Au-delà du Missouri (William Wellman - 1951)

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés avant 1980.

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Jeremy Fox
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Au-delà du Missouri (William Wellman - 1951)

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Au-delà du Missouri (Across the Wide Missouri, 1951) de William Wellman
MGM


Avec Clark Gable, Ricardo Montalban, John Hodiak, Adolphe Menjou, J. Carrol Naish, Jack Holt, Alan Napier, Richard Anderson, Elena Maria Marques
Scénario : Talbot Jennings
Musique : David Raksin
Photographie : William C. Mellor
Une production Robert Sisk pour la MGM


Sortie USA : 01 octobre 1951


Le cursus westernien de William Wellman, quoique peu copieux (quantitativement parlant, il ne va guère ensuite s’enrichir que de deux autres films), s’avère être à ce moment de notre parcours au travers de l’histoire chronologique du western américain, avec celui de John Ford, l’un des plus riches et gouteux, l’éclectisme étant également de mise. En effet, la palette du cinéaste franc-tireur est très large et s’étend du noir et blanc pour ses œuvres les plus sombres à la couleur quant il décide d’aborder l’histoire de son pays que ce soit à travers un épisode de la Conquête de l’Ouest (dont les frontières à l’époque ne s’étendaient encore à peine plus loin qu’au Missouri, d’où le titre du film qui nous concerne) ou bien par la biographie d’un de ses plus célèbres représentants à l’autre bout du siècle. Dans la première catégorie, les films en noir et blanc, il y eut L’Etrange incident (The Ox-Bow Incident), pamphlet d’une sobriété exemplaire et sans concession contre le lynchage ainsi que le superbe La Ville Abandonnée (Yellow Sky), suspense psychologique puissant et tendu. Pour les sujets à priori plus épiques, Wellman utilisera une palette plus chatoyante par l’emploi du fameux et inimitable Technicolor. Plus que le moyennement convaincant Buffalo Bill, Across the Wide Missouri, s'attardant sur la vie quotidienne des trappeurs (les ‘Mountain Men’) du début du 19ème siècle, s’avère être une réussite exemplaire ! Encore une produite par la MGM, décidément peu avare de chef-d'œuvre du genre en ce début de décennie.


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Imaginez ce prologue énoncé par la voix de baryton profonde et chaleureuse de l’acteur Howard Keel : "My dad wasn't just one man named Flint Mitchell. He was a breed of men... mountain men who lived and died in America. He used to tell me about these men he knew. Men who walked the Indian trails and blazed new ones where no man had ever been before. Men who found lakes and rivers and meadows. Men who found paths to the west and the western sea ; who roamed prairies and mountains and plateaus that are now states. Men who searched for beaver and found glory. Men who died unnamed and found immortality. My father always began his story by telling me about the summer rendezvous of the mountain men. This is where they met every July after a year of trapping in the Rockies. Here they cashed in their furs, caught up on their drinking and the fighting and the gambling and the fun... and the girls. They lived hard and they played hard."


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Dans les années 1830, ‘la brigade’ conduite par Flint Mitchell (Clark Gable) se retrouve en juillet au rendez-vous annuel des trappeurs, plus précisément des chasseurs de castors. Mitchell, a planifié de chasser la saison suivante dans le riche territoire des Blackhawk situé ‘Au-delà du Missouri’ malgré le fait que Brecan (John Hodiak) lui déconseille pour ne pas risquer un conflit avec les indiens qui tiennent à ce que leurs terres ne soient pas immodérément foulées. Ayant appris que Kamiah (Maria Elena Marques), jeune indienne qu’il vient de rencontrer, est la petite fille du chef des Blackhawk, Bear Ghost (Jack Holt), enlevée très jeune à sa tribu par Looking Glass (J. Carrol Naish) des Nez Percés, il décide de l’épouser pour pouvoir la ramener dans son peuple et espérer ainsi pouvoir se rendre plus facilement sur le territoire de chasse convoitée. Avec Pierre (Adolphe Menjou) qui leur sert d’interprète et le capitaine Humberstone (Alan Napier), écossais ayant participé à la bataille de Waterloo, la brigade entame la dangereuse et épuisante expédition vers la vallée paradisiaque des Blackhawk. Durant le trajet, les sentiments de Mitchell pour Kamiah finissent par prendre le pas sur le mariage initialement de pur intérêt et, arrivé à bon port, le couple donne naissance à un fils. La mort tragique de Bear Ghost va néanmoins mettre fin au bonheur tranquille des trappeurs car son successeur, le jeune Iron Shirt (Ricardo Montalban), ne souhaite pas partager son domaine.


