Vincente Minnelli (1903-1986)

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés avant 1980.

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Lionel
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Re: Vincente Minnelli (1903-1986)

Post by Lionel »

J'admire et respecte le travail fourni pour la critique du film et du BR mais il y a néanmoins une chose que je ne comprends pas bien :

"Comme il se doit avec ce genre de making of, le propos est condescendent". Le making-off est léger mais pas condescendant (avec un a), ce qui serait ahurissant.

Pour rappel "Condescendance : attitude de supériorité méprisante de quelqu'un".
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onvaalapub
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Re: Vincente Minnelli (1903-1986)

Post by onvaalapub »

Lionel wrote: Le making-off est léger mais pas condescendant (avec un a), ce qui serait ahurissant.
Making-of :wink:
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Lionel
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Re: Vincente Minnelli (1903-1986)

Post by Lionel »

onvaalapub wrote:
Lionel wrote: Le making-off est léger mais pas condescendant (avec un a), ce qui serait ahurissant.
Making-of :wink:
Effectivement, un "making-off condescendant", ça tourne au n'importe quoi !
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Geoffrey Firmin
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Re: Vincente Minnelli (1903-1986)

Post by Geoffrey Firmin »

Lionel wrote:
J'admire et respecte le travail fourni pour la critique du film et du BR mais il y a néanmoins une chose que je ne comprends pas bien :

"Comme il se doit avec ce genre de making of, le propos est condescendent". Le making-off est léger mais pas condescendant (avec un a), ce qui serait ahurissant.

Pour rappel "Condescendance : attitude de supériorité méprisante de quelqu'un".
En effet ça n'est pas le bon terme, j'ai reformulé.
Lionel
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Re: Vincente Minnelli (1903-1986)

Post by Lionel »

Oui, c'est parfait maintenant !
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Profondo Rosso
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Re: Vincente Minnelli (1903-1986)

Post by Profondo Rosso »

La Toile d'araignée (1955)

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Le Dr Stewart McIver dirige une clinique psychiatrique qui s'efforce de faire participer ses patients à la vie quotidienne. Le sujet du moment est le remplacement de rideaux à partir de motifs dessinés par l'un d'eux. Sa jeune épouse se sent délaissée par son mari et s'oppose indirectement au projet. L'intendante Mlle Inch perçoit tout cela comme une intrusion dans ses prérogatives. Rapidement, tout ce petit monde se retrouve en porte-à-faux, se battant pour des rideaux et au-delà, pour affirmer sa place dans ce microcosme.

Vincente Minnelli aura su capturer le mal-être et les fêlures de ses personnages de la manière la plus flamboyante qui soit dans ses meilleurs films, avec un sens du lyrisme qui n'appartient qu'à lui. L'exercice est différent avec ce nettement plus feutré The Cobweb, adaptation éponyme du roman de William Gibson. Le film constitue une étude de caractères subtile où le drame ne naîtra pas d'une destinée cruelle mais au contraire de l'humain à travers une somme de petits détails faits d'incompréhensions, de manque de communications et d'ambitions. Le cadre du récit ne se prête guère pourtant à une telle instabilité avec cette clinique psychiatrique dirigée par le Docteur McIver (Richard Widmark). Quelle que soit la volonté de bien faire et la compétence, les vies personnelles et les conflits animant les dirigeants constitueront un miroir de plus en plus dévastateur pour les malades. On partira donc ici l'insignifiant et d'une démarche positive pour tisser justement une toile d'araignée fatale à l'ensemble des protagonistes. Adepte d'une thérapie par l'autonomie progressive des patients, McIver profite du remplacement des rideaux de la clinique pour en confier le projet à ses pensionnaires qui en dessineront les motifs pour leur salle commune. L'initiative va pourtant susciter l'intérêt et le conflit entre son épouse (Gloria Grahame) qu'il délaisse, l'ancien directeur toujours en poste ne souhaitant pas perdre la face, une employée historique se sentant dépassée (Lilian Gish) et bien sûr les malades, en particulier le doué mais vulnérable Steven Holte (John Kerr).

