Elle et lui (Leo McCarey - 1939 & 1957)

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés avant 1980.

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Simone Choule
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Post by Simone Choule »

Superbe avatar Solal !
Je n'ai pas vu la 1ere version mais comme Jeremy et Roy je pense que le remake est - Mode Exagerator enclenché - un chef d'oeuvre sidéral et infini ! 8) :wink:
Solal
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Post by Solal »

Simone Choule wrote:Superbe avatar Solal !
Merci !! Quel accueil dans ce forum - je reviendrai... :wink:

Je vois en tout cas que j'ai à faire à pas mal d'accros de la seconde version. Promis, je tâcherai de la revoir à l'occasion.
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Jeremy Fox
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Elle et lui - An Affair to remember

Post by Jeremy Fox »

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Sur un paquebot de croisière revenant à New York, se rencontrent Nickie Ferrante (Cary Grant), célèbre play-boy sur le point de rejoindre sa fiancée, une riche héritière, et Terry McKay (Deborah Kerr), ex-chanteuse de cabaret, promise elle aussi à un riche parti texan. S’ennuyant durant ce long voyage, ils vont apprendre à faire connaissance en tout bien tout honneur ; mais leur attirance mutuelle va se faire de plus en plus prégnante après leur halte idyllique à Villefranche-sur-Mer chez la grand-mère de Nickie. Veuve, la vieille dame n’attend désormais qu’une seule chose avec sérénité, rejoindre son époux qui fut l’amour de sa vie. Durant ces quelques heures en dehors du temps, elle fait sous entendre à ses deux charmants visiteurs qu’elle les sent faits pour mener leur existence ensemble. Durant la dernière partie de leur traversée, ils vont finir par tomber dans les bras l’un de l’autre après s’être avoué leurs sentiments. Mais, avant de prendre de difficiles décisions quant à leurs partenaires respectifs et afin de mesurer la force de leur amour et leur détermination à reprendre un travail pour pouvoir subvenir aux besoins de leur futur couple, ils se donnent six mois l’un sans l’autre avant de se donner rendez-vous en haut de l’Empire State Building, leurs retrouvailles devant marquer la demande en mariage. Mais le jour donné, Terry n’est pas au rendez-vous…

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"Our love affair is a wondrous thing
That we'll rejoice in remembering
Our love was born with our first embrace
And a page was torn out of time and space
Our love affair, may it always be
A flame to burn through eternity
So take my hand with a fervent prayer
That we may live and we may share
A love affair to remember"


Telles sont les paroles écrites par Leo McCarey en personne pour la chanson interprétée par le crooner et comédien Vic Damone lors du générique de début de cette seconde version de Elle et lui. Tout est déjà dit et ressenti ; la douceur, la pureté, la mélancolie et le romantisme du film sont déjà entièrement contenus dans ces deux strophes et leur mise en musique. An affair to Remember, le film qui aura remis en selle Leo McCarey après sept ans d’absence des écrans de cinéma. En effet, en 1957, la carrière du réalisateur qui a connu un sommet plus d’une dizaine d’années auparavant avec le multi-oscarisé La route semée d'étoiles (Going my Way), marque un peu le pas. C’est alors qu’il a pour idée de refaire son mélodrame datant de 1939 avec les nouveaux moyens de l’époque, estimant que cette histoire d’amour est non seulement intemporelle mais également universelle : "La mutation de la société n'a tout de même pas supprimé radicalement le rêve, ni le besoin d'émotions amoureuses." Il gardera toujours une préférence pour la première mouture mais le succès phénoménal de la seconde le ravira tout autant.