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Jean-Louis Rieupeyrout dans sa grande aventure du western 1894-1964 a très justement écrit : « Pour Wellman, le Montana des années 1820 prit des couleurs d’Eden. La joie de l’action, la bacchanale sauvage et tonitruante des ‘rendez-vous de trappeurs’ dans le calme idyllique des vallées aux eaux claires, l’ivresse des horizons dominés par les sommets étincelants sous le ciel bleu, tout dit la santé physique de ces gens épris de liberté, blocs de volonté et de naïve insouciance jetés dans les méandres d’un relief à la surprenante photogénie ». En effet, excepté par Delmer Daves, rarement les paysages n'auront jusqu’ici été aussi importants et aussi bien mis en valeur que dans ce western de William Wellman ; en même temps que le portrait simple et tranquille de la vie de ces chasseurs de castors (les Mountain Men constituaient un groupe encore quasiment jamais croisé au sein du genre) au milieu de territoires qui deviendront plus tard le Montana et l’Idaho, ce film s’avère être une véritable ode à la nature. Dans la lignée d’autres extraordinaires réussites telles Le Passage du Canyon (Canyon Passage) ou Le Convoi des Braves (Wagonmaster) auxquels on peut le rattacher, Across the Wide Missouri, déploie avec lenteur et majesté un ton élégiaque qui donne le temps au spectateur de s’imprégner de la beauté des sites traversés. Comme les films de Jacques Tourneur et John Ford, il s’agit d’un western limpide, moins soucieux de son intrigue (située à l’arrière plan) que de la description de la vie quotidienne de ses personnages même si le cinéaste fait fi de toute psychologie préférant presque adopter un regard d’entomologiste. Et le résultat est un pur enchantement sans aucune progression dramatique, sans ‘Bad Guy’, dans le même temps (sans que ce soit néanmoins son sujet principal), western pro-indien totalement atypique dans la production de l'époque, Wellman s’avérant être ici encore plus progressiste que John Ford par exemple. Après Tomahawk de George Sherman qui avait déjà utilisé ce ‘procédé’, on se surprend même à entendre les Indiens parler dans leur dialecte sans qu’aucun sous titre viennent nous traduire leurs paroles car, dans un souci de très grand réalisme, un interprète est présent dans le film pour s’occuper de la compréhension entre Indiens et trappeurs (et du même coup, spectateurs). Il s’agit du personnage de béarnais truculent joué par Adolphe Menjou, Pierre Alphonse Marie Joseph Victor de Promusenne la Framboise (sic !)


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Le film se déroule donc paisiblement au rythme des saisons et nous propose la description d'un groupe de trappeurs fréquentant les Indiens Blackhawk, à l’époque de véritables pionniers par le fait de s’être aventuré aussi loin en direction du Far-West (« Captain Lynn, they come from beyond maps ») ; mais ce qui intéresse surtout Wellman, c'est avant tout l'histoire d'un de ses trappeurs (Clark Gable) marié à une indienne pour sceller le traité qui l’autorise à chasser sur les terres de sa tribu, ce mariage ‘politique’ se transformant rapidement en un mariage d'amour. Le tournage fut mouvementé et éprouvant ; l’équipe se retrouva dans les montagnes rocheuses à des altitudes situées entre 2700 et 3000 mètres et au milieu de conditions météorologiques plus que déplaisantes, en tout cas fortement variables. Mais à la pénibilité des conditions de tournage allait s'ajouter un 'charcutage' de la première mouture du film par les producteurs qui avaient injectés dans le film des capitaux considérables (ce fut l'un des plus gros budgets de l'année 1951). Dore Schary ayant trouvé que l’ensemble manquait de rythme, fit remonter le film par Sam Zimbalist qui décida aussi de faire écrire un commentaire dit par Howard Keel, voix-off (remarquablement bien intégrée) qui sera celle du fils devenu grand de Clark Gable. Dore Schary fut très satisfait du résultat et même s'il peut apparaître un peu honteux d'applaudir un tel remaniement, il faut bien se rendre à l'évidence : même 'mutilé', le film reste extrêmement attachant et hors norme au sein de la production westernienne de l’époque. Inutile de se plaindre et d'attendre une éventuelle réapparition des chutes initiales car de l'aveu de Wellman lui-même, les rushes non retenues ont été détruites. Et puis en l'état, le résultat est totalement satisfaisant et, qui plus est, harmonieux malgré sa très courte durée (à peine plus d'une heure et quart). Les producteurs et monteurs nous avaient déjà donné un aperçu à travers l'exemple de Les Rapaces (Greed) de Erich Von Stroheim, La Splendeur des Amberson (The Magnificent Amberson) d'Orson Welles ou tout récemment avec La Charge Victorieuse (The Red Badge of Courage) de John Huston de leur incapacité à détruire un film s'il était au départ destiné à finir en chef-d'œuvre. Donc inutile de s'appesantir là-dessus : mutilé ou non, Across the Wide Missouri reste un film admirable à tous égards !