Minnelli tisse cette toile avec une grande finesse, les séquences anodines du quotidien de la clinique s'enchaînant avant que la vision d'ensemble ne révèle les problèmes à venir. L'intimité des personnages offre également un reflet néfaste de leur dévouement à la clinique, celle-ci finissant par constituer la seule planche de salut à une vie sinistrée. McIver fuit ainsi le mal-être de son épouse peu habituée à cette vie provinciale et tentant maladroitement de se mêler à ses travaux. Lilian Gish incarne une figure historiquement attachée à la clinique dont le grand-père fut le fondateur et la scène de la visite nocturne de Widmark la montrant seule dans un foyer solitaire où trône le portrait du disparu témoigne de cela. Le personnage en devient émouvant en dépit de son caractère inflexible alors que Charles Boyer en directeur déchu est plus pathétique, trompant dans les femmes et l'alcool son dépit. Quant à Lauren Bacall, ce sacerdoce lui permet d'oublier la disparition tragique de ses époux et fils, son appartement en désordre signifiant comme elle n'a plus rien à attendre de son foyer désert. La facette la plus touchante concernera néanmoins les malades. Minnelli illustre la fragilité psychologique de manière contrastée et toujours juste. Spectaculaire avec les crises de violence de Holte, plus feutrée avec cette malade souffrant d'agoraphobie ou encore cet adepte du sarcasme qui s'avérera le plus fragile et en attente d'affection de tous. C'est en capturant ce mal-être que Minnelli laisse s'exprimer sobrement son lyrisme : la photo de George Folsey faisant disparaître Widmark dans les ténèbres et la solitude de son foyer, Holte et la jeune fille soufrant d'agoraphobie seuls au monde et confiant en sortant du cinéma et l'échange de regard finissant en baiser entre Widmark et Lauren Bacall.

L'ensemble du prestigieux casting est excellent de bout en bout mais on retiendra plus particulièrement un Richard Widmark formidable d'humanité, dans sa compassion comme dans ses erreurs. Il prouvait une fois de plus que son registre était loin de se limiter aux rôles de psychopathe qui ont fait sa renommée. 4,5/6
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Profondo Rosso
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Re: Vincente Minnelli (1903-1986)

Post by Profondo Rosso »

Le Pirate (1948)

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Manuela vit aux Caraïbes. Elle est promise au richissime maire de la ville mais n'en a cure ; elle rêve d'aventure et de dépaysement et son héros est le redoutable pirate Macoco. Un saltimbanque, tombé amoureux de Manuela, va utiliser ses talents d'acteur, se faire passer pour ce pirate afin de se faire aimer d'elle...

Vincente Minnelli signe avec Le Pirate une œuvre paradoxale, constituant une de ses plus étourdissantes, ambitieuse et novatrices comédie musicale mais aussi une des plus incomprise et qui sera un échec commercial. Le film adapte la pièce éponyme de S.N. Behrman qui fut un des grands succès à Broadway lorsqu'elle y fut jouée à partir de 1942. L'interprétation qu'y effectuaient Alfred Lunt et Lynn Fontanne dans un mélange des genres qui en faisait un spectacle total (numéro de funambule, vaudeville et commedia Del Arte s'y mélangeant joyeusement) qui serait une grande influence pour transposition, Gene Kelly calquant grandement son jeu sur celui d'Alfred Lunt. La MGM en acquiert rapidement les droits mais l'adaptation sera de longue haleine (le mélange des genres s'avérant complexe à mettre en forme) et passera entre de nombreuses mains dont Joseph L. Mankiewicz mais le projet prend son envol avec l'arrivée du producteur Arthur Freed. Maître de la comédie musicale au sein de la MGM (fort des succès du Le Chant du Missouri (1944), Yolanda et le Voleur (1945) entre autres...), Freed aura carte blanche et va réunir une véritable dream team à la réalisation, au casting et à la partition : Vincente Minnelli, Gene Kelly, Judy Garland et un Cole Porter qui avait là l'occasion de se relancer après quelques échecs et une popularité en déclin. L'un des problèmes des scénarios initiaux était d'avoir au fil des réécritures dénaturé la fantaisie du personnage de Serafin (Gene Kelly) à l'origine un amuseur cabot se faisant passer pour un redoutable pirate et qui devenait un bandit maquillé en acteur (un Scaramouche en somme). Vincente Minnelli, féru de ses jeux de faux-semblants dans Yolanda et le Voleur notamment va ainsi emmener le film entier dans cette dimension rêvée qui annonce déjà les séquences oniriques des chefs d'œuvres à venir (Un Américain à Paris (1951), Brigadoon (1954)). Le tournage se fera entièrement en studio, le réalisateur créant un véritable univers fantaisiste et décalé avec ces Caraïbes bariolées et factices pour une parodie très stylisée du film de pirate.

