Delmer Daves (1904-1977)

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés avant 1980.

Moderators: cinephage, Karras, Rockatansky

User avatar
Cathy
Producteur Exécutif
Posts: 7281
Joined: 10 Aug 04, 13:48

Re: Delmer Daves (1904-1977)

Post by Cathy »



Et Sandra Dee et Troy Donahue sont très bien dans ce film !
User avatar
Jeremy Fox
Shérif adjoint
Posts: 93037
Joined: 12 Apr 03, 22:22
Location: Contrebandier à Moonfleet

Re: Delmer Daves (1904-1977)

Post by Jeremy Fox »

Dans le coffret indiqué par jeremy, un film n'est pas réalisé par Daves et est assez mauvais !


Il m'a bien amusé mais c'est clair qu'il n'a rien à voir
La montagne des neufs Spencer n'est pas un véritable mélodrame plus une chronique familiale telle qu'en ont réalisé de nombreux cinéastes hollywoodiens.
Exact : mais une fois encore magnifié par la mise en scène ; n'est-ce pas wagner ?
Les Daves c'est plus kitsch que Sirk mais bon j'adore les deux et j'aime aussi Peyton Place !
J'ai exagéré quant aux Sirk que j'apprécie quand même mais sans commune mesure avec ceux de Daves. Et j'aime aussi Peyton Place : lui manque juste une mise en scène plus inspirée
Wagner
Assistant opérateur
Posts: 2258
Joined: 2 Oct 04, 19:21
Location: Dans le temps

Re: Delmer Daves (1904-1977)

Post by Wagner »

Jeremy Fox wrote:
La montagne des neufs Spencer n'est pas un véritable mélodrame plus une chronique familiale telle qu'en ont réalisé de nombreux cinéastes hollywoodiens.
Exact : mais une fois encore magnifié par la mise en scène ; n'est-ce pas Wagner ?
yes
Image

Ego sum qui sum
User avatar
Cathy
Producteur Exécutif
Posts: 7281
Joined: 10 Aug 04, 13:48

Re: Delmer Daves (1904-1977)

Post by Cathy »

J'ai détesté le film avec Robert Conrad qui n'était pas encore James West. Pour Spencer's Mountain, j'ai juste spécifié que ce n'était pas un mélodrame, car tu parlais essentiellement du coffret et de Summer Place. Rome Adventures n'est pas non plus un mélo, mais c'est une jolie carte postale de l'Italie. Je dirai que ce qui compte pour moi dans un mélo, c'est avant tout l'histoire. Dans Parrish, il y a un côté documentaire sur la culture du tabac très intéressant, mais le film en souffre quand même un peu dans sa narration. Par contre Susan Slade m'avait énormément plu, car il avait tous les codes du mélo.
User avatar
Demi-Lune
Bronco Boulet
Posts: 14680
Joined: 20 Aug 09, 16:50
Location: Retraité de DvdClassik.

Re: Delmer Daves (1904-1977)

Post by Demi-Lune »

Image Image Image
Les passagers de la nuit (1947)