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Quant à donner un avis sur le film, pas évident de passer après le superbe texte signé Olivier Bitoun à propos de la première mouture de cette même histoire, déjà donc réalisée par Leo McCarey pratiquement 20 ans plus tôt ! En effet, pour l’avoir relu avec la plus grande attention, on pourrait quasiment écrire la même chose à la virgule près de ce remake en couleurs et en cinémascope dans lequel Cary Grant et Deborah Kerr reprennent les rôles tenus auparavant par Charles Boyer et Irene Dunne. Car, faits assez rarissimes dans l’histoire du cinéma, An Affair to Remember est l’un des rares quasi décalque d’un film par un cinéaste ayant déjà réalisé l’original. Les précédents célèbres furent Alfred Hitchcock refaisant L’Homme qui en savait trop ainsi que Franck Capra mettant en scène Milliardaire pour un jour trente ans après sa première version prénommée en français Grande dame d'un jour. Mais, alors que les différences sont quand même assez importantes concernant ces deux derniers exemples, An Affair to Remember reprend quasiment plan par plan la construction et l’écriture de son aîné, Love Affair. Ce qui au final rapproche plus cette ‘paire’ unique des Elle et lui du duo Psychose/Psycho par Alfred Hitchcock et Gus Van Sant. Quoi qu’il en soit, les deux films de McCarey peuvent tout autant s’apprécier l’un que l’autre sans qu’il n’y ait sentiment de répétition du fait des comédiens différents, du passage du noir et blanc à la couleur, des années 30 aux années 50 et du format 1.37 au format large 2.35. Le ton, l’atmosphère et le rythme ne sont également pas tout à fait semblables.

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Dans Love Affair, le rythme de la première partie était plus rapide ; nous étions plus proches de la Screwball Comedy dont c’était alors l’âge d’or en ce milieu des années 30. Malgré le prologue qui ne préfigure pas le ton à venir, celui qui nous montre d’une manière gentiment satirique des journalistes de différentes radios américaines, italiennes et anglaises, relater le voyage et les frasques du célèbre tombeur joué par Cary Grant, An Affair to Remember est d’emblée plus posé, plus doux, plus feutré et pour tout dire encore plus romantique que son prédécesseur. La première partie se déroule donc à bord du paquebot ramenant les deux futurs rentiers en Amérique où ils doivent retrouver leurs conjoints respectifs. S’étant rencontrés pour vaincre l’ennui qui s’emparait irrémédiablement d’eux durant cette interminable croisière, Nickie et Terry passent de bons moments à se livrer à des joutes verbales pleines de sous entendues, à flirter gentiment avec les mots, rivalisant de réparties plus spirituelles les unes que les autres sans que ça ne fasse jamais mécanique mais au contraire comme si tout coulait de source. Si ces dialogues possèdent une telle fluidité, une telle finesse et une telle profondeur psychologique, c’est non seulement grâce à la perfection du travail d’orfèvre de Delmer Daves mais aussi aux talents des deux comédiens principaux qui se les approprient avec un naturel confondant. Car il faut d’emblée se rendre à l’évidence : que ce soit Cary Grant ou Deborah Kerr, malgré de magnifiques carrières pour chacun d’entre eux, ils ont rarement été aussi bons sans avoir eu besoin de trop en faire ; au contraire, leur jeu d’acteur est tout dans la subtilité et la demi-teinte.

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Si l’acteur cabotine moins qu’à l’accoutumée, jouant son personnage de séducteur avec beaucoup de retenue et parfois même une certaine gravité, sa partenaire, toujours d’une parfaite élégance, nous avait rarement habitué à jouer un personnage aussi libéré, aussi pétillant de drôlerie et d’intelligence. Dommage que peu de réalisateurs n’aient auparavant mis en valeur son sens de la comédie car au vu de sa performance dans le film de McCarey, Deborh Kerr prouvait qu'elle possédait un énorme potentiel dans ce répertoire. Ce qui est certain concernant l’interprétation des deux comédiens, c’est que leur complicité est palpable et l’alchimie qui en découle n’en est que plus touchante, l’empathie fonctionnant ainsi à plein régime d’autant que leurs personnages respectifs sont d’une extraordinaire richesse d’écriture, tout à la fois vulnérables, spirituels, désabusés, intelligents et d’une grande noblesse de cœur. La première demi-heure est ainsi un parfait modèle de comédie américaine sophistiquée, parfaitement rythmée et réalisée, nous octroyant son lot de séquences totalement irrésistibles comme celle du restaurant au cours de laquelle, sans le savoir mais sous les yeux des autres passagers, Nickie et Terry se retrouvent attablés dos à dos. Tout le monde ayant précédemment été témoin de leurs manèges de séduction, la situation s’avère très cocasse, personne n’étant dupe de ce semblant d’ignorance qui était pourtant bel et bien fortuit. Ou d’autres encore, tout aussi amusantes avec notamment un enfant quelque peu indiscret.