Tout le film fonctionnera sur ce jeu d'enchevêtrement entre le mensonge et le fantasme, tous les personnages s'ornant d'un masque inconscient ou pas masquant leur vraie nature et aspiration. Manuela (Judy Garland) jeune fille promise à une vie ennuyeuse par son mariage arrangé avec le maire Don Pedro (Walter Slezak) ne rêve que d'aventures et de voyages lointain, son idéal étant le légendaire pirate disparu Macoco. Ces idées romanesques, elle ne les exprimera que dans son intimité tout en suivant la mort dans l'âme le destin tout tracé par sa famille. La rencontre avec le saltimbanque Serafin (Gene Kelly) va venir tout bouleverser, ce dernier par son bagout et sa séduction agressive révélant les élans fougueux de Manuela. Cela s'exprimera ouvertement mais néanmoins de façon subtile tant que l'on reste dans la "réalité" (son agacement de façade ne l'empêchant d'aller au spectacle de Serafin) puis inconsciemment avec cette scène d'hypnose amenant une étourdissante et sensuelle chorégraphie sur la chanson Vaudou. Mouvement survolté et torride (qui forceront MGM à faire retourner la scène au départ trop osée dans le jeu d'une Judy Garland en pleine dépression durant le tournage) et éclairages ténébreux renforceront la tension érotique de la séquence où le désir ne peut se manifester que par l'artifice mental et visuel. Logiquement quand Manuela prendra Serafin pour Macoco (ce dernier ce faisant passer pour le mythique pirate afin de la séduire) le film reprendra cette esthétique en plus grandiloquent encore lorsqu'elle l'observera à travers ce regard fantasmé. Cela donnera l'étourdissante séquence du Pirate Ballet où Gene Kelly offre une présence véloce, virile et sensuelle à la fois du pirate avec en toile de fond un décor baroque et infernal où se rejouent scénettes tapageuses de piraterie.

Les scènes de rêves et/ou d'hypnose offrent ainsi une féminité/masculinité exacerbée du couple incapable de l'exprimer dans la réalité. Manuela ne s'acceptera en femme aimante que sous hypnose et Serafin doit se faire passer pour Macoco pour être digne de séduire Manuela. En poussant cette illusion dans ces derniers retranchements, le film bascule dans la farce et humanise ainsi son couple qui peut enfin se rapprocher. On pense à ce moment où les masques tombent après une longue scène de séduction forcée qui bascule dans une mémorable dispute où Judy Garland dévaste un décor entier en balançant foule d'objet à Gene Kelly. La féminité de Manuela peut enfin s'exprimer dans le réel et par l'outrance (tordant moment où elle se pomponne tout en simulant l'affliction auprès des villageois), Judy Garland était étincelante de vivacité dans la comédie. Pour Gene Kelly cette dualité s'exprime par le côté félin et bondissant de Serafin tandis qu'il impose une présence plus inquiétante en Macoco, le côté cabot (et finalement peu sûr de lui et attachant) liant ces deux identité et provoquant l'hilarité. Les claquettes n'existant pas à l'époque dépeinte par le film, cela permet à l'acteur d'exploiter tout un registre bien plus varié qu'il n'avait guère eu l'occasion de mettre en valeur et permis par les ambiances musicales inédites.