Quel plaisir de constater que le genre réserve encore de jolies découvertes comme celle-ci.
Je savais qu'il y avait un parti-pris de point de vue subjectif pendant la première demi-heure, mais je ne m'attendais pas à ce que ce soit aussi bien géré techniquement. Même si Montgomery a tenté le truc (intégralement) la même année avec La dame du lac et que Welles avait caressé de le faire pour son projet de premier long-métrage, ça reste un défi sacrément culotté et plutôt payant car on n'est pas dans le gadget esbroufeur. Le point de vue subjectif fait sens dans le film de Daves même si j'aurais aimé que le réalisateur préserve, jusqu'à la découverte du visage, la cohérence de son choix (pourquoi ne plus filmer en point de vue subjectif lors de la discussion avec le chauffeur de taxi ?). Il y a quelque chose d'assez fascinant dans cette manière de raconter l'histoire à la première personne... j'ai l'impression que c'est à moi que Bacall parle, ça fait tout drôle et c'est assez plaisant. :mrgreen:
Bacall qui sous la caméra de Daves est d'ailleurs belle à en crever.
J'ai également apprécié le tournage en extérieurs à San Francisco, comme le fera Welles avec La Dame de Shanghai. Ça renforce l'impact de l'ambiance.
Le "problème" des Passagers de la nuit, c'est que le parti-pris de la première demi-heure est tellement fort (avec une atmosphère de danger excellente) que le basculement du point de vue à la troisième personne entraîne une baisse d'intensité. Le film s’essouffle un peu à mon goût, d'autant que si l'enquête de Bogart reste plaisante à suivre, le "background" reste assez pauvre : trop peu de personnages interviennent pour qu'on ne devine pas longtemps à l'avance qui fait quoi. On croit que les choses vont être relancées avec un rebondissement totalement imprévu, mais en fait non, le film s'achève un peu précipitamment.
Cette petite frustration n'enlève cependant rien à la satisfaction générale d'avoir découvert un nouveau très bon film noir.
User avatar
Jeremy Fox
Shérif adjoint
Posts: 93037
Joined: 12 Apr 03, 22:22
Location: Contrebandier à Moonfleet

Re: Delmer Daves (1904-1977)

Post by Jeremy Fox »

Entièrement d'accord même sur le ventre mou à mi-parcours. A ma connaissance, la seule réussite de l'utilisation de la caméra subjective avec le chef-d'oeuvre de Philippe Harel, La femme défendue
User avatar
Jeremy Fox
Shérif adjoint
Posts: 93037
Joined: 12 Apr 03, 22:22
Location: Contrebandier à Moonfleet

Re: Delmer Daves (1904-1977)

Post by Jeremy Fox »

Pat Wheeler
Assistant(e) machine à café
Posts: 241
Joined: 6 Jan 13, 12:54

Re: Delmer Daves (1904-1977)

Post by Pat Wheeler »

Image

Cycle DD conclué en beauté avec La Montagne des Neufs Spencer dans lequel le cinéaste ne rechigne devant aucun des codes du mélo et du film familial mais où tout fonctionne de façon quasi miraculeuse. On retrouve cette honnêteté désarmante de Daves dans la manière de nous conter toutes ces péripéties (qui auraient pu paraître insupportablement téléphonées et mélodramatiques entre les mains d'un tâcheron), le réalisateur étant bien aidé par ses acteurs, d'un Fonda toujours aussi impérial à une Maureen O'Hara céleste en passant par la toute jeune Mimsy Farmer qui fait déjà des ravages. La mise en scène n'est pas en reste avec ces paysages majestueux que capture parfaitement la photo en Scope. Une très belle surprise, dans la lignée de ces fresques lyriques et généreuses dont Daves se fera une spécialité depuis A Summer Place.
Image
User avatar
Jeremy Fox
Shérif adjoint
Posts: 93037
Joined: 12 Apr 03, 22:22
Location: Contrebandier à Moonfleet

Re: Delmer Daves (1904-1977)

Post by Jeremy Fox »

Pat Wheeler wrote:Image

Cycle DD conclué en beauté avec La Montagne des Neufs Spencer dans lequel le cinéaste ne rechigne devant aucun des codes du mélo et du film familial mais où tout fonctionne de façon quasi miraculeuse. On retrouve cette honnêteté désarmante de Daves dans la manière de nous conter toutes ces péripéties (qui auraient pu paraître insupportablement téléphonées et mélodramatiques entre les mains d'un tâcheron), le réalisateur étant bien aidé par ses acteurs, d'un Fonda toujours aussi impérial à une Maureen O'Hara céleste en passant par la toute jeune Mimsy Farmer qui fait déjà des ravages. La mise en scène n'est pas en reste avec ces paysages majestueux que capture parfaitement la photo en Scope. Une très belle surprise, dans la lignée de ces fresques lyriques et généreuses dont Daves se fera une spécialité depuis A Summer Place.