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Outre sa savoureuse et tendre description de personnages hauts en couleurs et de situations cocasses (l'ex-soldat écossais en kilt dansant la gigue au son de la cornemuse en pleine montagne, des disputes financières en français...) et sa mise en valeur somptueuse de superbes paysages idylliques, le western de Wellman est également une formidable leçon d'humanisme, une véritable élégie au melting pot culturel et linguistique des origines d'un pays et d'un peuple. C'est aussi une vision des indiens très respectueuses sans paternalisme, manichéisme ni chantage aux sentiments : Flint Mitchell, le personnage frustre interprété par Clark Gable va, à leur contact, changer son fusil d'épaules les concernant ; il va apprendre à les respecter, à ne plus les juger mais à admirer leurs us et coutumes ainsi que leurs valeurs et leur psychologie de la vie. “My father told me that for the first time, he saw these Indians as he had never seen them before - as people with homes and traditions and ways of their own. Suddenly they were no longer savages. They were people who laughed and loved and dreamed." D'ailleurs, même après le malheur qui va toucher sa famille, il ne cherchera jamais à se venger comme l'ont fait quelques uns de ses hommes durant le parcours. Rôle au départ prévu pour Spencer Tracy, le rude trappeur bon vivant qui va découvrir l'amour auprès d'une indienne est superbement campé par un Clark Gable chaleureux, roublard et sympathique, ne cherchant à aucun moment à voler la vedette à ses partenaires. Pour ses débuts à l'écran, Maria Elena Marques ne manque pas de charme alors qu'au contraire pour Jack Holt, ce sera sa dernière apparition avant qu'il ne décède. A leurs côtés, d'inoubliables et nombreux personnages attachants interprétés à la perfection par Adolphe Menjou qui fait office d'interprète, John Hodiak très charismatique en écossais ayant voulu vivre parmi les indiens, Alan Napier en capitaine qui combattit à Waterloo et qui se déplace avec une authentique armure et un peintre chargé de l’immortaliser, J. Carrol Naish en chef indien représentant la sagesse ou encore Ricardo Montalban loin d'être ridicule lui non plus dans le rôle du fougueux guerrier indien se battant pour conserver ses terres même s'il faut qu'il tue pour arriver à ses fins. [Sa mort, transpercé par la tige qui sert à bourrer la poudre dans le canon du fusil, est un moment fulgurant.]


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Sur le fond, très moderne et aux antipodes de la majorité des westerns déjà sortis jusque là, mais la forme n'a rien à lui envier. Si sur l'ensemble Wellman ne dérogera jamais à sa règle première, à savoir ne 'presque' rien sacrifier au spectaculaire, sa mise en scène n'en est pas moins splendide et même souvent virtuose et non dénuée d'un lyrisme tout fordien ; il n'y a qu'à voir la course poursuite entre Clark Gable et les indiens qui rappelle beaucoup celle de Sur la Piste des Mohawks (Drums along the Mohawk). Le premier quart d'heure consacré aux retrouvailles des trappeurs pour quelques semaines de discussions, jeux et beuveries nous donne déjà un aperçu du dynamisme du montage lors du concours de tir ; la découverte de la vallée paradisiaque et la chevauchée qui s'ensuit pour y descendre au grand galop est encore plus prodigieuse de ce point de vue. Utilisant une succession de panoramiques horizontaux de gauche à droite, le cinéaste arrive à nous donner une impression de liberté et de vitesse assez grisante.