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Puis le film change un peu de ton pour, quittant le registre enjoué, s’imprégner d’une douce et poignante mélancolie le temps d’une escale sur la Côte d’Azur au cours de laquelle Nickie invite donc Terry à l’accompagner rendre visite à sa grand-mère ; cette demi heure totalement apaisée constitue la partie du film la plus souvent adulée, à juste titre, se situant dans ce lieu ‘hors du temps’ qu’est la demeure de cette vieille dame, perchée en haut d’une colline surplombant un bras de mer de Villefranche-sur-Mer. Il s’agit bien évidemment d’un décor de studio, sorte de havre de paix enchanteur où tout n’est que sérénité, douceur et affabilité, et au sein duquel on trouve même une chapelle dédiée à la Vierge Marie. A lire cette description et cette énumération d’adjectifs doucereux, on aurait pu penser que cette demi-heure avait tout pour sombrer dans la plus grande mièvrerie ; c’était sans compter sur la prodigieuse sensibilité de Leo McCarey et de son scénariste Delmer Daves à qui une histoire semblable à celle du film serait arrivée. La comédie spirituelle fait alors place à un début de tendre romance sous le regard approbateur de cette vieille dame ayant ressenti comme une évidence que Nick et Terry étaient faits l’un pour l’autre, ne souhaitant plus qu’une seule chose, qu’ils connaissent le même indéfectible bonheur que ce fut le cas pour son couple. La grand-mère, en plus de sa sagesse, incarne le parfait modèle de l’amour conjugal accompli et inaltérable, au point désormais de n’attendre qu’une chose avec une patience infinie, que son existence sur terre se termine afin de pouvoir rejoindre son mari défunt. La tendresse des auteurs, la délicatesse des objets, costumes et décors, l’onctuosité des intérieurs ainsi que le génie des acteurs annihilent totalement ce que ce segment aurait pu avoir de mièvre et de pudibond pour en faire au contraire un pur moment de grâce quasi-mystique.

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Un coup de sirène venant mettre fin à cette parenthèse enchanteresse, déchirant par la même occasion le cœur de la vieille femme qui n’est pas dupe quant au fait qu’à son âge elle ne reverra probablement jamais plus son petit-fils, Nickie et Terry repartent alors pour la fin de leur voyage jusqu'aux USA. C’est durant cette dernière partie de leur traversée de l'Atlantique qu’ils tombent dans les bras l’un de l’autre dans un plan et par l’intermédiaire d’une idée de mise en scène qui font parfaitement comprendre l’admirable pudeur et la sensibilité de l’œuvre entière. Sur le pont du bateau à la nuit tombée, alors que leurs mains se joignent avec amour pour la première fois, ils commencent à monter un escalier jusqu’au pont supérieur ; leur attirance mutuelle leur faisant comprendre qu'ils ne peuvent plus passer outre ni plus attendre, voilà que se produit leur premier baiser ; premier baiser que l’on ne verra pas, la caméra s’étant délicatement arrêtée comme si elle souhaitait se faire discrète, surprise par cet élan soudain de passion, le haut du corps des amoureux étant déjà caché par l’escalier, ne filmant plus que leurs jambes qui se rejoignent les unes contre les autres. S’ensuit une sorte de suspense des sentiments, plus les jours approchent de l’arrivée au port de New York, plus leur histoire d’amour est sur le point de se terminer alors qu’ils sont en train de vivre des moments de complète félicité. Étant désormais presque certains que leur couple pourrait les conduire à s’aimer jusqu’à la fin de leur existence, le souvenir de la grand-mère encore bien ancré en eux, avant de prendre de difficiles décisions quant à leurs actuels partenaires respectifs et afin de mesurer la force de leur amour et leur détermination à reprendre un travail pour pouvoir subvenir aux besoins de leur futur couple, ils décident de continuer la vie new-yorkaise avec leurs conjoints comme si de rien n’était, de vivre six mois l’un sans l’autre avant de se donner rendez-vous en haut de l’Empire State Building, leurs retrouvailles devant alors marquer la reprise de leur idylle accompagnée d’une demande en mariage.