Tout pareil : superbe :)
Pat Wheeler
Assistant(e) machine à café
Posts: 241
Joined: 6 Jan 13, 12:54

Re: Delmer Daves (1904-1977)

Post by Pat Wheeler »

Jeremy Fox wrote:Tout pareil : superbe :)
C'est le film qui m'a décidé à placer Daves parmi les plus grands de son temps. :)

Un petit top récapitulatif:

J'adore:
3h10 pour Yuma
Ils n'ont que Vingt Ans
Susan Slade
La Montagne des Neuf Spencer

J'aime beaucoup:
La Maison Rouge
Les Passagers de la Nuit
La Flèche Brisée
La Dernière Caravane
L'Or du Hollandais

J'aime bien:
L'Orgueil des Marines
L'Homme de Nulle Part
Cow-boy
La Soif de la Jeunesse

Je tolère:
Le Retour du Texan
La Colline des Potences
Amours à l'Italienne

J'ai du mal:
L'Aigle Solitaire
Image
User avatar
Jeremy Fox
Shérif adjoint
Posts: 93037
Joined: 12 Apr 03, 22:22
Location: Contrebandier à Moonfleet

Re: Delmer Daves (1904-1977)

Post by Jeremy Fox »

Pat Wheeler wrote:
Jeremy Fox wrote:Tout pareil : superbe :)
C'est le film qui m'a décidé à placer Daves parmi les plus grands de son temps. :)
Ce n'est pas trop tôt :mrgreen: 8)
User avatar
Jeremy Fox
Shérif adjoint
Posts: 93037
Joined: 12 Apr 03, 22:22
Location: Contrebandier à Moonfleet

Re: Delmer Daves (1904-1977)

Post by Jeremy Fox »

Le western du Week-End : La colline des potences
Hitchcock
Electro
Posts: 967
Joined: 9 Dec 13, 13:34
Location: Londres

Re: Delmer Daves (1904-1977)

Post by Hitchcock »

Jeremy Fox wrote:Le western du Week-End : La colline des potences
Très jolie critique ! Je viens de le découvrir justement (le dernier western de Daves qui me restait à voir).
User avatar
Profondo Rosso
Howard Hughes
Posts: 16813
Joined: 13 Apr 06, 14:56

Re: Delmer Daves (1904-1977)

Post by Profondo Rosso »

La Flèche brisée (1950)

Image

L'Arizona en 1870. Le pionnier Tom Jeffords, las des hostilités incessantes entre Blancs et Peaux-Rouges, prend l'initiative d'établir un traité de paix avec les Apaches. Il apprend leur dialecte et entre seul sur le territoire de Cochise. A sa grande surprise, il découvre un peuple paisible, auquel il tente bientôt de s'intégrer. Devenu frère de sang de Cochise, il épouse une jeune princesse,

La Flèche brisée représente une date dans l'histoire du western en étant un des premiers si ce n'est le premier film du genre à être pro indien. Ce traitement tient grandement aux velléités humanistes de Daves qui les prolonge dans ce qui sera son premier western et où il s'astreint du manichéisme de rigueur jusque-là concernant les indiens. Pour ce faire, il adapte le roman Blood Brother d'Elliott Arnold paru en 1947, le scénario étant signé par son scénariste Albert Maltz sous le pseudo Michael Blankfort puisqu'il fut l'un des Dix d'Hollywood alors sous le coup de la « Liste noire ». James Stewart, l'une des plus belles incarnations de cette idée humanisme à l'écran tiendra le rôle principal et avec le Winchester 73 d'Anthony Mann sorti cette même année, il change son image de cinéma plutôt associée à la comédie ou au mélodrame pour représenter à son tour une certaine idée de l'"American hero".

