’ en avril 1983 et j’ai éprouvé à peu près les mêmes sensations à cette époque. Gary Cooper ne pouvait pas avoir été un lâche même s’il avait de bonnes raisons de le faire, éviter les morts inutiles qu’il y aurait eu si le combat avec les voleurs de chevaux avait été engagé. Mais traître à sa cause par dessus le marché, c’en était trop !

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Beaucoup vous diront que le film ne se tient que par son twist , vous savez ce coup de théâtre de dernière minute qui vous fait tout remettre en cause ce que vous aviez cru comprendre ou deviner jusqu’à présent. Si vous ne voyez pas ce dont je parle, pensez aux célèbres et récents films à twists finaux que sont par exemples ceux de M. Night Shyamalan (Le Sixième sens) ou encore Les Autres de Alejandro Amenabar. A ceux là, je rétorquerais qu’au bout de plusieurs visions, même connaissant le retournement de situation arrivant à mi film (44ème minute exactement), le travail d’écriture est à ce point parfait qu’il en reste jouissif à chaque fois : l’ensemble se tient tout à fait et reste totalement crédible de bout en bout. Et de toute manière, la surprise n'est finalement qu'un secret de polichinelle puisque ce western d’André De Toth inspiré, comme Carson City par une solide et originale histoire de Sloan Nibley (spécialisé avant tout dans les scénarios des films avec Roy Rogers), introduit dès le début le thème de l’espionnage et du contre espionnage à l’époque de la Guerre de Sécession : "Je me suis dit un beau jour, que dans toutes les guerres, il y avaient eu des espions. Pourquoi pas durant la Guerre de Sécession ? Charles Marquis Warren connaissait très bien l'histoire de l'Ouest, et il m'a donné des détails curieux". Détail intéressant, pour l’armée, il n’était pas question à l’époque de se lancer dans l’espionnage, leur sens de l’honneur leur faisant dire qu’un soldat ne pouvait être dans le même temps un espion. Quelques discussions ont lieu à ce propos dans le courant du film, qui s’avèrent vraiment captivantes par l’exposition des différents points de vue. Bref, sachant cela, il devenait évident que les dés étaient pipés dès le départ même si comme je le disais ci-dessus, ça se tient parfaitement bien. Quoiqu'il en soit, il s'agit d'une thématique nouvelle au sein du western et l'intrigue qui en découle s'avère réjouissante pour le spectateur.

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Les fusils Springfield du titre original ne font leur apparition qu’en toute fin mais sont d’un précieux secours pour nos héros puisque ce seront grâce à eux que le petit bataillon conduit par gary Cooper arrivera à se sortir de la mauvaise passe dans laquelle il était tombé. Même si on en parlera finalement assez peu dans le courant de l’intrigue, ils auront eu leur importance, historiquement aussi puisque ce sont les armes à répétition grâce auxquelles l’armée nordiste aura pu s’assurer une victoire plus rapide (enfin, c’est un des éléments, loin d’être le seul). Quoiqu’ils en soit, l'intérêt de La Mission du Commandant Lex commence par ce double contexte historique : l’émergence du contre-espionnage aux États-Unis et l'apparition du fusil de Springfield durant la guerre civile. La première heure du film est à ce sujet enthousiasmante, bénéficiant d’un scénario aux multiples surprises et rebondissement jusqu’à ce surprenant retournement de situation à mi parcours. La suite sera plus traditionnelle mais tout aussi efficace et jubilatoire, ne perdant rien de la qualité dramatique de son écriture.

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"Mais le film que vous avez vu n'est qu'un squelette. En fait j'avais tourné l'un des films les plus longs après Gone with the Wind, presque deux heures et demie, et on m'en a coupé près de trois quart d'heure. On a supprimé tout ce qui humanisait les personnages et notamment celui de Gary Cooper dans ses relations avec sa femme. Sans parler de longues scènes dans la neige et d'une bataille dans la brume. Elle, je l'avais vraiment tournée dans la brume. Les combattants se cherchaient et ne se voyaient pas. C'était magnifique. Mais il n'en reste rien" dira le cinéaste toujours à Bertrand Tavernier. Et c’est là que l’on se dit qu’avec ses 45 minutes complémentaires, le film aurait finalement pu être un chef d’œuvre du genre. Car les rares reproches qu'on pouvait lui faire, c’était justement le manque de profondeur des personnages, le peu de temps étant accordé à certains dont celui interprété par Phyllis Taxter, femme aimante au point de se réjouir de l’éviction de son époux de l’armée (métier qu’elle estimait trop dangereux) mais femme qui ne se laisse pas marcher sur les pieds, ne supportant plus que son mari lui cache ses nouvelles activités, lui reprochant de ne pas avoir assez confiance en elle. La réaction qu’il aura face à cette révolte sera d’ailleurs assez violente, la renvoyant carrément à ses casseroles ! Un violent relent de machisme, une colère injustifiée qui rend Lex du coup encore plus humain. Dommage que les séquences mettant en scène le couple aient presque toutes été coupées car au vu de celles qui restent, c’aurait très bien pu valoir sacrément le coup. Il en va de même avec le jeune fils dont on entend parler mais qu’on apercevra seulement à la toute dernière image lors d'un joli happy end.

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Gary Cooper est très en forme et semble très à son aise dans le rôle du commandant Lex. Mais la belle brochette de seconds rôles ne démérite pas, loin s’en faut. Tout d’abord David Brian, encore une fois parfait en chef de gang, ainsi que son bras droit joué par l’inquiétant Lon Chaney Jr. qui a l’occasion de se battre très violemment avec Gary Cooper lors d’une énergique séquence de bagarre à poings nus sur une pente neigeuse (ça doit vous rappeler une scène identique dans Le Cavalier de la mort – Man in the Saddle du même réalisateur l’année précédente). Mais aussi Paul Kelly et Philip Carey dont les noms ne vous diront probablement pas grand-chose mais dont vous connaissez obligatoirement les visage (voire la troisième capture). André de Toth et son scénariste ne sacrifient personne et proposent un traitement équivalent à tous leurs protagonistes ; du coup, la plupart des comédiens exécutent leur travail à la perfection. Ils évoluent au sein de paysages divers et variés mais toujours magnifiquement photographiés et filmés (la plupart à Lone Pine), Edwin DuBar réussissant un très beau travail à l'aide du WarnerColor : les tuniques bleues scintillent, l'incendie final resplendit, les décors et costumes sont magnifiés.

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Un ensemble sacrément mouvementé aux scènes d’action solidement découpées et redoutablement efficaces, agrémenté des habituels mouvements de caméra virtuoses et très ‘cinégéniques’ dont le réalisateur a le secret (je n’ai par contre pas remarqué ici ses habituels panoramiques à 360°), doté d'un montage formidablement rythmé (voire la séquence du procès tout en travellings filés et rapides), d’un score de Max Steiner au thème martial ayant très fière allure (on se situe ici très nettement au dessus de ceux concoctés par David Buttolph pour quasiment tous les westerns Warner de ces dernières années) ainsi que d’une très bonne interprétation d’ensemble. Parfois inutilement complexe, plus conventionnel dans sa seconde partie, il n’en reste pas moins un film qui file à 100 à l'heure sans jamais s'essouffler, une œuvre de très honnête exécution, dynamique et plastiquement superbe (voyez ces magnifiques plans des chevaux s'enfuyant au milieu d'un nuage de poussière). Amateurs de péripéties incessantes au sein d'une intrigue parfaitement bien ficelée, ce western hautement divertissant est fait pour vous !
Julien Léonard
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Post by Julien Léonard »

Merci Jeremy pour ce compte rendu qui va ravir encore une fois mon portefeuille très prochainement !! Faut que je prenne rendez-vous avec mon banquier... :mrgreen:

Je viens de voir "La rivière de nos amours" : magnifique western, Kirk Douglas excellentissime, superbe attaque du fort, scène merveilleuse dans la rivière, Elsa Martinelli superbe (quelle beauté !!)... Bref, je découvre André De Toth avec un certain bonheur !!

En ce moment, j'ai pour but de découvrir De Toth et Boetticher... et de redécouvrir Peckinpah... :wink:
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Jeremy Fox
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Post by Jeremy Fox »

Julien Léonard wrote:Merci Jeremy pour ce compte rendu qui va ravir encore une fois mon portefeuille très prochainement !! Faut que je prenne rendez-vous avec mon banquier... :mrgreen:
Ton portefeuille ne devrait pas souffrir immédiatement car nombre de ces westerns ne sont pas sortis en DVD. Les 4 manquants avec Randolph Scott étant des films Warner, on peut espérer de belles choses si le studio décide un jour à les sortir.
O'Malley
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Post by O'Malley »

Terreur à l'Ouest ne m'avait, à l'époque de sa diffusion à la télé, pas plus convaincu que Carson City ou Les massacreurs du Kansas; l'ensemble m'avait paru bien fade...