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Les auteurs en profitent pour nous dépeindre leur quotidien et nous brosser rapidement les portraits jamais méprisants ni moqueurs des ‘fiancés’, que ce soit le magnat des affaires texans ou la riche héritière, tous deux traités avec une sobre dignité, jamais vraiment caricaturés comme on pouvait s'y attendre. Comme tout le monde doit le savoir (et si ce n’est pas le cas, prière de ne pas lire la suite), seul Nickie sera au rendez-vous six mois plus tard, Terry s’étant fait renverser par une voiture au moment où elle allait atteindre "l'endroit de la ville le plus près du paradis". Dans les années 90, Nora Ephron prendra d’ailleurs comme modèle pour Nuits blanches à Seattle (Sleepless in Seattle) le film de McCarey, les personnages de son film (interprétés par Tom Hanks et Meg Ryan) n’allant se rencontrer de visu que dans les toutes dernières minutes, s’étant eux aussi donnés rendez-vous dans cet endroit devenu mythique dans l’histoire du cinéma hollywoodien, en haut de l’Empire State Building, espérant ainsi vivre une histoire d’amour aussi passionnée que les protagonistes de An Affair to Remember, film dont Meg Ryan fait souvent référence dans le courant de l’intrigue. Dans le sillage de Quand Harry rencontre Sally (When Harry Meet Sally) de Rob Reiner, et même s’il ne lui arrive pas à la cheville, ce sera grâce au film de Nora Ephron que la comédie romantique sera remise sur les rails du succès à l’époque ; et c’est aussi grâce à elle que les cinéphiles du monde entier redécouvriront le chef-d’œuvre de Leo McCarey. Malgré sa médiocrité, on lui sera gré de cette redécouverte d’un film désormais devenu culte. La dernière partie peut maintenant débuter, celle qui fera chavirer tous les cœurs à la toute dernière minute, séquence bouleversante que je ne vous dévoilerais pas mais qui vient me cueillir à chaque fois, oubliant entre chaque vision comment McCarey opère son crescendo affectif et émotionnel et quel est le véritable déclic déclenchant les larmes de bonheurs finales. Avant ça, nous aurons assisté aux longues périodes de blues nostalgique vécus par les deux amoureux pensant désormais ne plus jamais se revoir, Nickie croyant s’être fait poser un lapin, Terry et sa fierté mal placée ne souhaitant plus jamais tomber sur Nickie auquel cas ce dernier se rendrait compte de son nouvel handicap physique qu’elle tient ardemment à lui cacher.