Le final offre un vertigineux aboutissement de ces thématiques, la révélation par l'artifice étant implicite pour le couple désormais complice dans l'illusion et servira au contraire à démasquer un personnage extérieur, en l'occurrence Don Pedro (génial Walter Slezak qui tout méchant qu'il soit parvient au final à toucher dans son mensonge). Le tout se conclura sur un tonitruant Be a Clown, chanson amusée exprimant par son texte et l'image l'acceptation de leur masque et de l'attrait commun pour la fantaisie de nos amoureux. Trop insaisissable et en avance sur son temps pour le public d'alors, The Pirate sera pourtant un inattendu et injuste échec au box-office à sa sortie. Reconsidéré mais toujours discuté aujourd'hui, un classique à réévaluer donc ! 6/6
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Jeremy Fox
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Re: Vincente Minnelli (1903-1986)

Post by Jeremy Fox »

8) Un chef-d'oeuvre
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Profondo Rosso
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Re: Vincente Minnelli (1903-1986)

Post by Profondo Rosso »

La claque (et un top Minnelli à réviser :lol: ) merci du conseil. Vraiment étonné du bide et de la réputation mitigée en tout cas c'est génial pourtant !
Lord Jim
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Re: Vincente Minnelli (1903-1986)

Post by Lord Jim »

Jeremy Fox wrote:8) Un chef-d'oeuvre

Je plussoie! Un chef d’œuvre de la comédie musicale de la grande époque de la MGM et qui annonce les prochaines réussites de la Freed Unit. Mais une comédie musicale au ton décalé: il faut rentrer dans ce jeu de faux semblants et d'outrances (je sais que certains n'adhèrent pas au jeu "too much" des acteurs); tout n'est que théâtre (à commencer par le décor du village où l'intrigue se dénouera sur une scène ), mensonges et rêves.
C'est une comédie musicale qui sort également du canon habituel de l'époque de par la grande sensualité qui s'en dégage: les chorégraphies (et les costumes) mettent nettement en avant le physique avantageux et l'érotisme d'un Gene Kelly qui s'offre littéralement aux regards du spectateur: le virtuose numéro "Nina" ou le "Pirate Ballet"; c'est d'ailleurs un de ses grands apports à la chorégraphie de cinéma: apporter une dimension sensuelle voire sexuelle à la danse (cf par exemple la séquence de la fontaine dans le ballet final de "An American in Paris").
Et c'est pareil pour les rapports entre Manuela et Séraphin, il y a clairement une dimension érotique beaucoup plus mise en avant que dans d'autres comédies musicales: j'ai rarement vu un baiser aussi "hot" dans ce style de films que celui que donne Séraphin à Manuela pour la faire sortir de sa transe hypnotique avec, en prime, la main de Gene Kelly qui passe très très près de la poitrine de Judy Garland: comment la censure n'a t'elle rien vu!?!
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someone1600
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Re: Vincente Minnelli (1903-1986)

Post by someone1600 »

Ce film est en effet magnifique. :-) une de mes comédies musicales préférées
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Jeremy Fox
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Re: Vincente Minnelli (1903-1986)

Post by Jeremy Fox »

Lord Jim wrote:le virtuose numéro "Nina"
Avec le ballet de Un Américain à Paris, la scène des bonhommes de neige dans Meet me in st Louis, les séquences des bruyères et de la chasse à l'homme dans Brigadoon, peut-être mon autre scène préférée de l’œuvre minnelienne, l'une des plus virtuoses et bondissantes (et drôle).
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Re: Vincente Minnelli (1903-1986)