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Et comme si la démonstration de son savoir faire dans le timing de son découpage ne suffisait pas, il attend la fin de son film pour nous offrir dix minutes de pur bonheur cinématographique. La scène débute alors que la plénitude régnait au sein du groupe, alors qu'il avançait paisiblement au milieu d'une nature généreuse et paradisiaque. La brigade ayant stoppée au bord d'un lac cristallin et miroitant pour s'y désaltérer, sans prévenir, une irruption brutale de la violence par une flèche qui arrive à l'improviste provoque la mort d'un des personnages principaux. S'ensuit une bataille d'une redoutable efficacité mais aussi et surtout la course poursuite à cheval entre Clark Gable et Ricardo Montalban, le premier voulant arrêter le second qui souhaite mettre fin aux jours du bébé attaché au dos d'un cheval parti au grand galop, affolé par les détonations du combat qui faisait rage. Tellement sûr de ses effets, comme c'était le cas de Fritz Lang dans Le Retour de Frank James, William Wellman n'intègre aucune musique à cette séquence époustouflante de panache, d'urgence, de tension et de suspense. Partition qui, soit dit en passant, signée David Raksin, se révèle souvent splendide ; et là je ne parle pas de la rengaine enfantine "Skip to my Lou" entendue à de nombreuses reprises, notamment accompagnée à la guimbarde, ni de la chanson de Noël qui n'est autre que 'l'exotique' (dans ce cas) 'Alouette, gentille alouette' chantée avec un accent et un entrain qui font obligatoirement venir le sourire aux lèvres.


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Tout le film a été tourné en décors naturels à l'exception de l'arrivée des trappeurs en haut d'un col enneigé ; ici, les rochers font assez carton-pâte mais la séquence est tellement bien menée que l'on a vite fait d'oublier ce détail d'autant que les minutes précédentes nous ont fait assister à une belle séquence épique, celle de l'avancée difficile du convoi sur les pentes dangereuses de la montagne. On décèle ici et là quelques autres petites fautes de goût comme le rire forcé du trappeur qui tire sur le chef indien mais ils sont rares. La pittoresque bagarre généralisée du rendez-vous annuel, la gigue écossaise, la nuit de noces avinée, le gag très discret (on croirait presque voir du Tati tellement on ne s'en aperçoit pas obligatoirement à la première vision !) du pou que les interlocuteurs se passent à l'improviste lors de la discussion avec le chef indien, celui de l'armure, la magistrale fessée du mari à l'épouse, etc., sont toutes des séquences humoristiques bon enfant, souvent croustillantes et bienvenues, qui ne m'ont jamais semblé alourdir le film mais au contraire lui donner un surplus de chaleur et d'humanité. Quant aux séquences entre Clark Gable et la jeune Maria Elena Marques, elles sont empreintes pour beaucoup d'une immense tendresse ; celle où Clark Gable à l'entrée du tipi surprend son épouse chanter une berceuse à leur fils est dépourvue de toute mièvrerie et s'avère au contraire un instantané assez magique de quiétude et de plénitude. Les quelques éclairs de violence qui ponctuent cette bucolique description en deviennent d'autant plus fortes.


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A signaler qu'étonnamment, le film n'est pas adapté d'un roman mais d'un ouvrage d'histoire signé par Bernard de Voto et qui obtint le prix Pulitzer en 1948, deuxième tome d'une trilogie consacrée à la trappe dans les Rocheuses jusqu'à la fin des années 1840. Préférant ce choix, filmer des éléments dramatiquement peu importants, des temps morts et des paysages, William Wellman se révèle assez culotté pour l'époque. Si le montage initial plus long avait été sauvegardé, peut-être aurait-on pu s’immerger encore plus fortement dans le film ; mais il n'est pas nécessaire de broder autour de cette éventualité puisque nous ne pourrons jamais en faire l'expérience. Il faut prendre le film tel quel, avec sa très courte durée qui n'entame pas son ampleur, sa voix-off qui ne gâche en rien ses secrètes beautés, l'épilogue apparemment rajouté en dernière minute mais qui ne dépare pas du reste du film, nous laissant au contraire en suspend, nous faisant nous interroger sur l'avenir et l'intégration possible ou non des enfants métis dans la société de l'époque. Il vous faut admirer le réalisme et l'éclectisme des costumes, la minutie des détails (notamment à propos de l'utilisation des armes à un seul coup rechargeable), la beauté d'une nature resplendissante, les couleurs éclatantes ainsi que la photographie lumineuse de William C. Mellor qui venait de nous enchanter quelques semaines auparavant avec le noir et blanc voluptueux de Une Place au soleil (A Place in the Sun) de George Stevens.