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C’est ainsi que nous assistons au retour muet et touchant de Nickie dans la ville désormais vide de Villefranche-sur-Mer, à la rencontre impromptue et émouvante des deux ex-amants à la sortie d’un concert ainsi qu'à deux séquences qui ont fait grincer bien des dents ; il s’agit évidemment de celles (au nombre de deux) au cours desquelles l’on assiste à des chants par un groupe de jeunes enfants et adolescents. "Mièvres, niaiseux, inharmonieux, pas à leurs places"… j’ai tout lu à propos de ses deux chansons signées Harry Warren. Charmantes à croquer (comme d’ailleurs les enfants de cette chorale), elles participent au contraire pour moi à l’enchantement d’ensemble que me procure le film d’autant que d’une part elles n’arrivent pas comme un cheveu sur la soupe comme il a souvent été dit, de l’autre, que leurs paroles ne sont pas nécessairement décorrélées de l’intrigue. La première (‘The Tiny Scout’) permet de nous montrer l’activité principale de Terry, celle de s’occuper de donner des leçons de musique et de chant à un groupe d’enfants, son ancien métier de chanteuse de cabaret lui étant d’une aide certaine. La chanson évoque l’ange gardien qui veille au-dessus de notre épaule ; Terry en a bien besoin pour poursuivre une vie qu’elle estime -tout du moins en amour- définitivement brisée. Puis ce sera, autour du lit d’hôpital de Terry, la toute aussi craquante ‘Tomorrowland’ qui nous fait espérer pour la jeune femme que les lendemains seront bientôt meilleurs. Les mélodies entêtantes d’Harry Warren, le choix des trognes d’enfants ainsi que le découpage tout au moins efficace à défaut d’être surprenant, font selon moi que ces deux scènes chantées possèdent un charme fou et ne déméritent pas du reste même si je peux tout à fait comprendre qu’elles puissent en rebuter certains. Sinon, à propos de musique, il serait injuste d’avoir passé sous silence la splendide partition de Hugo Friedhofer dont le thème principal devrait lui aussi vous rester longtemps en tête.

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Au sein d’une narration toute en douceur, une belle et simple histoire d’amour qui aboutit à une comédie romantique au grand pouvoir émotionnel, constamment riche et subtile, sereine et élégante, véritable hymne à la vie en couple. Un film spirituel à l’équilibre parfait, aussi bien sur le fond que sur la forme, et qui parvient à hisser avec une grande élégance ses personnages et leurs spectateurs jusqu’à une certaine plénitude de sentiments. Un film d’une extraordinaire aisance et d’une beauté renversante grâce aussi à cette médiation en filigrane sur le temps qui passe et la mort comme aboutissement et non comme désespérance ; l’amour au-delà de la mort ! Un petit miracle cinématographique qui fait passer du rire aux larmes avec une étonnante facilité et qui sera en sorte la matrice des comédies romantiques à venir. Que c’est agréable de sentir son cœur chavirer, que c’est bon de pouvoir être cueilli de la sorte sans forcément s’y attendre ! Enchanteur et d’une tendresse infinie !

Winter must be cold for those with no warm memories...”
Bob Harris

Post by Bob Harris »

J'sais pas pourquoi mais en lisant "Solal", j'ai cru que c'était une nouvelle fille qui s'était inscrite.

:oops: :arrow:
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Jeremy Fox
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Post by Jeremy Fox »

Je dirais plutôt qu'il s'agit d'un amoureux du chef d'oeuvre de Cohen : Belle du Seigneur
Solal
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Post by Solal »

Jeremy Fox wrote:Je dirais plutôt qu'il s'agit d'un amoureux du chef d'oeuvre de Cohen : Belle du Seigneur
...ou de la "première version" de 1930 ("Solal").
Non, je plaisante... je ne vais pas remettre le couvert :lol:
Dave Bannion
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Post by Dave Bannion »

Ds l'entretien que Mac Carey a donné à S Daney(repris ds " Léo Mac Carey le burlesque des sentiments " éd Mazotta 1998), il préférait la première version pour sa beauté et la seconde pour le succès financier.

Le film de Mac Carey qui me touche le plus est " Place aux jeunes " qui raconte la séparation forcée d'un couple âgé que leurs enfants ne veulent (ou ne peuvent ) accueillir : le film est cruel et émouvant et la fin est vraiment bouleversante. C'était l'un des films préférés de Mac Carey.
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Joshua Baskin
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Post by Joshua Baskin »

Welcome Solal ! :D

Je n'ai pas vu la premiere version du film, mais comme les autres je suis fan de la version de 1957, qui comme le dit Jeremy nous fait passer du rire aux larmes en quelques minutes.
On en avait deja parlé il y a quelques temps, mais même une chanson un peu mièvre (celle interpretée par les enfants) me remplit de bonheur :)
Laissez-moi passer, je suis Francis Moury
Alex Blackwell
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Post by Alex Blackwell »