Post by bruce randylan »

Nina (A matter of time - 1976)

C'est la bonne période pour les raretés en ce moment ! Avec le cycle Ingrid Bergman, j'ai enfin pu voir l'ultime réalisation de Minnelli. :D

Souvent assez mal coté dans la carrière du cinéaste, j'avais quelques appréhensions en rentrant dans la salle. Le début n'est pas fameux en effet avec l'introduction du personnage de Nina (Liza Minnelli) dans une sorte de clip aux images kitsch et à la chanson peu inspirée.
Les minutes suivantes (le dialogue dans la voiture) sonnent encore très artificielles et pétries de clichés. Mais le flash-back qui se lance nourrit rapidement des espoirs qui seront régulièrement tenus.

Quand en effet Nina croise la route de la comtesse, le film renoue avec la sensibilité du cinéaste : un mélange précieux de tendresse, de nostalgie, de mélancolie, de poésie, le tout dénuée de mièvrerie, de cynisme et de méchanceté, évitant au passage une vulgarité qui aurait pu prendre le devant avec cette histoire de comtesse vieillissante qui aide (presque malgré elle) une jeune provinciale a s'épanouir. Il en résulte des séquences qui ont ce je ne sais quoi de touchant et de délicat, sans que je puisse vraiment le définir ou le décrire.
Toujours est-il qu'il y a alors 20-30 minutes belles et gracieuses, où le songe et le passé se mélangent via un transfert psychologique entre les deux personnages féminins, finement accompagné par un thème qui passe autrement mieux quand il est simplement orchestrale..

La suite ne tiendra pas toutes ses promesses à cause de chansons dispensables, et pas forcement bien intégrées aux récits, de seconds rôles décevants et sous-exploités, d'un budget (et esthétisme) pas toujours a la hauteur. On a l'impression que Minnelli a presque trop d'idées mais ne sait pas toujours les développer ou les trier. C'est par moment inégal, répétitif, faux, pas loin de l'impasse etc... Mais je trouve le bilan globalement positif grâce aux deux actrices principales. Bergman touchante et poignante dans un rôle délicat et Liza Minnelli fraîche, à fleur de peau et radieusement ingénue. Elle en fait trop lors de la scène du casting mais j'ai envie de croire que c'est volontaire pour surligner la superficialité irréelle du moment.
Et Minnelli possède encore de bons restes avec quelques élégants mouvements de caméra et des plans magnifiques (Bergman dans son fauteuil avec les nuées d'oiseau dans l'arrière plan !), avec quelques compositions picturales très soignées et un travail sur la couleur toujours aussi intelligent.

Pour un film testament, c'est une oeuvre riche et passionnante où tous les thèmes du cinéaste sont présents: Les artistes, le songe, les portraits féminins, les mondes disparues ou sur le point de disparaitre... Certes parfois mal dégrossi (Liza s'imaginant vivre le passé de Bergman) mais la démonstration mérite le détour. D'autant qu'il est difficile aussi de ne pas y voir une sorte de bénédiction d'un père envers sa fille.

Il faut avouer que les lacunes ont toutes les raisons de provenir du producteur qui a réduit le film de moitié ! :shock:
Ca peut donc aisément expliquer les parties contemporaines sonnant fausses, le début précipité dans le petit village natal et les flash-backs (fantasmés ou non) d'Ingrid Bergman (soit trop courts soit trop longs), ramenant aussi le casting masculin à de la quasi figuration (en particulier Amedeo Nazzari et Fernando Rey).

Voilà, il me reste désormais à trouver Kismet (et Story of Three Loves) pour achever sa filmographie (même s'il m'en reste 3-4 à regarder chez moi aussi).
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Jeremy Fox
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Re: Vincente Minnelli (1903-1986)

Post by Jeremy Fox »

Merci pour cet avis du seul Minnelli qu'il me restait à revoir.
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Jeremy Fox
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Re: Vincente Minnelli (1903-1986)

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