La force de La Flèche brisée c'est de ne jamais privilégier un point de vue pour constamment placer indiens et hommes blanc sur un constant pied d'égalité, dans leur bonne volonté comme leur travers. Le film cède ainsi parfois à un didactisme qui pourra par moments paraître appuyé et aussi à certaines conventions (Jeff Chandler soi un pur américain grimé pour jouer le chef indien Cochise, la convention poétique habilement introduite faisant que tous les indiens parlent anglais) mais l'on ressent constamment une volonté de compréhension et de pédagogie maximale dans l'approche de Delmer Daves. Tout cela s'illustre à l'écran à travers le personnage de Tom Jeffords (James Stewart). Ancien soldat reconverti en chercheur d'or, il a suffisamment vu de massacres pour ne pas céder à l'appel de la haine ordinaire. C'est dans cette volonté qu'il soignera par pur altruisme un jeune indien blessé qu'il croisera sur sa route. Ce dernier à bout de forces tentera pourtant par pur réflexe de le tuer avant une fois guéri de lui manifester sa reconnaissance. Ainsi lorsque d'autres membres adultes de la tribu les rejoindront, malgré leur haine et leur rancœur ils sauront épargner Jeffords et le laisser partir libre. Ce sens moral est pour notre héros le signe d'un rapprochement et d'une paix possible si les deux camps daignent se montrer loyaux et respectueux l'un envers l'autre.

Le film est une alternance constante d'apaisement à l'imagerie élégiaque avec une vraie furie, preuve de cette paix possible mais fragile. La découverte des us et coutumes indiens par Jeffords, sa romance avec la belle Soonseearhay (Debra Paget), tout cela pourrait contribuer à une approche anthropologique et contemplative à laquelle Daves refuse toujours de céder complètement. Chaque avancée positive est mise en parallèle avec un éclair de violence montrant les tensions encore vivace : les apaches laissent circuler le courrier tout en massacrant une garnison militaire, l'amour de Jeffords et Soonseearhay s'épanouit dans une scène somptueuse au bord d'un lac avant un final tragique. Cette instabilité est d'ailleurs annoncée dès le départ, la clémence envers Jeffords n'empêchant pas les indiens de tuer sous ces yeux des hommes blancs de passages et coupable de tueries antérieures. Ce cercle vicieux de la violence ne peut être stoppé que par des hommes de bonne volonté et on saluera là l'interprétation de Jeff Chandler représentant réellement la droiture et la sagesse incarnée en chef Cochise. Les écarts des renégats des deux camps ne sauront l'écarter de cette voie et le film évite de céder à une forme d'abstraction idéalisée en mettant toujours ses choix en situations (le mariage, la tentative d'assassinat de Jeffords), le plus poignant intervenant à la fin avec un James Stewart passant de l'humaniste à tout simplement l'homme ivre de vengeance balayant tous ses préceptes. Stewart représente dans cette curiosité de l'autre, cette romance puis et détresse finale un repère tangible pour le spectateur qui vit les évènements par un prisme plus intime et moins solennel. Delmer Daves offre une mise en scène à hauteur d'hommes dans les instants de rapprochement, sobre pour sceller l'amitié fraternelle entre Cochise et Jeffords ou romantique (et annonçant ses mélodrames) pour le couple mixte avec ce moment sublimement cadré où les amoureux s'alanguissent près d'un lac avec les montagnes en arrière-plan. Le chaos et la confusion ont cours lors des moments guerriers que le réalisateur n'interrompt que par l'intervention d'un guide et symbole de la paix que ce soit Cochise à plusieurs reprises (voir même lors de simple tension psychologique comme la rébellion de Geronimo) ou le général "Chrétien" (Basil Ruysdael) empêchant le lynchage de Jeffords. Un message magnifique et idéalement traité qui aurait une longue descendance parmi nombre de westerns à suivre lors des décennies suivantes. 5/6
kiemavel
Assistant opérateur
Posts: 2191
Joined: 13 Apr 13, 09:09

Re: Delmer Daves (1904-1977)

Post by kiemavel »

Image


L'oiseau de paradis (Bird of Paradise) http://www.dvdclassik.com/forum/viewtop ... 5#p2412925