Dave Bannion wrote:Le film de Mac Carey qui me touche le plus est " Place aux jeunes " qui raconte la séparation forcée d'un couple âgé que leurs enfants ne veulent (ou ne peuvent ) accueillir : le film est cruel et émouvant et la fin est vraiment bouleversante. C'était l'un des films préférés de Mac Carey.
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Je donne également mon vote pour ce film-ci.

S'agissant de l'édition dvd d'Elle et lui, je constate d'après l'extrait disponible sur le dvd de Mme Muir que la nouvelle remastérisation n'a toujours pas supprimé un grain omniprésent. Une amélioration par rapport à la première édition même si j'ai pu lire sous la plume de certains l'expression de "good grain" à propos de cette dernière. Je ne suis pas convaincu.
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Night of the hunter forever


Caramba, encore raté.
Fatalitas
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Post by Fatalitas »

Dave Bannion wrote:Le film de Mac Carey qui me touche le plus est " Place aux jeunes " qui raconte la séparation forcée d'un couple âgé que leurs enfants ne veulent (ou ne peuvent ) accueillir : le film est cruel et émouvant et la fin est vraiment bouleversante. C'était l'un des films préférés de Mac Carey.
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Film magnifique, en effet : peut-etre mon Mc Carey préféré avec The Awful truth :D
Holly Golightly
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Post by Holly Golightly »

Je n'ai pas vu la première version, mais j'ai du mal à croire qu'elle puisse faire oublier la seconde, film-miracle, merveille des merveilles, incroyable de justesse, de sensibilité, d'émotion, portée par un couple fabuleux (ah ! Deborah...) au charme fou... Je ne m'en lasse pas (rien que penser à la dernière et si belle scène finale, je suis toute émue).
Un film qui a la grâce, la vraie...
- Seriez-vous lâche. Je connais vos griffes puissantes. Accrochez-les dans la vie. Défendez-vous! Effrayez la mort.
- Belle, si j'étais un homme, sans doute je ferais les choses que vous me dites. Mais les pauvres bêtes qui veulent prouver leur amour ne savent que se coucher par terre et mourir.
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Post by Alligator »

Love affair (Elle et lui) - Leo McCarey, 1939 - 8/10

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Au delà des "Charles Boyer? Trop puissant, déchire sa race!" que dire de ce "Elle et lui" première mouture? Je pense comme pour la diptyque "L'homme qui en savait trop" d'Hitchcock que ces remakes faits par les mêmes cinéastes ne sont pas réécrits, retournés par hasard ou pour de sombres raisons financières. C'est que fondamentalement McCarey comme Hitch n'ont pas été totalement satisfatis de ces premières versions, à tel point que l'idée de les refaire les a suffisament excité pour les concrétiser. Cette première Love affair a de forts atouts dont il ne faut surtout pas se détourner. Boyer, comme je l'ai dit avec délicatesse et classe est magnifique. Irene Dunne amène un charme et une drôlerie à son personnage que Deborah Kerr aura du mal à faire oublier, une sorte de risette perpétuelle, un clin d'oeil toujours rieur.
Le noir et blanc apporte son lot de jolis plans, celui de l'église est même fabuleux mais c'est vrai que cette histoire méritait de la couleur et une photo plus léchée. Devant la transparence du noir et blanc ici, McCarey appuie son trait sur les personnages, les dialogues, le jeu des acteurs, leurs mouvements, l'agilité du montage entre les scènes, etc.
L'histoire est très émouvante, très forte, j'avoue avoir eu du mal à retenir la larmichette quand Boyer découvre le tableau (tain, quel choc sur son visage, que c'est bien joué m'sieur Boyer!).
Manque peut-être également une meilleure trame musicale, ce que la seconde version rajoutera avec bonheur.
Quoiqu'il en soit, si je préfère amplement la version Grant/Kerr, ce premier essai est déjà un coup de maître, fort de grands moments, de jolis plans et numéros d'acteurs.
Nestor Almendros
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Re: Elle et lui (Leo McCarey, 1939/1957)

Post by Nestor Almendros »

Novembre 2008

posté par Cathy

An affair to remember - Elle et lui (1957) - Leo McCarey

Lors d'une croisière un playboy qui doit se marier et une jeune chanteuse tombent amoureux. Mais pour être véritablement surs de leurs sentiments, ils se donnent rendez-vous six mois plus tard en haut de l'Empire State Building.

Remake de son propre film avec Irene Dunne et Charles Boyer, Leo McCarey tourne une version en couleur de son drame romantique. Nous sommes ici dans le plus pur mélo avec musique sirupeuse "A love affair". Cary Grant et Deborah Kerr prêtent leurs traits cette fois-ci aux deux héros. (Personnellement je suis plus sensible à leur interpétation qu'à celle de Charles Boyer et Irene Dunne). Le technicolor permet d'avoir une merveilleuse scène lors de la visite à la Grand mère de Nicky Ferrante avec cette atmosphère à part. Evidemment on peut reprocher les deux scènes avec les enfants qui alourdissent quelque peu le récit et accentue le côté mélodramatique du destin de la jeune femme. Par contre, on appréciera la subtilité avec laquelle le réalisateur annonce peu à peu quel est le réel sort de Terry, qui ne sera révélé qu'au théâtre
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par l'apparition du fauteuil roulant
puis ensuite lors du face à face tant attendu des "retrouvailles". Cary Grant est absolument parfait en playboy séducteur tout comme Deborah Kerr est subtile une fois encore entre son jeu de jeune femme "aguicheuse", femme "amoureuse" ou femme "souffrante".
A noter que Delmer Daves qui signera plusieurs mélos à la fin de sa carrière est le scénariste de ce film de même que dans la première version.

posté par Joe Wilson

Elle et Lui (version 1957) est effectivement un film d'une pureté, d'une élégance assez miraculeuses, Grant et Kerr livrant une prestation mémorable.
Tous les clichés possibles du sujet sont évacués par un expression fine et sans cesse renouvelée...et une vision du temps, de l'attente, extrêmement denses.
Pour la scène de chorale, je trouve que dans l'ensemble la sève mélodramatique est tant sublimée que ce passage un peu à plat n'est pas gênant. Parce que dans l'exécution, la trame du récit est toujours grandie par la mise en scène. On s'attend à ce qu'on va voir et pourtant il reste une surprise, une émotion inattendue car McCarey sait amener une intention sensible, une beauté sereine.
Et la scène chez la grand-mère est en effet à part, un moment d'une éclatante harmonie.
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Watkinssien
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Re: Elle et lui (Leo McCarey - 1939 & 1957)

Post by Watkinssien »

Voici ce que j'écrivais sur le topic consacré au cinéaste McCarey :
supfiction wrote:D'accord avec Solal:

La version 30's de Elle et Lui (Love Affair) est une comedie delicieuse, bien superieure à la version 50's. Je vous le dit alors que j'adore Deborah Kerr, c'est peu dire.
Boyer et surtout Irene Dunn (la grande oubliée des années 30) y sont formidables.
Et bien moi c'est le contraire !
La version de 1957 est carrément plus maîtrisée, où aucune séquence n'est en trop, où McCarey utilise son savoir-faire inimitable pour contrôler avec virtuosité la notion du temps dans l'espace (à travers la durée, le mouvement d'un point à un autre, d'un corps, d'un élan).
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Mother, I miss you :(
someone1600
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Re: Elle et lui (Leo McCarey - 1939 & 1957)

Post by someone1600 »

Ca fait un bon bout de temps que j ai regardé le film, mais je me souviens voir trouver ce film tres bon. Faudra que je le regarde une autre fois bientot. :D