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Laissez vous donc prendre par la main par ce fabuleux conteur au débit tranquille et détendu que se révèle être ici William Wellman par l'intermédiaire de la voix chaude, posée et profonde d'Howard Keel. Il vous emmènera sans accélération, mais au contraire avec sérénité, découvrir cet hymne visuellement splendide à un territoire à l'époque toujours inviolé où les contrées vierges (d'hommes blancs) et sans noms se situaient encore 'Beyond the Maps'. On pourrait presque parler de western panthéiste, d'ode simple (mais pas simpliste) à un paradis perdu sans aucune odeur rance. En effet, ce fragile et bel équilibre qu'arrivent à trouver indiens et trappeurs est remis en cause par l'imbécilité des uns ne pensant qu'à la vengeance, la rancœur des autres n'ayant pas accepté que leur terre ait été foulé par des étrangers à leur nation. Le manichéisme n'est visiblement pas de la partie mais l'intelligence, le calme, la dignité et le respect (du spectateur par la même occasion). Superbe !


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Mais soyons franc pour terminer (et pour pouvoir caser une capture de plus, celle de la fessée :mrgreen: ) ; il se peut très bien que ce film puisse provoquer de l'ennui ; je suis le premier à y avoir succombé lors de sa découverte il y a de nombreuses années ; depuis, j'ai révisé mon jugement et mon ressenti a été totalement inverse. Il en a été quasiment de même pour les westerns qui lui ressemblent un peu par leur rythme nonchalant, à savoir Canyon Passage et Wagonmaster. Désormais, ce sont quasiment les westerns pour lesquels j'ai la plus grande affection.


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Last edited by Jeremy Fox on 2 Jul 08, 15:58, edited 1 time in total.
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Geoffrey Firmin
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Post by Geoffrey Firmin »

Content que ça t'ai plu.J'aime beaucoup Wellman et celui-ci est un de mes préférés avec Bastogne et l'étrange incident.
A noter que au dela du Missouri fut mutilé au montage par le producteur, et qu'il fit rajouté une voie off contre l'avis de Wellman.
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Jeremy Fox
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Post by Jeremy Fox »

Geoffrey Firmin wrote:Content que ça t'ai plu.J'aime beaucoup Wellman et celui-ci est un de mes préférés avec Bastogne et l'étrange incident.
A noter que au dela du Missouri fut mutilé au montage par le producteur, et qu'il fit rajouté une voie off contre l'avis de Wellman.
Cette voix off n'est pas désagréable, elle rend encore mieux cette idée d'apaisement, de nonchalance, d'un récit qui nous est raconté comme si nous étions à une veillée autour d'un feu. Par contre, si le film avait duré le double, j'aurais été ravi, dans la version actuelle, il ne reste que 75 minutes.

Mon Wellman préféré avec Convoi de femmes

Dans tes VHS, je vais vite regarder Ville abandonnée pour continuer le 'cycle' ;-)
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Geoffrey Firmin
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Post by Geoffrey Firmin »

Jeremy Fox wrote: Mon Wellman préféré avec Convoi de femmes

Dans tes VHS, je vais vite regarder Ville abandonnée pour continuer le 'cycle' ;-)
Convoi de femmes, voila un Wellman que j'aimerais voire.De toute façon je n'ai du voire qu'un tiers de la filmo de Wellman, et je pense qu'il y a encore beaucoup de choses à découvrire de ce cinéaste.

T'as raison,75 minutes c'est court.Quelle bande de bouchers ces types de la MGM. :evil:
Margo

Post by Margo »

Geoffrey Firmin wrote:Convoi de femmes, voila un Wellman que j'aimerais voire.
J'ai donc vu un film que Geoffrey n'a jamais vu :shock: :D :wink:

Très beau film que ce Convoi de Femmes, très original voire même moderne. Par contre, je dois avouer un ennui certain devant L'Etrange Incident :?
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Jeremy Fox
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Post by Jeremy Fox »

Margo wrote:
Geoffrey Firmin wrote:Convoi de femmes, voila un Wellman que j'aimerais voire.
J'ai donc vu un film que Geoffrey n'a jamais vu :shock: :D :wink:

Très beau film que ce Convoi de Femmes, très original voire même moderne. Par contre, je dois avouer un ennui certain devant L'Etrange Incident :?
Justement j'aimerais quand même dire que le ton et le style de l'étrange incident et ceux de Au delà du Missouri sont en totale opposition. Sécheresse, austérité noir et blanc contrasté d'une part, chaleur, gaieté, couleurs flamboyantes de l'autre. A signaler encore dans cette merveille redécouverte que chacun parle dans sa langue d'origine, les indiens, les anglais, les français, d'ailleurs Clark Gable se fait traduire toutes les paroles de son épouse ainsi que dans les pourparlers avec les chefs, il y a toujours le personnage du français qui est là pour servir d'intermédiaire. Kevin Costner n'a rien inventé même si je n'enlève aucune qualité à son film.
Fatalitas
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Post by Fatalitas »

Wellman, à part l'Etrange Incident et l'Ennemi public, je n'ai vu aucun de ses films

Patrick Brion, si tu m'entends :lol: :wink:
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Jeremy Fox
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Post by Jeremy Fox »

fatalitas wrote:Wellman, à part l'Etrange Incident et l'Ennemi public, je n'ai vu aucun de ses films

Patrick Brion, si tu m'entends :lol: :wink:
ah oui :-) Donc des bonheurs en perspective.

Perso, je rajouterais le coloré et un peu naïf Buffalo Bill, le magnifique The happy years et le dur Bastogne
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Roy Neary
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Post by Roy Neary »

Roy content ! :D
Au-delà du Missouri est habité par une grandeur d'âme et un lyrisme apaisant qui font le charme de ces westerns "bucoliques". Les paysages sont grandioses et sublimés par la mise en scène. Quand j'étais petit, je me souviens avoir été terrifié par l'Indien incarné par Ricardo Montalban. Clark Gable est parfait en trappeur découvrant les us et coutumes de la tribu.
On ne parle pas assez de William Wellman. :wink:
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Troma
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Post by Troma »

Vous me faites envie là...
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O'Malley
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Post by O'Malley »

j'ne ai vu aucun film de Wellman par contre mais j'ai Lafayette Escadrille de côté: une bonne entrée en matière, je pense... :wink:
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Jeremy Fox
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Post by Jeremy Fox »

Lafayette escadrille : son dernier film, pas franchement enthousiasmant mais ça se regarde sans déplaisir

J'avais oublié de citer de Wellman le très beau Une étoile est née, première version de ce qui sera par la suite un chef d'oeuvre de Cukor.

et l'excellent et très mal aimé western psychologico-horrifique : Track of the cat, film hiératique mais vraiment étonnant
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Jeremy Fox
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Post by Jeremy Fox »

Profitons en pour finir mon tour d'horizon des Wellman déjà vu :

Héros à vendre : beau film à caractère social
Robin des bois d'Eldorado : beau mais ancien souvenir
L'allée sanglante : ridicule et médiocre
Les commandos passent à l'attaque : son avant dernier film, pas de quoi fouetter un chat

J'adorerais découvrir Les forçats de la gloire quelq'un connait-il ?
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Geoffrey Firmin
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Post by Geoffrey Firmin »

Jeremy Fox wrote:Profitons en pour finir mon tour d'horizon des Wellman déjà vu :

Héros à vendre : beau film à caractère social
Robin des bois d'Eldorado : beau mais ancien souvenir
L'allée sanglante : ridicule et médiocre
Les commandos passent à l'attaque : son avant dernier film, pas de quoi fouetter un chat

J'adorerais découvrir Les forçats de la gloire quelq'un connait-il ?
J'ai le dvd zone 1 "des forçats de la gloire", the story of GI joe en anglais.Encore une fois un film charcuté par le producteur Lester Cowan.Le sujet est le meme que "Bastogne", une vision réaliste de la vie des fantassins lors de la campagne d'Italie et de la dure bataille de Monte Casino.Pour ce film Wellman dispose de moins de moyen que sur Bastogne, ou la il bénéficie de la logistique MGM, effets spéciaux , costumes, décors."Les forçats de la gloire" est le film qui révela Robert Mitchum."Band of brothers" doit surement beaucoup à ce film.
gladiator
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Re: Grand coup de coeur de l'année (Wellman inside)

Post by gladiator »

mon coup de coeur de l'année c'est "embrasse moi idiot" en vost.Je l'ai vu dans un vieux cinema de Paris et c'etait vraiment marrant. :D :lol: :shock: :shock: :mrgreen: