Vincente Minnelli (1903-1986)

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés avant 1980.

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Cathy
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Re: Vincente Minnelli (1903-1986)

Post by Cathy »

Alexandre Angel wrote:
Absolument again, probablement l'autre grande comédie de Minnelli avec la géniale Femme modèle, même si plus mineure en apparence. Ce Qu'est ce que Maman comprend à l'amour ? est méconnu et sous-évalué.
Une de mes comédies de chevet, le duo Rex Harrison, Kay Kendall est irrésistible !
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Alexandre Angel
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Re: Vincente Minnelli (1903-1986)

Post by Alexandre Angel »

Cathy wrote:le duo Rex Harrison, Kay Kendall est irrésistible !
La grande classe..
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moonfleet
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Re: Vincente Minnelli (1903-1986)

Post by moonfleet »

Cathy wrote:
Alexandre Angel wrote:
Absolument again, probablement l'autre grande comédie de Minnelli avec la géniale Femme modèle, même si plus mineure en apparence. Ce Qu'est ce que Maman comprend à l'amour ? est méconnu et sous-évalué.
Une de mes comédies de chevet, le duo Rex Harrison, Kay Kendall est irrésistible !
Alexandre Angel wrote:
Cathy wrote:le duo Rex Harrison, Kay Kendall est irrésistible !
La grande classe..
Oui leurs échanges de dialogue sont très drôles, la complicité entre Kay et Rex est évidente et apporte beaucoup, les personnages secondaires sont bien campés (Angela Lansbury..), l'une des rares comédies où je peux rire à chaque nouvelle vision, et puis John Saxon est trop mignon ...mais ça c'est subjectif (comme le reste d'ailleurs :mrgreen: )

A noter que l'édition Les Trésors Warner vendue à la fnacos ne rend pas honneur au film, l'image est à la limite du flou :evil:
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La qualité d'image est un peu mieux sur le zone 1
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Sans sous-titres mais la jaquette est plus jolie.
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Re: Vincente Minnelli (1903-1986)

Post by Rashomon »

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Profondo Rosso
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Re: Vincente Minnelli (1903-1986)

Post by Profondo Rosso »

La Femme modèle (1957)

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Michael Hagen, reporter sportif, et Marilla Brown, dessinatrice de mode, se marient sur un coup de tête, peu après leur rencontre. Les heureux époux découvrent assez rapidement qu'ils n'ont rien en commun. Marilla déteste le milieu de la boxe et Michael ne supporte pas les relations professionnelles de sa femme. L'exiguïté de son studio l'a conduit à emménager dans le luxueux appartement de son épouse. Il s'y sent très vite mal à l'aise.

Vincente Minnelli signe une de ses comédies les plus irrésistibles avec ce charmant Designing Woman. Le sujet est amené par Helen Rose, célèbre costumière de la MGM et collaboratrice régulière de Minnelli dont George Wells va tirer un scénario. L'histoire en conjuguant humour et timing de screwball comedy et la recherche esthétique de ses comédies musicales. Le scénario est une merveille dans la description de l'opposition des contraires à travers le couple formé par Gregory Peck et Lauren Bacall. Si l'ouverture avec les différents protagonistes se présentant face caméra annonce des évènements fâcheux, la romance initiale escamote astucieusement les différences entre le journaliste sportif Michael Hagen (Gregory Peck) et la dessinatrice de mode Marilla Brown (Lauren Bacall). Le cadre idyllique de la Californie ensoleillée offre un arrière-plan radieux pour s'aimer, le jeu sur les ellipses (le séjour prolongé de Lauren Bacall qui ne peut plus quitter son homme), le sens du détail (Lauren Bacall et son appétit dévorant quand elle est amoureuse) et les idées narratives (la voix-off intérieure en contrepoint charmant trahissant leur émotion notamment Gregory Peck devinant les sentiments de Bacall après sa copieuse commande au restaurant) rendant touchante cette romance express aboutissant à un mariage improvisé.

Une fois le couple revenu dans son cocon New Yorkais, Minnelli va reprendre et décupler tous les éléments qui les ont réunis pour les faire s'affronter. Le déséquilibre sera graduel notamment par leurs classes sociales opposées, huppée pour Lauren Bacall et plus populaire avec Gregory Peck. L'appartement encombré de célibataire de Gregory Peck fait peine face à celui espacé et luxueux de Lauren Bacall, cette dernière sort horrifiée d'un match de boxe qu'il commente quand lui s'ennuiera ferme lors d'un de ses interminables défilé d mode. Quand les amis des uns et des autres cohabitent dans la même pièce, là encore l'effet comique naît de la partie de poker enfumée et macho de Peck face à la lecture de pièce de théâtre des amis artistes de Bacall. Minnelli amène cet entrechoquement des mondes par son jeu sur l'espace et la caractérisation, les artistes investissant progressivement la pièce (notamment avec l'excellent personnage de chorégraphe joué par Jack Cole) tandis que les gens du commun imposent les personnalités les plus grotesques comme l'attachant boxeur retiré Maxie Stultz (Mickey Shaughnessy). L'explosion est pourtant à chaque fois évitée grâce aux sentiments du couple, en tout cas jusqu’à ce que la jalousie s’en mêle avec l’ex-petite amie Lori Shannon (Dolores Gray). La satisfaction et lâcheté ordinaire masculine ainsi que l'acuité féminine sont brillamment croqué par Minnelli dans ce jeu constant sur ce qui est pensé et montré. Peck aura beau feindre rencontrer pour la première fois Lori Shannon, Bacall a tout compris en un regard et une scène banale devient un génial moment de tension et de gêne. La psychologie très différente des sexes opposés revêt le même mordant lors d'un dialogue où Lauren Bacall mène la conversation vers des aveux possibles de Gregory Peck sur cette ancienne liaison, mas lui pensant au contraire que ce n'est certainement pas le moment de s'épancher. Gregory Peck (qui obtint le rôle après le retrait de James Stewart et Cary Grant initialement envisagés) est excellent dans un registre comique pas si souvent exploité de sa part, détournant ce qui fait habituellement le charisme de ses personnages (la présence physique virile, le flegme, l'éloquence) pour devenir des tares témoignant de son incompréhension du psychisme féminin. De même Lauren Bacall (qui elle supplante une Grace Kelly fraîchement princesse ce qui lui vaudra la phrase She got the prince, I got the part) égratigne aussi l'image de séductrice glaciale qu'on lui connaît (mais loin d'être son seul registre), absolument craquante d'imperfection tant dans le registre énamouré que la jalousie et la mauvaise foi.

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La mise en scène de Minnelli par son audace constante dynamise constamment le récit. Les trouvailles sont légions, dans le comique immédiat et franchement tordant (les lendemains de gueule de bois de Gregory Peck où le moindre bruit devient tonitruant) que dans une sorte de génie pour l'effet à retardement parfois inattendu ou d'autant plus hilarant parce qu'on l'a vu venir de loin (Gregory Peck trahi par un chien récalcitrant et une chaussure trouée). Le moment où Lauren Bacall démaque sa rivale en reconstituant sa silhouette par le souvenir d'une photo déchirée relève ainsi du pu génie renforcé par le jeu outré de l'actrice qui renforce la drôlerie de la scène. L'intrigue policière bien intégrée à l'ensemble est néanmoins plus bancale mais elle conduit à un climax très réussi. Minnelli retrouve ses réflexes de comédie musicale dans la grande bagarre finale où non content de gérer parfaitement ses gags (Maxie Stultz boxant alliés comme ennemis sans distinction) il fait de la joute une véritable chorégraphie qui culmine avec l'arrivée du virevoltant danseur qui va corriger tout le monde dans un style comique et martial qui annoncerait presque les facéties d'un Jackie Chan. Un très bon moment donc, bourré de charme et mené tambour battant. 5/6
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Alexandre Angel
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Re: Vincente Minnelli (1903-1986)

Post by Alexandre Angel »

Lauren Bacall s'adressant à Gregory Peck à propos du boxeur Maxie : "Ton ami, là, celui qui n'a pas de nez."
Gregory Peck : "Mais si il a un nez, mais il est à l'intérieur." :mrgreen:
Ce film est par moment extrêmement drôle, annonçant même la Blake Edwards' touch (la scène des raviolis, presque gore) et le caniche de Lori Shannon est le plus fun de l'Histoire (on dirait un chanteur de doo wop).
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Profondo Rosso
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Re: Vincente Minnelli (1903-1986)

Post by Profondo Rosso »

Alexandre Angel wrote:Lauren Bacall s'adressant à Gregory Peck à propos du boxeur Maxie : "Ton ami, là, celui qui n'a pas de nez."
Gregory Peck : "Mais si il a un nez, mais il est à l'intérieur." :mrgreen:
Celle-ci m'a bien plié surtout quand tu recroises le boxeur (qui arrive à être assez touchant sous le ridicule) et que tu te prends à chercher son nez aussi :mrgreen: Et effectivement ça préfigure un peu Blake Edwards dans certaines situations outrancières.
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Jeremy Fox
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Re: Vincente Minnelli (1903-1986)

Post by Jeremy Fox »

Profondo Rosso wrote:
Alexandre Angel wrote:Lauren Bacall s'adressant à Gregory Peck à propos du boxeur Maxie : "Ton ami, là, celui qui n'a pas de nez."
Gregory Peck : "Mais si il a un nez, mais il est à l'intérieur." :mrgreen:
Celle-ci m'a bien plié surtout quand tu recroises le boxeur (qui arrive à être assez touchant sous le ridicule) et que tu te prends à chercher son nez aussi :mrgreen: Et effectivement ça préfigure un peu Blake Edwards dans certaines situations outrancières.

Pareil et bien d'accord avec ton avis Profondo :wink: Te reste à voir sa comédie la plus irrésistible selon moi (en même temps que la plus touchante ; ce qui n'est pas incompatible) : il faut marier papa. A moins que tu connaisses déjà ? Oui je sais, ça fait plus de 10 ans que je fais du prosélytisme pour ce film :oops:
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Alexandre Angel
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Re: Vincente Minnelli (1903-1986)

Post by Alexandre Angel »

Jeremy Fox wrote:Te reste à voir sa comédie la plus irrésistible selon moi (en même temps que la plus touchante ; ce qui n'est pas incompatible) : il faut marier papa
C'est un excellent Minnelli qu'il faudrait que je revoie mais nettement moins loufoque (il est même dramatique par endroits) que Designing.. Dans un registre plus mineur mais néanmoins rigolo, je suis loin d'avoir un mauvais souvenir de La Roulotte du plaisir (The long, long trailer, 1953) avec Lucille Ball et Desi Arnaz.
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Jeremy Fox
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Re: Vincente Minnelli (1903-1986)

Post by Jeremy Fox »

Alexandre Angel wrote:
Jeremy Fox wrote:Te reste à voir sa comédie la plus irrésistible selon moi (en même temps que la plus touchante ; ce qui n'est pas incompatible) : il faut marier papa
C'est un excellent Minnelli qu'il faudrait que je revoie mais nettement moins loufoque (il est même dramatique par endroits) que Designing.. Dans un registre plus mineur mais néanmoins rigolo, je suis loin d'avoir un mauvais souvenir de La Roulotte du plaisir (The long, long trailer, 1953) avec Lucille Ball et Desi Arnaz.

Ah oui, ce n'est pas du tout le même genre de comédie, plutôt douce-amère. La Roulotte du plaisir est assez réjouissant en effet, non seulement par son utilisation splendide des paysages naturels mais aussi par le fait d'être un véritable jeu de massacre à l'encontre des valeurs familiales. Une comédie quasi burlesque.
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Re: Vincente Minnelli (1903-1986)

Post by Profondo Rosso »

Jeremy Fox wrote: Te reste à voir sa comédie la plus irrésistible selon moi (en même temps que la plus touchante ; ce qui n'est pas incompatible) : il faut marier papa. A moins que tu connaisses déjà ? Oui je sais, ça fait plus de 10 ans que je fais du prosélytisme pour ce film :oops:

Et non toujours pas vu malgré ton lobbying :mrgreen: Mais ce sera réparé bientôt :wink:
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Re: Vincente Minnelli (1903-1986)

Post by Kevin95 »

Jeremy Fox wrote:Te reste à voir sa comédie la plus irrésistible selon moi (en même temps que la plus touchante ; ce qui n'est pas incompatible) : il faut marier papa.
Faudrait peut être que je lui redonne une chance... Lors de sa diffusion sur TCM il y a une dizaine d'années, je me suis endormis au bout de vingt minutes sans oser en parler sur Classik (aujourd'hui ya prescription). :oops:
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ou c'était sur DVDrama, je ne sais plus
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Re: Vincente Minnelli (1903-1986)

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Kevin95
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Re: Vincente Minnelli (1903-1986)

Post by Kevin95 »

Faut dire que Ron Howard, même gamin, est dur à encadrer.
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Jeremy Fox
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Re: Vincente Minnelli (1903-1986)

Post by Jeremy Fox »

Kevin95 wrote:Faut dire que Ron Howard, même gamin, est dur à encadrer.
Je le trouve parfait dans le film.